Dharmas > Sûtra fondamental

1. Prologue


1. Le 28ème jour du mois d'avril ( 26ème jour du troisième mois selon le calendrier lunaire ) de l'an un de l'ère du Bouddhisme Wn, quand il eut réalisé l'Illumination suprême, le Grand Maître Fondateur déclara: " Tous les êtres possèdent une seule et même nature, et toutes les choses ont une seule et même origine. Dans cela, la Voie qui ne naît ni ne meurt et le principe du karma et de la rémunération des actes se servent mutuellement de base pour former un ordre indubitable et manifeste ".

 

2. Au cours de la lecture des Ecritures de toutes les religions après être parvenu à l'Illumination, quand il eut lu le Vajraprajnâpâramitâ sûtra, le Grand Maître Fondateur dit: " En vérité, le Bouddha Câkyamuni est le Saint parmi les Saints "; et il poursuivit: " Si j'ai obtenu la Voie sans l'aide d'aucun maître, quand j'examine le cheminement suivi pour l'obtention de cette Voie, en commençant par le motif de ma résolution de rechercher la Vérité, il existe de nombreux éléments en accord avec la vie et les enseignements du Bouddha d'autrefois; c'est pourquoi, je décide que l'origine de mon cheminement réside dans le Bouddha ... De même, à l'avenir, quand je fonderai une communauté, je construirai en ce monde une grande et parfaite communauté, dont l'essence sera l'enseignement du Bouddha ".

 

3. Le Grand Maître Fondateur dit: " L'enseignement du Bouddha est la Grande Voie de l'univers: elle révèle les principes fondamentaux de la nature véritable; elle apporte la solution du grand problème de la naissance et de la mort; elle montre le principe du karma et contient le chemin de la pratique et de l'ascèse et, ainsi, elle contient des éléments qui surpassent toutes les doctrines religieuses ".

 

4. Après avoir observé la situation de son époque, comme devise exprimant le principe fondamental et les grandes lignes de son enseignement, le Grand Maître Fondateur choisit la formule: < Puisque le monde de la matière s'épanouit, travaillons à l'épanouissement du monde de l'esprit >.

 

5. Quand le Grand Maître Fondateur eut commencé l'enseignement de la doctrine, au bout de quelques mois, les fidèles qui le suivaient dépassèrent bientôt le nombre de quarante personnes. Il choisit d'abord parmi ces croyants neuf personnes particulièrement sincères, dont la foi était profonde; il les établit en qualité de disciples modèles de la fondation de la communauté et il leur dit: " L'homme est le maître de l'univers, et l'univers est au service de l'homme; l'humanité est l'essence de la Voie humaine, et l'usage de toutes sortes de machinations de mauvaise foi en représente la fin. L'esprit humain est en mesure de dominer l'univers, et il est parfaitement normal selon la raison que la grande Voie de l'humanité soit observée dans le monde; cependant, à notre époque, l'essence en ayant perdu sa position prédominante et les machinations de mauvaise foi se répandant dans le monde, la grande Voie en est tombée dans une grande confusion. A cette époque, il nous faut d'abord unir nos coeurs et notre volonté pour redresser la mentalité et la morale du monde, dont la décadence est de jour en jour plus profonde. Bien conscients de ce que cela signifie, il vous faut donc devenir les acteurs principaux de la fondation de la grande communauté dans le monde éternel ".

 

6. Après avoir établi la méthode pour l'organisation de groupes de dix personnes, groupes destinés à travailler par la suite à l'enseignement et à la formation de tous les hommes partout dans le monde entier, le Grand Maître Fondateur dit: " Cette loi représente la méthode rapide susceptible de permettre de former uniformément tous les hommes selon l'enseignement d'un seul et même maître; elle pourra donc permettre de guider même plusieurs centaines de millions de personnes, mais il s'agit d'une organisation fort simple et dans le cadre de laquelle l'autorité sera toujours confiée seulement à neuf personnes ". Après avoir organisé le tout premier groupe de la communauté avec les neuf disciples choisis auparavant, il dit: " Ce groupe est organisé sur le modèle de l'univers: le chef du groupe est la réplique du ciel, et le centre en est la réplique de la terre; et les huit membres du groupe sont la réplique des huit directions. Pour donner des explications plus complètes, ce groupe représente les dix directions; pour résumer ces explications en un mot, cela signifie l'union des dix directions en un seul corps ". Le chef du groupe était le Grand Maître Fondateur; au centre, il y avait Song Kyu; comme membres du groupe, il y avait Yi Chae-ch'l, Yi Sun-sun, Kim Ki-ch'n, O Ch'ang-gn, Pak Se--ch'l, Pak Tong-guk, Yu Kn et Kim Kwang-sn.

 

7. Après avoir fondé une coopérative d'épargne comme préparation pour l'établissement de la communauté, le Grand Maître Fondateur dit aux membres du groupe: " Cette oeuvre que nous commençons n'est pas un travail susceptible d'être réalisé par n'importe quel homme ordinaire et, si nous prenons la résolution de réaliser une oeuvre que ne saurait réaliser tout homme ordinaire, il nous faudra faire preuve d'une patience hors du commun et déployer des efforts extraordinaires. Actuellement, nous menons tous une vie de pauvreté et, à moins de nous adonner à des économies et à un travail hors du commun dans tous les domaines, il nous sera difficile de poser les fondements de l'oeuvre entreprise; il nous faudra donc mettre en pratique avec un extrême dévouement toutes les dispositions de la coopérative, de façon à donner aux générations futures l'exemple de la fondation de la communauté ". Avant tout, il exigea que tous les membres s'abstiennent d'alcool et de tabac, qu'ils participent aux économies de riz en reconnaissance des bienfaits reçus, ainsi qu'aux travaux en commun.

8. Une fois commencés les travaux de construction de la digue pour protéger les terres asséchées du village de Kilryongni, lors d'une inspection du chantier, le Grand Maître Fondateur déclara à ses disciples: " Les neuf membres qui ont été choisis sont des hommes qui auparavant ne s'adonnaient pas au travail manuel et, ayant été choisis au moment de la fondation de la grande communauté, ils sont appelés à connaître plus de souffrances que quiconque; mais, en contrepartie, ils goûteront aussi des joies non négligeables. En toutes choses, plutôt que de se contenter de conserver, sans avoir eu à peiner pour le réaliser, ce que d'autres ont réalisé, le fait de fonder quelque chose au prix de ses peines et de devenir fondateur de quelque chose pour autrui revêt une profonde signification; la communauté que nous allons ériger est donc une grande communauté telle que l'on n'en a encore jamais vu de pareille dans le passé, et telle qu'il sera difficile d'en voir de nouveau une pareille à l'avenir. Si nous désirons construire une telle communauté, lors de l'élaboration de ses lois, la morale et la science doivent marcher de front, de façon à faire que s'ouvre un monde doté d'une véritable civilisation; il faut que le mouvement et l'immobilité s'accordent de façon à ce que la pratique et le travail puissent marcher de pair. Et, puisqu'il nous faut faire l'union de tous les enseignements religieux pour en faire un tout et une famille avec des échanges en parfaite harmonie, étant donné que nous voulons éviter toute déficience en quelque domaine que ce soit, tout naturellement l'oeuvre exige un travail considérable ".

 

9. Pendant que les membres des divers groupes travaillaient à la construction de la digue, en les voyant travailler, un riche personnage d'un village voisin leur chercha querelle et, après avoir, lui aussi, présenté aux autorités de l'administration une demande d'autorisation pour la mise en valeur des mêmes terres, il fit de nombreuses démarches auprès des autorités concernées, ce qui fut à l'origine de bien des soucis concernant la question du droit de propriété de ces terres par la suite. Les fidèles éprouvèrent alors une profonde haine à son égard, mais le Grand Maître Fondateur leur dit: " Si une telle querelle a lieu pendant les travaux, il semble que le ciel veut mettre notre ferveur à l'épreuve; ne vous laissez donc pas préoccuper le moins du monde par cette affaire; évitez aussi de haïr cet homme ou de nourrir de la rancune à son égard. En principe, normalement le mal ne saurait triompher du bien; cependant, même si le résultat de nos efforts devait devenir la propriété de cet homme, en conscience, nous n'aurions pas à en rougir; de plus, notre volonté est de toujours nous adonner à des activités au profit de la société; même si l'usage n'en est point aussi vaste que prévu dans le cadre de notre projet initial, cet homme, lui aussi, est membre de la société et, puisque ce travail procurera des rizières en quantité non négligeable pour les habitants misérables de la région côtière, est-ce que ce ne sera pas aussi une oeuvre profitable pour l'ensemble de la société? En ce moment, si vous savez dépasser les questions de distinction entre vous-mêmes et autrui et faire des efforts diligents avec uniquement la volonté de travailler pour la société, tout naturellement, les choses arriveront à une solution dans le sens équitable ".

 

10. Un jour, alors que Yi Ch'un-p'ung lui rendait visite, le Grand Maître Fondateur lui posa la question suivante: " Sais-tu dans quelle intention, alors que ces gens sont venus à moi afin d'apprendre la morale, je ne leur enseigne point la morale, mais leur demande ainsi de commencer par construire une digue? " Alors, Ch'un-p'ung lui répondit: " Comment, avec une pensée étroite comme la mienne, pourrais-je scruter la profondeur de votre pensée, Grand Maître? Cependant, je suis convaincu qu'il y a à cela deux raisons: tout d'abord, vous voulez qu'en construisant cette digue, ils puissent gagner de l'argent pour subvenir aux frais exigés par leur étude et leur pratique; ensuite, je pense que vous voulez leur donner la preuve qu'en travaillant d'un seul coeur et en unissant ses forces, on peut réussir toutes choses ". Le grand Maître Fondateur lui dit alors: " Dans l'ensemble, ce que tu dis est exact, mais écoute encore un peu ma volonté. Ces gens étant à l'origine venus dans le but d'étudier et de s'adonner à la pratique, il me faut d'abord savoir s'ils possèdent ou non une foi solide. Si l'on décide de défricher des terres restées en friche pendant des dizaines de milliers d'années et d'en faire des rizières, on deviendra la risée des habitants du voisinage et, en même temps, en réalisant ce travail vraiment difficile à croire réalisable pour des hommes n'ayant même pas fait l'expérience du travail manuel, on finira par savoir si ces hommes possèdent ou non une véritable foi. De plus, en observant la réalisation de ce travail du début jusqu'à la fin, on pourra savoir si ces hommes possèdent ou non la force de réaliser tous les travaux qui nous attendent à l'avenir. De même, en voyant la méthode de l'autonomie obtenue grâce aux économies réalisées dans les dépenses de la consommation et au travail manuel, ils finiront pas comprendre le fondement d'où viennent le bonheur et les moyens de subsitance. Enfin, au cours de ce pénible travail, chacun trouvera aussi la méthode permettant de faire bon usage de sa propre nature et sera en mesure d'obtenir une force suffisante lui permettant de vaincre la souffrance. C'est en me basant sur toutes ces pensées que j'ai fait entreprendre ces travaux ".

 

11. Les travaux de construction de la digue terminés, les membres de la communauté se dirent entre eux: " Quand nous avons commencé, nous avons imaginé des difficultés équivalant à l'érection d'une immense montagne au milieu d'une plaine; cependant, à en juger maintenant par les résultats que nous avons obtenus, la construction de cette digue était au contraire un travail relativement facile; par contre, combien difficile sera à l'avenir la réalisation de la Voie? ". En entendant cela, le Grand Maître Fondateur leur dit: " Vous parlez ainsi maintenant parce que vous ignorez actuellement la Loi permettant la réalisation de la Voie; mais, quand vous la connaîtrez, vous saurez qu'il n'est rien de plus facile; comment cette abondance et cette liberté d'esprit seraient-elles aussi pénibles que la construction de cette digue? Si vous ne comprenez pas la signification de ces paroles, souvenez-vous de ce que je viens de vous dire pour y penser de nouveau après avoir compris le cheminement de l'étude et de la pratique".

 

12. Lors de l'érection du tout premier temple de cette communauté au village de Kilryongni, au pied du Mont Ognybong, le Grand Maître Fondateur écrivit sur la poutre faîtière: " La révolution immuable du soleil et de la lune dans le cadre de la Vérité inamovible crée le cycle des saisons " et, un peu en dessous, il ajouta: " Les pins recueillent le printemps de la multitude des arbres; les torrents réunissent les eaux de la multitude des montagnes et, en rugissant, coulent en direction de la mer ".

 

13. Le Grand Maître Fondateur dit aux neuf membres du groupe choisis: " De nos jours, la puissance de la civilisation matérielle prospère de jour en jour, alors que l'esprit de l'homme, qui se sert de la matière, s'affaiblit de jour en jour; ni l'individu, ni la famille, ni la société, ni les nations ne parviennent plus à la stabilité et, à l'avenir, la détresse du monde ne connaîtra plus de limites. Comment nous, qui avons la volonté de sauver le monde, pourrions-nous considérer un tel phénomène avec indifférence? Les sages d'autrefois, eux aussi, ont adressé avec une grande ferveur des prières au ciel et à la terre pour le monde et n'ont pas été sans émouvoir la volonté du ciel; à notre époque, vous aussi, priez le ciel et la terre et efforcez-vous d'émouvoir la volonté du ciel en concentrant tout votre coeur et avec une extrême ferveur, afin que l'esprit de tous les hommes ne soit point attiré par la matière, et que ces hommes sachent se servir de la matière. Votre coeur est le coeur du ciel lui-même et, quand le coeur se concentrera sans la moindre trace de l'égoïsme, les vertus n'en feront qu'un avec le ciel et la terre et, en accord avec ce coeur, toutes choses seront appelées à réussir. Il vous faut savoir que, dans le coeur de chacun de vous, il existe des éléments susceptibles d'émouvoir la volonté du ciel. Soyez aussi toujours parfaitement conscients que, dans le corps de chacun de vous, réside la responsabilité de délivrer le monde ". Le Grand Maître Fondateur désigna alors un jour et une direction, et fit en sorte que les membres de la communauté continuent à prier tous ensemble.

 

14. Le vingt-et-un août de l'an quatre de l'ère du Bouddhisme Wn ( le 26ème jour du septième mois selon le calendrier lunaire ), voyant que l'extrême ferveur des neuf membres choisis, qui avaient dépassé la question de vie et de mort, avait abouti pour finir au miracle du sceau de sang apposé avec leur doigt sans avoir employé de l'encre rouge, le Grand Maître Fondateur leur dit: " Les esprits du ciel et de la terre ont déjà répondu à votre coeur et le jugement est porté concernant la décision de l'au-delà; notre succès a donc commencé par cela. Désormais, votre corps est consacré à l'univers; et, à l'avenir, quand vous vous acquitterez de tous vos travaux, même si vous connaissez les pires souffrances et tombez dans les plus grandes difficultés, si seulement vous conservez votre esprit d'aujourd'hui, et si vous vous rappelez ce qui est arrivé aujourd'hui, même quand vous sentirez les entraves résultant de l'attachement à la famille et des cinq désirs de l'homme, vous ne vous laisserez point attirer par ces désirs; par conséquent, consacrez-vous entièrement et uniquement à l'étude, à la pratique et aux travaux avec une pensée toute pure et libre de tout attachement ". Puis, après leur avoir donné des pseudonymes et des noms de religion, le Grand Maître leur dit: " Votre nom d'autrefois était un nom mondain, un nom privé et individuel, et la personne qui portait ce nom est déjà morte; désormais, je vous donne un nom nouveau, un nom communautaire et universel, afin de vous faire renaître à une vie nouvelle; portez donc ce nom avec prudence et travaillez à la délivrance d'une multitude d'êtres humains ".

 

15. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Désormais, ce que nous devons étudier, ce sont les vertus du Bouddha; ce que nous devons enseigner aux générations futures, aussi, ce sont les vertus du Bouddha; il vous faut donc d'abord étudier l'essence de la Loi du Bouddha et vous efforcer d'en comprendre la vérité. Il y a déjà un certain temps que je connais la Vérité de cette Loi du Bouddha, mais, vous, vous êtes encore à un niveau insuffisant pour analyser et comprendre cette Vérité. De plus, en Corée le Bouddhisme a été pendant plusieurs centaines d'années l'objet du mépris, et les Coréens, quels qu'ils soient, n'éprouvent en général guère de respect à l'égard de tout ce qui porte un nom bouddhique. Craignant, étant donnée la mentalité qui manque d'ouverture, de ne pas jouir du respect de l'époque, sans même se préoccuper de savoir si la Loi bouddhique était vraie ou erronée, on s'est efforcé de suivre la mentalité de son temps et de dispenser un enseignement désordonné susceptible de donner aux fidèles seulement les premiers éléments de la foi bouddhique. Désormais si, après avoir découvert cette Vérité fondamentale et procédé à une étude et une pratique véritables, nous voulons conduire tous les êtres sur les deux voies de la sagesse et du bonheur, il faudra que la Loi bouddhique devienne l'essence même de notre enseignement; de plus, à l'avenir, le Bouddhisme deviendra la principale religion du monde entier. Cependant, la Loi bouddhique de l'avenir ne sera pas la Loi bouddhique institutionnelle et traditionnelle comme celle qui a été transmise dans le passé: elle ne sera pas séparée des classes sociales des lettrés, des paysans, des artisans et des commerçants; de plus, ce sera une Loi bouddhique dans le cadre de laquelle tous les fidèles, sans distinction de ceux qui vivront en famille et de ceux qui auront quitté la famille pour vivre en religion, s'adonneront à l'étude et à la pratique. Le culte rendu au Bouddha ne consistera pas, non plus, à vénérer seulement certaines statues du Bouddha: on comprendra que toutes les choses de l'espace et de l'univers sont le Bouddha; il n'y aura donc pas de différence entre le travail, d'une part, et l'étude et la pratique, d'autre part: bien s'acquitter du travail dans le monde équivaudra à bien étudier et pratiquer la Loi bouddhique; et celui qui étudiera et pratiquera bien la Loi bouddhique sera une personne qui s'acquittera bien de son travail dans le monde. De même, en ce qui concerne les offrandes au Bouddha, il n'y aura plus de lieux spéciaux destinés à faire ces offrandes, ni de Bouddha à part pour les recevoir: ces lieux et ces Bouddhas existeront en fonction du travail et des voeux de l'offrant. Quand il en sera ainsi, il n'y aura plus aucun lieu sans temple et sans Bouddha; alors, les bienfaits du Bouddha se répandront en toutes choses et dans l'univers tout entier, et le monde sera alors l'inimaginable et idéale Terre de Bouddha. Même si les époques se répètent en un nombre infini de cycles, il est difficile de rencontrer une telle occasion; heureusement pour vous, vous avez rencontré cette occasion; parmi la multitude des hommes, rares sont ceux qui savent reconnaître une telle occasion; cependant, vous, vous l'avez reconnue et vous êtes devenus les acteurs principaux de la fondation de la toute première communauté. C'est pourquoi, même s'il s'agit de mes paroles, dont aujourd'hui vous êtes encore incapables de prouver la véracité, évitez de penser qu'elles sont vaines: si vous vivez peu à peu en vous conformant à toutes mes directives, dans un proche avenir, vous serez en mesure d'en découvrir la réalité ".

 

16. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Le Bouddhisme est une religion étroitement liée avec le royaume de Chosn: elle y a été chaleureusement accueillie et elle y a aussi été l'objet de nombreuses persécutions; elle y a reçu cet accueil chaleureux il y a plusieurs centaines d'années; quant aux persécutions, elle les a subies il n'y a pas très longtemps. Chassée à la suite des changements politiques et par la puissance du Confucianisme, elle s'est retirée du monde et s'est réfugiée au fond des montagnes. Les moines menant alors tant bien que mal une vie dépassant celle de l'homme ordinaire, il y a peu de membres de la société ordinaire qui en connaissent la Loi. Ainsi, d'après ce que disent certaines personnes qui prétendent être bien au courant, les temples se trouvent situés dans des sites et des paysages magnifiques; les moines et les statues du Bouddha se trouvant dans ces temples, les gens qui vivent dans le monde vont là où se trouvent les moines et les statues bouddhiques, pour y faire des offrandes au Bouddha afin d'obtenir le bonheur et le pardon de leurs péchés. Les moines étant les disciples des statues du Bouddha, ils vivent en gardant le célibat, sans femme ni enfants; ils se rasent les cheveux et portent des vêtements très simples et, le petit chapelet bouddhique à la main, ils récitent des prières et des textes sacrés. Ils portent un sac pour aller demander l'aumône et, s'il leur arrive de rencontrer des gens du monde, de si basse condition que soient ces gens du monde, ils les saluent respectueusement. On dit qu'ils ne mangent ni poisson ni viande, qu'ils ne prennent ni alcool ni tabac et évitent de supprimer toute vie; cependant, parmi les gens du monde, ni les nobles, ni les riches, ni les personnes dont le sort est enviable ne deviennent moines: les personnes qui entrent en religion seraient de celles auxquelles les diseurs de bonne aventure ont prédit une destinée malheureuse ou encore de celles qui, après un échec dans les affaires de ce monde, sont désormais des ratés sans espoir. Parmi les moines, ceux qui, après s'être adonnés avec succès à l'étude et à la pratique, deviennent des moines savants savent, dit-on, choisir les sites pour la construction des maisons, les sites pour l'érection des tombeaux et peuvent à volonté appeler la pluie et le vent ou encore déplacer les montagnes ou traverser les cours d'eau; cependant, de tels moines représentent tout juste un sur mille ou dix mille de l'ensemble, si bien que la Loi bouddhique est devenue la voie de la vanité, une voie que les gens du monde ne peuvent pas suivre. Nous, nous estimons agréable d'aller passer un moment de temps en temps dans de jolis paysages; mais, si quelqu'un fréquente le temple bouddhique ou se fait moine bouddhiste, on dit que c'est l'annonce de la ruine pour sa famille car, à cause de la pratique bouddhique de l'incinération des cadavres, les descendants ne reçoivent pas d'aide de leurs ancêtres. Pour ce qui est des moines qui croient en la Loi bouddhique, dans le passé, on les a considérés comme des êtres particuliers. Cependant, pour exprimer la réalité de la vie des moines bouddhistes, il faut dire que, retirés loin de la misère de ce bas monde, ils construisent des temples d'une grande propreté dans des sites et des paysages remarquables et vénèrent de majestueuses statues du Bouddha; et, seuls, après avoir rompu toutes les attaches avec le monde, ils vivent avec quelques compagnons en compagnie des arbres, du vent et de la lueur de la lune, entourés de tous côtés par la musique des oiseaux, des eaux et de la nature et, en vivant sans le moindre souci grâce à l'habillement et à la nourriture que leur apportent les fidèles, ils récitent des invocations au Bouddha et des textes sacrés au son du gong de bois; puis, après s'être adonnés à la méditation assise, ils sortent de leurs grands et luxueux édifices pour se promener au milieu de la forêt. Ainsi vivent-ils. S'il n'en est pas ainsi pour tous les moines bouddhistes, la plupart d'entre eux mènent depuis bien longtemps une telle vie de loisir, une vie de pureté, une vie dans laquelle ils ne font que ce qui leur plaît. Hélas! pendant que les moines menaient une telle vie, la Voie suprême du Bouddha n'a pas été annoncée au monde, et les moines sont tombés dans le Petit Véhicule de la complaisance en soi-mêne et de l'autosatisfaction individualiste. Comment cela représenterait-il la volonté profonde du Bouddha? Par conséquent, si la Voie suprême du Bouddha ne connaît pas en elle-même le moindre changement, notre objectif est de procéder à une réforme partielle de la doctrine et de l'institution, afin de mettre fin au Bouddhisme d'une minorité et de fonder un Bouddhisme des masses, afin de mettre fin à une pratique entachée de partialité et de procéder à une pratique équilibrée et harmonieuse ".

17. Le Grand Maître Fondateur poursuivit: " La Voie suprême du Bouddha est d'une hauteur sans limite, d'une profondeur sans limite et d'une largeur sans limite; sa sagesse et sa puissance ne sauraient être exprimées par l'écriture ou la parole; pour en exprimer les grandes lignes, nous, nous croyons seulement que tous les êtres naissent et meurent, mais nous ignorons qu'il existe plusieurs vies; le Bouddha, lui, connaît le principe de l'absence de vie et de mort et aussi l'existence d'un nombre infini de vies résultant de renaissances depuis des kalpas. Nous, nous ignorons même le principe fondamental de l'origine de notre propre corps; le Bouddha, lui, connaît le principe fondamental de l'existence de toutes les choses de l'univers. Ne sachant pas faire de façon précise la différence entre la voie du bien et la voie du mal, nous entraînons notre propre corps dans les voies du mal; par contre, après s'être délivré lui-même, le Bouddha possède la puissance de délivrer tous les êtres de l'univers entier des voies du mal pour les guider vers les voies du bien. Nous, nous ignorons même la souffrance et la joie que nous obtenons en tant que rétribution de nos actes; le Bouddha, lui, connaît les souffrances et les joies reçues par tous les êtres en tant que rétribution de leurs actes, et aussi celles qu'ils reçoivent par hasard. Quand, après avoir joui du bonheur et de la joie, nous ne pouvons plus jouir d'un tel bien-être, nous sommes impuissants à ce sujet; dans un tel cas, le Bouddha, lui, possède la puissance de faire revenir le bien-être; nous, nous vivons comme nous pouvons, que la sagesse soit limpide ou obscure, mais le Bouddha, lui, possède la puissance de redonner la limpidité à la sagesse qui s'est obscurcie et d'empêcher qu'elle ne s'obscurcisse quand elle est limpide. Entraînés par la convoitise, la colère et la déraison, nous commettons de multiples erreurs; par contre, le Bouddha, lui, n'est point entraîné par la convoitise, la colère ou la déraison. Entraînés vers les lieux où sont toutes les choses de l'univers, nous ignorons les lieux où ces choses n'existent pas; le Bouddha, lui, connaît les lieux où ces choses n'existent pas, même s'il se trouve là où elles existent, et les lieux où elles existent, même s'il se trouve là où elles n'existent pas. Nous, nous ignorons ce que sont les six catégories d'existence: dieux, êtres humains, asuras, animaux, esprits mauvais, enfer, et les quatre modes de naissance: viviparité, oviparité, humidité, transformation; le Bouddha, lui, connaît même le principe des changements qui surviennent entre les six catégories d'existence et les quatre modes de naissance. Nous, nous cherchons à être seuls à vivre heureux en infligeant des dommages à autrui; par contre, dans le commerce avec les choses, le Bouddha, lui, cherche son propre bien et celui d'autrui et, s'il est impossible de réaliser les deux, ne tenant aucun compte de ses propres intérêts, ni des questions de vie ou de mort, il trouve son propre bien-être dans le travail accompli pour procurer le bien-être d'autrui. Pour nous, il n'est point de possession en dehors des choses possédées et limitées dans la réalité: nous ne possédons de maison que celle qui est limitée dans la réalité et nous n'avons de famille que limitée dans la réalité; quant au Bouddha, il a affirmé posséder toutes les choses de l'univers; que tout l'univers est sa demeure, et que tous les êtres sont sa famille. Ce que nous voulons, c'est obtenir une telle sagesse et une telle puissance du Bouddha afin de consacrer nos efforts à l'oeuvre de la délivrance de tous les êtres ".

 

18. Le Grand Maître Fondateur dit encore: " Dans le passé, la doctrine et les institutions du Bouddhisme étaient centrées sur la vie de ceux qui quittaient leur famille et entraient en religion et, pour les personnes ordinaires, qui restaient vivre dans le monde, toutes les choses étaient plutôt inadaptées: les fidèles qui vivaient dans le monde n'étaient pas considérés comme la partie la plus importante de la communauté, mais comme une partie accessoire; par conséquent, s'il existait bien quelquefois parmi eux des personnes qui s'acquittaient d'oeuvres spéciales et s'adonnaient à des études et des pratiques particulières, dans le cas des fidèles ordinaires, qui ne s'adonnaient point à de telles activités particulières, il leur était difficile de devenir des disciples directs du Bouddha au même titre que les moines qui, entrés en religion, procédaient à des études et à la pratique, ou encore d'être considérés comme des ancêtres de la communauté bouddhique. D'autre part, la religion s'adresse aux hommes et, comme on avait construit les temples au fond des montagnes, où personne ne vivait, quand les gens occupés par les nécessités de la vie du monde pouvaient-ils quitter le monde pour aller jusque-là afin de recevoir l'enseignement? De plus, les textes sacrés étant écrits avec des termes et un vocabulaire spéciaux, que le commun des mortels peut difficilement apprendre et connaître, il est difficile de les enseigner à tout le monde, personnes cultivées et personnes ignorantes, hommes et femmes, jeunes et vieillards. De même, en ce qui concerne le vivre et le couvert, étant donné que les moines ont abandonné les professions des lettrés, des paysans, des artisans et des commerçants pour vivre des offrandes faites au Bouddha dans les temples bouddhiques et de l'aumône, comment l'ensemble des fidèles peuvent-ils mener une telle vie? En ce qui concerne le mariage aussi, il est absolument interdit aux personnes qui sont entrées en religion afin de s'adonner à l'étude et à la pratique. En ce qui concerne les cérémonies, de plus, étant donné que l'on enseigne seulement divers rites pour les offrandes au Bouddha, sans enseigner de cérémonies pour les personnes restées dans le monde, comment pourrait-on dire qu'une telle vie est d'une vaste compréhension? Par conséquent, sans faire de différence entre les personnes restées dans leur famille, qui seraient considérées comme l'accessoire, et celles qui sont entrées en religion, qui seraient, elles, considérées comme l'essentiel, pour nous, il y a seulement une différence d'occupation, études, pratique ou travail, et nous supprimerons chez les disciples du Bouddha toute discrimination destinée à considérer les fidèles entrés en religion comme l'essentiel, alors que les fidèles vivant dans leur famille seraient considérés comme l'accessoire. Pour les lieux destinés à la pratique religieuse, encore, nous les établirons n'importe où, là où il y aura des fidèles. De même, pour les textes sacrés, nous en extrairons l'essence, qui sera compilée en des termes simples et faciles, de façon à permettre au commun des fidèles de les étudier sans exception. En ce qui concerne le vivre et le couvert des personnes qui quitteront leur famille pour s'adonner à l'étude et à la pratique, nous ferons en sorte qu'elles aient une profession en accord avec leur situation respective; la question du mariage, aussi, sera confiée à la volonté de chacun. Pour ce qui est du cérémonial, on n'observera plus tous les rites compliqués des offrandes formalistes au Bouddha: on se centrera sur la véritable offrande au Bouddha, en vue de mettre davantage en lumière un cérémonial adapté et bénéfique pour la vie des fidèles vivant dans le monde. En ce qui concerne les personnes qui entreront en religion, encore, exception faite des cas particuliers, pendant l'enfance, on leur apprendra à lire et à écrire; à l'âge adulte, on fera en sorte qu'elles étudient la doctrine et se consacrent au travail destiné à la délivrance des créatures; elles passeront leur vieillesse dans des sites tranquilles entourés de beaux paysages et, oubliant totalement l'attachement et la convoitise du monde, tout en étudiant les questions relatives à la vie et à la mort, pendant le printemps et l'automne, elles feront des visites aux temples situés dans le monde pour y travailler à l'enseignement de la doctrine; et, pendant l'hiver et l'été, elles s'adonneront surtout à la culture de l'esprit. Ainsi, notre objectif est de faire en sorte que, tout au long de la vie des fidèles, il n'y ait aucune lacune. De même, en ce qui concerne les divers organismes chargés de la gestion de cette doctrine et de ces institutions, nous désirons faire en sorte qu'en accord avec l'époque et la mentalité il n'existe aucune lacune ".

 

19. Le Grand Maître Fondateur ajouta encore: " Les matières enseignées par le Bouddhisme dans le passé comprenaient les textes sacrés, la méthode de la méditation assise à partir du koân, la méthode pour la récitation des invocations au Bouddha, les formules magiques et la méthode des offrandes présentées au Bouddha; l'intention profonde d'un tel enseignement était d'enseigner l'ensemble des textes sacrés, de façon à faire connaître la doctrine, les institutions et l'histoire du Bouddhisme. Si l'on donne le koân pour faire procéder à la méditation assise, c'est en vue de faire comprendre une vérité mystérieuse et difficile à enseigner par les textes sacrés et par la parole; si l'on fait réciter des invocations au Bouddha et des formules magiques, c'est parce qu'il est difficile pour les personnes qui, vivant dans un monde complexe, éprouvent beaucoup d'attachement et de cupidité, de s'engager sur la voie droite; c'est alors, au début de leur initiation au Bouddhisme, une méthode destinée à les aider à concentrer leur esprit, qui reste dans la confusion. Quant à la méthode des offrandes au Bouddha, on l'enseigne en vue de permettre la réalisation des voeux des fidèles et d'obtenir une aide pour les oeuvres et les travaux de la religion bouddhique. Il faudrait que chaque fidèle étudie toutes ces pratiques et ces matières; mais, si l'on en choisit seulement une ou deux et s'y attache de façon exagérée, on risque de s'engager sur la voie d'une pratique partiale, ce qui peut conduire à des factions qui représentent des obstacles à la foi et à la pratique religieuse des fidèles. C'est pourquoi nous avons unifié toutes ces matières et simplifié les nombreux koâns de la secte zen, ainsi que tous les textes sacrés de la secte bouddhique centrée sur l'enseignement des Ecritures. Abandonnant les koâns et les textes sacrés compliqués, nous avons opté pour des koâns et des textes sacrés qui en mettent en lumière les premiers principes et les points essentiels, établissant ainsi une matière permettant d'obtenir une capacité de la pratique adaptée au principe du travail quotidien. Nous avons simplifié la récitation des invocations au Bouddha, la méditation assise et les formules magiques pour établir une matière de culture de l'esprit permettant la concentration mentale. Nous avons simplifié tous les préceptes, les détails de la loi du karma et la voie des quatre bienfaits pour établir une matière du choix des bonnes actions appropriée à la vie des fidèles restés dans le monde. Nous avons fait en sorte que tous les fidèles mènent de front ces trois grandes matières; dans ce but, nous avons simplifié les matières d'étude et de pratique, de façon à obtenir une capacité d'étude et de pratique permettant à tous les fidèles, comme dans le cas du Bouddha, de dépasser tous les obstacles concernant les principes et les faits. Nous avons simplifié la matière de la culture de l'esprit, de façon à permettre aux fidèles d'obtenir une capacité de maîtrise de soi permettant, comme dans le cas du Bouddha, de ne pas se laisser attirer par les choses de ce monde. Nous avons aussi simplifié la matière du choix des oeuvres, de façon à ce que les fidèles puissent obtenir une capacité de choix leur permettant, comme dans le cas du Bouddha, de faire l'analyse de l'injustice et de la justice, et d'agir en conséquence. Si ces trois grandes capacités deviennent matière d'offrandes au Bouddha dans la vie quotidienne et source d'énergie destinée à la réalisation de tous les voeux, tout naturellement, la doctrine sera unifiée, et la pratique des fidèles, elle aussi, sera irréprochable ".

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