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Nécessité de demeurer dans le danjeon

D’une manière générale, la coutume est d’éliminer toutes les pensées en faisant demeurer l’esprit sur une seule chose. Mais si les méthodes pour le faire demeurer sont certainement aussi nombreuses que les opinions ou les moyens dont elles dépendent, toutefois, quand l’esprit est fait demeurer sur une autre chose que le danjeon, qu’elle soit mentale ou extérieure, les pensées en sont agitées et l’énergie [ignée] monte, le rendant difficile à calmer, tandis que si l’esprit est fait demeurer sur le danjeon, ses pensées n’en sont pas agitées et l’énergie [ignée] descend, le rendant facile à calmer.

En outre, faire demeurer l’esprit sur le danjeon n’est pas seulement nécessaire à la méditation assise mais aussi à la santé. Quand on fait demeurer l’esprit sur le danjeon et que l’on avale beaucoup de cette eau jaillie de l’« étang de jade » [les glandes salivaires], l’eau et le feu s’harmonisent, les souffrances des maladies du corps diminuent et le visage devient plus clair, l’énergie fondamentale abonde et du cinabre spirituel est produit, de sorte que la longévité en est assurée. Cette méthode est donc en fait une méthode qui fait d’une pierre deux coups : le Calme (jeong : samādhi, recueillement) du seon et la santé.

Les partisans du kanhwa seon (le seon de l’« observation, kan, du hwadu, ‘cas de dialogue’ paradoxal ») critiquent parfois cette méthode de faire demeurer l’esprit sur le danjeon, comme faisant tomber dans un seon mort, indifférent. Le kanhwa seon peut être un moyen temporaire pour certaines personnes, mais il peut difficilement être prescrit à tout le monde. Si l’on poursuit seulement le hwadu pendant une longue durée, l’énergie [ignéé] montera et l’on peut facilement tomber malade. De plus, ceux qui par nature ne peuvent pas être pris par le hwadu ne pourront s’intéresser à ce seon.

C’est pourquoi nous distinguons un temps pour le jwaseon (méditation assise) et un temps pour le uidu (‘cas pour douter, questionner’) : quand on pratique le seon, on ne fait que pratiquer le seon, quand on pratique l’Etude (yeongu), on ne fait que pratiquer l’Etude, de façon à développer parallèlement jeong (samādhi, recueillement) et hye (prajñā, sagesse). En faisant ainsi, nous ne nous noierons pas dans une vide quiEtude, nous ne tomberons pas dans la discrimination, mais nous serons rendus capables de faire l’expérience de la nature de la Vraie Ainsité (jinyeo, Bhūtatathatā), libre de l’action-inaction.