Dharmas > Sûtra fondamental

2. La doctrine

 

1. Le Grand Maître Fondateur dit: " Dans le passé, les fondateurs de toutes les religions sont apparus selon les époques et ont enseigné ce que les hommes devaient mettre en pratique, mais l'essence de leur enseignement était différente selon les époques et les régions; pour prendre une comparaison, c'est comparable à l'existence de diverses spécialités dans le domaine de la médecine. C'est pourquoi, dans la religion bouddhique, prenant pour l'essentiel les choses dépourvues de formes de l'univers, on a enseigné la Vérité qui ne connaît ni la naissance ni la mort, le principe de la causalité et du karma, et l'on a surtout mis en lumière la Voie de l'Illumination. Dans le Confucianisme, prenant pour l'essentiel les choses dotées de formes de l'univers, on a enseigné les Trois Principes et les Cinq Préceptes Moraux, ainsi que la bienfaisance, la justice, les convenances et la sagesse, et l'on a surtout mis en lumière la voie de la morale personnelle, de la morale familiale et du gouvernement pacifique. Dans le Taoïsme, prenant pour l'essentiel la voie de la nature et de l'univers, on a enseigné la méthode de la formation de l'esprit et surtout mis en lumière la voie de la limpidité et du non-agir. Bien que l'essentiel de ces trois voies soit différent, toutes les trois, elles ont pour objectif de créer un monde juste et de contribuer au bien de tous les êtres. Cependant si, dans le passé, le Bouddhisme, le Confucianisme et le Taoïsme se sont consacrés principalement à l'enseignement chacun uniquement de son propre domaine, à l'avenir, il sera impossible de sauver le monde entier en se basant ainsi sur une seule partie de cet enseignement; et c'est pourquoi, après avoir unifié toutes ces doctrines, formant le cercle parfait de la culture de l'esprit, de l'étude des faits et des principes, ainsi que du choix des bonnes conduites, nous avons établi tous les programmes selon la méthode du développement parallèle de l'âme et du corps, de la marche en parallèle des principes et des faits. Toute personne qui s'adonnera sérieusement à l'étude et à la pratique, comme il vient d'être dit, pourra non seulement connaître la doctrine des trois religions en question, mais elle unira dans son esprit la doctrine de toutes les religions et toutes les lois du monde; ainsi elle sera en mesure d'obtenir la grande Voie donnant accès à la Vérité sans rencontrer le moindre obstacle ".

 

2. Un des disciples demanda: " Qu'entend-on en parlant de grande Voie? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " La Voie susceptible d'être mise en pratique par tous les hommes du monde entier est la grande Voie du monde; celle qui ne peut être mise en pratique que par un petit nombre est une petite voie. Par conséquent, tous les hommes du monde entier devant connaître et pouvant mettre en pratique la doctrine du Cercle parfait, les quatre bienfaits, les quatre devoirs essentiels, les trois disciplines et les huit attitudes, cela représente la grande Voie du monde entier ".

 

3. Kwang-jn demanda: " Quelle relation existe-t-il entre le Cercle parfait et l'humanité? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Tu poses une question concernant une grande Vérité. Le fait de vénérer le Cercle parfait dans notre communauté est analogue à la vénération des statues du Bouddha dans le Bouddhisme au cours des siècles passés; mais les statues représentent l'apparence extérieure du Bouddha, alors que le Cercle parfait représente l'esprit du Bouddha. Ce que l'on désigne sous l'appellation d'apparence n'est rien de plus qu'une marionnette; par contre, ce que l'on désigne sous le nom d'esprit est infini et peut comprendre à la fois l'être et le non-être, et s'étend au passé, au présent et à l'avenir; autrement dit, il s'agit de l'origine de toutes les choses de l'univers, d'un état de méditation dépassant les possibilités d'expression de la parole. Dans le Confucianisme, cela est désigné sous les appellations de t'aegk et de mugk ( principe universel ); dans le Taoïsme, cela est appelé la Nature ou le Tao ( la Voie ); les bouddhistes, eux, le désignent sous le nom de Bouddha Dharmakâya ( Corps de la Loi du Bouddha ); cependant, dans le principe fondamental, ces appellations sont identiques et, quelle que soit la direction ou la voie empruntée, en définitive, elles reviennent à la Vérité du Cercle parfait. Si, tout en portant le nom de religion, une doctrine n'était pas fondée sur une telle Vérité, il s'agirait ni plus ni moins d'une doctrine erronée. C'est pourquoi, dans notre communauté, nous avons choisi la Vérité du Cercle parfait comme norme des liens avec notre vie réelle, et nous avons montré qu'elle représente les deux portes d'accès à la foi et à la pratique ".

 

4. Kwang-jn demanda de nouveau: " Comment pratique-t-on la foi du Cercle parfait? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit alors: " Nous considérons le Cercle parfait comme objet de foi et nous demandons le bonheur et le bien-être parce que nous avons la foi en sa Vérité. Pour ce qui est des détails concernant le contenu du Cercle parfait, il représente en vérité les quatre bienfaits; pour ce qui est des détails concernant le contenu des quatre bienfaits, étant donnée que, parmi toutes les choses de l'univers, du ciel, de la terre et de l'espace, il n'existe rien qui ne soit le Bouddha, quel que soit le moment, quel que soit le lieu, il nous faut toujours concevoir une crainte respectueuse et garder lors des rapports avec la multitude des choses le coeur pur et l'attitude de pieux respect avec lesquels on se présente devant la majesté du Bouddha. On fera en sorte d'acquérir le bonheur et le bien-être en s'efforçant de faire des offrandes au Bouddha directement là où se trouvent toutes les choses. Pour résumer ces explications, disons que nous avons fait en sorte que les fidèles remédient à une croyance partiale, afin de parvenir à une foi irréprochable; qu'ils remédient à une croyance superstitieuse, afin de parvenir à une foi véritable ".

 

5. Kwang-jn reprit: " Comment s'adonne-t-on à la pratique conforme au Cercle parfait? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " En considérant le Cercle parfait comme norme de la pratique, nous en prenons la Vérité pour modèle afin de cultiver notre personnalité; en comprenant la Vérité du Cercle parfait, nous cherchons à connaître parfaitement le commencement et la fin, l'essentiel et l'accessoire de toutes les choses de l'univers, la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort de l'humanité, le principe de la rétribution des actes. De plus, comme le Cercle parfait, nous voulons développer une nature toujours nette, sans la moindre pensée égoïste au fond de l'esprit et du coeur, sans nous laisser attirer par le désir et la cupidité. De même, comme le Cercle parfait, quand nous nous intéressons à toutes les choses, nous cherchons à traiter toutes choses de façon droite et impartiale, sans nous laisser influencer par les sentiments de joie, de colère, de tristesse ou de plaisir, ou par les relations proches, éloignées, intimes ou distantes. Comprendre le principe fondamental du Cercle parfait, c'est découvrir sa nature originelle; être fidèle à la nature du Cercle parfait, c'est cultiver sa nature. S'adonner à la pratique irréprochable en conformité avec le Cercle parfait, c'est faire bon usage de sa nature originelle: c'est ce que représentent la culture de l'esprit, l'étude des faits et des principes et le choix des bonnes conduites, qui sont les voies essentielles de notre étude et de notre pratique. Les préceptes, la méditation et la sagesse enseignés autrefois par le Bouddha représentent la même chose: la culture de l'esprit est la méditation; l'étude et la pratique sont la sagesse; le choix des bonnes conduites correspond aux préceptes et au bon usage de notre nature originelle. Si nous nous adonnons à cette étude et à cette pratique avec une grande ferveur, indépendamment de nos connaissances ou de notre ignorance, indépendamment de notre intelligence ou de notre manque d'intelligence, aussi bien les femmes que les hommes, les jeunes que les personnes âgées, tous ensemble, nous parviendrons à l'Illumination ".

 

6. Kwang-jn demanda encore: " Alors, cela signifierait-il qu'une telle vérité, une telle puissance et une telle méthode d'étude et de pratique résident telles quelles dans ce Cercle parfait en lui-même représenté sous la forme d'un dessin? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Ce cercle est un modèle destiné à faire connaître le véritable Cercle parfait. Pour prendre une comparaison, c'est comme le doigt qui n'est point la lune quand il la montre. Par conséquent, en se basant sur le modèle de ce cercle, la personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique doit découvrir le véritable Cercle parfait. Il nous faut rester fidèles à la véritable nature du Cercle parfait et mettre en pratique un esprit et un coeur parfaits conformes au Cercle parfait pour parvenir à l'union parfaite entre la Vérité du Cercle parfait et notre vie ".

 

7. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour expliquer brièvement la Vérité du Cercle parfait, nous dirons qu'elle est le vide, la perfection, l'équité. Pour ce qui est de la culture de l'esprit, contempler un endroit dépassant l'être et le non-être, c'est le vide; l'absence de mouvements du coeur, c'est la perfection; et l'absence de penchant du coeur, c'est l'équité. Pour ce qui est de la découverte de sa propre nature, la connaissance de l'endroit où il n'est plus de mouvements du coeur, où la Vérité du Cercle parfait est rigoureuse et où il n'est plus d'expression possible par la parole, c'est le vide. L'immensité et l'absence d'obstacles dans les connaissances sont la perfection. L'exactitude des connaissances permettant de voir et de juger les choses de façon précise est l'équité. En ce qui concerne le bon usage de notre nature originelle, s'adonner à l'action en l'absence de pensées, c'est le vide; s'adonner à l'action sans attachement en toutes choses, c'est la perfection; s'adonner à l'action en respectant le juste milieu en toutes choses, c'est l'équité ".

 

8. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si les fidèles qui s'adonnent à l'étude et à la pratique cherchent à comprendre la mystérieuse Vérité, c'est en vue d'utiliser cette Vérité dans leur vie réelle; par conséquent, s'ils ne l'utilisent point et la laissent telle quelle, ils font un travail inutile. A partir de maintenant, je vais vous parler en mettant le Cercle parfait, le Bouddha Dharmakâya, en relation avec la vie réelle. Premièrement, chaque fois que vous regardez le Cercle parfait, considérez-le comme le koân permettant de voir votre nature et de parvenir à l'Illumination. Deuxièmement, considérez-le comme le modèle d'une pratique irréprochable comme le Cercle parfait dans la vie de tous les jours. Troisièmement, conscients du fait que toutes les choses de l'univers possèdent une puissance réelle de faire descendre directement sur les hommes punitions et bonheur, les fidèles les considéreront comme objet de foi en tant que Vérité. Chaque fois qu'elles se trouveront en face du Cercle parfait, les personnes qui connaissent cette Vérité devront donc le vénérer avec l'attitude de profond respect ressenti quand elles se trouvent devant la photographie de leurs parents ".

 

9. Un jour, quelqu'un demanda: " Quel Bouddha vénérez-vous comme Bouddha principal dans votre religion? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Nous vénérons le Bouddha Câkyamuni comme Bouddha principal ". L'homme demanda de nouveau: " Si le Bouddha Câkyamuni est vénéré comme Bouddha principal, comment se fait-il que vous n'ayez pas placé la statue du Bouddha Câkyamuni dans votre temple, et que vous y vénériez le Cercle parfait? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il est difficile d'expliquer et d'enseigner de façon réaliste en se basant sur des preuves que la statue du Bouddha Câkyamuni nous donne punitions et bonheur; par contre, le Cercle parfait est la représentation du Bouddha Dharmakâya tout de pureté, dont le ciel et la terre, les parents et les compagnons sont l'incarnation; les lois aussi nous sont données par le Bouddha Dharmakâya. Etant donné qu'il est possible autant que l'on veut de prouver, d'expliquer et d'enseigner que le ciel et la terre, les parents, les compagnons et les lois nous donnent punitions et bonheur, nous vénérons le Cercle parfait en qualité d'objet de la foi ". L'homme questionna de nouveau: " S'il en est ainsi, c'est seulement en paroles que vous vénérez le Bouddha Câkyamuni comme Bouddha principal: n'avez-vous pas supprimé toute cérémonie destinée à le vénérer de façon particulière? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit de nouveau: " Si nous n'avons pas placé de statue du Bouddha dans le temple, tout en enseignant aux fidèles la dévotion de façon à ce qu'ils vénèrent le Bouddha avec une extrême ferveur, nous leur apprenons avec insistance que la véritable vénération réside dans la mise en oeuvre respectueuse de l'esprit fondamental enseigné par le Bouddha, ainsi que dans l'héritage, la transmission et le développement de la Loi et des travaux du Bouddha, dans la mise en pratique de cet esprit lors de l'utilisation des six organes sensoriels. Comment peut-on considérer comme vénération uniquement le fait de placer des statues du Bouddha dans un temple, ainsi que le fait d'organiser des cérémonies matin et soir devant ces statues? "

 

10. L'homme reprit alors: " Vénérer le Cercle parfait, expliquer et enseigner de façon réaliste l'origine des punitions et du bonheur, à notre époque où les connaissances de l'humanité sont développées, est peut-être une attitude parfaitement adaptée dans le cas des personnes dotées de sagesse; cependant, il reste vrai que, partout dans le monde, les sages sont rares et les gens stupides nombreux. Pour inculquer la foi aux masses stupides, la vénération des statues du Bouddha ne serait-elle pas plus profitable? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Nous pensons que, si stupide que soit quelqu'un, si on lui donne des explications détaillées, il lui est facile de comprendre et de croire les preuves que les quatre bienfaits du Bouddha Dharmakâya nous donnent punitions et bonheur; cependant, pour ce qui est des personnes qui n'obtiennent pas la foi à moins que ce ne soit devant la statue du Bouddha, on pourra leur procurer la délivrance dans un endroit où l'on aura placé la statue du Bouddha. Ainsi, ne sera-t-il pas possible de délivrer aussi bien les fidèles qui ont la foi dans la statue du Bouddha que les fidèles qui ont la foi dans le Cercle parfait? "

 

11. L'homme posa une nouvelle question: " Quelle est la relation entre le Cercle parfait et le Bouddha Câkyamuni ? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Le Cercle parfait est l'origine de toute Vérité. Le Bouddha Câkyamuni est le Maître qui a compris cette Vérité et nous l'a enseignée. Même s'il existe en ce monde une Vérité, si remarquable soit-elle, s'il n'est personne pour la découvrir et nous l'enseigner, cette Vérité reste inutilisable pour nous. Même si le Bouddha Câkyamuni était venu en ce monde, si la Vérité du Cercle parfait n'avait point existé en ce monde, il ne lui aurait point été possible de devenir le Bouddha Câkyamuni, et il n'aurait point eu matière pour quarante-neuf années de prédication de la Loi. C'est pourquoi nous considérons le Cercle parfait comme symbole de la Vérité, nous vénérons le Bouddha Câkyamuni comme Bouddha principal, et nous vénérons en même temps le Tâthagata Dharmakâya ( Corps de la Loi ) et le Tâthagata dans son corps et sa forme humains. Cependant, une telle forme d'expression est utilisée quand nous faisons la différence entre le Cercle parfait et le Bouddha Câkyamuni; il faut savoir que, si l'on procède à la considération du point de vue de la Vérité dépassant toute distinction, le Cercle parfait et le Bouddha Câkyamuni ne sont nullement deux entités différentes ".

 

12. Un disciple demanda un jour: " Quelle différence existe-t-il entre la vénération de la statue du Bouddha et la vénération du Cercle parfait? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " La vénération dont est l'objet la statue du Bouddha se limite à la personnalité du Bouddha et n'a de signification qu'en tant que souvenir respectueux et vénération des disciples des générations postérieures à l'égard du Bouddha; en vérité, la vénération du Cercle parfait est vaste et grande: plutôt que de considérer seulement la personnalité du Bouddha comme objet de la foi, nous vénérons et nous considérons comme Bouddha objet de notre foi toutes les choses de l'univers; nous découvrons l'origine des punitions et du bonheur ainsi que de la souffrance et de la joie dans l'ensemble des choses de l'univers. De plus, en considérant le Cercle parfait directement comme le modèle de la pratique, nous avons pour objectif de cultiver une personnalité irréprochable comme le Cercle parfait. Dans l'ensemble, ainsi peut se résumer la différence entre la vénération de la statue du Bouddha et la vénération du Cercle parfait ".

 

13. Le Grand Maître Fondateur dit: " La vénération de la statue de Bouddha a parfois été nécessaire au progrès de la formation des fidèles du Bouddhisme, mais si l'on pense à l'avenir, à partir de maintenant il n'en sera plus de même: les hommes ayant vénéré cette statue du Bouddha pendant des milliers d'années, désormais ils vont peu à peu réfléchir à sa puissance. Avec une telle réflexion, conscients de la vanité de cet unique moyen, sans posséder la connaissance du principe de la Voie suprême, ils vont finir par ne plus y croire. Comment cela ne constituerait-il pas un obstacle au progrès? De plus, nombreuses devenant les personnes qui vénéreront la majestueuse statue du Bouddha uniquement en tant que moyen au service de la vie de chacun, comment cela ne serait-il point regrettable? C'est pourquoi nous avons pris la décision de vénérer le Cercle parfait, le Bouddha Dharmakâya ".

 

14. Le Grand Maître Fondateur dit aussi: " A notre époque, partout dans le monde, peu à peu l'humanité arrive à l'âge adulte et ses connaissances se développent. Quand ils vont faire l'expérience de la souffrance ou de la joie, tous les hommes vont parvenir à la compréhension des punitions et du bonheur et, grâce à cette compréhension des punitions et du bonheur, ils vont en rechercher l'origine et, ainsi, la signification va en apparaître. Avec l'apparition de cette signification, ils vont facilement obtenir la foi. En vérité, si les hommes découvrent un objet de foi facile à comprendre et le vénèrent, aussi bien les personnes ignorantes que les personnes cultivées, tous les hommes parviendront à la paix et à la tranquillité de l'esprit. De plus, il ne faut pas confier ses offrandes au Bouddha à quelqu'un d'autre comme on l'a fait par le passé; en général, chacun devra s'en acquitter personnellement et chaque fidèle devra connaître la méthode permettant de faire ces offrandes au Bouddha. Les règles fondamentales de cette méthode des offrandes au Bouddha ne sont autres que cette doctrine et cette institution. Il y a aussi les distinctions de la réussite après avoir pris connaissance de la méthode permettant de présenter ces offrandes au Bouddha et après avoir procédé à ces offrandes: selon la tournure des travaux entrepris, il faut continuer à faire preuve de ferveur pour parvenir au succès. Par conséquent, le succès ou l'échec dans la création de liens favorables et du bonheur, l'accès aux richesses et aux honneurs, la pauvreté et la bassesse de la condition dépendent du fait que l'on a bien ou mal présenté des offrandes au Bouddha au cours de toutes les vies que l'on a vécues pendant un nombre infini de kalpas. Les personnes qui ont beaucoup de bonheur et de sagesse comprennent le principe du Cercle parfait, du Bouddha Dharmakâya, et vénèrent toutes les choses de l'univers et le monde de l'espace en tant que Bouddha. La distinction des limites de la réussite dans le temps est aussi précise. Grâce aux offrandes présentées au Bouddha après avoir découvert l'origine des punitions et du bonheur, sans aucun doute possible tout voeu exprimé sera exaucé. Par conséquent, nous ne devons pas nous contenter de vénérer la statue du Bouddha en tant que Bouddha, et c'est pour cela que nous demandons de vénérer le Cercle parfait, c'est-à-dire le Bouddha Dharmakâya, de façon à vénérer toutes les choses de l'univers et le monde de l'espace en qualité de Bouddha ".

 

15. Un jour que le Grand Maître Fondateur résidait au centre de formation de Pongnae, en passant un couple de vieillards lui racontèrent que, leur belle-fille étant d'un caractère insoumis et manquant aux exigences de la piété filiale, ils se rendaient au temple bouddhique de Silsang avec l'intention d'y présenter des offrandes au Bouddha. Après les avoir écoutés, le Grand Maître Fondateur leur dit: " Comment se fait-il que, tout en sachant présenter des offrandes à une statue de Bouddha, vous ne savez pas en faire au Bouddha vivant? " Alors, les vieux époux lui demandèrent: " Où se trouve le Bouddha vivant? " Le Grand Maître Fondateur leur répondit: " Cette belle-fille qui est chez vous, elle est le Bouddha vivant, et c'est pour cette raison qu'elle possède le pouvoir d'agir à votre égard en accord ou en désaccord avec les règles de la piété filiale. Que se passerait-il si vous la traitiez d'abord avec générosité? " Ils lui demandèrent de nouveau: " Comment devons-nous faire pour cela? " Le Grand Maître leur répondit: " Avec l'argent que vous prévoyez employer pour préparer des offrandes au Bouddha, achetez des objets qui feront plaisir à votre belle-fille et traitez-la donc comme vous vénérez le Bouddha. Alors, apparaîtront les effets de vos offrandes au Bouddha, effets qui seront proportionnels à votre ferveur ". Les deux vieillards rentrèrent chez eux et firent ce que le Grand Maître leur avait conseillé et, en quelques mois, leur bru devint un modèle de piété filiale. Ils revinrent et, à de multiples reprises, exprimèrent leur reconnaissance au Grand Maître, qui dit alors aux disciples qui se trouvaient auprès de lui: " Cela représente les véritables offrandes faites au Bouddha directement à la source de la rétribution des actes ".

 

16. Un jour, Kim Yng-shin demanda: " N'existe-t-il pas une autre méthode d'offrandes au Bouddha en dehors de celle qui consiste à faire des offrandes à la source même des quatre bienfaits? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il existe deux méthodes pour faire des offrandes au Bouddha: la première est celle des véritables offrandes présentées au Bouddha directement à la source des quatre bienfaits; la seconde est celle des offrandes de Vérité au Bouddha, offrandes qui s'adressent au Bouddha Dharmakâya au travers du monde de l'espace dépourvu de formes. Vous devez utiliser de façon appropriée ces deux modes d'offrandes au Bouddha en accord avec le moment, le lieu et l'objectif recherché; si vous continuez à faire preuve de ferveur jusqu'à l'obtention de ce que vous désirez, s'il peut y avoir des différences dans les délais, il n'y a rien qui ne puisse être réalisé un jour ". Yng-shin ayant demandé encore: : " Comment fait-on les offrandes de Vérité au Bouddha? " le Grand Maître lui répondit: " Si, après s'être purifié le corps et l'âme et après avoir exprimé chacun ses voeux devant le Bouddha Dharmakâya, une fois supprimées toutes les pensées mauvaises, on entre en méditation, ou récite des invocations au Bouddha, des textes sacrés, ou encore des formules magiques et fait preuve d'une grande ferveur en concentrant son esprit, en définitive on verra ses voeux réalisés et, en même temps, il apparaîtra une grande force, si bien que l'on obtiendra une puissance susceptible de délivrer les êtres tombés dans les catégories mauvaises d'existence, et une puissance susceptible de soumettre une multitude d'esprits pervers. Si l'on décide de faire ainsi, il faut employer toute la force de ses os et déployer toute la ferveur possible ".

 

17. Un disciple lui ayant posé une question concernant la réponse aux voeux et confessions intérieurs, le Grand Maître Fondateur lui dit: " La réponse aux voeux et confessions intérieurs, c'est, en accord avec sa ferveur, le fait que la personne qui exprime ces voeux obtient sans agir et tout naturellement une puissance inimaginable. Il est difficile d'en apporter totalement la preuve par la parole; cependant, par exemple, dans le cas d'une personne qui a souvent des pensées perverses et parvient difficilement à s'en débarrasser, si elle fait avec ferveur des voeux et des confessions intérieurs, tout naturellement, elle est libérée de telles pensées et revient à des pensées vertueuses; dans le cas d'une personne qui, bien que désireuse de ne pas commettre le mal, le commet pourtant souvent à cause de l'habitude du passé, si elle confesse sincèrement ses fautes et exprime avec ferveur le voeu de s'adonner à de bonnes actions par la suite, elle obtient naturellement la force de revenir à de meilleurs sentiments. C'est un exemple simple de réponse obtenue aux voeux et confessions intérieurs. La pousse de bambou du fils modèle et le bambou saignant du ministre dévoué, qui apparaissent dans les légendes d'autrefois, ainsi que le sceau de sang de notre groupe de neuf membres sont autant de cas d'apparition d'une telle réponse. Cependant, les voeux doivent se poursuivre dans la ferveur de l'esprit: il faut absolument éviter toute pensée et toute action contraires au voeu une fois exprimé pour obtenir une grande réponse et une grande puissance, et, plus que toute autre chose, la personne concernée doit rester parfaitement consciente de ce fait. Si une personne fait ainsi et obtient une grande force d'âme, elle fera sienne la toute-puissance du ciel et sera en mesure de montrer une puissance analogue à celle de l'univers ".

 

18. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Les chemins essentiels de la pratique et les trois disciplines représentent les règles les plus nécessaires pour entraîner notre esprit et pour parvenir à une personnalité irréprochable, des règles que nous ne pouvons négliger ne serait-ce qu'un seul instant. Pour prendre un exemple, je dirai qu'elles sont l'équivalent du vêtement, de la nourriture et du logement dans le cas du corps: quand notre corps vient au monde, il lui faut de quoi se vêtir, de quoi se nourrir et une maison pour s'abriter; si, parmi ces trois choses, il en manquait ne serait-ce qu'une, il manquerait quelque chose d'indispensable pour notre vie. De même, en ce qui concerne notre esprit, pour vivre il lui faut les trois disciplines: la culture de l'esprit, l'étude des faits et des principes et le choix des bonnes conduites; s'il en manquait une, il serait impossible de réaliser toutes choses de façon irréprochable. Dans l'optique du développement parallèle de l'âme et du corps, je désigne d'une part le vêtement, la nourriture et le logement pour le corps, et d'autre part la concentration mentale, les connaissances et la pratique pour l'esprit comme formant ensemble ce que je désigne comme les six éléments essentiels, qui sont liés de façon inséparable et représentent pour nous autant de questions vitales. Cependant, tout en étant conscient de l'importance des trois éléments essentiels concernant le corps, l'homme ordinaire ignore l'importance des trois éléments essentiels concernant l'esprit. Comment cela ne représenterait-il pas une profonde ignorance? En réalité, il faut connaître la raison d'après laquelle, si l'on étudie comme il faut les trois éléments essentiels relatifs à l'esprit, les trois éléments essentiels relatifs au corps suivent tout naturellement; il s'agit d'une règle que l'on met en pratique parce que l'on est conscient qu'il s'agit de l'essentiel et de l'accessoire ".

 

19. Le Grand Maître Fondateur dit: " Dans la vie de l'homme ordinaire, les êtres humains ne font d'efforts que pour se procurer le vêtement, la nourriture et le logement, sans même se préoccuper de rechercher le principe fondamental permettant de se procurer de quoi se vêtir, se nourrir et se loger; et, en, réalité cela est fort regrettable. Si, pour le corps, le vêtement, la nourriture et le logement sont nécessaires, la force de la concentration, la force des connaissances et la force de la pratique ne sont-elles pas encore plus nécessaires pour l'esprit, qui domine la vie du corps? Ces trois forces de l'esprit doivent être développées pour qu'en accord avec ces trois forces de l'esprit on puisse se procurer de façon satisfaisante le vêtement, la nourriture et le logement pour le corps. Grâce à cela, la personnalité de l'homme deviendra, elle aussi, irréprochable: chacun doit connaître le fondement de son esprit et de son coeur et pouvoir user de son esprit et de son coeur comme il le désire, ce qui lui permettra de mettre en pratique la voie équitable aussi dans la recherche du vêtement, de la nourriture et du logement; il pourra ainsi se délivrer de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort, et obtenir la voie de la vie éternelle; connaissant le principe du karma, il pourra obtenir la sagesse et le bonheur. De plus, cela représente la voie permettant de résoudre à tout jamais les questions du vêtement, de la nourriture et du logement. C'est pourquoi nous disons que les trois éléments essentiels relatifs à l'esprit constituent le fondement même du vêtement, de la nourriture et du logement pour le corps ".

20. S'adressant à l'assemblée des fidèles réunis au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit: " Dans les temples bouddhiques traditionnels de la secte préconisant les invocations au Bouddha Amida, toujours on s'adonnait uniquement à des invocations au Bouddha; dans les temples de la secte basée sur l'étude des textes sacrés, toujours on s'adonnait uniquement à la lecture des Ecritures bouddhiques; dans les temples de la secte basée sur l'observation des préceptes, toujours on se consacrait uniquement à l'observation des préceptes, si bien qu'en se réclamant du même Dharma bouddhique, on ne cessait de se livrer à des querelles et à des critiques mutuelles. Cependant, puisqu'il qu'il s'agit toujours d'une discipline parmi les trois disciplines des préceptes, de la méditation et de la sagesse, nous, nous demandons aux fidèles de s'adonner parallèlement à ces diverses disciplines: de faire de la méditation assise chaque matin, d'étudier les textes sacrés, d'assister à des conférences, des conversations, d'étudier les questions à étudier, de se consacrer à l'étude de la nature humaine, de se consacrer au journal quotidien, à la récitation des invocations au Bouddha et autres pendant la journée et le soir, en temps opportun; et nous les formons équitablement selon ces divers programmes. Si un fidèle persévère selon une telle méthode, il pourra obtenir des résultats plusieurs fois supérieurs à ceux qui sont susceptibles d'être obtenus par la pratique de formation traditionnelle ".

 

21. Le Grand Maître Fondateur poursuivit: "Même si, quand nous étudions à partir des textes sacrés, les trois disciplines diffèrent les unes des autres, en réalité dans le processus de l'étude et de la pratique elles sont inséparables les unes des autres, comme les trois pieds d'un trépied: pour la culture de l'esprit, il faut le concours de l'étude des faits et des principes et du choix des bonnes conduites; pour procéder à l'étude des faits et des principes, il faut le concours de la culture de l'esprit et du choix des bonnes conduites; et pour le choix des bonnes conduites, il faut le concours de la culture de l'esprit et de l'étude des faits et des principes. Par conséquent, si nous nous adonnons parallèlement aux trois disciplines, c'est en vue de profiter de la force unie de ces trois disciplines pour réaliser immédiatement des progrès dans l'étude et la pratique. De plus, si les fidèles se réunissent au centre de formation et procèdent à des échanges d'opinion concernant l'étude et la pratique, c'est parce que cela permet de parvenir à un développement équilibré de la sagesse et d'obtenir de grandes connaissances sans avoir à dépenser une énergie trop importante ".

 

22. Le Grand Maître Fondateur dit: " Toute personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique ne doit jamais oublier de se baser sur les trois disciplines, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve située. Pour prendre une comparaison concernant ces trois disciplines, elles sont comme la boussole et le timonier quand il s'agit de manoeuvrer un bateau: s'il n'y a pas de boussole, ni de timonier, le navire ne peut pas traverser l'océan; de même, s'il n'y a pas la base des trois disciplines, il devient difficile pour l'homme de se guider et de vivre en ce monde ".

 

23. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour m'exprimer en prenant une comparaison, ma méthode d'enseignement et de formation permet de partir des branches et des feuilles de l'arbre pour parvenir à ses racines, de partir aussi de ses racines pour parvenir à ses branches et à ses feuilles: la raison en est que je dispense la Loi, le Dharma, en accord avec les facultés et les dispositions de chaque personne ".

 

24. Song To-sng déclara un jour: " Dans le passé, il m'est arrivé parfois de lire les textes sacrés des sages d'autrefois et d'entendre des explications concernant ces textes, mais alors cela s'est limité à la lecture et à la récitation des textes en question, sans réellement parvenir à comprendre la véritable signification de la vertu; depuis que je vous ai rencontré, Grand Maître, je commence peu à peu à comprendre les faits et les principes. Pourtant, je m'aperçois qu'il s'agit des textes que j'ai lus autrefois et des paroles que j'ai déjà entendues; j'aimerais donc connaître la raison pour laquelle j'ai l'impression d'obtenir de nouvelles connaissances en toutes choses ". Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " En ce qui concerne les textes sacrés d'autrefois, pour prendre une comparaison, ils sont comme des vêtements confectionnés à l'avance, qui conviennent donc difficilement au corps de tout le monde; par contre, en ce qui concerne l'enseignement transmis oralement et reçu avec le coeur, c'est comme la confection de vêtements neufs faits sur mesure et adaptés au corps de chacun. Comment pourrait-on comparer l'étude et la pratique destinées à développer les fondements de l'esprit et du coeur selon une méthode adaptée à chaque individu, en accord avec sa nature et son propre cas, avec une étude et une pratique basées uniquement sur des textes sacrés fixés définitivement une fois pour toute? "

 

25. Un jour, un pasteur protestant déclara: " Depuis autrefois, dans toutes les religions sans exception, en général on parle de commandements et de préceptes; selon mon point de vue, contrairement à l'effet escompté, cela opprime la nature innocente de l'homme et représente une entrave à l'esprit de liberté, si bien que je me demande si cela ne constitue point un obstacle non négligeable à l'enseignement et à la formation des hommes. " Le Grand Maître Fondateur lui demanda: " A quel point de vue en êtes-vous arrivé à concevoir de telles pensées? " Le pasteur lui répondit: " Il y a des cas où les hommes ne comprennent pas la vérité d'une religion et il se peut qu'ils en arrivent à la rejeter sans raison; cependant, en général, si, tout en sentant le caractère sacré de la doctrine, ils ne parviennent pas à la foi, il n'est pas rare qu'au fond d'eux-mêmes ils hésitent par crainte des préceptes. S'il n'y avait pas eu de tels préceptes, est-ce que ces hommes n'auraient pas fait partie de l'humanité sauvée? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Vous considérez comme regrettable seulement le fait que ces gens ne fassent point partie des délivrés. Comment ne pensez-vous pas que cela puisse exercer une grande influence en d'autres endroits? Nous avons, nous aussi, trente préceptes; cependant, il n'y en a aucun qui puisse être supprimé, et nous les faisons observer tels quels. Mais, pour ce qui est de la façon de les faire respecter, nous le faisons par étapes, en accord avec le niveau de chaque personne: quand quelqu'un adhère à notre religion, étant donné qu'il ne peut pas se débarrasser aisément des habitudes prises dans le monde, nous lui demandons d'observer dix préceptes d'un niveau qu'il est en mesure d'observer; puis, à chaque étape, nous lui demandons d'observer dix nouveaux préceptes et, quand il est parvenu à l'observation des trente préceptes, il ne lui en est point imposé d'autres. Nous le laissons alors libre de choisir: le fidèle parvenu à ce niveau sait d'avance distinguer par lui-même ce qui est déraisonnable et ce qui est raisonnable, et il sait se conduire en conséquence. Cependant, quand il s'agit d'un fidèle incapable de se conduire d'une telle façon, nous ne pouvons absolument pas le laisser agir à sa guise: comment pourrait-on guider de la même façon un pratiquant conscient de ses devoirs et un débutant? En ce monde, il y a davantage de personnes déraisonnables que de personnes raisonnables; ce que vous préconisez représente une méthode qui convient à une ou deux personnes parmi dix millions. Comment donc pourrait-on négliger dix millions de personnes en recourant à une méthode convenant seulement à une ou deux de l'ensemble? De plus, si l'homme vivait seul, peut-être qu'il pourrait se permettre de se conduire uniquement selon sa propre volonté; mais le réseau des lois s'étend partout dans le monde et la société en général voit tout; par conséquent, si on se livrait selon son bon plaisir à des actes d'injustice, vers où pourrait-on se tourner? Je suis donc persuadé que, lorsqu'il fait son chemin dans le monde, l'homme doit faire attention à tous ses mouvements et agir comme s'il marchait sur une mince couche de glace; ainsi, il peut éviter de s'écarter du droit chemin. Et c'est pour cette raison que je préconise qu'il est impossible de s'abstenir de demander au pratiquant d'observer des préceptes ".

 

26. Un jour que le Grand Maître Fondateur s'était rendu dans la région de Pusan, quelques fidèles vinrent le saluer et lui dirent: " Nous vénérons sans limites la Loi que vous enseignez; cependant, vivant du travail de la pêche, nous manquons toujours à l'observation du premier des préceptes. Nous en éprouvons de la honte et du désespoir à cause de notre indignité ". Le Grand Maître leur répondit: " Ne vous faites point de souci: il est difficile à l'homme de changer de profession du jour au lendemain; et, même si vous manquez à l'observation de l'un des trente préceptes que vous avez reçus, si vous observez de tout coeur les vingt-neuf autres, vous pourrez vous acquitter de vingt-neuf bonnes actions et obtenir des mérites infinis dans la société. Comment, sous prétexte qu'il vous est impossible d'observer l'un des préceptes, pourriez-vous vous permettre de négliger l'observation des vingt-neuf autres, que vous êtes en mesure d'observer, et vous laisser entraîner encore plus profondément dans le péché? Et puis, si vous pouvez observer tous les autres préceptes, vous finirez par découvrir le moyen d'observer aussi celui dont l'observation vous est actuellement impossible. Gardez donc une telle conviction de façon à vous adonner à l'étude et la pratique sans en éprouver la moindre hésitation ".

 

27. Un jour qu'il assistait à une réunion au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit: " Ayant pris la grande résolution de rechercher la Vérité, Yi In-i-hwa en oublie de s'occuper de ses affaires pour assister aux assemblées régulières et venir au centre de formation; c'est pourquoi, au lieu de lui donner une récompense en reconnaissance de son extraordinaire ferveur, je lui permets de profiter de cette heure et, si elle a quelques questions à poser, je l'invite à le faire ". In-i-hwa demanda alors: " Si quelqu'un demande ce que l'on enseigne et ce que l'on apprend dans notre religion, que faut-il lui répondre? " Le Grand Maître lui répondit: " Depuis toujours, le Bouddhisme est la religion qui fait en sorte que le fidèle comprenne par lui-même le principe selon lequel toutes les choses sont des créations de l'esprit humain; il suffit donc de répondre que nous enseignons et apprenons ce même principe. Quand on connaît ce principe, le principe de la non naissance et de la non mort, ainsi que le principe de la causalité et du karma, de la rétribution des actes passés, tout se trouve résolu ". Yi In-i-hwa demanda de nouveau: " Quand on connaît ce principe, comment s'adonne-t-on à l'étude et à la pratique? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit alors: " On fait en sorte qu'au contact des choses l'esprit ne tombe pas dans la confusion, qu'il ne sombre pas dans la déraison et qu'il ne tombe pas dans l'erreur ".

 

28. Le Grand Maître Fondateur demanda un jour à Kim Yng-shin: " Si quelqu'un décide de vivre dans le monde, qu'est-ce qui sera pour lui le plus indispensable? " Kim Yng-shin répondit: " Je pense que les choses qui sont en relation avec le vêtement, la nourriture et le logement seront pour lui les choses les plus indispensables ". Le Grand Maître lui demanda ensuite: " Quelle est, parmi les diverses matières que tu as apprises à l'école, celle qui est la plus importante? " Alors Yng-shin répondit: " Je pense que la plus importante est la morale ". Le Grand Maître Fondateur lui dit alors: " Ce que tu viens de dire est exact: pour la vie du corps de l'homme, le vêtement, la nourriture et le logement sont importants; pour s'adonner à l'étude et à la pratique, la morale est importante. En effet, aussi bien le vêtement, la nourriture et le logement que la morale représentent le fondement de la vie, de l'étude et de la pratique. Cependant, pour les règles de la morale, on ne saurait se contenter uniquement de la matière désignée sous l'appellation de morale enseignée aujourd'hui dans les écoles. En dehors de la voie qui préconise l'étude et la pratique de la culture de l'esprit et du coeur, il est impossible de parvenir à un tel niveau de perfection; c'est pourquoi l'étude et la pratique de la morale représentent la matière capitale de toutes les sciences; il faut toujours garder à l'esprit que cette étude et cette pratique de la morale sont le fondement de toute étude et de toute pratique ".

 

29. S'adressant aux mmembres de la communauté réunis au centre de formation, un jour le Grand Maître Fondateur demanda: " Si quelqu'un vous demande ce que vous apprenez ici, que lui répondrez-vous? " Un des membres présents au centre de formation lui répondit: " Je lui répondrai que nous étudions les trois grandes forces ". Un autre répondit: " Je lui répondrai que nous étudions les chemins essentiels de la vie humaine ". Puis, plusieurs personnes donnèrent des réponses qui n'étaient point identiques; après avoir entendu ces réponses différentes, le Grand Maître leur dit: " Ce que vous venez de dire les uns et les autres ne semble pas dépourvu de bon sens, mais je voudrais ajouter un mot; écoutez donc bien ce que je vais vous dire. Au cours de toutes les conversations, il convient de donner une réponse appropriée en tenant compte de la personnalité et de l'attitude de l'interlocuteur; cependant, pour donner une réponse contenant les points essentiels, il faudrait répondre que j'enseigne la méthode permettant d'agir sur l'esprit et le coeur de tous les hommes; et puis, pour entrer dans les détails, il faudrait dire qu'à ceux qui possèdent les connaissances j'enseigne la méthode pour employer ces connaissances, à ceux qui possèdent des droits, j'enseigne la méthode pour utiliser ces droits, à ceux qui possèdent les biens matériels, j'enseigne la méthode pour utiliser ces biens matériels, à ceux qui mènent une vie de rancune, j'enseigne la méthode pour mener une vie de reconnaissance, à ceux qui ne possèdent pas le bonheur, j'enseigne la méthode pour construire le bonheur, à ceux qui, pour vivre, s'appuient sur le secours extérieur, j'enseigne la méthode pour vivre en s'appuyant sur leurs propres ressources, à ceux qui ne savent pas étudier, j'enseigne la méthode pour s'adonner à l'étude, à ceux qui ne savent pas enseigner, j'enseigne la méthode pour enseigner, et à ceux qui manquent du sens de l'intérêt public, j'enseigne la méthode pour obtenir le sens de l'intérêt public. En résumé, cela signifie que j'enseigne la méthode destinée à permettre d'utiliser tous les talents, tous les biens matériels et tous les environnements toujours et uniquement en conformité avec la Voie équitable ".

 

30. Le Grand Maître Fondateur poursuivit: " Actuellement, en accord avec les progrès de la civilisation matérielle, les connaissances et les techniques relatives aux domaines des lettres, de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce sont extrêmement développées et, les instruments employés dans la vie quotidienne étant devenus magnifiques, les yeux et les esprits se trouvent éblouis par ces biens matériels; par contre, l'esprit, qui emploie la civilisation matérielle, est extrêmement affaibli. L'esprit, qui devrait dominer le monde de la matière, étant au contraire devenu l'esclave des biens matériels, nous assistons à un phénomène en vérité extrêmement déplorable. Si remarquable que soit la civilisation matérielle de ce monde, si l'esprit qui l'utilise manque d'honnêteté et de droiture, cette civilisation matérielle risque d'être utilisée à des fins perverses; si remarquables que soient le talent et les connaissances, si l'esprit qui les utilise manque d'honnêteté et de droiture, ce talent et ces connaissances risquent de nuire à la société; si remarquable que soit l'environnement, si l'esprit qui l'utilise manque d'honnêteté et de droiture, cet environnement ne risque-t-il pas de contribuer au péché? Par conséquent, on a beau dire que la civilisation extérieure répandue dans le monde est devenue magnifique, seule la gestion de la loi qui utilise le coeur et l'esprit permet de rendre ce monde bon ou mauvais: si l'on utilise le coeur et l'esprit de façon honnête et droite, toute la civilisation matérielle devient un organisme contribuant à la construction du paradis sur cette terre; si l'on n'utilise pas l'esprit et le coeur de façon honnête et droite, toute la civilisation matérielle équivaut au contraire à mettre des armes dans les mains des voleurs. Par conséquent, prenez en une nouvelle conscience et formez-vous avec ferveur à la circonspection mentale, qui permet de devenir le maître de toutes ces choses, afin de savoir gérer son esprit et son coeur pour en faire un bon usage en toutes circonstances et toujours, pour son propre intérêt et pour l'intérêt d'autrui. Ensuite, enseignez au monde entier cette méthode de gestion de l'esprit et du coeur, et efforcez-vous de contribuer à la construction d'un monde jouissant d'une véritable civilisation aussi bien du point de vue moral que du point de vue matériel ".

 

31. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " A l'intérieur, il faut promouvoir la culture de l'esprit afin de développer la morale; à l'extérieur, il faut promouvoir la civilisation matérielle afin de développer les sciences; ainsi l'âme et le corps réaliseront un développement parallèle, l'intérieur et l'extérieur progresseront en même temps pour permettre l'avènement d'un monde exempt de toute déficience. Cependant, si, comme le fait l'époque contemporaine, on accorde de l'importance uniquement à la civilisation marérielle et néglige la culture de l'esprit, cela équivaut à mettre un couteau dans les mains d'un enfant qui n'a pas encore l'âge de raison, et l'on risque un jour ou l'autre d'être victime de quelque calamité: c'est le cas équivalant à l'infirmité d'un handicapé dont le corps jouirait de toutes ses capacités, alors que l'esprit en serait frappé de maladie. Un monde dans lequel seule la culture de l'esprit serait réalisée, sans le progrès de la civilisation matérielle, équivaudrait à la perfection de l'esprit dans un corps malade. Dans un cas comme dans l'autre, si l'une de ses deux composantes n'est point solide, comment pourrait-on dire qu'il s'agit d'un monde parfait? Par conséquent, il faut parvenir à une époque de développement parallèle des civilisations intérieure et extérieure pour qu'enfin l'on parvienne à l'avènement d'un monde pacifique et confortable, débarrassé de toute déficience ".

 

32. Le Grand Maître Fondateur dit: " Grâce aux deux catégories de bienfaits résultant de la civilisation matérielle et de la civilisation morale, les gens du monde jouissent dans leur vie d'un confort et d'avantages sans limites, et nous ne pouvons oublier d'en exprimer toujours notre reconnaissance et notre gratitude à tous les inventeurs et à tous les hommes qui ont enseigné la vertu. Cependant, si la civilisation matérielle apporte le confort surtout pour la vie du corps et si les effets s'en révèlent immédiatement dans les phénomènes, ces mérites en restent limités, alors que, pour ce qui est de la civilisation morale, elle exerce l'esprit de l'homme, l'esprit qui, en lui-même, ne possède point de formes, et si les effets ne s'en révèlent point immédiatement, les mérites en sont infinis. Comment donc pourrait-on oser comparer cette remarquable force qui libère les êtres humains et les guérit avec la civilisation matérielle? Comment la lumière s'en éteindrait-elle avec ce monde? Cependant, tout en sachant rechercher la civilisation matérielle qui apparaît devant leurs yeux, rares sont les hommes de notre époque qui savent rechercher la civilisation morale dépourvue de formes. Cela représente une situation extrêmement déplorable à laquelle nous nous trouvons confrontés ".

 

33. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Autrefois, le Bouddha interdit strictement à tous les moines qui entraient en religion et qui pratiquaient l'ascèse de chercher à bien se vêtir, à bien manger, à bien se loger, ainsi que de chercher à jouir des plaisirs de ce monde, et il leur demanda de considérer comme une joie le fait de rechercher la solitude du corps et de l'esprit quand ils éprouvaient des désirs au sujet des plaisirs de ce monde; par contre, mon enseignement a pour objectif de vous demander de vous consacrer avec soin à un travail équitable, d'accepter des vêtements, de la nourriture et un logement en accord avec votre condition, tout en vous accordant parfois quelques divertissements afin de remédier à la fatigue: à notre époque de développement des connaissances humaines et d'amélioration du niveau de vie, comment pourrait-on se contenter d'enseigner et de former les fidèles au moyen d'une loi étriquée? Il faut mettre en oeuvre une Loi bouddhique parfaite et unifiée, de façon à en faire profiter également tous les individus, toutes les familles, toute la société, toutes les nations et le monde entier; tel est l'essentiel de la Loi que j'enseigne ".

 

34. Un jour qu'il résidait à Yng-san, le Grand Maître Fondateur s'adressa aux fidèles réunis au centre de formation et leur dit: " On dit que le monde actuel est une époque qui possède une civilisation sans précédent; il nous faut cependant éviter de nous laisser fasciner uniquement par cette civilisation matérielle, extérieurement splendide et pratique: il nous faut réfléchir profondément aux déficiences qu'elle entraîne et à ce qu'en sera l'influence à l'avenir. Plus le niveau de la civilisation extérieure s'améliore dans le monde actuel, plus, à l'intérieur, les racines de la maladie deviennent profondes, si bien que, si l'on ne prend point les mesures appropriées, l'on risque à l'avenir de se retrouver dans une situation telle qu'il sera impossible d'y remédier. Chez les personnes qui portent intérêt à la morale du monde, cela ne peut que provoquer une profonde inquiétude. Alors, de quelles maladies est atteint le monde d'aujourd'hui? Il y a tout d'abord la maladie de l'argent: pour les hommes qui ont appris que, pour satisfaire tous les plaisirs et toutes les ambitions de la vie, l'argent est la première des choses exigées, l'argent est devenu plus important que le devoir et la honte, ce qui conduit à la décadence de toute moralité et à un phénomène de détérioration de tout sentiment d'amitié; cela représente une grave maladie. Il y a deuxièmement la maladie de la rancune. Les individus, les familles, les sociétés et les nations ignorent leurs propres erreurs et ne cessent de scruter les erreurs de ceux qui se trouvent en face; on ignore les bienfaits reçus des autres et on pense uniquement aux bienfaits que l'on a accordés à autrui. Les hommes se détestent entre eux et se portent mutuellement rancune, ce qui fait qu'il y a sans cesse des luttes et des querelles plus ou moins importantes, et cela représente une grave maladie. Il y a troisièmement la maladie de la dépendance. Cette maladie est plus grave que partout ailleurs chez les hommes de ce pays, qui, pendant des centaines d'années, n'ont eu de respect que pour les lettrés et en sont devenus efféminés, à tel point que les enfants des familles aisées en sont arrivés à se faire entretenir sans rien faire: si par hasard il y a parmi leurs parents ou leurs amis des gens qui vivent dans l'opulence, ils cherchent à vivre à leurs dépens, si bien que, lorsque quelqu'un gagne de l'argent, dix personnes cherchent à en profiter pour se faire entretenir, et c'est une grave maladie. Il y a quatrièmement la maladie qui fait que l'on ne sait plus s'adonner à l'étude. La différence de personnalité entre les êtres humains dépend des études qu'ils ont faites; comme l'abeille accumule le miel, si quelqu'un, quelles que soient sa spécialité ou la classe sociale à laquelle il appartient, possède des connaissances qui me sont nécessaires, je dois savoir me mettre à genoux devant lui pour recevoir son enseignement; cependant, il arrive souvent que, pris d'un orgueil affreux, les gens de ce monde manquent ainsi l'occasion d'apprendre. Cela représente une grave maladie. Il y a cinquièmement la maladie qui fait que l'on ne sait plus transmettre l'enseignement. Si vastes que soient les connaissances de quelqu'un, s'il ne sait pas appliquer ses connaissances au monde matériel qui l'entoure, ou s'il ne sait pas exposer ces connaissances pour former les générations suivantes, c'est exactement comme s'il ne connaissait rien. Si certaines personnes de ce monde possèdent des connaissances, il arrive parfois qu'elles en deviennent orgueilleuses et vaniteuses au point de refuser même d'accorder le moindre intérêt à des inconnus, et c'est une grave maladie. Il y a sixièmement la maladie de la carence du sens de l'intérêt public. L'égoïsme qui s'est transmis de génération en génération depuis des milliers d'années est devenu si profond que non seulement ceux qui désirent se dévouer pour les autres sont extrêmement rares, mais encore même ceux qui momentanément prennent pour objectif le bien communautaire par souci d'honneur et de gloire finissent par oublier leurs bonnes intentions et arrivent à l'échec, parce qu'ils sont retombés dans leurs pensées égoïstes. A cause de cela, on assiste à un phénomène qui fait que les institutions destinées au bien public sont presque toutes dans un état déplorable, et c'est une grave maladie ".

 

35. Le Grand Maître Fondateur poursuivit: " Si nous désirons donc guérir ces maladies, il nous faut tout d'abord encourager la morale, enseigner la voie aisée convenant à la condition de chacun, la voie permettant de découvrir fondamentalement les bienfaits reçus, la voie permettant de vivre par ses propres moyens, la voie permettant de s'adonner à l'étude, la voie permettant d'enseigner, la voie permettant de mener une vie bénéfique pour le bien public, de façon à faire qu'intérieurement tous les hommes fassent leur examen de conscience et soignent d'abord leur esprit malade et qu'en même temps, en acccord avec l'adage disant que ceux qui souffrent les premiers d'une maladie doivent en être les médecins, extérieurement ils observent le monde et unissent tous leurs efforts pour soigner ce monde atteint de maladie. Actuellement, la grande ordonnance susceptible de guérir ces grandes maladies dont souffre le monde comprend les quatre bienfaits, les quatre pratiques essentielles, qui sont les chemins essentiels de la vie humaine, ainsi que les trois disciplines et les huit attitudes, qui sont les chemins essentiels de l'étude et de la pratique. Le jour où cette Loi sera répandue dans le monde entier, tout naturellement, le monde deviendra un monde exempt d'imperfections. Alors, devenus des Bouddhas et des Bodhisattvas, tous les hommes, sans distinction d'âges ou de sexes, seront en mesure de jouir ensemble du bonheur le plus parfait dans le paradis le plus idéal qui puisse exister ".

 

36. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " La religion et la politique sont comme une mère affectueuse et un père sévère dans une seule et même famille: basée sur la vertu, la religion est une Loi destinée à enseigner l'esprit et le coeur de l'homme, à faire qu'avant de commettre le péché, l'être humain prenne les moyens de l'éviter, et construise son bonheur. Basée sur les lois, la politique est une méthode qui tient compte des résultats obtenus et donne des récompenses ou des punitions. Si une mère affectueuse et un père sévère savent s'acquitter de tous leurs devoirs, si les parents connaissent bien leurs devoirs, sans aucun doute leurs enfants jouiront du bonheur; mais, si les parents connaissent mal leurs devoirs, leurs enfants seront malheureux. Tout comme le bonheur ou le malheur des enfants dépendent de la façon dont les parents s'acquittent de leurs devoirs, le bonheur ou le malheur de l'humanité dépendent de l'usage qui est fait de la religion et de la politique. Comment pourrions-nous ignorer l'importance de notre responsabilité, qui a pour objectif de délivrer et de guérir l'humanité et le monde? Par conséquent, il nous faut d'abord posséder une connaissance suffisante de notre doctrine. Ensuite, il nous faut répandre cette doctrine dans le monde entier et instaurer un gouvernement de la vertu basé sur une véritable morale, de façon à ce qu'avec tous les peuples nous puissions mener une vie digne du paradis terrestre; alors seulement, nous pourrons affirmer nous être acquittés totalement de notre responsabilité ".

 

37. Un jour, lors de la cérémonie organisée à la fin d'un stage au centre de formation, le Grand Maître Fondateur s'adressa aux membres de la communauté présents en disant: " Pendant ces trois mois de méditation, je vous ai enseigné la loi régissant le souffle des vents. Connaissez-vous la signification du vent? Dans l'univers, il y a le vent du Sud-Est et le vent du Nord-Ouest; dans le monde, il y a le vent de la vertu et le vent de la loi: la vertu est le vent du Sud-Est et la loi est le vent du Nord-Ouest. Ces deux vents représentent les principes du gouvernement d'un seul et même monde: le vent du Nord-Ouest a été pris en charge par les juristes, qui régissent les récompenses et les punitions; le vent du Sud-Est a été directement pris en charge par les moralistes, qui régissent l'enseignement et la formation. Vous devez bien apprendre la loi qui fait souffler le vent du Sud-Est et vous devez mettre partout en pratique la voie permettant de réaliser la vie commune et l'harmonie de tous les hommes. Alors, qu'est-ce que la loi permettant de faire souffler le vent du Sud-Est? C'est la doctrine de la religion enseignée depuis l'antiquité par tous les Bouddhas et les saints personnages; mais notre doctrine, aussi, est la loi qui fait souffler ce vent. Pendant ce stage de méditation, de nombreux programmes ont permis de vous entraîner à cette loi; rentrés chez vous, quel vent ferez-vous souffler? Si, comme tous les êtres vivants revivent au souffle chaleureux du vent du Sud-Est après avoir essuyé toutes les souffrances dans l'atmosphère morne du froid glacial de l'hiver, les êtres vivants opprimés par la frayeur retrouvent la paix, si les êtres vivants rongés par la rancune retrouvent le sentiment de la reconnaissance, si les êtres vivants en conflit retrouvent la vie en harmonie, si les êtres vivants tombés dans le péché et la souffrance obtiennent la délivrance, si les êtres vivants tombés dans la dépravation retrouvent une nouvelle vie, de façon que, partout dans les familles, les sociétés, les nations et le monde entier, on retrouve l'harmonie, comme votre oeuvre sera glorieuse et remarquable! Telle est l'objectif essentiel recherché par mon enseignement; et c'est la voie que vous devez mettre en oeuvre. Cependant, la conversion qui s'opère sous l'influence d'un tel vent du Sud-Est ne s'obtient pas uniquement au moyen de sermons ou de discours: il faut d'abord que ce vent du Sud-Est soit préparé au fond de votre esprit et de votre coeur, pour harmoniser l'esprit et l'énergie, et se réaliser avant tout directement dans la pratique de votre vie. Continuez donc à perfectionner votre étude de tous les éléments de la doctrine que vous venez d'apprendre au cours de ce stage de méditation et de formation; utilisez-les largement et soyez toujours les protagonistes du vent du Sud-Est partout où vous irez ".

 

38. Le Grand Maître Fondateur dit: " La conduite du monde par la religion et la politique est pareille au rôle des deux roues d'une charrette: si les deux roues devenaient hors d'usage, ou si même l'une d'entre elles subissait une panne quelconque, ou encore si le conducteur s'acquittait mal de son rôle, cette charrette ne saurait avancer de façon satisfaisante. Alors, comment doit-on faire pour bien conduire cette charrette et permettre qu'elle ne cesse point d'être en mesure de s'acquitter de ses fonctions? Pour cela, il existe deux méthodes: la première consiste à procéder à de fréquentes réparations afin d'éviter que la charrette ne se retrouve hors d'usage ou ne tombe en panne; la seconde consiste à faire en sorte que le conducteur connaisse parfaitement la topographie des lieux et conduise le véhicule sans danger en tenant compte des particularités des chemins qu'il emprunte. Il en est de même pour ce qui est de la religion et de la politique, et, si l'on désire bien conduire le monde, il faut, en accord avec les époques, éviter qu'il ne se produise de la corruption et des abus. Par conséquent, les dirigeants devront tenir compte de la mentalité du peuple et faire un usage approprié des lois dans leur rôle de gestion des affaires du gouvernement ".

 

39. Un jour, le Grand Maître Fondateur demanda: " Nous avons déjà fondé une communauté religieuse; alors, comment pourrons-nous remédier à tous les abus du passé et dispenser au monde un enseignement approprié en tant que nouvelle religion? " Pak Tae-wan répondit: " En tout domaine, si l'on veut réussir, il faut commencer par ce qui est proche; si nous décidons donc d'améliorer le monde, il faut tout d'abord que chacun de nous améliore son propre esprit et son propre coeur ". Song Man-gyng poursuivit: " Puisque notre doctrine et nos institutions ont déjà été élaborées en tenant compte des particularités de notre époque, il nous suffira de mettre cette doctrine et ces institutions en application et, tout naturellement, le monde s'en trouvera amélioré ". Cho Song-gwang ajouta: " Personnellement, je ne connais pas encore complètement votre pensée profonde, Grand Maître, mais la Loi que vous enseignez est extrêmement parfaite et extrêmement équitable; je suis donc persuadé qu'en accord avec la grande destinée du monde, l'humanité entière sera améliorée sans qu'il soit besoin d'intervenir de façon artificielle ". Alors, le Grand Maître leur répondit: " Tout ce que vous venez de dire est exact. Si quelqu'un décide d'améliorer le monde, il lui faut d'abord améliorer son propre esprit et son coeur. S'il décide d'améliorer son esprit et son coeur, il lui faut avant tout être en possession d'une Loi susceptible de les améliorer. Nous sommes déjà en possession de la Loi et, puisque vous connaissez le principe de cette étude et de cette pratique, redoublez de ferveur et faites en sorte que la discussion d'aujourd'hui se traduise à tout prix dans la pratique. Le jour où chaque religion réalisera une amélioration, l'esprit et le coeur des hommes se trouveront améliorés; et, si l'esprit et le coeur des hommes se trouvent améliorés, la politique des nations et du monde entier sera aussi améliorée. Bien que la religion et la politique concernent des domaines différents, il existe entre les deux de telles relations que l'on ne saurait les séparer l'une de l'autre, et dont dépendent la bonne ou la mauvaise gestion du monde ".

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