Dharmas > Sûtra fondamental

3. La pratique

 

1. Un jour, le Grand Maître Fondateur dit: " Si je vous demande de réciter chaque matin et chaque soir les démarches essentielles de la pratique quotidienne, ce n'est pas pour que vous vous contentiez d'en réciter le texte; il vous faut en interpréter la signification et procéder à un examen dans votre esprit et dans votre coeur. En général, il faut procéder à cet examen une fois par jour et à une observation en détail chaque fois que l'on se trouve en relation avec les choses et les circonstances. Il faut examiner et examiner encore s'il y a eu des perturbations ou non au fond de votre âme. S'il y a eu de la déraison ou non au fond de votre âme. S'il y a eu des erreurs ou non au fond de votre âme. S'il y a eu ou non promotion de la foi, du zèle, du désir de savoir et de la sincérité au fond de votre âme. Si vous avez mené ou non une vie de reconnaissance et de gratitude. Si vous avez ou non mené une vie basée sur vos propres ressources. Si vous avez appris avec générosité ou non. Si vous avez enseigné avec ardeur ou non. Si vous avez contribué ou non au bien des autres par vos bienfaits. Je vous demande de procéder à ces examens à de multiples reprises, de façon à ce que, en définitive, vous parveniez au stade où tout se fait de lui-même sans que vous deviez procéder à aucun examen. L'esprit et le coeur de l'homme sont extrêmement subtils, si bien que l'on a dit qu'il faut les retenir pour qu'ils restent, et que, dès qu'on les laisse libres, ils s'échappent; alors, à moins de prendre des précautions, comment pourrait-on cultiver un tel esprit et un tel coeur? C'est pourquoi, afin de vous permettre de réaliser ces précautions au sujet de l'esprit et du coeur, j'ai élaboré des points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne et des points à garder à l'esprit lors des visites au temple; de plus, pour procéder à un examen à ce sujet, j'ai établi la méthode du journal quotidien et donné des directives concernant la méthode de la pratique, de façon à ce qu'il n'y ait pas la moindre faille ni la moindre déficience. Je vous demande donc de vous adonner avec assiduité à l'étude et à la pratique en respectant cette méthode, de façon à réaliser la grande oeuvre qui vous permettra d'atteindre sans tarder un niveau remarquable dépassant celui de l'homme du commun et d'entrer dans l'état de sainteté ".

 

2. Le Grand Maître Fondateur dit: " La méthode rapide permettant à la personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique d'obtenir la force de la culture de l'esprit aussi bien dans l'agir que dans le non agir, c'est la suivante: premièrement, lors de toute action, il faut éviter de faire quelque chose qui risquerait de troubler l'esprit ou encore de le détourner vers autre chose, et se tenir à l'écart de circonstances de ce genre; deuxièmement, lors des contacts avec toutes les choses, il faut éviter tout attachement et toute convoitise, et savoir garder toujours l'esprit serein; troisièmement, lorsque l'on fait quelque chose, il faut éviter de se laisser attirer par autre chose, et de penser à ce que l'on a fait auparavant quand on s'occupe d'une chose nouvelle, de façon à se concentrer entièrement et uniquement sur le travail en cours; quatrièmement, on fera attention à se consacrer aux prières et invocations au Bouddha ainsi qu'à la méditation assise dans la mesure de ses temps libres. La méthode rapide permettant d'obtenir la capacité de l'étude aussi bien dans l'agir que dans le non agir, c'est la suivante: premièrement, en s'acquittant de tout ce qui est en relation avec l'humanité, on devra s'efforcer d'obtenir des connaissances relatives à chaque chose; deuxièmement, on devra s'efforcer de procéder à des échanges d'opinions avec ses maîtres et ses condisciples; troisièmement, s'il apparaît des points au sujet desquels on conçoit des doutes dans ce que l'on voit, ce que l'on entend et ce que l'on pense, on devra s'efforcer de résoudre ces doutes en accord avec l'ordre approprié à l'étude; quatrièmement, on devra s'efforcer de s'exercer à l'étude de nos textes sacrés; cinquièmement, quand on aura terminé l'étude de ces textes sacrés, on devra se référer aux textes sacrés de tous les moralistes et ascètes du passé, de façon à élargir ses connaissances. De même, la méthode rapide permettant d'obtenir la capacité de choix des bonnes actions aussi bien dans l'agir que dans le non agir, c'est la suivante: premièrement, quand on sait qu'il s'agit d'une oeuvre juste, que ce soit un travail important ou non, il faut absolument accomplir le travail en question à n'importe quel prix, même au prix de sa vie; deuxièmement, quand on sait qu'il s'agit d'un acte injuste, que ce soit une chose importante ou non, il faut éviter de faire la chose en question à n'importe quel prix, fût-ce au prix de sa vie; troisièmement, quand on s'acquitte d'un travail, quel qu'il soit, il faut éviter de se laisser décevoir sous prétexte que les choses ne se sont pas réalisées immédiatement, et il faut persévérer dans la ferveur afin d'accumuler sans cesse des mérites ".

 

3. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si l'on examine l'étude et la pratique des religions dans le passé, on se rend compte que, lorsqu'ils étaient sans travail, les moines et les fidèles s'adonnaient totalement à l'étude et à la pratique; quand ils désiraient travailler, ils délaissaient l'étude et la pratique et, quand ils voulaient s'adonner à l'étude et à la pratique, ils prétendaient ne pas pouvoir travailler. Ou bien, ils quittaient leurs parents et leur famille et passaient leur vie au fond des montagnes; ou bien encore, ils ne se rendaient même pas compte que les céréales étaient emportées de leur cour par la pluie, et ils continuaient à s'adonner uniquement à la lecture. Comment pourrait-on voir là une méthode parfaite pour s'adonner à l'étude et à la pratique? C'est pourquoi j'ai exposé la loi permettant d'obtenir continuellement les trois grandes forces aussi bien dans l'agir que dans le non agir, car nous ne considérons pas l'étude et la pratique d'une part et le travail d'autre part comme deux choses différentes: si l'on s'adonne convenablement à l'étude et à la pratique, le travail se déroule de façon satisfaisante et, si l'on travaille bien, l'étude et la pratique se déroulent de façon satisfaisante. Vous devez donc déployer des efforts pour une étude et une pratique approfondies et ininterrompues, aussi bien dans l'agir que dans le non agir ".

 

4. Un jour, s'adressant aux fidèles réunis au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit: " Dans le cas des débutants, la méditation spécialisée pourra sembler pénible à cause de la vie bien réglée qu'elle impose, et elle leur semblera peut-être manquer quelque peu de liberté; cependant, au fur et à mesure que l'étude et la pratique arriveront à maturité, quand l'esprit et le corps se seront peu à peu entraînés, rien ne semblera plus confortable et plus agréable que cette vie. Quand vous mettrez en pratique le programme quotidien, faites donc toujours un examen de votre esprit et de votre coeur pour savoir si vous menez une vie pénible ou si vous menez une vie confortable. Les personnes qui sont persuadées de mener une vie pénible ne se sont pas encore libérées des effets de la loi du karma; les personnes qui estiment mener une vie confortable voient peu à peu s'ouvrir devant elles la voie de la réalisation de l'Illumination et de l'état de Bouddha ".

 

5. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Le fait que quelqu'un fasse un travail avec ou sans ferveur dépend du fait qu'il connaît ou ignore la relation qui existe entre lui et ce travail. Par exemple, si la personne qui cherche à se procurer des vêtements et des vivres met de la ferveur dans cette recherche, c'est parce qu'elle sait qu'il existe une relation directe entre ces vêtements et ces vivres, d'une part, et le maintien de sa propre vie, d'autre part. Si quelqu'un soigne sa maladie avec le plus grand soin, c'est parce qu'il sait que ces soins ont une relation importante avec le maintien de sa propre santé. Si la personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique le fait avec ferveur, c'est parce qu'elle sait que cette étude et cette pratique ont une relation importante avec son avenir. La personne qui connaît une telle relation, même si l'étude et la pratique lui apportent toutes sortes de souffrances, est en mesure de les surmonter; et, même si son maître ou ses condisciples se montrent quelque peu indifférents à son égard, elle ne trouvera pas le moins du monde à redire à ce sujet; par contre, la personne qui ne connaît pas une telle relation manquera de patience même pour la poursuite de l'étude et de la pratique. Il lui arrivera facilement d'éprouver sans raison du mécontentement envers son maître ou ses condisciples; et elle finira par avoir l'impression de s'adonner à l'étude et à la pratique, ou encore de travailler, pour le compte et à la place des autres. Alors, vous, réfléchissez et demandez-vous une fois de plus avec calme et tranquillité si vous avez compris ou non la nature de la relation qui existe entre chacun de vous et le fait que vous êtes en train de procéder à une telle étude et une telle pratique ".

 

6. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Un chasseur parti à la chasse avec l'intention de prendre un lion ou un tigre n'utilise point son fusil n'importe quand, même s'il aperçoit un faisan ou un lapin: en effet, il craindrait de laisser s'échapper un gros gibier sous prétexte de vouloir en prendre un petit. Il en est de même dans le cas de la personne qui a pris la résolution de se consacrer à une étude une pratique importantes: elle ne se laisse pas entraîner par de petites ambitions, de crainte que cela ne constitue des obstacles à la réalisation de sa grande résolution. Par conséquent, les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique avec l'objectif de parvenir à l'Illumination et à l'état de Bouddha ne seront en mesure d'atteindre leur objectif que si elles sont capables de négliger tous les attachements, toutes les convoitises et toutes les passions du monde: si elles ne parviennent pas à mettre fin aux petites convoitises et s'écartent de leur grand voeu et de leur grand objectif, elles se retrouvent donc dans la même situation que le chasseur qui a laissé s'échapper le lion ou le tigre parce qu'il a voulu prendre un faisan ou un lapin. Cela n'est-il pas déplorable? C'est pourquoi je demande aux fidèles qui ont pris une grande résolution de ne pas concevoir de petites ambitions ".

 

7. Le Grand Maître Fondateur dit un jour aux membres de la communauté réunis au centre de formation: " Il paraît que, pour gagner un peu d'argent, un fidèle de Ynggwang travaillait dans le voisinage du temple un jour d'office régulier; que pensez-vous de ce fidèle? " Un disciple lui répondit: " Ce fidèle était dans l'erreur puisqu'il ne pensait qu'à l'argent et négligeait l'étude et la pratique; cependant, si, ce jour-là, il n'avait pas de quoi manger et si ses parents, sa femme et ses enfants devaient se priver de manger, n'était-il pas normal qu'il tente de remédier à la faim de sa famille, même au risque de s'abstenir une fois d'assister à l'office régulier? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " En apparence, ce que tu viens de dire est exact; cependant, l'office régulier n'a pas lieu tous les jours et, s'il s'agissait d'un fidèle vraiment résolu de s'adonner à l'étude et à la pratique, conscient de l'importance de la Loi, il se devait de faire à tout prix le nécessaire pour préparer à l'avance de la nourriture pour le jour de l'office régulier: le fait qu'il cherchait de quoi manger le jour même de l'office régulier prouve déjà qu'il négligeait l'étude et la pratique et manquait de bonne volonté au sujet de la Loi. C'est pour cette raison que, dans < les points à garder à l'esprit lors des visites au temple >, aussi, j'ai à l'avance donné des directives. De plus, même si les vivres ne sont pas suffisants malgré les efforts déployés à l'avance, si le fidèle s'adonne à l'étude et à la pratique sans la moindre pensée égoïste, il existe aussi un principe selon lequel il pourrait se procurer des vivres tout naturellement. Pour vous expliquer cela en prenant un exemple, je dirai que c'est pareil au fait qu'il suffit que l'enfant sorte du ventre de sa mère pour que le lait vienne aux seins de cette mère et qu'il puisse grandir en profitant de ce don du ciel ".

 

8. Le Grand Maître Fondateur dit un jour aux fidèles réunis pour l'office régulier: " Aujourd'hui, je vais vous enseigner une méthode permettant de gagner de l'argent; écoutez-moi bien, de façon que chacun d'entre vous puisse mener une vie aisée. La méthode en question ne désigne pas une technique extérieure quelconque, mais il s'agit d'une méthode destinée à permettre intérieurement à chacun d'utiliser son esprit et son coeur; par conséquent, notre enseignement religieux est une méthode permettant de gagner de l'argent. Réfléchissez un peu! En général, dans la vie des hommes de ce monde, combien est-il dépensé d'argent pour l'alcool et la débauche, ainsi que pour les jeux d'argent? Combien de biens matériels sont-ils dépensés inutilement à cause de la vanité et du souci de l'apparence? De plus, combien de biens sont-ils dilapidés à cause de la paresse ou à cause d'une conduite dépourvue de crédit? Si, cessant de vivre n'importe comment, sans normes de vie, une personne venait à l'office régulier et si, tout en y apprenant toutes les lois, elle mettait en pratique ne serait-ce que quelques-unes des choses prescrites et s'abstenait de certaines des choses déconseillées, l'argent qu'elle gaspillait auparavant sans raison ne s'écoulerait plus vers l'extérieur et, à l'intérieur, les biens amassés grâce à sa diligence et à son crédit ne cesseraient d'augmenter. C'est donc vraiment une méthode permettant de gagner de l'argent. Malgré cela, pensant qu'il n'y a pas la moindre relation entre l'étude et la pratique d'une part et le gain de l'argent d'autre part, les gens de ce monde prétendent qu'il leur est impossible de s'adonner à l'étude et à la pratique sous prétexte qu'ils n'ont point d'argent, ou qu'il leur est impossible d'assister aux offices réguliers afin de pouvoir gagner de l'argent. Comment ne serait-ce point ne voir qu'un côté des choses? Par conséquent, le fidèle qui est au courant de ce principe obtiendra la conviction lui permettant de savoir qu'il lui faut s'adonner avec encore plus de ferveur à l'étude et à la pratique parce qu'il n'a pas d'argent, et qu'il lui faut assister encore plus assidûment aux offices réguliers parce qu'il veut gagner de l'argent; ce fidèle se retrouvera ainsi sur la voie permettant en même temps le progrès de l'étude et de la pratique, ainsi que de son niveau de vie ".

 

9. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " La plupart des gens s'imaginent qu'il faut rester toujours assis bien tranquille à pratiquer la méditation assise, à réciter des prières et des invocations au Bouddha, ou encore à lire les textes sacrés pour s'adonner à l'étude et la pratique; et ils ne savent même pas qu'il existe un mode d'étude et de pratique permettant de s'entraîner dans la vie réelle et quotidienne. Comment pourrait-on dire que ces gens connaissent la grande loi de l'étude et de la pratique de la méditation intérieure et de la méditation extérieure? Toute étude et toute pratique profondes consistent d'abord en l'étude du principe fondamental de la nature originelle, puis en la connaissance de l'état exempt d'attachement et en l'action exempte d'attachement dans la vie réelle et quotidienne. Celui qui est entré dans cette voie peut être certain de pouvoir un jour obtenir une grande puissance. Si, en accord avec la situation dans laquelle elle se trouve, la personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique ne se laisse pas distraire par autre chose quand elle s'applique à un travail, elle en arrive à la pratique de la concentration de l'esprit. Si, en faisant tel ou tel travail, on se procure les connaissances et procède en bon ordre, cela devient un travail de recherche. Si, en faisant tel ou tel travail, l'on parvient à ne pas se laisser attirer par l'injustice, cela équivaut à l'étude et à la pratique du choix des bonnes conduites. Si l'on sait se consacrer entièrement à la récitation des invocations au Bouddha et à la méditation assise, se consacrer entièrement à l'étude par l'exercice des textes sacrés pendant ses moments de loisir et poursuivre l'étude et la pratique sans relâche aussi bien aux moments où l'on a du travail qu'aux moments où l'on n'a pas de travail, automatiquement on peut obtenir la capacité de cultiver son esprit, la capacité d'étude des faits et des principes ainsi que la capacité de choix des bonnes conduites. Regardez un peu! Depuis qu'il a adhéré à notre communauté, jusqu'à présent, tout en se dépensant soit au centre de la communauté, soit dans l'administration régionale, bien qu'il n'ait pratiqué la méditation assise que pendant moins de trois mois, comme permet de s'en rendre compte l'examen de ses capacités actuellement, Song Kyu s'est presque entièrement libéré de toute attache et de toute convoitise pour ce qui est de la culture de l'esprit; il lui arrive rarement de se laisser entraîner par les sentiments de joie, de colère, de tristesse et de plaisir, ou encore de tomber dans la partialité en fonction des relations avec autrui: proximité, éloignement, intimité ou distance. Pour ce qui est de l'étude des faits et des principes, aussi, il sait en général procéder à la distinction de ce qui est juste ou injuste et de ce qui est profitable ou dommageable en ce qui concerne le travail, du tout et des parties ( taeso ), ainsi que des transformations et des changements de l'univers ( de l'être et du non être - yumu ) en ce qui concerne les principes. Pour ce qui est de la capacité du choix des bonnes conduites encore, il sait distinguer la justice de l'injustice, et neuf fois sur dix, il sait mettre la justice en pratique. Quand je lis les textes qu'il écrit et me fait parvenir, bien qu'il soit très occupé par les questions administratives, je me rends compte que non seulement il pénètre profondément la Vérité, mais encore que son style est clair et facile à comprendre pour tout le monde, de même que la logique des principes exprimés est claire, si bien qu'il y a peu de corrections à apporter. Dans peu de temps, il obtiendra les trois grandes forces suffisantes et, où qu'il aille, il deviendra une personnalité capable de procurer des bienfaits à l'ensemble de la communauté. C'est là le résultat de l'étude et de la pratique auxquelles il s'est adonné aussi bien dans l'agir que dans le non agir. Vous aussi, consacrez-vous de la même façon, avec encore davantage de ferveur que par le passé, à l'étude et à la pratique de la méditation ininterrompue et identique dans l'agir et le non agir, afin d'obtenir de façon suffisante les trois grandes forces auxquelles vous aspirez ".

 

10. Le Grand Maître Fondateur dit: " Quand vous n'avez pas de travail à faire, soyez toujours en train de préparer ce que vous devrez faire quand vous aurez du travail et, quand vous avez du travail à faire, soyez toujours dans l'état d'esprit des moments où vous n'avez pas de travail: si vous ne vous préparez pas pour les moments de travail lors de vos loisirs, vous ne pourrez éviter la hâte et la confusion quand vous vous trouverez dans l'obligation de vous acquitter de quelque travail. Si, lorsque vous avez du travail, vous ne pouvez pas sauvegarder l'état d'esprit des moments de loisir, vous risquez de vous retrouver finalement incapables de surmonter les situations difficiles et d'en rester prisonniers ".

 

11. A l'heure des débats et discussions, en parlant au sujet des différences existant entre les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique et celles qui ne s'y adonnent pas, Chn Um-gwang déclara un jour: " En certaines occasions, même des personnes qui ne s'adonnent ni à l'étude ni à la pratique utilisent les trois disciplines; cependant, par la suite et en dehors de ces occasions, manquant d'attention et aussi d'intérêt, elles ne réalisent aucun progrès du point de vue de l'étude et de la pratique pendant tout le reste de leur vie, alors qu'indépendamment de l'agir ou du non agir, de l'existence ou de l'absence de travail, parce qu'elles continuent à s'adonner à l'étude et à la pratique des trois disciplines, si elles s'y adonnent selon la méthode enseignée, les personnes de notre communauté qui s'adonnent à l'étude et à la pratique vont sans aucun doute parvenir à perfectionner leur personnalité de façon considérable ". Après avoir écouté cela, le Grand Maître Fondateur prit la parole et dit: " Ce que Um-gwang vient de dire n'est pas dépourvu de signification, mais je voudrais donner à ce sujet de nouvelles explications plus détaillées. Supposons, par exemple, que trois personnes sont assises ici ensemble, la première faisant des recherches dans le domaine de la mécanique, la seconde étant en train de s'adonner à la méditation assise, et la troisième étant assise sans rien faire. En pareil cas, si l'on se base uniquement sur l'apparence extérieure, il n'y a guère de différence dans leur position assise; cependant, après une longue période, ces personnes finiront par révéler de profondes différences: celle qui s'est consacrée à la recherche dans le domaine de la mécanique finira par faire des inventions; celle qui s'est adonnée à la méditation assise finira par obtenir la force de l'esprit, alors que celle qui a passé son temps sans rien faire n'obtiendra aucun résultat. De même, le fait de s'adonner continuellement à un travail, quel qu'il soit, aboutit nécessairement à des résultats très différents. Il y avait un garçon qui apprenait à lire et à écrire avec moi pendant un certain temps à l'époque de notre enfance; il ne s'intésessait guère à l'étude et aimait chanter les chants des saltimbanques, qu'il chantait toujours, aussi bien devant ses livres ouverts qu'en marchant sur la route, et il a continué jusqu'à la vieillesse; je l'ai d'ailleurs revu il y a quelques années: bien qu'il soit resté méconnu, il est devenu un remarquable chanteur de chants traditionnels. Quant à moi, dès l'enfance j'ai par hasard commencé à éprouver de l'intérêt au sujet de la Vérité: si je n'éprouvais pas une grande ardeur pour la lecture, restant jour et nuit plongé dans des pensées concernant les principes mystérieux, il m'arrivait souvent de me plonger dans la méditation au point d'en oublier le sommeil et la nourriture. Ma ferveur ne s'étant absolument pas relâchée depuis lors, jusqu'à aujourd'hui, j'ai vécu de la Vérité. Ne serait-ce que par cela, on peut se rendre compte que, dans la vie de quelqu'un, le choix de l'orientation est d'une importance capitale. Si, après avoir décidé de son orientation, quelqu'un adopte une base convenable, le fait de poursuivre ses efforts, sans pensée égoïste, vers l'objectif qu'il s'est lui-même fixé représente le fondement même du succès ".

 

12. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " De nombreux maîtres de la secte zen ont inventé une quantité infinie de moyens différents et de voies différentes pour la méditation; mais, pour résumer tout cela en un mot, l'objectif de la méditation est de mettre fin aux illusions et de cultiver la sincérité afin de faire apparaître uniquement le vide et la sagesse. Par conséquent, la règle fondamentale de la méditation se résume dans l'expression: " A la sérénité, l'éveil convient; mais, à la sérénité, le manque de détermination ne convient pas; de plus, à l'éveil, la sérénité convient; mais, à l'éveil, l'illusion ne convient pas ".

 

13. Venu au centre de formation à l'heure de la pratique de la méditation assise, le Grand Maître Fondateur s'adressa au membres de la communauté et leur demanda: " Vous qui luttez ainsi contre le sommeil afin de pratiquer la méditation assise, qu'avez-vous donc l'intention de faire à l'avenir? " Kwn Tong-hwa répondit: " L'esprit de l'homme est parfait et clair à l'origine; mais, attiré par le monde du désir, il se disperse dans la plus grande confusion, ce qui fait que l'homme n'a plus son esprit parfait et, en même temps, que la lumière de sa sagesse finit par devenir confuse. Par conséquent, si nous pratiquons la méditation assise, c'est en vue de supprimer les angoisses qui surgissent, afin de concentrer notre esprit qui se disperse et, ainsi, d'obtenir la force nécessaire pour la culture de l'esprit et la lumière de la sagesse ". Le Grand Maître lui répondit: " Si vous êtes vraiment conscients des mérites de la culture de l'esprit, votre ferveur restera d'elle-même constante, même si personne ne vous y encourage; il existe cependant un point sur lequel il vous faut faire attention: si, peut-être par manque de connaissances détaillées en ce qui concerne la méthode, vous agissiez de façon trop hâtive, ou si, ayant découvert de curieux exemples, vous ne mettiez pas en pratique la méthode idéale et uniforme de la méditation assise, vous risqueriez de contracter des maladies pendant que vous vous adonnez à l'étude et à la pratique, ou de vous engager sur une fausse voie, ce qui risquerait, contrairement à votre attente, de vous conduire à encore davantage d'inquiétudes et d'angoisses. Par conséquent, référez-vous souvent à notre méthode de méditation assise et n'hésitez pas à demander des explications sur son déroulement à ceux qui ont davantage d'expérience, de façon à éviter toute erreur dans le cours de votre étude et de votre pratique. Si, de cette façon, vous vous adonnez avec assiduité à une étude et une pratique appropriées, vous obtiendrez facilement la liberté et de l'esprit et du corps: tous les Bouddhas, tous les saints et tous les grands hommes ont obtenu une telle puissance de l'esprit grâce à cette méthode de méditation assise ".

 

14. Le Grand Maître Fondateur dit encore à l'assemblée des fidèles réunis au centre de formation: " Depuis un certain temps, entre chaque école de la secte zen, on se querelle à propos des méthodes de la pratique de la méditation; cependant, moi, j'ai adopté la méthode de la méditation avec concentration sur le bas-ventre ( tanjn ), et je demande qu'aux heures de culture de l'esprit, on se consacre uniquement à la culture de l'esprit, que la pratique du koân ait lieu une fois de temps à autre, à des moments appropriés. En ce qui concerne la méthode destinée à la compréhension des questions à étudier, elle ne se limite pas à penser longuement en se sentant inquiet et triste: au contraire, le fait de les étudier avec un esprit joyeux, selon les règles, possède une force nettement supérieure ".

 

15. Un disciple ayant demandé des explications concernant le principe permettant par la pratique " de faire monter l'eau et de faire descendre le feu qui sont dans l'homme", le Grand Maître Fondateur répondit: " La nature de l'eau fait qu'elle descend vers le bas en même temps qu'elle est fraîche et limpide; par contre, la nature du feu fait qu'il monte vers le haut en même temps qu'il est chaud et opaque. Si, lorsque nous sommes en proie à des pensées complexes, si bien que notre énergie monte, nous avons chaud à la tête et nous avons l'esprit confus ainsi que la bouche sèche, c'est parce que l'énergie du feu monte et que l'énergie de l'eau descend. Si les pensées sont apaisées et si l'énergie est tranquillisée, la tête est fraîche, l'esprit est clair et une salive limpide vient à la bouche; la raison en est que l'énergie de l'eau monte et que l'énergie du feu descend ".

 

16. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il existe deux voies pour parvenir à obtenir la force de la culture de l'esprit: la première est celle de la culture du caractère; la seconde est celle de la culture de la nature profonde. Pour prendre un exemple, si un militaire entraîne son esprit dans la guerre réelle et finit par obtenir un esprit inébranlable devant le danger, il s'agit extérieurement de la culture du caractère; par contre, si le religieux devient capable de soumettre tous les démons au milieu du monde des cinq désirs de l'homme et d'obtenir un esprit inébranlable en toutes circonstances, favorables ou défavorables, il s'agit intérieurement de la culture de la nature profonde. Même si le militaire a obtenu extérieurement la capacité de la culture du caractère, s'il n'obtient pas intérieurement la capacité de la culture de la nature profonde, il ne parvient pas à la perfection de la force de la culture de l'esprit. De même, si, bien qu'ayant obtenu intérieurement la capacité de la culture de la nature profonde, le religieux ne s'est pas entraîné dans le monde réel et n'a point obtenu la capacité de culture du caractère, il ne peut parvenir à la perfection de la force de la culture de l'esprit ".

 

17. Un jour, Yang To-shin posa la question suivante: " Grand Maître, ordinairement, vous dites que, lorsque nous faisons tel ou tel travail, il faut éviter de se laisser attirer par tel ou tel autre travail et vice-versa, et vous recommandez que nous attachions toujours paisiblement tout notre esprit et tout notre coeur au travail que nous sommes en train de faire, et nous nous efforçons de repecter vos recommandations. Or, il y a quelque temps, ayant eu à préparer une décoction de médicaments tout en faisant de la couture, comme je consacrais toute mon attention à mon travail de couture, j'ai fini par laisser brûler complètement les médicaments. Si je décide de surveiller les médicaments tout en faisant de la couture, je tombe dans l'erreur de me laisser attirer par ce travail-là tout en faisant celui-ci; si je fais seulement mon travail de couture et néglige la surveillance de la décoction des médicaments, je risque encore de gâter ces derniers. En pareil cas, comment faut-il faire pour être sur la bonne voie de l'étude et de la pratique? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Si alors tu devais préparer les médicaments et faire de la couture, les deux travaux étaient confiés à ta responsabilité; tu devais donc t'en acquitter de tout coeur, et t'acquitter de cette double responsabilité représentait pour toi une parfaite concentration d'esprit et une véritable pratique. Si, l'esprit concentré sur un seul de ces deux travaux, tu as commis une faute, il ne s'agit pas de concentration convenable de l'esprit, mais d'une seule partie de ton esprit et d'un manque d'attention. Par conséquent, que vous vous occupiez de dix travaux ou de vingt travaux, si vous le faites seulement dans le cadre de votre responsabilité, il ne s'agit nullement d'un manque d'attention, mais d'une concentration parfaite de l'esprit, et c'est une méthode importante de l'étude et de la pratique dans l'agir. Seulement, si vous pensez sans raison à quelque chose dont vous n'avez point à vous occuper, si vous cherchez sans raison à écouter quelque chose que vous n'avez nul besoin d'entendre, ou à regarder quelque chose que vous n'avez nul besoin de voir, ou encore à vous ingérer sans raison dans quelque chose dont vous n'avez nul besoin de vous occuper, il s'agit de l'attitude dans laquelle, tout en exécutant tel ou tel travail, vous laissez votre esprit vagabonder vers tel ou tel autre travail, ce qui fait que vous ne cessez de vous laisser aller à des illusions, attitude au sujet de laquelle les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique doivent rester extrêmement vigilantes. S'occuper en même temps de ce travail-ci et de ce travail-là, fût-ce de dizaines de milliers de choses dans une même journée, tant qu'il s'agit de la responsabilité de la personne concernée, ne constitue pas le moindre obstacle à la pratique de la concentration de l'esprit ".

 

18. Le Grand Maître Fondateur dit: " Savez-vous la raison pour laquelle, pendant que vous pratiquez la concentration de l'esprit, votre esprit est tantôt dans la confusion, tantôt dans la tranquillité? La raison en réside dans l'exécution convenable ou non de toutes choses quand vous avez du travail à faire. Les personnes qui exécutent un travail équitable peuvent au début avoir l'impression de rencontrer des complications et de nombreuses difficultés; cependant, plus elles avancent dans la pratique, plus leur corps et leur esprit s'apaisent et goûtent la sérénité et, en même temps que devant elles la voie s'ouvre toute large, la concentration de leur esprit se réalise très bien. Par contre, les personnes qui exécutent un travail injuste peuvent au début sembler goûter un certain plaisir et trouver cela facile; cependant, plus elles font ce travail, peu à peu leur corps et leur esprit éprouvent une certaine confusion et de la souffrance et, en même temps que la voie se ferme devant elles, elles ont du mal à concentrer leur esprit. Par conséquent, si quelqu'un veut réussir parfaitement dans la pratique de la concentration de l'esprit, il lui faut d'abord supprimer tout désir illégitime et mettre fin à toute action injuste ".

 

19. Le Grand Maître Fondateur posa un jour à Yi Sun-sun la question suivante: " Comment t'adonnes-tu à l'étude et à la pratique en qualité de fidèle resté dans le monde et vivant avec sa famille? " Sun-sun lui répondit: " Je préconise l'état d'apaisement de l'esprit et du coeur ". Le Grand Maître lui demanda de nouveau: " Selon quelle méthode préconises-tu l'apaisement de l'esprit et du coeur? " Sun-sun répondit: " Tout simplement, je cherche l'apaisement de l'esprit et du coeur, mais je ne connais pas de méthode particulière pour obtenir ce résultat". Le Grand Maître lui dit alors: " Pour tout homme, il existe toujours deux catégories de moments: les moments de l'agir et les moments du non agir; pour les méthodes permettant d'obtenir la sérénité de l'esprit et du coeur, aussi, il existe deux voies: celle de la sérénité extérieure et celle de la sérénité intérieure. Pour ce qui est de la sérénité extérieure, quand on se trouve dans l'environnement de l'action, il est d'abord nécessaire d'établir sa volonté et de procéder à un choix afin d'éviter de s'adonner à une activité confuse et déraisonnable, de façon à supprimer les racines du mal qui provoque le trouble de l'esprit. Quant à la sérénité intérieure, quand on n'a pas de travail à faire, il faut réciter des invocations au Bouddha, pratiquer la méditation assise et, par n'importe quelle autre méthode, apaiser les inquiétudes et les angoisses qui surviennent, afin de développer l'esprit fondamental en son état de perfection. Par conséquent, la sérénité extérieure devient le fondement de la sérénité intérieure, et la sérénité intérieure devient le fondement de la sérénité extérieure: il faut absolument que la sérénité intérieure et la sérénité extérieure soient promues parallèlement afin de permettre d'obtenir la véritable sérénité de l'esprit et du coeur ".

 

20. Grand amateur de la lecture du journal, dès qu'il le recevait, Song To-sng arrêtait son travail de bureau pour en faire la lecture; même quand il avait un travail urgent, il lui fallait d'abord parcourir au moins les titres de ce journal pour se sentir tranquille et reprendre son travail. C'est pourquoi, un jour, le Grand Maître Fondateur le mit en garde en ces termes: " Si tu te laisses accaparer de cette façon par la lecture d'un journal insignifiant, je crains qu'il en soit de même pour autre chose. Pour tout le monde, il existe des choses que l'on aime faire et des choses que l'on n'aime pas faire; quand il se trouve en train de faire ce qu'il aime faire, l'homme ordinaire est attiré par ce travail et en perd son véritable esprit; quand il se trouve en train de faire ce qu'il n'aime pas faire, il en oublie le devoir de la vie, sort de la voie droite et se retrouve rongé par l'inquiétude et la souffrance. Un tel homme ne peut absolument pas obtenir la tranquillité et la sérénité de l'esprit, pas plus qu'il ne peut obtenir la sagesse et la lumière. Si je te mets en garde contre cette chose sans grande importance, c'est en vue de te montrer la réalité de l'attrait exercé sur l'esprit: évite donc de te laisser attirer par ce que tu aimes faire, aussi bien que par ce que tu n'aimes pas faire. Si tu te conformes toujours et uniquement aux principes équitables, tu seras en mesure de devenir un homme capable d'utiliser une infinité de choses; cependant, ne deviens pas un homme qui se laisse entraîner par cette infinité de choses. Si tu fais ainsi, jamais tu ne perdras ta vraie et respectable nature profonde ".

 

21. Yi Ch'ng-ch'un demanda un jour: " Les grands ascètes, eux aussi, éprouvent-ils de l'attachement? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Si quelqu'un éprouve de l'attachement, ce n'est pas un ascète ". Ch'ng-ch'un reprit: " Chng-san, lui aussi, aime ses enfants; cela n'est-il pas de l'attachement? " Alors, le Grand Maître lui répondit: " Toi, Ch'ng-ch'un, prendrais-tu quelqu'un de parfaitement insensible pour un ascète? Ce que l'on désigne sous l'appellation d'attachement, c'est le fait d'être attiré par l'amour au point de ne plus pouvoir se séparer, ou le fait de penser tellement à l'autre quand on en est séparé que cela représente des obstacles à la pratique religieuse ou au travail pour la communauté. Ce n'est nullement le cas de Chng-san ".

 

22. Le Grand Maître Fondateur déclara un jour: "Il faut que quelqu'un ait lu beaucoup de textes sacrés pour que les gens du monde reconnaissent ses connaissances et son autorité doctrinales : même si l'on exprime la même vérité, quand on donne des citations des vieux textes sacrés, on est écouté avec confiance, alors que si l'on a recours à l'expression directe des principes, faite en des termes simples et faciles, au contraire, les gens écoutent souvent ce que l'on dit sans y attribuer une grande importance. Comment ne pas considérer une telle attitude comme une étroitesse d'esprit? Si ce que l'on désigne sous l'appellation de textes sacrés représente l'expression de la doctrine telle que l'ont exprimée les sages et les philosophes du monde passé pour la faire comprendre par la mentalité de leur époque, pendant de très longues périodes on y a fait des ajouts et on en a compilé encore des commentaires, ce qui a produit des quantités énormes de textes et le Tripitaka bouddhique; par conséquent, si quelqu'un décide de tout lire, cela représente un travail difficile, même s'il y consacre toute son énergie et toute une vie; alors, quand est-ce que l'on pourra obtenir la capacité nécessaire à la culture de l'esprit, à l'étude des faits et des principes, et au choix des bonnes actions, afin de devenir une personnalité remarquable et éminente? C'est pour cette raison qu'autrefois le Bouddha lui-même prédisait des changements d'époques en ce qui concerne le Dharma, et distinguait les trois stades de l'exactitude du Dharma, de la décadence du Dharma et de la fin du Dharma. Les causes principales de tels changements résident dans le fait que les textes sacrés deviennent complexes, que les hommes des générations postérieures perdent leur force et qu'à cause d'un tel manque de force, leur action devient déraisonnable, si bien que l'exactitude du Dharma fait tout naturellement peu à peu place à la décadence de la Loi bouddhique. Par conséquent, si l'on revient à l'époque de l'exactitude du Dharma, grâce à une doctrine simple et à une méthode pratique, on entraînera réellement tous les hommes et, dans le cadre de cette exactitude de la Loi bouddhique transmise oralement et reçue du fond du coeur, il sera possible pour chaque homme de faire l'expérience directe de la grande Voie et de la comprendre. Que fera-t-on donc de l'étude de tous les textes sacrés? Que fera-t-on de la lecture de tout le Tripitaka bouddhique? Evitez, je vous en prie, de vous laisser accaparer l'esprit par la multitude et la complexité des textes sacrés d'autrefois; il vous faut nécessairement vous adonner à l'étude et à la pratique d'une doctrine simple et selon une méthode commode et pratique; puis, après avoir obtenu une capacité remarquable, vous pourrez vous référer une fois à ces textes sacrés d'autrefois et à toutes les théories émises dans le passé. Alors, si vous procédez de cette façon, la référence d'un seul instant vous sera plus précieuse que dix années de lecture ".

 

23. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Parmi vous, qui donc a découvert un Livre sacré que l'on puisse lire sans interruption? Persuadés qu'en dehors des sept oeuvres classiques du Confucianisme, du Tripitaka bouddhique et des Ecritures des autres religions, il n'existe point de Livre sacré, les gens du monde méconnaissent le grand Livre sacré qui apparaît dans la réalité. Comment ne pas déplorer une telle situation? Si l'homme sait observer avec son véritable esprit, il n'est pas une seule chose de l'univers qui ne soit un Livre sacré: il suffit d'ouvrir les yeux pour voir ce Livre sacré, de prêter l'oreille pour entendre ce texte sacré, de parler pour lire ce texte sacré. Il suffit d'agir pour mettre en pratique ce Livre sacré: partout et toujours, sans la moindre interruption, c'est le déploiement de ce Livre sacré sous les yeux. Ce que l'on désigne sous l'appellation de Livre sacré est un ouvrage qui exprime à la fois les faits et les principes. En ce qui concerne les faits, il analyse ce qui est juste et ce qui est injuste, ce qui est profitable et ce qui est dommageable; en ce qui concerne les principes, il exprime le tout et les parties ( taeso ) l'être et le non être ( yumu ); et il guide les êtres humains de façon à leur permettre de s'orienter et de suivre la Voie de l'humanité. Si l'on procède à un examen au travers de tous les Livres sacrés du Confucianisme, du Bouddhisme et de toutes les Ecritures des autres religions, on peut se rendre compte qu'ils ne sortent jamais de ce domaine. Cependant, les faits et les principes ne résident point dans les textes sacrés en eux-mêmes: l'univers tout entier est en lui-même l'expression des faits et des principes; l'homme naît au milieu des faits et des principes, il meurt au milieu des faits et des principes après avoir vécu au milieu des faits et des principes, pour renaître au milieu des faits et des principes, si bien que la vie de l'homme est liée avec les faits et les principes par des liens qui ne sauraient être rompus. Le monde est donc un Livre sacré exprimant les faits et les principes dans leur réalité, tels qu'ils sont. Il nous faut examiner dans ce Livre sacré ce qui est juste ou injuste, ce qui est bon ou mauvais, adopter ce qui est juste et profitable pour le mettre en pratique, rejeter ce qui est erroné et dommageable; il nous faut aussi examiner tous les principes du tout et des parties, de l'être et du non être, et parvenir à la compréhension de leur fondement. S'il en est ainsi, de quoi s'agit-il sinon d'un Livre sacré vivant? C'est pour une telle raison que je vous demande, avant de procéder à la lecture des innombrables et complexes Livres sacrés, de lire d'abord et avec assiduité ce grand Livre sacré qui apparaît devant vous dans la réalité ".

 

24. Un des disciples dit un jour: " Personnellement, je manque toujours d'habileté devant les choses; alors, comment dois-je faire pour parvenir à la clarté et à l'habileté devant les choses? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Avant de s'occuper de quelque travail, il faut d'abord s'entraîner; lors de l'exécution de ce travail, il faut d'abord savoir procéder au bon choix et, quand le travail est terminé, il faut savoir procéder assidûment à la pratique de l'examen. Si quelqu'un sait dans son esprit et dans son coeur procéder assidûment à la pratique de cet examen, même s'il s'agit du travail de quelqu'un d'autre, il parviendra peu à peu à une grande habileté en face des choses et ne connaîtra plus la moindre difficulté, ni le moindre obstacle pour la mise en oeuvre des principes ".

 

25. Un jour, s'adressant à la communauté des fidèles réunis lors de l'office régulier, le Grand Maître Fondateur dit: " Quand vous écoutez une prédication ou assistez à une conférence, vous devez concentrer tout votre esprit pour écouter, comme si vous étiez sur le point d'obtenir un grand trésor: si bénéfiques que soient les paroles prononcées par le prédicateur ou le conférencier, si les personnes qui les écoutent ne savent pas en saisir l'essentiel et les entendent sans y porter attention, elles n'en retireront en réalité guère de résultats. Par conséquent, quelles que soient les paroles que vous entendiez, si vous savez faire la comparaison avec votre étude, votre pratique, votre situation et savez les graver dans votre coeur avec un esprit parfait, vous en retirerez beaucoup de profit et, en même temps, grâce à la réflexion qui aura lieu tout naturellement sur la réalité de l'événement, vous verrez apparaître encore plus clairement les mérites de l'office régulier ".

 

26. Un jour qu'il se trouvait au temple de Pongnae, en montrant la flamme d'une lampe, le Grand Maître Fondateur demanda: " Alors que la flamme de cette lampe éclaire tout autour d'elle-même, comment se fait-il que l'espace situé en dessous de la lampe soit si obscur? " Kim Nam-ch'n lui répondit: " En réalité, je découvre là une analogie avec mon propre cas: il y a déjà plusieurs années que je suis directement à votre service, Grand Maître, et profite de votre enseignement; pourtant, pour ce qui est des connaissances en tout domaine et de la pratique, en toutes choses je ne parviens même pas au niveau des frères qui viennent de loin seulement une fois de temps en temps ". Le Grand Maître se mit alors à rire et posa de nouveau la même question à Song Kyu, qui lui répondit: " Dans le cas de cette lampe, la flamme monte vers le haut et éclaire au loin, mais le corps de la lampe est tout proche de cette flamme et rend obscur l'espace situé en dessous. Pour prendre une comparaison, je dirai que c'est comparable au fait que l'on s'aperçoit facilement des défauts d'autrui sans être capable de connaître ses propres erreurs. Comment en est-il ainsi? Quand une personne examine la situation d'autrui, étant donné que rien ne la gêne, elle peut distinguer directement les qualités et les défauts, les hauts et les bas; par contre, quand elle s'examine elle-même, il y a toujours sur le trajet de son regard l'image d'elle-même, qui met un voile sur la lumière de la sagesse, si bien qu'elle ne peut se rendre compte de ce qui est juste et de ce qui est erroné ". Le Grand Maître demanda alors de nouveau: " Si quelqu'un d'ainsi imparfait décide de faire la lumière sans faire de différence entre lui-même et les autres, comment doit-il faire pour y parvenir? " Song Kyu lui répondit: " S'il ne s'attache pas aux sentiments de joie, de colère, de tristesse et de plaisir, et s'il parvient à supprimer de son esprit et de son coeur toutes sortes d'attachement, il ne fera plus de différence dans ses connaissances entre lui-même et autrui ". Le Grand Maître dit alors: " Ce que tu viens de dire est exact ".

 

27. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si vous désirez devenir des hommes parfaits et obtenir de vastes connaissances, évitez à tout prix de vous attacher à quelque chose avec partialité. Actuellement, presque tous les gens de ce monde, chacun à sa façon, sont attachés à quelque chose avec partialité et sont ainsi incapables de parvenir à réaliser la Voie dans sa perfection. Les lettrés confucianistes sont attachés uniquement aux habitudes du Confucianisme, les moines bouddhistes sont attachés uniquement aux habitudes du Bouddhisme; de même, les personnes qui travaillent pour d'autres religions ou celles qui s'adonnent à des oeuvres pour la société sont toutes attachées, chacune à ce qu'elle sait ou à ce qu'elle fait, sans posséder une vaste connaissance de ce qui est juste ou injuste, de ce qui est profitable ou dommageable; et, ne sachant pas adopter et mettre en oeuvre les méthodes d'autrui, elles ne sont pas en mesure de devenir des êtres parfaits ". Alors, un des disciples demanda: " Si quelqu'un abandonne la tradition et les idées de sa famille, ne finira-t-il pas par perdre ses propres opinions? " Le Grand Maître lui répondit: " Ce que je vous dis ne signifie point qu'il faille abandonner les opinions de sa famille et utiliser sans discernement toutes les méthodes, mais qu'il faut savoir mettre largement en pratique les autres méthodes après avoir établi une opinion équitable et légitime. Il vous faut bien comprendre la signification de ce que je vous dis ".

 

28. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour les gens du commun, il existe deux situations susceptibles de troubler et d'obscurcir leur sagesse à propos de toutes choses. Tout d'abord, leur sagesse se trouble et s'obscurcit parce qu'attirés par la convoitise et le désir d'obtenir quelque chose, ils ne savent pas garder le juste milieu; en second lieu, elle se trouble et s'obscurcit parce qu'ils s'attachent uniquement aux choses pour lesquelles ils ont des dispositions particulières. Les personnes qui s'adonnent à l'ascèse doivent faire tout particulièrement attention à ces deux catégories de circonstances ".

 

29. Un fidèle de la religion du Tonghak ( Science de l'Orient ) vint un jour voir le Grand Maître Fondateur et lui dit: " Ayant eu connaissance de votre haute réputation, je suis venu de loin pour vous rencontrer; veuillez donc m'accorder pour toujours votre aimable protection ". Le Grand Maître lui répondit: " Si tel est votre désir, dites-moi ce que vous recherchez ". Le visiteur demanda alors: " Que dois-je faire afin de parvenir à élargir mes connaissances? " Le Grand Maître lui répondit: " Ce que vous êtes venu me demander, c'est le moyen d'élargir vos connaissances. Pour moi, le fait de vous rencontrer et de vous écouter est aussi un moyen de développer mes connaissances. Pour prendre un exemple, quand une personne qui s'occupe de son ménage manque d'appareils ménagers, elle en fait acheter au marché; si un homme d'affaires manque de connaissances en ce qui concerne les affaires, il cherche à se procurer ces connaissances dans le monde. Par conséquent, en toutes choses, il ne ne me suffit pas seulement d'étudier pour savoir; quand on fréquente plusieurs personnes, grâce aux échanges avec ces personnes, on obtient des connaissances que l'on peut utiliser: en vous rencontrant, j'obtiens des connaissances relatives au Tonghak et, quand je rencontre un fidèle d'une autre confession religieuse, de lui j'obtiens des connaissances relatives à cette autre confession religieuse ".

 

30. Le Grand Maître Fondateur dit: " A l'origine, la nature de l'homme n'est ni bonne ni mauvaise; cependant, en conformité avec ses habitudes, il finit par posséder une personnalité bonne ou mauvaise. Les habitudes se forment dans le processus au cours duquel la première pensée de l'intéressé répond aux affinités de l'environnement dans lequel l'homme se trouve. Par exemple, quand vous avez décidé de vous adonner à l'étude et à la pratique et êtes venus ici pour la première fois, lors de la rencontre avec le maître et les condisciples, alors que vous ignoriez tout de la mise en pratique des lois et des règles, au début, tout était nouveau pour vous, tout vous semblait contraignant et difficile à supporter; cependant, si votre résolution persévère sans changement pendant longtemps, peu à peu, l'esprit et l'action s'accoutument à cet environnement, si bien qu'en définitive, l'option se fait tout naturellement, sans même demander des efforts: c'est ce que l'on exprime par le mot habitude. Le principe de la formation de telles habitudes en accord avec l'environnement n'est pas différent, qu'il s'agisse du bien ou du mal; cependant, il est difficile de prendre de bonnes habitudes, alors qu'il est facile d'en prendre de mauvaises; de plus, même pendant que l'on s'adonne à l'étude et à la pratique afin de prendre de bonnes habitudes, il suffit d'une légère négligence pour se laisser entraîner vers le mal sans s'en rendre compte, et obtenir un résultat directement opposé à l'objectif initial. Il faut donc rester toujours conscient de ce fait et faire attention pour parvenir à cultiver un caractère vertueux ".

 

31. Le Grand Maître Fondateur dit: " D'après mes observations concernant de nombreuses personnes, hommes et femmes, qui s'adonnent à l'étude et à la pratique, en général les hommes ont un caractère généreux, mais ils semblent un peu fragiles et manquent parfois de sérieux, ce qui est leur point faible; par contre, les femmes sont d'un caractère minutieux et font preuve de persévérance, mais elles ont une certaine propension à l'intolérance, ce qui est leur point faible. Par conséquent, si quelqu'un veut parvenir à la formation d'un caractère remarquable, pour ce qui est de l'homme, en plus de la générosité, il lui faut s'efforcer surtout de développer une solide force morale et une profonde sincérité; et, pour ce qui est de la femme, en plus de la minutie, il lui faut s'efforcer surtout de développer l'esprit de compréhension et l'esprit de tolérance ".

 

32. Un disciple prenait ses repas très rapidement et parlait beaucoup; alors, le Grand Maître Fondateur dit: " Le fait de prendre un repas et le fait de parler sont autant d'occasions de s'adonner à l'étude et à la pratique: si quelqu'un prend ses repas avec trop de précipitation ou mange avec excès, il risque d'en contracter quelque maladie; si quelqu'un dit des choses qu'il ne fallait point dire ou prononce des paroles qui s'écartent du droit chemin, il risque de s'attirer quelque calamité. Comment donc pourrait-on dire que manger et parler sont des choses de peu d'importance, et faire preuve de négligence à ce sujet? Par conséquent, toute personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique, quoi qu'elle fasse, doit se dire qu'il lui est donné occasion de s'adonner davantage à l'étude et à la pratique et doit trouver intérêt à bien s'acquitter de son travail. Toi aussi, tu dois avoir la volonté de t'adonner ainsi à cette étude et à cette pratique ".

 

33. Mun Chng-gyu demanda un jour: " Dans les diverses circonstances que je rencontre, que dois-je prendre comme norme pour le choix des bonnes actions? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Il faut prendre trois pensées comme normes du choix des bonnes actions: premièrement, il faut penser au voeu que l'on a émis autrefois; secondement, il faut penser à l'intention profonde de l'enseignement du maître; troisièmement, il faut examiner la situation du moment et se demander si l'on n'est pas en train de se laisser aller à une certaine partialité. Si quelqu'un sait prendre ces trois choses comme normes, il ne se produit aucune confusion dans l'étude ou la pratique, et toutes les décisions et mesures adoptées deviennent tout naturellement équitables ".

 

34. Un jour, en passant le col escarpé dans les montagnes situées derrière l'Ermitage bouddhique Ch'ngryn en compagnie de Yi Ch'un-p'ung, le Grand Maître Fondateur dit: " Sur un chemin qui présente des dangers, la concentration d'esprit se pratique automatiquement. C'est pourquoi, contrairement à ce que l'on pense en général, sur la route on commet rarement des erreurs aux endroits dangereux, alors que l'on en commet facilement aux endroits où la route est meilleure; quand on fait un travail difficile, on commet peu d'erreurs, alors que l'on en commet facilement en faisant un travail facile. Pour celui qui s'adonne à l'étude et à la pratique, il faut que les normes restent les mêmes aux endroits dangereux et aux endroits faciles, dans les travaux difficiles et les travaux faciles pour parvenir à l'étude et à la pratique dans la concentration de l'esprit ".

 

35. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Avez-vous déjà vu des êtres célestes? Les êtres célestes ne résident point au loin dans le royaume des cieux. Ces enfants sont justement des êtres célestes et, comme leur coeur et leur esprit sont exempts de la moindre pensée égoïste, au travers de leur mère, ils reçoivent le don du ciel. Cependant, au fur et à mesure qu'ils sont gagnés par des pensées égoïstes, le don du ciel, lui aussi, s'épuise; de même, si seulement ils sont exempts de pensées égoïstes, les ascètes, eux aussi, reçoivent des dons du ciel sans limites; mais, s'ils commencent à être en proie à des pensées égoïstes, le résultat en est qu'ils voient immédiatement se fermer la voie des dons du ciel ".

 

36. Un disciple demanda: " Selon quelle méthode faut-il cultiver son esprit pour supprimer les cinq désirs fondamentaux de l'homme, se concentrer totalement sur l'ascèse et mener une vie libre et aisée comme le fit le Bouddha? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il ne s'agit point de supprimer le désir, mais au contraire de le faire grandir: si l'on détourne les petits désirs pour en faire un grand voeu et concentre tout son esprit sur ce grand voeu, tout naturellement les petits désirs s'endormiront. Alors, automatiquement on finira par mener une vie tranquille et aisée comme celle du Bouddha ".

 

37. Le Grand Maître Fondateur dit: " Je ne vous enseigne point qu'il faille envers et contre tout supprimer les sentiments de joie, de colère, de tristesse et de plaisir. Il faut savoir utiliser les sentiments de joie, de colère, de tristesse et de plaisir en accord avec les lieux et les circonstances, afin de gérer son esprit et son coeur en profondeur et en toute liberté, tout en évitant de s'écarter du juste milieu; il n'y a pas de raison de détester une certaine habileté ou de petits désirs. Je vous demande de vous soucier du manque d'ampleur de cette habileté et de votre résolution; par conséquent, la Loi que j'enseigne a pour objectif seulement de développer ce qui est petit; de plus, les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique sont invitées à détourner vers de grandes choses les efforts qu'elles déployaient auparavant pour de petites choses, ce qui représente la grande Loi permettant de parvenir à la réalisation de grandes choses ".

 

38. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il vous faut savoir à l'avance qu'au cours de l'étude et de la pratique, ainsi qu'au cours du déroulement des affaires, il y a des moments extrêmement dangereux. Pour les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique, le moment extrêmement dangereux n'est autre que le moment même où s'épanouissent toutes les sagesses; pour les personnes qui s'adonnent aux affaires, le moment extrêmement dangereux n'est autre que le moment où elles obtiennent tous les droits. La raison en est qu'une personne manquant un peu de persévérance cesse de faire preuve de la ferveur pour l'étude et la pratique importantes dès qu'elle obtient un peu de sagesse et risque facilement de se contenter de ce peu de sagesse; de même, dès qu'une personne obtient quelques droits, elle éprouve de la convoitise et se laisse aller à l'orgueil, si bien qu'elle ne réalise plus de progrès. Si les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique, et les personnes qui se consacrent aux affaires ne font point attention à de tels moments, elles risquent de s'enfoncer dans un gouffre sans fond ".

 

39. Après avoir pendant des dizaines d'années fait preuve d'une profonde conviction et avoir fait tous les efforts possibles, tout particulièrement pour la pratique de la méditation assise, un disciple avait vu son esprit s'éclaircir peu à peu au point de connaître à l'avance l'arrivée des visiteurs et le moment où la pluie commencerait ou cesserait de tomber. Un jour, le Grand Maître Fondateur lui dit: " Cela n'est rien sinon une illusion qui apparaît de temps à autre, comme la phosphorescence du ver luisant, pendant que tu t'adonnes à la pratique; il te faut donc reprendre tes esprits et mettre fin à de telles pensées. Si d'aventure tu prenais plaisir à cela, non seulement tu ne parviendrais pas à comprendre la Vérité profonde, mais encore tu risquerais de t'engager sur une voie erronée et de faire bientôt partie des asuras. Comment pourrait-on accepter une chose pareille dans une communauté régie par la Loi parfaite? "

 

40. S'étant consacré entièrement et exclusivement à la pratique de la méditation assise, Song Pyg-jo désira trop hâtivement parvenir à faire monter l'énergie de l'eau et faire descendre l'énergie du feu, ce qui, contrairement à son attente, ne lui valut que des maux de tête. Alors, le Grand Maître Fondateur lui dit un jour: " La raison de ce résultat vient du fait que tu ne connais pas bien la voie de l'étude et de la pratique: une méthode d'étude et de pratique parfaite permet de poursuivre l'étude et la pratique aussi bien dans l'agir que dans le non agir. Quand on est dans l'action, il faut mobiliser surtout l'attention afin de choisir les bonnes actions dans toutes les circonstances, de façon à obtenir en même temps les trois grandes forces; quand on est en état de non agir, on se consacre surtout à la culture de l'esprit et à l'étude afin d'obtenir aussi en même temps les trois forces. Les personnes qui connaissent cette voie et la mettent en pratique n'éprouveront pas beaucoup de peine dans l'étude et la pratique; elles se sentiront dans la tranquillité et connaîtront une aisance pareille à celle des eaux du grand océan sur lequel il ne souffle point de vent. De même, la montée de l'énergie de l'eau et la descente de l'énergie du feu se réaliseront tout naturellement en accord avec la stabilité de l'esprit et du coeur. Par contre, si l'on ne connaît pas cette voie, l'on risque de contracter une maladie apparemment dépourvue de toute raison et d'en souffrir sa vie durant; il faut donc rester extrêmement vigilant à ce sujet ".

 

41. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " La Loi que j'enseigne est centrée sur les chemins essentiels de la voie humaine; elle perfectionne la loi partiale du passé et rend facile la loi difficile du passé, de façon à permettre à tout le monde de s'engager immédiatement sur la grande Voie. Les personnes qui n'en comprennent pas la signification et restent incapables de se débarrasser des pensées d'autrefois prétendent que, si l'on veut s'adonner à l'étude et à la pratique, il faut aller se plonger dans le silence au fond des montagnes, ou qu'il faut obtenir des pouvoirs spirituels extraordinaires, et être capable à volonté de déplacer les montagnes, de traverser les mers, de faire souffler le vent et tomber la pluie; ou encore elles prétendent que les textes sacrés, les exposés et les discussions ne servent à rien et qu'il faut s'adonner uniquement à la récitation d'invocations au Bouddha et à la méditation assise, si bien que, parfois, elles refusent de mettre directement mon enseignement en pratique, ce qui est en vérité extrêmement déplorable. Actuellement, partout en Corée, dans les temples bouddhiques où l'on pratique le zen et dans les régions reculées des montagnes, nombreux sont ceux qui, sans exercer la moindre profession pendant toute leur vie, errent dans l'espoir de parvenir un jour à la connaissance parfaite des principes de la Vérité et de la doctrine; cependant, si l'on quitte le monde pour découvrir la Loi et délaisse la morale humaine dans l'espoir de parvenir uniquement à l'obtention des pouvoirs spirituels extraordinaires, il s'agit alors d'une doctrine fausse et subversive. Commencez donc, en accord avec les chemins essentiels de la vie humaine et avec les chemins essentiels de l'étude et de la pratique, qui sont l'objet de mon enseignement, par bien vous adonner à l'étude et à la pratique en restant au milieu du monde. Si ainsi vous faites, en même temps que vous finirez par obtenir la plénitude de la sagesse et du bonheur, vous trouverez aussi là des pouvoirs spirituels extraordinaires et une grande énergie: il s'agit là d'une étude et d'une pratique ordonnées et de la grande Voie basée sur un fondement ".

 

42. Le Grand Maître Fondateur dit: " La raison pour laquelle, dans la communauté de la perfection de la Loi, nous ne considérons point comme précieux les pouvoirs spirituels extraordinaires, c'est parce que non seulement de tels pouvoirs spirituels extraordinaires ne sont pas réellement bénéfiques pour la délivrance du monde, mais encore parce qu'ils représentent un obstacle à cette délivrance. Comment en est-il ainsi? Les personnes qui désirent obtenir de tels pouvoirs spirituels extraordinaires fuient généralement le monde pour aller vivre au fond des montagnes; elles s'attachent la plupart du temps au néant et passent leur vie à réciter des formules magiques et des formules ésotériques. Si le monde entier vénérait de telles choses, ce serait la ruine des lettres, de l'agriculture, de l'artisanat et du commerce. Ce serait la fin de toute morale humaine, de tout ordre et de toute discipline dans la société des hommes. De plus, ces gens ignorent l'origine de la morale et, en se basant sur des pensées désordonnées et des ambitions déraisonnables, ils désirent obtenir des talents extraordinaires; le résultat en est que, si, grâce à une illumination passagère, il se produit un fait extraordinaire, ils l'exploiteront abusivement pour tromper le monde et nuire à l'humanité. C'est pourquoi les sages ont dit: < Les pouvoirs extraordinaires sont des choses purement accessoires >, < Les pouvoirs extraordinaires qui apparaissent sans le fondement de la morale ne sont qu'une espèce de sorcellerie >. Cependant, si l'on s'adonne comme il convient à la pratique selon la Voie juste en se détachant des ambitions et si l'on agit avec honnêteté, en accord avec la lumière de la réflexion, il peut se produire des faits mystérieux et inexplicables; mais de tels phénomènes se produisent tout naturellement sans qu'on les ait recherchés. Comment de tels faits pourraient-ils être devinés avec les connaissances d'êtres humains qui conçoivent des pensées perverses? "

 

43. Le Grand Maître Fondateur dit: " Une personne qui prend pour la première fois la résolution de parvenir à la délivrance ne connaît pas très bien la force de persévérance de sa propre nature et il se peut que, parfois, elle fasse de grands efforts pour découvrir immédiatement les grands principes grâce à une étude et une pratique assidues pendant quelque temps; cependant, un tel esprit peut provoquer de graves maladies du corps et, quand les choses ne se passent pas comme elle le voudrait, il se peut que cette personne soit profondément déçue et s'éloigne de l'ascèse et de la vie religieuse; il convient donc d'être prudent à ce sujet. Il existe cependant parfois des ascètes qui, d'un seul bond, accèdent directement à l'état de Bouddha: ce sont des personnes qui, pendant de très nombreuses vies et de très nombreux kalpas, ont déjà pratiqué l'ascèse, si bien qu'elles possèdent la meilleure nature. Quant aux natures moyennes ou inférieures, il leur faut acquérir des mérites et faire de grands efforts pendant longtemps; pour cela, l'ordre exigé est le suivant: il faut d'abord exprimer un grand voeu, puis, une fois exprimé ce voeu, il faut parvenir à une foi profonde; ensuite, sur la base de cette foi, il faut beaucoup de zèle, auquel doit venir s'ajouter un grand désir de savoir, suivi d'une grande ardeur, et enfin viendra la grande compréhension. D'ailleurs, cette compréhension et cette connaissance ne se réalisent pas en une seule fois: il faut s'y reprendre des milliers et même des dizaines de milliers de fois ".

 

44. Le Grand Maître Fondateur dit: " Les personnes déraisonnables veulent obtenir immédiatement la grande sagesse dès qu'elles en conçoivent la pensée, mais il s'agit là d'une pensée profondément erronée. Les eaux de l'immense océan, elles aussi, sont formées de petites gouttes d'eau qui se sont accumulées; de même, les terres des montagnes et des plaines sont formées de petits grains de poussière qui se sont entassés. Les remarquables résultats obtenus par la multitude des Bouddhas et la multitude des sages, eux aussi, sont réalisés grâce à l'accumulation de mérites de l'esprit, mérites sans formes et invisibles pour l'oeil humain. Par conséquent, toute personne qui décide de s'adonner à la grande étude et à la grande pratique et qui met la main à cette grande oeuvre doit tout d'abord entreprendre d'accumuler des mérites en commençant par de petites choses ".

 

45. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il arrive parfois qu'en cours de route des personnes entrées en religion en vue de découvrir la Voie oublient leur intention initiale pour s'intéresser à la recherche d'autres sciences ou d'autres connaissances; même si de telles personnes obtiennent de vastes connaissances, l'énergie de leur esprit s'en trouve au contaire amoindrie, si bien qu'il leur est difficile d'obtenir la véritable sagesse. Par contre, si la personne qui recherche la véritable Voie sait réfléchir au sujet de sa résolution initiale, si elle sait empêcher son esprit et son coeur de se disperser dans diverses directions et s'efforce généreusement d'obtenir les trois grandes forces, tout naturellement elle obtiendra en même temps la compétence et les capacités relatives aux autres sciences et aux autres connaissances ".

 

46. Le Grand Maître Fondateur dit encore: " Avant d'obtenir une pensée, il m'est arrivé de prier, ou de réciter des formules magiques qui me venaient tout à coup à l'esprit, ou encore de rester plongé, sans m'en rendre compte moi-même, dans le silence de la méditation. Puis, quand, par hasard, j'ai eu obtenu une pensée, quand j'ai eu commencé à comprendre et que la porte de mon âme s'est ouverte, j'ai connu des changements et des passages de la lumière à l'obscurité, même pendant une seule et même journée, entre la nuit et le jour, et, pendant un seul et même mois, entre la première quinzaine et la seconde quinzaine. Au cours de ces changements, même après avoir éprouvé une telle assurance que j'étais persuadé de pouvoir tout savoir et de pouvoir tout faire en ce monde quand s'ouvrait la porte de la sagesse, dès que se refermait cette porte de la sagesse, je ne savais même plus que faire de mon propre corps, si bien que je me faisais de nouveau du souci au sujet de mon orientation à l'avenir, et j'éprouvais des doutes, me demandant si je n'étais pas ensorcelé par quelque chose. Pour finir, ces changements ont disparu et ma compréhension est restée continuellement la même ".

 

47. Souffrant constamment de la toux pendant la saison de l'hiver, le Grand Maître Fondateur était pris de crises de toux chaque fois qu'il faisait ses prédications et, un jour, il dit aux membres de la communauté: " Comme vous le savez, le village de Kilryongni, où j'ai grandi, est un endroit dont la pauvreté du niveau de vie et l'état arriéré de la mentalité sont tels qu'il serait difficile d'en trouver l'équivalent ailleurs dans le monde. Heureusement, grâce à une habitude reçue des vies antérieures, après en avoir pris la résolution pendant mon enfance, j'ai recherché la Voie avec ferveur; cependant, n'ayant absolument personne à qui poser des questions ou de qui obtenir des conseils, j'ai dû réfléchir seul et il n'est point de mortifications ni de macérations dont je n'aie fait l'expérience. Il m'est arrivé de passer des nuits à la montagne, de passer des journées assis sur les chemins, de passer des nuits sans dormir, assis dans ma chambre, de prendre des bains d'eau glacée, de jeûner, de vivre dans une chambre non chauffée, de finir par me trouver dans un état tel que je perdais connaisance, pour enfin parvenir à résoudre les problèmes objets de mes doutes; mais la racine du mal était déjà profonde dans mon corps et, mon sang et mon énergie s'étant appauvris, ma maladie ne fait que continuer à s'aggraver. A l'époque, ne connaissant point la Voie, je n'avais pas d'autre possibilité; par contre, vous, profitant de mon expérience, heureusement vous avez pu connaître dès le début la méthode parfaite de la pratique du Grand Véhicule, sans avoir à vous soumettre à des mortifications et des macérations pénibles, et cela représente un immense bonheur pour vous. La pratique de la méditation à tout moment, de la méditation en tout lieu appartiennent à la voie rapide de la pratique du Grand Véhicule et, si quelqu'un met cela en pratique, il obtiendra deux fois plus de mérites avec deux fois moins de peines. Puisque vous réussirez sans contracter de maladie, vous témoignerez de mes inutiles mortifications à l'époque où je ne pouvais découvrir la Voie, et je vous demande instamment de ne pas vous laisser entraîner dans des abus qui risqueraient de ruiner la santé de votre corps ".

 

48. Le Grand Maître Fondateur dit: " Tout comme dans les écoles à la fin de chaque semestre ou de chaque année scolaire il est organisé des examens, pour les personnes qui s'adonnent à l'ascèse et à la vie religieuse, il existe diverses sortes d'examens aussi bien dans les situations favorables que dans les situations difficiles, chaque fois que l'intéressé s'élève dans la hiérarchie des ordres et accède à un degré supérieur, ou quand il parvient à l'état de Bouddha. C'est ainsi qu'au moment où il allait obtenir l'Illumination sans pareil, le Bouddha fut assailli par Pâpiyas, le roi de tous les démons, accompagné de quatre-vingt-quatre mille démons; par la suite, les personnes qui se sont adonnées à l'ascèse, elles aussi, ont connu des situations identiques. Aujourd'hui, d'après ce que me révèlent mes observations à votre sujet, parmi vous aussi il y un certain nombre de personnes qui sont en train de subir des épreuves et se trouvent dans des situations difficiles au cours de leur combat; il y a celles qui se retrouvent vaincues et sont en train de compromettre leur vie éternelle; et il y a aussi celles qui sont sorties des épreuves de façon satisfaisante et dont l'avenir est prometteur du succès. Je souhaite que chacun et chacune de vous examine ses capacités et ses limites, afin d'éviter tout échec lors de telles épreuves ".

 

49. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Une personne qui suit une formation à une technique doit subir un examen permettant à son maître d'évaluer le niveau de sa technique; de même, une personne qui s'adonne à la pratique de la morale et de la religion doit subir un examen de son maître, ce qui permettra de savoir si elle est dans le droit chemin ou dans l'erreur: si la personne qui se forme à une technique ne subit point d'examen, sa technique risque de n'être pas au point; et, si la personne qui s'adonne à la pratique de la morale et de la religion ne subit point d'examen pour savoir si elle est dans le droit chemin ou dans l'erreur, son étude et sa pratique risquent de ne pas se dérouler de manière appropriée. Par conséquent, si je ne cesse de vous donner une appréciation concernant votre conduite et les principes que vous devez respecter, c'est pour vous permettre d'éviter les voies tortueuses et vous diriger sur des voies droites. Si quelqu'un n'aime pas recevoir une appréciation de ma part, ou s'il est mécontent de s'entendre dire qu'il agit bien ou mal, dans quel but est-il venu ici pour apprendre quelque chose et comment pourra-t-il atteindre l'objectif de son étude et de sa pratique? Toute critique et tout conseil équitables, non seulement de ma part mais aussi de la part de toute autre personne, peuvent vous servir de directives pour la poursuite de votre chemin à l'avenir. S'il vous arrivait d'éprouver du ressentiment à l'égard de bienfaiteurs qui vous ouvrent le chemin ne deviendriez-vous point des ingrats? Par conséquent, tout en éprouvant de la reconnaissance quand je juge la façon dont vous agissez, ou quand quelqu'un d'autre juge votre conduite bonne ou mauvaise, redoublez d'efforts afin d'obtenir vraiment la méthode idéale qui vous permettra de poursuivre l'étude et la pratique que vous avez commencées".

 

50. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si une personne qui s'adonne à l'ascèse cherche à se retirer du monde et à apprivoiser son esprit et son coeur uniquement dans un endroit tranquille, c'est comme si une personne désireuse de prendre du poisson cherchait à éviter l'eau. Quel résultat obtiendra-t-elle donc? Par conséquent, si quelqu'un désire vraiment pratiquer la véritable Voie, il lui faut absolument accoutumer son esprit et son coeur à toutes les situations du monde; c'est uniquement de cette façon qu'il obtiendra une grande force permettant à son esprit et son coeur de ne pas se laisser ébranler au milieu des diverses situations du monde. Si quelqu'un entraîne son esprit et son coeur uniquement dans un endroit où n'existent pas de telles situations du monde, son esprit et son coeur se trouveront ébranlés aussitôt qu'il reviendra dans le monde; c'est exactement pareil au cas du champignon qui a poussé dans un endroit ombragé et qui se fane dès qu'il se trouve exposé au soleil. C'est pourquoi, dans le Vimalakîrtisûtra, il est écrit: < Le Bodhisattva garde son esprit et son coeur parfaits même dans les endroits bruyants et dans la confusion, alors que celui qui ne suit pas la Voie droite a l'esprit et le coeur dans la confusion, même s'il se trouve dans un endroit tranquille >. Cela est pour nous l'expression du fait que l'étude et la pratique dépendent uniquement de l'attitude de l'esprit et du coeur, et non pas de l'environnement extérieur ".

 

51. Un jour, le Grand Maître Fondateur dit à plusieurs de ses disciples: " Si vous pouvez utiliser la Loi bouddhique pour rechercher à améliorer votre niveau de vie, n'allez pas vous laisser prendre par cette Loi bouddhique au point de gaspiller votre vie entière. A l'origine, la Loi bouddhique est une grande Voie destinée à la délivrance du monde. Si, contrairement à cet objectif, les personnes qui pratiquent cette Loi fuient du monde pour se retirer au fond des montagnes et y passer leur vie sans faire aucun travail, en s'adonnant uniquement à des invocations au Bouddha, à la lecture des textes sacrés du Bouddhisme ou à la pratique de la méditation assise, sans obtenir en fin de compte le moindre résultat en ce qui concerne la délivrance de tous les êtres, c'est qu'elles sont obnubilées et aveuglées par la Loi bouddhique. Ces personnes n'obtiendont guère de succès pour elles-mêmes, et elles n'obtiendront, non plus, aucun résultat bénéfique pour le monde ".

 

52. Le Grand Maître Fondateur dit aux membres de la communauté: " Si quelqu'un cherche à connaître la Voie, c'est en vue de s'en servir là où elle est nécessaire. S'il ne sait point s'en servir quand elle est nécessaire, c'est exactement comme s'il ne la connaissait pas. Quel avantage une telle connaissance lui apportera-t-elle? " Après avoir ainsi parlé, il montra l'éventail qu'il tenait à la main en disant: " Si, bien qu'étant en possession de cet éventail, je ne savais point m'en servir alors qu'il fait chaud, quel serait donc l'utilité de posséder un tel éventail? "

 

53. Le Grand Maître Fondateur dit: " Celui qui s'adonne à l'étude et à la pratique doit extérieurement mettre fin à tout attachement relatif à toutes sortes de liens; il doit aussi intérieurement mettre fin même à tout attachement relatif à la concentration de son esprit: c'est pourquoi le fait de s'attacher à la concentration de l'esprit est désigné sous l'appellation d'entrave de la Loi. Si quelqu'un devient victime de cette entrave de la Loi, en l'espace d'un clin d'oeil ou du moindre mouvement, il se retrouve entravé par la Loi et devient incapable d'obtenir la liberté et l'indépendance. Comment pourrait-il donc entrer par la porte de la grande délivrance? Par conséquent, si celui qui s'adonne à l'étude et à la pratique doit cultiver sa personnalité, il lui faut le faire tout naturellement et se conduire de façon active; il lui faut seulement supprimer les pensées mondaines et inutiles quand les six organes sensoriels ne sont pas occupés par le travail, et supprimer l'injustice quand ces six organes sensoriels sont occupés par le travail. Comment pourrait-on s'attacher à la concentration de l'esprit alors que l'esprit est déjà concentré? Pour m'exprimer en prenant un exemple: une personne chargée de s'occuper d'un enfant laisse cet enfant aller et venir, s'amuser en toute liberté pour qu'il puisse se livrer à des activités pour son esprit et son corps; il lui suffit de le retenir pour l'empêcher d'aller dans les endroits qui représentent pour lui un danger et de lui enlever des mains les objets dangereux quand il en saisit pour être reconnue comme une personne qui s'occupe bien de cet enfant. Si, sous prétexte qu'elle est chargée de la garde d'un enfant, une personne retient cet enfant et l'oblige à rester assis à longueur de jour sans bouger le moins du monde, tout naturellement, l'enfant va souffrir de la contrainte dont il est l'objet. C'est exactement la même chose dans le cas de l'abus consistant à s'attacher exessivement à la concentration de l'esprit ".

 

54. Le Grand Maître Fondateur dit à Kim Nam-ch'n: " Il y a quelque temps, j'ai vu quelqu'un qui passait sur le dos d'une vache; il ne conduisait pas la bête comme il aurait voulu le faire et, au contraire, il se laissait entraîner par la vache. Quand celle-ci passait par des terrains remplis d'épines ou des terrains boueux, il devait passer par ces champs d'épines ou ces terrains couverts de boue; quand elle passait par des montagnes ou des plaines, là aussi, il lui fallait suivre et il lui arrivait de tomber et de rouler par terre, si bien que ses habits étaient déchirés et qu'il se retrouvait couvert de blessures au point qu'il était dans un état horrible à voir. Quand, en voyant cela, je lui ai dit de tenir solidement sa vache pour qu'elle n'aille pas n'importe où et suive uniquement la route, ce qui lui permettrait d'éviter de telles mésaventures, ce pauvre homme m'a répondu qu'évidemment ce serait l'idéal; mais qu'à cause de son ignorance, il n'avait pas su dompter sa vache et l'avait toujours laissée faire ce qu'elle voulait, si bien que, désormais, au fur et à mesure qu'il vieillissait, la bête devenait de plus en plus brutale, et qu'il était devenu absolument incapable de la maîtriser. Aujourd'hui, d'après ce que j'ai vu quand tu es arrivé, toi aussi, tu es venu à dos de vache; où donc est ta monture? " Alors Nam-ch'n lui répondit: " Mais, je suis dessus ". Le Grand Maître lui demanda de nouveau: " Quelle apparence a cette vache? " Nam-ch'n lui répondit: " Pour la hauteur, elle fait la taille d'un homme; pour la couleur, elle est jaune; pour ses chaussures, elles sont confectionnées en chanvre; et pour sa barbe, elle pousse moitié noire et moitié blanche ". Le Grand Maître se mit alors à sourire et répondit: " Tu connais bien l'apparence de la vache; alors, ta vache agit-elle bien comme tu le lui ordonnes? N'es-tu pas, toi aussi, obligé de te déplacer au gré de ta vache? " Nam-ch'n répondit: " En général, ma vache fait comme je le lui ordonne. Quand elle se montre paresseuse pour faire un travail raisonnable, je lui donne des ordres et l'oblige à le faire et, quand elle veut faire quelque chose qui est déraisonnable, là encore, je lui donne des ordres pour l'empêcher de le faire ". Le Grand Maître lui répondit: " Tu as déjà trouvé la vache et tu connais la méthode pour la dompter; de plus, puisque la vache t'obéit généralement, redouble encore d'efforts pour la dompter parfaitement, de façon à pouvoir agir en toutes occasions avec une totale liberté ".

 

55. S'adressant à la communauté réunie au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Pour prendre une comparaison, votre travail de préparation pour entrer en méditation est analogue au travail destiné à dompter une vache: le fait que, sans le moindre entraînement moral dans le monde, certaines personnes n'en font qu'à leur guise, comme elles entendent, comme elles voient, comme cela leur passe par la tête, et se livrent à des actes qui représentent le mépris de l'humanité et de la justice est analogue au moment où, avant même d'être sevré, le petit veau totalement indiscipliné gambade n'importe où à sa guise. Le fait qu'après avoir quitté sa famille et s'être préparé à la pratique de la méditation au centre de formation, lorsque l'on s'applique à l'observation de toutes les règles et de tous les préceptes, ne parvenant pas à se débarrasser des habitudes du passé, l'on donne du souci aux personnes servant de guides sans obtenir la paix de l'esprit à cause des sentiments égoïstes et des pensées mondaines qui envahissent l'esprit et le coeur est analogue au moment où, une fois sevré, attaché à un pieu, le petit veau appelle sa mère et se débat au point d'en devenir malade. Le fait qu'au cours du processus quotidien de formation, on éprouve peu à peu de l'intérêt au fur et à mesure que l'on comprend un peu mieux les directives, que les sentiments égoïstes et les pensées mondaines s'apaisent peu à peu et que l'on apprend une chose ou une autre concernant les faits et les principes est analogue au moment où, sans être parfaitement domptée, la vache obtient peu à peu la tranquillité à propos de tout. Le fait que, sans commettre d'erreurs dans l'explication de la doctrine et dans la pratique de l'ascèse, on fasse peu à peu preuve de la maturité dans la culture de l'esprit, dans la capacité de l'étude et de la pratique ainsi que dans la capacité du choix des bonnes conduites, tout en faisant don de l'esprit, du corps et des choses matérielles, et que l'on puisse, partout où l'on va, être à l'origine d'une contribution susceptible de procurer des bienfaits à l'ensemble des membres de la société est analogue au fait que la vache bien domptée s'acquitte parfaitement de tous les travaux qu'on lui fait faire et contribue ainsi au bien de son maître partout où elle va. De la même façon, l'objectif du paysan quand il dompte sa vache dans sa ferme, c'est de pouvoir bien profiter de cette bête quand il laboure ses champs et ses rizières. L'objectif recherché dans ce centre de formation en vous soumettant à un entraînement spécialisé, c'est de vous inviter à en profiter utilement par la suite au cours de vos activités dans le cadre de la société des hommes. Je souhaite que vous profitiez donc de cette occasion pour vous adonner avec assiduité à l'étude et à la pratique sans gaspiller votre temps, afin de pouvoir servir dans le vaste monde en qualité de vache de l'esprit et du coeur bien domptée, et de devenir les saints apôtres de la délivrance et de la guérison de ce monde ".

 

56. Un jour, lors de la cérémonie d'ouverture d'une session au centre de formation, s'adressant aux membres de la communauté réunis, le Grand Maître Fondateur dit: " Votre entrée pour formation à la pratique de la méditation au centre de formation est analogue à l'entrée d'un malade à l'hôpital: si quelqu'un est atteint d'une maladie corporelle, il faut l'hospitaliser afin de le soigner en mobilisant les ressources de la médecine et de la pharmacie; si l'on est atteint d'une maladie de l'esprit et du coeur, il faut procéder à des soins du point de vue de la morale, soins qui sont assurés par des spécialistes de ce domaine. C'est pourquoi, comme l'on désigne le Bouddha sous l'appellation de Roi des médecins, son enseignement peut être désigné comme une médication, et le temple bouddhique comme un hôpital. Cependant, si les gens du monde considèrent les maladies corporelles comme des maladies et s'efforcent de les soigner en y consacrant du temps et de l'argent, ils ne considèrent point les maladies de l'esprit et du coeur comme des maladies et ne pensent pas à les soigner: comment donc les personnes sensées pourraient-elles ne point s'en lamenter? Si grave que soit une maladie corporelle, la souffrance en reste limitée à sa vie en ce monde et, s'il s'agit d'une maladie sans gravité, il est même possible de la soigner en un laps de temps relativement court; par contre, si l'on ne soigne point les maladies de l'esprit et du coeur, elles risquent de devenir une semence de souffrance pour l'éternité: si l'esprit et le coeur sont atteints de maladie, l'esprit et le coeur perdent leur liberté et se laissent séduire par les choses extérieures, si bien que l'homme en arrive à dire ce qu'il ne devrait pas dire, à faire ce qu'il ne devrait pas faire et à penser ce qu'il ne devrait pas penser; si bien qu'il finit par aller de lui-même là où il risque de trouver la mort, par s'attirer le mépris des autres, par être à l'origine de sa propre souffrance, par aller de péché en péché, de souffrance en souffrance, au point de ne plus avoir la moindre possibilité de sortir d'une telle situation. Par contre, celui qui n'a point de maladie de l'esprit et du coeur est en mesure de dépasser la souffrance et le plaisir partout dans l'immensité de l'univers; il est libre d'aller et de venir et peut accepter comme il le désire toutes sortes de bonheur et de joie. Profitez donc de cette session de pratique de la méditation pour que chacun de vous soit en mesure de découvrir les maladies de son esprit et de son coeur, et de mettre en oeuvre toute sa ferveur en vue de les guérir ".

 

57. Le Grand Maître Fondateur dit encore: " Toute personne s'adonnant à l'étude et à la pratique qui, après avoir découvert la maladie de son esprit et de son coeur, décide de guérir cette maladie doit d'abord connaître la méthode exigée pour la soigner. Tout d'abord, comme le patient qui souffre d'une maladie corporelle doit, sans rien cacher, révéler au médecin tous les symptômes de son mal, vous aussi, vous devez avouer en toute vérité aux personnes qui vous guident tous les symptômes du mal qui ronge votre esprit et votre coeur. Deuxièmement, comme le malade atteint d'une maladie physique doit s'en remettre et se soumettre en tout aux directives de son médecin, vous aussi, vous devez vous en remettre et vous soumettre absolument à l'enseignement des personnes qui vous guident. Troisièmement, comme le malade atteint d'une maladie physique doit continuer à faire tout ce qui est en son pouvoir jusqu'au jour de sa guérison totale, vous aussi, vous devez faire tout votre possible, et jusqu'au bout, pour la guérison de la maladie de votre esprit et de votre coeur. Si en vérité vous mettez ces directives en pratique, en même temps que vous finirez par recouvrer la santé parfaite de votre esprit et de votre coeur, vous en arriverez à connaître même la thérapeutique permettant de soigner et de guérir tous les êtres du monde qui souffrent des maladies de l'esprit et du coeur, et vous pourrez réaliser pour toujours dans le vaste monde la grande oeuvre de la délivrance et de la guérison ".

 

58. Le Grand Maître Fondateur dit un jour à la communauté rassemblée au centre de formation: " Notre méthode pour l'étude et la pratique est une tactique militaire destinée à rétablir la paix et l'ordre dans un monde en guerre, et vous êtes comme les soldats qui sont soumis à un entraînement pour se former à cette tactique militaire. Pour ce qui est de la guerre en question, il s'agit de celle qui éclate sans cesse dans le domaine de l'esprit et du coeur des gens de ce monde: à l'origine, ce domaine de l'esprit et du coeur est parfait, paisible, clair et propre; cependant, toutes sortes de désirs et de convoitises le rendent obscur, trouble, complexe et y sèment la confusion, si bien qu'il ne reste guère de jours de paix et de tranquillité dans ce monde immense. C'est cette façon de vivre des êtres humains que j'ai désignée sous l'appellation de guerre de l'esprit et du coeur. Et ce que je désigne sous l'appellation de tactique militaire est la méthode permettant de soumettre tous les mauvais démons dans notre esprit et notre coeur: cette méthode consiste en la pratique de la méditation, de la sagesse et des préceptes; c'est la voie de notre pratique permettant de faire la différence entre la Loi et les mauvais esprits. Et c'est la grande tactique militaire permettant mieux que toute autre d'apaiser toute émeute et toute révolte dans ce monde. Cependant, les gens de ce monde ne considèrent même pas cette révolte de l'esprit et du coeur comme une guerre; comment donc pourrait-on affirmer qu'ils en connaissent les tenants et les aboutissants? De plus, toutes les querelles et toutes les guerres, petites ou grandes, qui ont lieu entre les individus, entre les familles, entre les sociétés et entre les nations, si on en recherche l'origine, ont pour point de départ cette guerre de l'esprit et du coeur des hommes. Par conséquent, en même temps qu'elle est à l'origine de toutes les querelles et de toutes les guerres, la guerre de l'esprit et du coeur est la plus grande qui soit. La Loi permettant d'apaiser la révolte de l'esprit et du coeur est le modèle de toutes les lois et, en même temps, elle représente la plus grande tactique militaire. Par conséquent, parfaitement conscients de cette signification, il vous faut pratiquer assidûment la méditation et la sagesse, et observer les préceptes même au prix de votre vie. Si vous savez vous adonner à cette pratique pendant longtemps et sans interruption, vous finirez par obtenir la soumission de tous les mauvais démons; le jour où il en sera ainsi, je suis convaincu que, tout en arrivant au stade de ceux qui sont toujours vainqueurs du Malin, vous serez en mesure de devenir de remarquables généraux capables de ramener la paix et la tranquillité dans ce monde sans cesse en proie aux troubles provoqués par la guerre de l'esprit et du coeur ".

 

59. Le Grand Maître Fondateur dit: " L'apparition de pensées bonnes ou mauvaises dans notre nature qui, à l'origine, ne connaît ni distinctions ni opinions arrêtées est, dit-on, analogue au fait que dans un champ il se met à pousser diverses plantes cultivées mélangées de mauvaises herbes; c'est pour cette raison que le fond de l'esprit et du coeur est désigné sous l'appellation de " champ de l'esprit " et que, comme on fait un bon champ en défrichant bien une terre longtemps restée en friche, pour exprimer le bon entraînement du fond de notre esprit et de notre coeur pour obtenir la sagesse et le bonheur, nous en sommes arrivés à employer l'expression de " mise en valeur du champ de l'esprit ". Par conséquent si, comme le paysan qui s'occupe bien de ses cultures sarcle et sarcle encore les mauvaises herbes qui poussent dans son champ de façon à les enlever complètement pour cultiver uniquement les plantes qu'il a semées et obtenir une abondante récolte une fois l'automne venu, nous savons bien examiner les pensées bonnes ou mauvaises qui apparaissent dans notre esprit et notre coeur et en supprimer sans cesse les mauvaises pensées pour en cultiver uniquement les bonnes, nous posséderons toujours la sagesse et le bonheur en abondance. Comme le paysan qui s'occupe mal de ses terres laisse les mauvaises herbes pousser dans ses champs tout comme les plantes qu'il y a semées et abandonne ses champs en friche, si bien qu'il n'a rien à récolter quand vient l'automne, celui qui ne sait pas mettre en valeur le champ de l'esprit met en action telles quelles les mauvaises pensées qui se présentent, tout comme dans le cas des bonnes pensées, et n'en fait qu'à sa guise, ce qui ne lui apporte rien en dehors de la souffrance. Pour lui, la voie de la sagesse et du bonheur est de plus en plus éloignée. Par conséquent, ce n'est pas ailleurs qu'il nous faut chercher tous les péchés et tous les bonheurs: ils sont tout simplement le résultat de la façon, bonne ou mauvaise, selon laquelle nous savons ou non mettre en valeur le champ de l'esprit. Comment donc pourrions-nous nous montrer négligents à propos d'une telle question? "

 

60. Le Grand Maître Fondateur pousuivit: " Depuis l'antiquité, dans le langage des ascètes, la découverte du champ de l'esprit est désignée sous l'appellation d'Illumination, et la mise en valeur de ce champ de l'esprit est exprimée comme la culture de notre nature ou le bon usage de notre nature originelle; tous les Bouddhas et tous les saints ont considéré le travail du champ de l'esprit comme une mission reçue du ciel. De plus, ce travail du champ de l'esprit représente le fondement même de toute entreprise destinée à diriger le monde. C'est pourquoi, dans notre communauté, comme programme spécialisé destiné à la mise en valeur du champ de l'esprit, nous avons établi trois règles fondamentales: la culture de l'esprit, l'étude des faits et des principes, et le choix des bonnes conduites, et nous avons enseigné toutes les méthodes destinées à la pratique quotidienne destinée à les mettre en oeuvre. La culture de l'esprit est le processus qui consiste à préparer et nettoyer le terrain en vue de cultiver le champ de l'esprit; l'étude des faits et des principes est le processus qui consiste à enseigner les diverses méthodes de culture et la façon de distinguer les bonnes cultures des mauvaises herbes; le choix des bonnes conduites est le processus permettant de mettre en pratique l'enseignement reçu pour éviter de laisser le terrain en friche, et pour engranger une abondante récolte de céréales. Dans le monde actuel, avec le progrès des sciences et de la civilisation, la convoitise de l'homme devient chaque jour plus virulente et, sans la mise en valeur du champ de l'esprit, il devient impossible de maîtriser cette convoitise; et, s'il est impossible de maîtriser une telle convoitise, il deviendra difficile pour le monde de préserver la paix. Par conséquent, à l'avenir, le sentiment populaire va tout naturellement désirer procéder à la mise en valeur du champ de l'esprit et, quand on désirera procéder à cette mise en valeur, on se mettra à la recherche de la véritable religion, qui est le spécialiste de cette mise en valeur du champ de l'esprit. De plus, dans le cadre de cette recherche, les personnes dont la pratique est arrivée à une grande maturité seront plus que quiconque l'objet d'un profond respect. Aujourd'hui, à une telle époque, renouvelez votre résolution pour devenir des paysans modèles, capables de réussir parfaitement la culture et la récolte du champ de l'esprit ".

 

61. Aux membres de la communauté assemblés au centre de formation le Grand Maître Fondateur dit un jour: " J'ai déjà beaucoup parlé au cours de cette session de pratique de la méditation et, comme je vais encore parler aujourd'hui, il se pourrait que certains d'entre vous en éprouvent une certaine lassitude; cependant, si je parle beaucoup et si souvent, la raison en est qu'aux personnes qui manquent de compréhension au sujet de la vertu, il faut souvent donner des explications pour leur permettre de comprendre tout naturellement les faits et les principes, et pour leur permettre de s'adonner à la pratique. C'est pourquoi, lorsqu'ils enseignaient les débutants, tous les sages du passé se sont toujours efforcés d'abord de leur faire connaître les faits et les principes, de façon à faire qu'ils parviennent peu à peu à la pratique. Il faut éviter d'éprouver de l'ennui ou de l'impatience en se rendant compte, après quelque temps de pratique de la méditation, que les connaissances et la conduite ne sont point immédiatement en parfait accord; il faut aussi éviter de se moquer de personnes qui se trouvent dans ce cas, ou encore de leur faire des reproches. Evitez donc, sous prétexte que vous entendez parler d'une méthode dont vous avez déjà entendu parler une fois, de penser qu'il s'agit de quelque chose de simple; ne vous laissez point, non plus, aller au désespoir sous prétexte que vous ne parvenez pas encore à mettre en pratique ce que vous avez appris: en entendant à multiples reprises ce que vous avez déjà appris et en mettant en pratique à multiples reprises ce que vous avez déjà mis en pratique, vous parviendrez enfin à la réalisation de la personnalité parfaite capable de faire l'union des connaissances et de la conduite ".

 

62. Lors de la cérémonie de clôture d'une session au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit aux membres de la communauté qui étaient réunis: " Cette cérémonie de clôture qui se déroule aujourd'hui marque la clôture d'une session dans ce petit centre de formation, mais, dans le grand centre de formation, c'est l'ouverture d'une autre session; si donc quelqu'un considérait cette cérémonie uniquement comme une cérémonie de clôture, cela voudrait dire qu'il ne connaît pas encore la méthode de la grande étude et de la grande pratique ".

 

63. Kim Tae-g demanda un jour: " Puisqu'à partir du niveau de ceux qui sont toujours vainqueurs du Malin, il n'existe plus de textes pour les préceptes, cela signifie-t-il que, pour les personnes parvenues à ce stade, l'étude et la pratique du choix des bonnes conduites sont définitivement terminées? " Le Grand Maître Fondateur lui donna la réponse suivante: " A partir du niveau de ceux qui sont toujours vainqueurs du Malin, le fidèle accède au premier niveau de la sainteté. Il ne s'agit plus de l'étude ou de la pratique liées par la Loi et prisonnières de la lettre des préceptes; cependant, à l'intérieur, il existe aussi des préceptes de l'esprit, dont le premier demande que l'on fasse attention pour éviter de ne s'attacher qu'à l'ascèse et à la tranquillité, ce qui risquerait de conduire à une attitude relevant du Petit Véhicule; dont le second demande que l'on fasse attention pour éviter de tomber dans les richesses, les honneurs et de finir par oublier sa résolution initiale; et dont le troisième demande de se méfier de l'apparition de pouvoirs extraordinaires qui, en devenant visibles aux yeux des hommes, pourraient faire obstacle à la véritable Loi. Il faut encore s'adonner à l'étude et à la pratique des trois disciplines: de la culture de l'esprit, de l'étude des faits et des principes et du choix des bonnes conduites; en haut, il faut acquérir la sagesse du Bouddha et, en bas, développer encore l'esprit de miséricorde et amasser des mérites en s'adonnant à la délivrance des êtres humains ".

twitter facebook google+