Dharmas > Sûtra fondamental

4. La Voie de l'humanité

 

1. Un fidèle nouvellement entré dans la communauté demanda un jour: " Vivant dans les Monts Kyeryong, il m'arrive souvent de discuter avec des personnalités des diverses églises et religions installées dans ces montagnes; les unes comme les autres, elles vantent les mérites de leur propre doctrine et parlent sans cesse de la vertu ( la morale ); mais je n'ai encore jamais reçu une réponse claire au sujet de la signification du mot. Le Grand Maître voudrait-il m'enseigner la signification de cette vertu? “ Alors le Grand Maître Fondateur répondit: " Je ne peux que louer ta pensée en te voyant désireux de connaître ce qu'est la vertu ( la morale ); cependant, quand on parle de la vertu, le domaine en est si vaste qu'il est impossible de tout en expliquer en peu de temps. Par conséquent, ce n'est qu'après avoir commencé cette étude et cette pratique et après un entraînement considérable que tu comprendras peu à peu. Pour satisfaire ton désir de savoir, cependant, sans plus attendre, je vais seulement t'expliquer quelques titres des domaines de cette vertu: écoute-moi donc avec attention. La " Voie ", pour parler simplement, désigne le chemin à suivre, et qui dit chemin désigne le fait d'exécuter toute chose en toute liberté. C'est pourquoi on parle de la Voie du ciel pour désigner l'action du ciel, de la Voie de la terre pour désigner l'action de la terre, et de la Voie humaine pour désigner l'action des hommes. De plus, dans la Voie humaine, il existe le chemin de l'action du corps et le chemin de l'action de l'esprit; bien que le principe de cette Voie ait un fondement unique, les domaines en sont d'une si grande variété qu'il est impossible de les compter. Par conséquent, parmi la multitude des voies, pour ne parler d'abord que de la Voie humaine, comme le réseau des routes sur lesquelles se meuvent les corps s'étend sans limites dans toutes les régions en routes plus ou moins importantes et innombrables reliées les unes aux autres pour rejoindre les montagnes, les plaines, les eaux et les villages, pour ce qui est du chemin de la Loi selon lequel se déroule l'activité de l'esprit, il y a les grandes voies et les petites voies qui s'étendent parallèlement; elles apparaissent en accord avec les conditions de la vie des individus, de la famille, de la société et de la nation, et elles sont en réalité innombrables. Pour citer seulement quelques exemples, entre les parents et les enfants, il y a la voie définissant les devoirs des parents et des enfants; entre les supérieurs et leurs subordonnés, il y a la voie définissant les devoirs des supérieurs et de leurs subordonnés; entre les époux, il y a la voie définissant les devoirs du mari et de la femme; entre les amis, il y a la voie définissant leurs devoirs réciproques; entre les membres d'une même nation, il y a la voie définissant leurs devoirs réciproques. De la même façon, lors de chaque relation avec les faits et les choses, il y a toujours une voie appropriée pour chaque cas: quel que soit l'endroit où il se trouve, seul celui qui connaît cette voie appropriée est un homme qui connaît la Voie; celui qui ignore cette voie convenable est un homme qui ignore la Voie. Parmi cela, pour parler de la plus grande Voie, il y a la Voie de l'absence de naissance et de mort, qui représente notre nature originelle elle-même, la Voie du karma, c'est-à-dire de la rétribution des actes; c'est là, dans cette Voie que se réalise l'unité de toutes les lois, sur laquelle le ciel, la terre et l'homme trouvent leur fondement, et, de celui qui connaît cette Voie, je déclare qu'il connaît la Voie la plus grande ".

 

2. Le Grand Maître Fondateur poursuivit: " Pour employer une explication simple et facile à comprendre, ce que l'on désigne sous l'appellation de tk ( bienfait apparaissant quand on met la Voie en pratique ) est le fait que, partout et quels que soient les faits, il apparaît toujours et uniquement des bienfaits: si le ciel met la Voie en pratique, il procure les bienfaits du ciel; si la terre met la Voie en pratique, elle procure les bienfaits de la terre; si l'homme met la Voie en pratique, il procure les bienfaits de l'homme. En accord avec les innombrables voies, apparaissent d'innombrables bienfaits. Par conséquent, même si, parmi ces innombrables bienfaits, on se contente de donner d'abord des explications concernant les bienfaits humains, les conditions n'en connaîtront point de fin: si l'on met en oeuvre la voie régissant la conduite entre les parents et les enfants, apparaissent les bienfaits entre parents et enfants; si l'on met en oeuvre la voie régissant les relations entre supérieurs et subordonnés, apparaissent les bienfaits entre supérieurs et subordonnés; si l'on met en oeuvre la voie régissant les relations entre les époux, apparaissent les bienfaits entre le mari et la femme; si l'on pratique la voie régissant les relations entre les amis, apparaissent les bienfaits entre les amis; si l'on met en oeuvre la voie régissant les relations entre les membres d'une même nation, apparaissent les bienfaits entre membres d'une même nation. Quand il s'agit des individus, on parvient à l'harmonie entre les individus; quand il s'agit des familles, on parvient à l'harmonie des familles; pour la société, on aboutit à l'harmonie dans la société; pour la nation, on obtient l'harmonie dans la nation et, pour le monde entier, on aboutit à l'harmonie de ce monde entier. Parmi tous ces bienfaits, pour parler du plus grand de tous les bienfaits, il s'agit de celui qui, dans le cas des personnes qui ont compris la grande Voie, permet de dépasser l'être et le non être, de parvenir à la délivrance de la naissance et de la mort, de comprendre parfaitement la Loi du karma et d'être en mesure de permettre à la multitude des êtres ballottés dans la confusion et la souffrance de ce monde de trouver la paix et la tranquillité dans la Terre Pure. On peut dire de telles personnes qu'elles sont parvenues à la réalisation de la sagesse et de la vertu parfaites ".

 

3. Le Grand Maître Fondateur ajouta: " Cependant, si l'on ignore le principe fondamental de la vertu ( morale ) et si, tout en s'adonnant à des actes irrationnels et immoraux, en recherchant des choses personnelles et extraordinaires, on se contente d'une vertu qui se réduit à des paroles, on tombe alors dans les voies subversives et perverses. Quelle relation cela peut-il donc avoir avec la Voie véritable, et quel bienfait pourrait bien naître de cela? Par conséquent, toute personne désireuse d'étudier la vertu doit avant tout et nécessairement connaître le principe fondamental de la Voie et, quand elle connaît ce principe fondamental de la Voie, elle doit s'adonner avec ferveur à la pratique de la vertu. S'il en est ainsi, quelle qu'elle soit, cette personne obtiendra peu à peu la connaissance de la Voie et en obtiendra les bienfaits. Cependant, ignorant l'essence de la vertu, l'homme du commun désigne comme un personnage connaissant la Voie toute personne exerçant un pouvoir magique bizarre, qu'elle connaisse ou non le principe fondamental du tout et des parties, ainsi que de l'être et du non être ( taesoyumu ) de l'univers; de même, il considère comme un personnage connaissant la Voie toute personne qui possède un caractère doux, qu'elle connaisse ou non le choix précis de ce qui est juste ou injuste, de ce qui est profitable ou dommageable. Cela n'est-il point ridicule? Il est normal, et cela correspond au processus de formation, qu'en qualité de néophyte tu cherches d'abord à connaître la vertu; je souhaite donc que tu te souviennes bien de ce que je viens de te dire, que tu restes toujours fidèle à l'essence de la vertu, et que tu évites de te laisser entraîner vers des voies subversives ".

 

4. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si quelqu'un a pris la résolution de pratiquer la Voie de l'humanité, il ne saurait se permettre, ne serait-ce qu'un instant, de se montrer négligent: que ce soit dans les relations entre parents et enfants, dans les relations entre maître et disciple, dans les relations entre supérieur et inférieur, dans les relations entre mari et femme, dans les relations entre amis, dans les relations entre membres d'une même nation, quelle que soit la situation dans laquelle il se trouve, comment pourrait-il accomplir tous les devoirs de la Voie de l'humanité si son esprit venait à se relâcher? C'est pourquoi, depuis l'antiquité, lors de leur apparition en ce monde, tous les saints ont établi des lois et des règles appropriées et enseigné le chemin permettant à tout homme de vivre une vie digne de l'humanité; et, si quelqu'un considérait ces lois et ces règles comme sans grande importance et n'agissait qu'à sa guise, dès ce monde, il apparaîtrait comme dépourvu de valeur humaine et, dans l'autre monde, il tomberait dans les mauvaises catégories d'existence, si bien qu'il lui serait impossible d'éviter la souffrance pour ses péchés ".

 

5. Le Grand Maître Fondateur dit: " Tous les faits de l'univers comportent des éléments essentiels et des éléments accessoires, des éléments fondamentaux et des éléments secondaires; si l'on en connaît l'essentiel et porte ses efforts sur cet essentiel, tout naturellement les éléments accessoires, eux aussi, s'amélioreront; par contre, si l'on fait porter ses efforts uniquement sur les éléments accessoires, tout naturellement l'essentiel disparaîtra; de même, si l'on connaît les éléments fondamentaux et fait porter ses efforts sur ces éléments fondamentaux, les éléments secondaires, eux aussi seront améliorés; par contre, si l'on fait porter ses efforts uniquement sur les éléments secondaires, tout naturellement les éléments fondamentaux disparaîtront. Pour prendre un exemple, chez l'homme, l'esprit et le coeur représentent l'élément fondamental, alors que le corps représente l'élément secondaire; dans le monde, la morale représente l'élément fondamental, alors que les sciences représentent l'élément secondaire: il faut donc nécessairement bien connaître l'essentiel et l'accessoire, l'élément fondamental et l'élément secondaire pour devenir une personne qui connaît la Voie. Seul une personne de ce niveau est en mesure de redresser les affaires de l'univers ".

 

6. Le Grand Maître Fondateur dit à Yi Tong-jin-hwa: " Il existe deux choses importantes parmi celles dont l'homme doit s'acquitter après sa naissance en ce monde: la première est la rencontre d'un maître capable de lui enseigner la Loi juste et la réalisation de l'Illumination bouddhique; la seconde est, quand il a réalisé pleinement la grande Voie, de contribuer à la délivrance de tous les êtres. Ces deux choses représentent les choses les plus fondamentales et plus importantes de toutes pour l'homme ".

 

7. Après avoir fait l'éloge de Tong Chung-s, qui avait écrit jadis: " Je pratique seulement la justice sans jamais me préoccuper de mes propres intérêts; je suis uniquement la Voie sans jamais proclamer mes propres mérites ", il ajouta les deux phrases suivantes: " Si l'on pratique seulement la justice sans se préoccuper de ses propres intérêts, on obtient de grands avantages; si l'on suit uniquement la Voie sans proclamer ses propres mérites, on acquiert de grands mérites ".

 

8. En voyant passer un cheval qui traînait une charrette, le Grand Maître Fondateur demanda à l'un de ses disciples: " Pour ce qui est du mouvement de cette charrette, est-ce que c'est le cheval qui avance ou bien est-ce que c'est la charrette qui avance? " Le disciple lui répondit: " Le cheval avance et la charrette avance derrière le cheval ". Le Maître demanda de nouveau: " Si, en cours de route, l'attelage s'arrête, faut-il fouetter le cheval, ou bien faut-il fouetter la charrette? " Le disciple répondit: " Il faut fouetter le cheval ". Le Maître conclut alors: " Ce que tu viens de dire est juste: le fait de fouetter le cheval équivaut à gouverner l'essentiel. L'homme doit d'abord chercher en lui-même ce qui est l'essentiel et gouverner cet essentiel s'il veut parvenir à la réussite et au succès en toutes choses ".

 

9. Kim Ki-ch'n demanda un jour: " Comment l'homme peut-il parvenir à la connaissance de l'ordre et du désordre? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Ce que l'on désigne sous le mot ordre, c'est le fait que, pour toutes choses, l'on procède de façon ordonnée, tout comme les changements des quatre saisons, printemps, été, automne et hiver, ne se produisent jamais de façon désordonnée. Ce que l'on désigne par le mot désordre, c'est le fait qu'ignorant l'ordre des choses et désirant à tout prix faire quelque chose dépassant ses propres forces, l'on encourage à tout prix des choses qu'autrui ne désire pas, et va toujours à l'encontre de la volonté d'autrui. Quand on désire faire quelque chose, il faut donc d'abord faire parfaitement la différence entre l'ordre et le désordre: ainsi, si en général on se conforme à l'ordre des choses, il n'existera pratiquement rien qui ne se termine avec succès ".

 

10. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Personne n'est exempt d'une certaine volonté de travailler pour se procurer des avantages; cependant, dans sa recherche de tels avantages, chacun s'efforçant en accord avec ses connaissances et ses capacités de se les procurer soit de façon rationnelle, soit de façon irrationnelle, soit de façon sincère, soit de façon mensongère, l'homme aboutit tantôt au succès, tantôt à l'échec. Celui qui procède de façon rationnelle met en oeuvre la voie permettant d'obtenir ses propres avantages tout en procurant des avantages à autrui; par contre, celui qui procède de façon irrationnelle provoque des dommages pour autrui en voulant être seul à se procurer des avantages, si bien qu'il finit par tomber dans le péché et la souffrance sans fin. Celui qui procède de façon sincère finit par obtenir des résultats parce qu'il recherche le bonheur et la joie en accord avec les principes; par contre, celui qui procède de façon mensongère n'obtient pas le moindre résultat, parce qu'il recherche tout bonheur et toute joie dans la superstition incompréhensible . Si, dans ce monde, les personnes qui procèdent à une telle recherche de façon rationnelle et sincère sont peu nombreuses, alors que celles qui procèdent de façon irrationnelle et mensongère sont nombreuses, c'est parce que la Loi juste n'est pas encore largement répandue; c'est parce que l'esprit de l'humanité entière n'est pas encore parvenu partout et de façon égale à la compréhension. Le jour où l'humanité parviendra à comprendre la voie de la recherche de façon rationnelle et la voie de la recherche de façon sincère, il en sera tout comme au moment où la lumière du soleil parvient au zénith, et tout le monde sans distinction obtiendra ensemble l'enseignement ".

 

11. Le Grand Maître Fondateur dit: " Parmi les personnes qui, dans la famille, pratiquent la piété filiale envers leurs parents et vivent en bonne entente avec leurs frères et leurs soeurs, rares sont celles qui se révèlent méchantes envers autrui; par contre, parmi les personnes qui ne respectent point leurs parents et qui vivent en désaccord avec leurs frères et soeurs, rares sont celles qui sont bonnes envers autrui. C'est pourquoi, dans le Confucianisme, il est dit: < La piété filiale est le fondement de toute conduite ... Et on découvre les ministres dévoués et fidèles parmi les fils respectueux et dévoués à leurs parents >. Ces affirmations sont parfaitement en accord avec la réalité ".

 

12. Le Grand Maître Fondateur dit: " Ce que je suis incapable de supporter, les autres, non plus, ne sauraient le supporter. Ce qui est bon pour moi l'est aussi pour les autres. Ce qui me rend triste, je dois éviter de le faire aux autres; et ce qui me cause satisfaction, je dois m'efforcer de le faire pour les autres. C'est la loi qui me demande de penser aux autres d'après ce que je ressens moi-même. S'ils s'adonnent très longtemps à une telle pratique, les hommes se sentiront rapprochés les uns des autres et pourront exercer une bonne influence les uns sur les autres ".

 

13. Le Grand Maître Fondateur dit: " Les personnes douées d'une grande habileté savent s'approprier l'habileté des autres pour en faire la leur. Pour ce qui est de leur famille, de telles personnes savent la faire prospérer; en ce qui concerne le pays où elles vivent, elles savent contribuer à la prospérité de la nation et, pour ce qui est du monde, elles savent contribuer à la prospérité du monde entier ".

 

14. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il peut arrriver que, contrairement à sa volonté initiale de contribuer à l'avantage d'autrui, quelqu'un cause des dommages à un autre; lorsque l'on fait quelque chose pour les autres, il faut donc absolument commencer par faire très attention. Quant à ceux qui, en pareille occasion, subissent quelque dommage, il leur faut plutôt se montrer reconnaissants, compte tenu de l'intention initiale de la personne qui en est l'origine, et éviter de lui faire des reproches en mettant en avant uniquement les dommages subis comme résultat ".

 

15. Un jour que le Grand Maître Fondateur séjournait à Yngsan, un nouvel adepte vint lui offrir des mets et des présents; après les avoir acceptés, le Grand Maître dit au donateur: " Tu viens ainsi m'exprimer ta reconnaissance, et je t'en remercie; cependant, selon ton attitude et ton coeur, les sentiments que tu éprouves aujourd'hui pourront changer à l'avenir. Est-ce que tu connais le principe qui régit de tels sentiments? " L'homme lui répondit: " Comment mes sentiments pourraient-ils changer sans raison? " Le Grand Maître Findateur reprit alors: " Cela dépend de ce que tu recherches: si je possède ce que tu cherches dans le cadre de tes relations avec moi, ces liens entre toi et moi n'auront point de fin; mais, si je ne possède point l'objet de tes désirs, nos relations ne sauraient continuer longtemps ".

 

16. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si, quand deux personnes se fréquentent, leurs bonnes relations ne durent pas longtemps, c'est en général parce que ces personnes ne portent pas leur attention sur les points où il conviendrait de la porter et ne restent pas indifférentes au sujet de ce qu'il faudrait négliger. Quand je dis que l'on ne porte pas son attention sur les points où il le faudrait, cela veut dire que l'on oublie parfois les bienfaits reçus d'autrui, quels qu'ils soient, et, quand celui qui a accordé de tels bienfaits agit de façon quelque peu désagréable envers celui qui en a bénéficié, on risque par exemple de se montrer ingrat. Quand je dis que l'on ne reste pas indifférent au sujet de ce qu'il faudrait négliger, cela signifie qu'après avoir accordé quelque bienfait à autrui on espère en recevoir une récompense et, le jour où celui qui a reçu le bienfait en question commet une erreur envers celui qui lui a accordé ledit bienfait, en pensant au bienfait accordé, ce dernier éprouve une plus grande haine envers lui. Par conséquent, ces bons rapports ne durent guère et, au contraire, ils se changent en rancune et en colère. Il vous faut donc absolument bien connaître ce principe, faire porter votre attention sur les points où il le faut et rester indifférents au sujet des points sur lesquels il convient de rester indifférents, de façon à faire en sorte que, dans le cadre de vos relations mutuelles, vos bons rapports durent longtemps; et il vous faut faire attention pour que vos relations ne se dégradent pas avec le temps ".

 

17. Un jour Yi Kong-ju dit: " Il y a quelque temps, j'ai donné une petite aumône à un voisin pauvre; depuis ce moment-là, ce voisin se dévoue entièrement pour le travail de ma famille: j'ai ainsi compris qu'il faut accomplir de bonnes actions, et que l'on finit par obtenir une récompense évidente de ses bonnes actions". Le Grand Maître Fondateur lui répondit alors: " Tu connais le principe selon lequel on obtient le bonheur en faisant le bonheur d'autrui; mais connais-tu aussi le principe selon lequel ce bonheur risque de devenir péché? " Yi Kong-ju posa alors la question suivante: " Comment le bonheur pourrait-il devenir péché? " Le Grand Maître lui expliqua ensuite: " Je ne veux pas dire que les bonnes actions que l'on a accomplies deviennent péché, mais que l'esprit et le coeur qui ont contribué au bonheur d'autrui peuvent se changer en un esprit et un coeur qui commettent le péché. L'homme du commun étant incapable d'oublier l'image des maigres bienfaits qu'il a accordés à autrui, quand le bénéficiaire de ces bienfaits ne les reconnaît pas ou quand il se montre ingrat, les sentiments de haine et de rancune à son égard deviennent plusieurs fois plus profonds, et, là où il y avait un amour extrême, il apparaît une haine extrême, si bien qu'à cause d'un petit bienfait, les hommes deviennent parfois de grands ennemis. Ainsi, on ne peut avoir confiance dans le bien que l'on fait, et le bonheur que l'on donne peut très souvent conduire au péché. C'est pourquoi le grand moine Bodhidharma enseignait: < L'absence de pensée dans toute action est une vertu >; de son côté Lao-Tseu enseignait: < La première des vertus est exempte de l'image que l'on se fait de la Vertu >. Toute personne qui s'adonne à l'étude et à la pratique doit connaître ce principe et mettre cet esprit en pratique pour que les bienfaits soient des bienfaits éternels et que le bonheur soit aussi un bonheur éternel, de façon à ce que sa vertu puisse ne faire qu'un avec l'univers. Il te faut donc, toi aussi, faire des efforts encore plus soutenus pour parvenir à la Vertu exempte de la prétention de vertu et à la création d'un bonheur exempt de toute altération ".

 

18. Un jour, Yi Chng-wn demanda: " Comment devons-nous faire pour éviter de nous laisser entraîner vers la haine ou l'affection, et posséder un esprit et un coeur parfaits? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " La méthode permettant de ne pas se laisser entraîner par la haine ou l'affection réside dans le fait de savoir toujours revenir sur ses pensées. Par exemple, si quelqu'un me hait, il me faut éviter de le haïr à mon tour sans réfléchir; il me faut d'abord réfléchir sur le motif de sa haine: si j'ai fait quelque chose qui mérite d'être haï, il me faut m'efforcer de m'en corriger. S'il n'existe rien de tel, il me faut penser qu'il s'agit du karma accumulé au cours des vies antérieures et accepter avec la paix du coeur. D'un autre côté, en pensant que, ne serait-ce qu'un court instant, j'ai éprouvé de la tristesse quand quelqu'un m'a détesté, il me faut prendre la résolution de ne jamais haïr personne. S'il en est ainsi, la personne qui me hait deviendra le maître qui m'enseigne la façon de gérer mes sentiments. Alors, si je la reconnais comme mon maître, comment pourrais-je éprouver de la haine à son égard? Cela représente la méthode permettant de ne pas se laisser entraîner par la haine. De plus, quand quelqu'un m'aime, il ne faut pas me contenter de m'en réjouir sans réfléchir. Il me faut d'abord en chercher la raison. S'il existe quelque chose faisant que je mérite d'être ainsi aimé, il me faut faire attention pour que cela continue sans fin; et, si je suis ainsi aimé sans avoir rien fait pour le mériter, il me faut savoir que j'ai ainsi contracté une dette. De plus, il existe des affections légitimes et des affections non légitimes: en mettant à part le cas des affections légitimes, s'il s'agit d'une affection illégime, il faut savoir y mettre fin. Et, même s'il s'agit d'une affection légitime, si l'on risque, en s'y attachant, de provoquer des obstacles s'opposant à d'autres devoirs, il faut absolument prendre une résolution courageuse et faire des efforts pour éviter des erreurs dans l'ensemble de ses activités. Cela représente la méthode permettant d'éviter de se laisser entraîner par l'attachement. Si tu continues la pratique permettant d'éviter de te laisser entraîner par les deux choses dont je viens de te parler, tu obtiendras sans tarder un esprit et un coeur parfaits ".

 

19. En voyant l'un des disciples réprimander de façon exagérément sévère l'un des cadres placés sous ses ordres, le Grand Maître Fondateur lui dit: " Si tu lui fais une remontrance sans te laisser entraîner par tes sentiments, ce que tu lui diras deviendra la Loi, mais si tu te laisses entraîner par tes sentiments, cela ne deviendra pas la Loi. Tout comme les lois de l'univers sont telles qu'il se produit des bouleversements si la chaleur ou le froid sont extrêmes, si l'homme se montre excessif dans sa façon de se conduire pour apporter une solution aux problèmes, il finit par provoquer sa propre décadence pour les jours à venir ".

20. Un disciple s'étant montré peu sérieux alors qu'il parlait à un enfant, le Grand Maître Fondateur dit: " Il y a un principe exigeant le respect quand on s'adresse aux adultes; il y a aussi un principe exigeant l'amour pour les enfants quand on s'adresse à eux. Si la forme est différente selon les cas, il n'existe point de différence en ce qui concerne l'esprit exigeant que l'on doive exprimer du respect à l'égard de son vis-à-vis et que l'on doive chercher à faire quelque chose pour lui. Comment pourrait-on se permettre de traiter quelqu'un n'importe comment sous prétexte qu'il s'agit d'un enfant? "

 

21. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Une expression coréenne dit d'une personne qui va et vient colporter ses histoires qu'elle va et vient en jouant de la trompette. Tout homme possède sa trompette et en joue, mais certaines mélodies apaisent l'esprit et le coeur de ceux qui les écoutent; d'autres les rendent anxieux, ou tristes ou joyeux; certaines mélodies font que les hommes s'entendent parfaitement alors que d'autres font qu'ils se querellent. Ainsi divergent les chemins du bonheur et les chemins du péché. Vous, jouez donc de la trompette en toute circonstance, mais faites toujours en sorte que toute l'humanité vive en bon accord grâce à vos belles mélodies, en sorte que les affaires de chaque personne et les affaires de la communauté prospèrent, en évitant de faire en sorte que les hommes se querellent et soient entraînés vers la ruine. S'il en est ainsi, votre trompette deviendra un instrument de musique remarquable, qui créera un bonheur sans limites; s'il n'en est point ainsi, la trompette en question deviendra un instrument qui sera à l'origine d'innombrables péchés ".

 

22. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Même s'il s'agit de personnes extrêmement proches entre elles, comme les parents et leurs enfants, si l'on donne des directives que l'on ne met pas en pratique soi-même, ces directives sont mal acceptées; même dans le cas de personnes extrêmement intimes entre elles, comme mari et femme, si l'on donne des conseils sans les mettre en pratique soi-même, ces conseils sont mal acceptés. Par conséquent, la méthode permettant d'enseigner quelque chose à autrui consiste avant tout à mettre en pratique ce que l'on veut enseigner ".

 

23. Une nuit, en entendant quelque bruit révélant une présence humaine, le chien qui gardait la porte du bureau du Grand Maître se mit à aboyer très fort. Un des disciples s'étant levé et s'étant mis à réprimander la bête, le Grand Maître Fondateur dit: " La responsabilité d'un chien est d'aboyer; pourquoi donc veux-tu empêcher cet animal de s'acquitter de sa responsabilité? En ce monde, toutes les personnes et toutes les choses ont chacune leurs responsabilités: pour chaque personne, les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l'esprit portent tous une responsabilité. Si, indépendamment de sa condition de membre de la noblesse ou de membre du commun du peuple, chacun s'acquitte de ses responsabilités, notre monde sera bien ordonné et réalisera des progrès. Chacun de vous doit donc s'acquitter de façon satisfaisante de ses responsabilités et éviter de faire obstacle à l'accomplissement des responsabilités d'autrui. Cependant, parmi toutes ces responsabilités, il en existe une qui est essentielle: pour l'être humain, la responsabilité essentielle réside dans l'esprit et le coeur; dans la société et dans la nation, la responsabilité essentielle appartient aux dirigeants, et c'est à eux que reviennent la gestion et la conduite de tous les organismes et institutions. Par conséquent, si les personnes à qui appartiennent les responsabilités essentielles négligent ces responsabilités, tous les domaines des responsabilités qui en dépendent se relâchent, et l'organisme ou l'institution concernés tombent dans la confusion. Ces personnes ont donc le devoir d'examiner leur propre situation et de mettre toute la ferveur possible pour s'acquitter de leurs responsabilités, quelles qu'elles soient; il leur faut faire attention à la conduite de l'esprit et du coeur, qui représentent l'essence de toutes les responsabilités; il leur faut faire en sorte qu'il ne se dresse point d'obstacles pour leur propre destin et pour l'avenir de l'ensemble de la communauté ".

 

24. Un jour, en s'adressant à un groupe de plusieurs disciples, le Grand Maître Fondateur dit: " En vérité, le monde est composé de force et de faiblesse; si les forts et les faibles savent vivre en esprit d'harmonie et si chacun sait jusqu'au bout suivre sa propre voie, le monde réalisera la paix éternelle; mais, s'il n'en est pas ainsi, les forts comme les faibles, tout le monde connaîtra le malheur, et le monde ne parviendra jamais à la paix. Si, dans les paroles des anciens, il est dit que, lorsque les supérieurs savent considérer leurs inférieurs comme leurs enfants, les inférieurs considèrent leurs supérieurs comme leurs parents et que, lorsque les supérieurs considèrent les inférieurs comme des êtres dépourvus de toute valeur, les inférieurs considèrent leurs supérieurs comme des ennemis, il s'agit tout simplement d'une autre façon d'exprimer la même pensée ".

 

25. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Tous les êtres humains désirent être respectés des autres; cependant, dans leur façon d'agir, ils se livrent surtout à des actes qui risquent de leur valoir d'être traités sans égards. Comment donc pourraient-ils parvenir à la réalisation de leurs désirs? La façon de devenir objet du respect d'autrui consiste d'abord dans le respect que l'on exprime à l'égard d'autrui: si je respecte les autres et sait me dévouer pour eux, les autres, eux aussi, me respectent et savent se dévouer pour moi ".

 

26. Le Grand Maître Fondateur dit: " Je trouve pitoyables ces gens qui, tout en étant forts, ignorent la façon de jouer le rôle des forts: s'ils sont déjà devenus forts, ils devraient toujours aider et guider les faibles, et leur permettre de devenir forts comme eux-mêmes; ainsi, leur force deviendrait une force éternelle, et ils seraient pour toujours considérés comme des devanciers et des précurseurs. Pourtant actuellement, les forts ne cherchent généralement que les moyens susceptibles d'opprimer les faibles et de les tromper. Comment pourraient-ils donc devenir des forts pour toujours? Les faibles ne resteront point des faibles pour toujours: quand, peu à peu, leur esprit s'ouvrira et leur énergie sera restaurée, eux aussi, ils parviendront à la situation des forts. Le jour où, après avoir compris, ils se trouveront dans la situation des forts, tout naturellement la situation des forts qui auparavant les opprimaient et les trompaient finira par se dégrader. C'est pourquoi celui qui possède un jugement sain sait toujours aider les autres tout particulièrement quand ils sont dans le besoin, et s'occupe d'eux quand ils sont faibles; ainsi, il préserve sa force pour toujours ".

 

27. Un jour, le Grand Maître Fondateur se rendit au service des travaux manuels et trouva les porcs de la ferme très maigres. Quand il en demanda la raison, Yi Tong-an lui donna les explications suivantes: " Pendant qu'on les nourrissait avec de l'orge légèrement endommagée cette année pendant la période de la mousson, ils engraissaient de jour en jour. Depuis quelque temps, nous avons recommencé à leur donner du son et, ne parvenant pas rapidement à se débarrasser de l'habitude prise en ce qui concerne la mangeaille, il ne mangent pas beaucoup, si bien qu'ils maigrissent ainsi peu à peu ". Le Grand Maître lui répondit: " Nous sommes là devant un enseignement vivant: la souffrance que connaît celui qui, après avoir vécu dans l'abondance, se retrouve soudain dans la pauvreté, et la souffrance que connaît celui qui, après avoir possédé le pouvoir, se retrouve soudain privé de sa position ne sauraient différer de ce que tu viens de dire. C'est pourquoi, depuis l'antiquité, les sages ont tous considéré les richesses et les honneurs comme des choses tout à fait ordinaires, sans se réjouir outre mesure sous prétexte que les richesses et les honneurs leur étaient accordés, sans s'attrister non plus outre mesure parce que les richesses et les honneurs leur étaient enlevés. Autrefois, monté sur le trône après avoir travaillé aux champs et au four pour la cuisson des vases d'argile, l'Empereur Shun n'en éprouva pas une joie débordante; le Bouddha Câkyamuni renonça au trône dont il devait être l'héritier et quitta le palais royal pour s'adonner à l'ascèse, et il n'éprouva pas le moindre attachement pour de telles choses. Quel détachement dans l'attitude de ces grands hommes au sujet des richesses et des honneurs de ce monde! Combien grande fut leur force pour dépasser la souffrance et la joie! Par conséquent, vous qui désirez réaliser la Voie et apprendre à suivre les sages et les saints, vous non plus, vous ne devez pas vous laisser éblouir par ce qui est d'abord aisé, par ce qui est d'abord joyeux, par l'accès au pouvoir; au contraire, refusez de telles choses et si, malgré votre désir, il vous arrive de vous trouver dans une situation vous permettant de les posséder, ne vous y attachez pas et évitez de vous laisser corrompre. Ainsi, en vérité, vous pourrez jouir du confort sans fin, des honneurs sans fin et d'une autorité sans fin ".

 

28. Le Grand Maître Fondateur expliqua un jour la signification de l'expression < anbin nakto ( jouissance de la Voie même dans la pauvreté ) > de la façon suivante: " Ce que l'on désigne sous le mot pauvreté exprime un manque de quelque chose: si l'on manque de réputation, c'est la pauvreté de la réputation; si l'on manque de connaissances c'est la pauvreté des connaissances; si l'on manque de biens, c'est la pauvreté des biens. Quand on demande à quelqu'un de se sentir satisfait de son sort, cela veut dire qu'il doit se sentir à l'aise dans sa condition dans tous les domaines; si, ne se sentant pas rassuré dans la pauvreté dans laquelle on se trouve et cherche à n'importe quel prix à en sortir, on se sent encore plus impatient, ce qui a pour résultat d'augmenter sa souffrance. Par conséquent, s'il s'agit d'une pauvreté dont l'on ne saurait plus se libérer, je conseille d'abord de l'accepter en toute tranquillité et puis de trouver sa joie dans la préparation du bonheur pour l'avenir. Si les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique jouissent de la Voie quand elles se sentent à l'aise dans leur propre condition, c'est parce qu'elles savent que toute la pauvreté et toutes les souffrances qu'elles subissent actuellement se transformeront en bonheur et en joie à l'avenir. Pour plus de précision, la raison en est qu'elles trouvent leur joie dans le fait que jamais leur esprit et leur coeur n'agissent en contradiction avec la Vérité, et dans le fait qu'elles parviennent à l'état où la force de la culture de l'esprit est en mesure de dépasser la souffrance et le plaisir. Connaissant parfaitement ce principe fondamental et mettant de tels sentiments en pratique dans la réalité de la vie, depuis l'antiquité tous les saints et tous les sages ont été en mesure de mener une vie qui leur permettait de jouir au plus haut point de la Voie même dans leur pauvreté ".

 

29. Le Grand Maître Fondateur dit: " L'homme qui cherche qu'en ce monde tout soit satisfaisant en accord avec ses propres désirs est stupide comme celui qui construit sa maison sur le sable et désire jouir de la gloire et des honneurs pendant dix millions d'années. L'homme qui possède la sagesse sait se sentir satisfait et éprouve de la reconnaissance quand, dans la vie, seulement les six dixièmes des choses sont conformes à ce qu'il attend; de plus, même si tout est conforme à sa volonté, il n'accapare pas seul sa satisfaction, mais en jouit en la partageant avec le monde. Ainsi, non seulement il n'est pas victime de calamités, mais encore son bonheur ne connaît ni limites ni fin ".

 

30. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Les grands péchés de quelqu'un peuvent, dit-on, commencer par des erreurs sans gravité; il vous faut donc de temps à autre examiner votre conduite et, si vous y découvrez ne serait-ce que des erreurs sans gravité, il vous faut vous efforcer de les corriger sans attendre. L'animal des régions du Sud appelé orang-outang possède une grande force et est très agile, si bien que l'homme ne peut le capturer par la force; cependant, cet animal aime l'alcool, et, quand on remplit un récipient d'alcool et le met à un endroit situé sur son passage, si, la première fois qu'il l'aperçoit, il passe d'abord en riant, après avoir continué son chemin sans y toucher, il revient sur ses pas pour en boire un peu; puis, après avoir un peu poursuivi son chemin de nouveau, il revient boire encore, ce qu'il fait à plusieurs reprises pour finir par tout boire sans même s'en rendre compte. Quand il est ivre et finit par tomber, paraît-il, les hommes viennent le capturer et l'emmènent. La quantité d'alcool qu'au début il décide de prendre avec modération augmente de plus en plus et finit par atteindre un seau entier; ainsi, cet animal finit même par en perdre la vie, ou encore il se fait capturer vivant. Il en est de même dans le cas de l'homme: après avoir au début négligé de corriger quelques défauts sans gravité, quand de tels défauts se multiplient et s'accumulent, il finit par commettre de grands péchés et gâche totalement son avenir. Comment donc ne se montrerait-on point prudent à ce sujet? "

 

31. Un jour, en exprimant son inquiétude au sujet de ceux des jeunes, hommes et femmes, qui erraient parfois sans parvenir à s'engager sur le droit chemin de l'étude et de la pratique, le Grand Maître Fondateur dit: " Il y a parmi vous des personnes qui, après avoir bien réussi au début, finissent par moins bien réussir par la suite; il y a aussi des personnes qui, après n'avoir pas réussi au début, finissent par bien réussir; c'est pourquoi je tente de prévoir ce qui va se passer pour chacun et lui donne des directives appropriées. Quand un homme dépasse l'âge de trente ans, sa vie et sa personnalité prennent leur forme définitive; si certains ne sont pas devenus raisonnables à cet âge, en réalité, je commence à me faire du souci à leur sujet; cependant, eux aussi, ils devraient se faire beaucoup de souci pour eux-mêmes ".

 

32. Pendant un séjour du Grand Maître Fondateur au centre de formation de Pongnae, à la suite des pluies continues de la mousson, l'étang asséché qui se trouvait devant un pavillon couvert d'un toit de chaume se trouva rempli d'eau, si bien que toutes les grenouilles du voisinage s'y rassemblèrent et, bientôt, on put y voir d'innombrables têtards. Quand, un peu plus tard, la pluie cessa de tomber, la chaleur aidant, l'eau de l'étang diminua peu à peu et menaça de disparaître totalement en quelques jours; cependant, les têtards continuaient à s'ébattre dans cette eau en remuant la queue. En voyant cela, le Grand Maître dit: " En vérité, cela fait pitié; ces pauvres bêtes sont en train de s'ébattre en pleine vitalité sans se rendre compte que, de minute en minute, leur vie est comptée. Mais, comment serait-ce le cas seulement de ces têtards? Il en est de même pour les hommes: quand celui qui possède la sagesse voit ces gens qui, sans recettes, ne cessent de faire des dépenses, ou les gens qui ne cessent de gaspiller les ressources dont ils disposent actuellement, ils ont exactement la même impression que celle qui est la nôtre à la vue de ces têtards en train de s'ébattre dans cet étang qui peu à peu se dessèche ".

33. S'adressant aux membres de la communauté, le Grand Maître Fondateur dit: " Aujourd'hui, je vais vous enseigner la méthode la plus indispensable pour préserver votre esprit et pour protéger votre corps; écoutez bien ce que je vous dis et faites-en toujours votre devise pour l'étude et la pratique en toutes situations. La devise en question, c'est de ne jamais vous départir d'une crainte respectueuse: quel que soit le temps, quel que soit le lieu, en présence de qui que ce soit et devant quoi que ce soit, vous devez toujours avoir un esprit de respect et de crainte. Si l'on oublie cet esprit de respect et de crainte, fût-ce entre personnes on ne peut plus liées par l'amitié et l'intimité, comme entre père et fils, entre frères et entre époux, il se produit inévitablement du mécontentement et de la rancune: même dans des situations et au sujet de choses sans importance, souvent on ressent de la contrainte et subit des dommages. La raison en est que l'on a omis l'esprit de respect et de crainte pour agir à sa guise sous prétexte que l'on est dans une situation d'intimité, et qu'il s'agit de choses sans grande importance. Par exemple si, dans une boutique, quelqu'un est surpris par le marchand alors qu'il est en train de dérober une boîte d'allumettes, est-ce que le marchand en question le laissera partir sans rien dire sous prétexte qu'il s'agit seulement d'une boîte d'allumettes sans grande valeur? Il faudrait que ce soit un homme extrêmement généreux pour qu'il se contente d'une réprimande! Dans le cas contraire, il pourrait passer aux injures. L'auteur du larcin est donc réprimandé et injurié pour une boîte d'allumettes; autrement dit, il s'est méprisé et s'est fait un affront à lui-même à cause du désir de prendre une boîte d'allumettes, désir né de l'oubli de la crainte respectueuse à l'égard d'une boîte d'allumettes. Si donc, quand on oublie la crainte respectueuse, même une boîte d'allumettes dépourvue de sensibilité et de valeur révèle un tel pouvoir, qu'en sera-t-il d'un objet de plus grande valeur et, à fortiori, de l'homme qui possède une force toute puissante? Par conséquent, je vous demande de garder toujours l'esprit de respect et de crainte: si nous savons tout regarder avec respect et crainte, et vivre de justice, que nous regardions vers le ciel azuré ou vers la terre immense, tous les objets qui existent dans l'univers entier sont faits pour notre usage et toutes les lois mises en application dans ce monde sont autant d'organismes pour notre protection; cependant, si nous oublions l'esprit de respect et de crainte pour n'en faire qu'à notre guise, tout ce qui existe dans l'univers devient autant d'instruments pour nous causer des dommages, et toutes les lois de ce monde sont autant d'entraves pour nous. Comment donc ne pas éprouver de crainte? Je vous dis qu'étant appelés à vivre dans ce monde sur lequel déferlent des vagues furieuses, si vous désirez préserver votre esprit et votre coeur, et protéger votre corps, il vous faut graver profondément cette devise dans votre esprit et votre coeur, et la mettre en pratique en toutes choses ".

 

34. A l'occasion du Nouvel An, le Grand Maître Fondateur dit: " Aujourd'hui, j'ai reçu les voeux de Nouvel An de beaucoup de personnes; en pareil cas, les gens du monde offrent soit des mets, soit des cadeaux; moi, je vais vous enseigner une méthode secrète permettant de surmonter les difficultés pendant l'époque troublée dans laquelle nous allons bientôt entrer. Vous ferez bien de vous conformer à cet enseignement ". Alors, il écrivit un poème composé jadis par un sage: < Pour ce qui est de la conduite dans le monde, rien n'est plus précieux que la souplesse; et la force est le point de départ des calamités; quand vous parlez, faites-le avec précaution, comme si vous étiez bègues et, quand vous avez quelque chose à faire, agissez avec prudence, comme si vous manquiez de facultés; plus les choses sont urgentes, plus il vous faut prendre votre temps et, quand vous vous trouvez dans la tranquillité et le confort, n'oubliez pas le danger éventuel. Si quelqu'un mène sa vie en conformité avec le contenu de ce poème, il est en vérité un homme remarquable >. Il ajouta encore une phrase au poème, disant: < Celui qui mettra cela en pratique tel quel connaîtra toujours la paix et la tranquillité >.

 

35. Un jour, en lisant le journal, plusieurs des disciples eurent une discussion, les uns pour, les autres contre, concernant les actualités au sujet desquelles les opinions étaient partagées; alors, le Grand Maître Fondateur leur dit: " Comment pouvez-vous parler ainsi à tort et à travers des affaires des autres? Celui qui a une véritable opinion ne juge point à la légère des actions d'autrui. Même s'il lit le journal, l'attitude convenable de celui qui s'adonne à l'étude et à la pratique consiste à examiner avec minutie dans ce qu'il y lit les raisons et les résultats du bien et du mal, et à en tirer des leçons pour son propre avenir. Il s'agit de la voie permettant d'obtenir de véritables profits; par conséquent, c'est le moyen permettant de faire la lumière dans l'esprit et le coeur grâce à toutes les lois. Pour les personnes qui lisent les journaux dans un tel esprit, ces journaux sont des textes sacrés vivants et sont matière procurant la sagesse et le bonheur; par contre, dans le cas contraire, ces journaux ne font que développer l'esprit de critique concernant le bien et le mal des autres chez les lecteurs, qui émettent des opinions subtiles et parlent trop à la légère, si bien que, pour ces personnes, il y a alors de grands risques de s'enfoncer dans le péché. Il vous faut donc faire très attention à une telle conduite ".

 

36. Après avoir rappelé Kim Nam-ch'n à l'ordre à propos de quelque chose, le Grand Maître Fondateur dit à Mun Chng-gyu: " Si j'ai réprimandé Nam-ch'n, ces réprimandes ne s'adressent pas seulement à Nam-ch'n. Chng-gyu, toi, qu'en penses-tu? Quelle que soit la personne que je réprimande, toi, tu dois examiner d'abord ta conduite et la corriger s'il y a les mêmes erreurs dans cette conduite; si tu n'as pas commis ces mêmes erreurs, tu dois tenir compte de ces réprimandes et prendre la résolution de ne point les commettre non plus à l'avenir. Il ne faut jamais dire le moindre mal ou se moquer de la personne qui est ainsi l'objet de réprimandes. Pour ce qui est des personnes déraisonnables, étant donné qu'elles se contentent de révéler les défauts d'autrui, le chemin à parcourir est toujours dans l'obscurité; par contre, étant donné qu'elles examinent sans cesse leurs propres défauts, les personnes sages n'ont pas le loisir de se demander si autrui a tort ou raison ".

 

37. Le Grand Maître Fondateur dit: " En ce monde, celui qui fait quelque chose peut parfois être l'objet des louanges d'autrui ou encore être l'objet des critiques d'autrui; si, à ce sujet, sans la moindre pensée, il n'en éprouve que de la satisfaction, ou si, au contraire, il n'en éprouve que de l'aversion, il se conduit en réalité comme un enfant. Lorsque les autres disent quelque chose à notre sujet, il faut procéder à l'examen du fond de notre âme: si nous n'avons nullement à avoir honte dans notre conscience, même si dix millions de personnes nous critiquent, il convient de poursuivre notre action avec un courage indomptable. Si élogieux que les gens se montrent, s'il s'agit d'un acte qu'en conscience nous ne saurions nous permettre, il ne faut nullement hésiter à l'interrompre comme une chose sans la moindre valeur. Cela représente la façon d'agir d'une personne dotée de forces personnelles qui s'adonne à l'étude et à la pratique ".

 

38. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il arrive qu'une personne qui a fait preuve d'attention pour bien faire le travail commencé tant qu'elle n'a commis aucune erreur se laisse aller après une ou deux erreurs et continue son travail tant bien que mal, comme celui qui, portant un habit neuf, le porte d'abord avec précaution, puis cesse de prendre la moindre précaution quand l'habit est maculé de quelques taches ou est légèrement froissé. Si l'on s'acquitte de tout travail de cette façon, comment pourra-t-on réussir? Seules les personnes qui réfléchissent profondément et possèdent une longue expérience, même s'il leur arrive de faire des erreurs au cours de leur travail, savent plutôt en tirer des leçons et en profiter pour rendre leur avenir meilleur, sans pour autant en être déçues ou abandonner leur intention du début. Pour de telles personnes, des erreurs sans importance peuvent au contraire servir de point de départ pour une grande réussite ".

 

39. Le Grand Maître Fondateur dit: " Tout le monde désire des choses utiles, pourtant tout le monde commet beaucoup d'actes nuisibles; tout le monde désire devenir riche et noble, pourtant tout le monde commet beaucoup d'actes vils; tout le monde désire l'approbation, pourtant tout le monde commet beaucoup d'actes susceptibles de lui attirer les railleries d'autrui. Il se peut ainsi souvent que les désirs de l'esprit et les actes du corps ne soient pas en accord; la raison en est que l'on ne connaît pas l'origine de la souffrance et de la joie et que, même si on la connaît, on ne sait point adapter la pratique à ses connaissances. Quant à vous, il vous faut toujours en penser profondément et en juger clairement la raison, et vous adonner à une pratique minutieuse, de façon à ce que l'objet de vos désirs et votre action ne soient point en contradiction. Si ainsi vous faites, tout se trouvera réalisé selon vos désirs ".

 

40. Le Grand Maître Fondateur dit: " Parmi les diverses professions exercées par l'homme, il y a les professions qui créent le bonheur et les professions qui sont à l'origine du péché: les professions créatrices de bonheur sont celles qui, du fait de leur exercice même, permettent de contribuer au profit de toute la société et font que, tout naturellement, l'esprit et le coeur de celui qui les exerce deviennent meilleurs. Les professions qui sont à l'origine du péché sont celles qui, du fait de leur exercice même, font que l'on exerce une influence néfaste sur l'ensemble de la société et font que, tout naturellement, l'esprit et le coeur de celui qui les exerce se pervertissent. Par conséquent, l'homme doit savoir choisir quand il s'agit d'adopter une profession: parmi toutes les professions, la meilleure est l'oeuvre du Bouddha, qui consiste à guider dans la Voie droite l'esprit et le coeur de tous les êtres vivants, à les libérer de l'océan de la souffrance, de façon à les entraîner vers le paradis ".

41. Le Grand Maître Fondateur déclara: " La destinée d'une famille dépend aussi de l'esprit du chef de famille: pour qu'une famille puisse prospérer, tout d'abord, le chef de cette famille doit faire preuve de sérieux et de diligence; deuxièmement, tous les membres de cette famille doivent vivre en harmonie et unir leurs forces pour toutes leurs entreprises; troisièmement, avant d'entreprendre un travail, il leur faut d'abord acquérir les connaissances et l'expérience requises pour cette entreprise; quatrièmement, il leur faut procéder aux travaux en bon ordre, en accord avec le principe selon lequel les grandes entreprises commencent par de petites choses; cinquièmement, il leur faut savoir mettre en pratique le principe de la réutilisation des objets usagés; sixièmement, il leur faut procéder à une répartition équitable entre travail principal et travaux secondaires, en tenant compte des relations qui existent entre les divers secteurs de la production; septièmement, tant que l'on n'a pas atteint l'objectif établi pour la production, il faut éviter d'en détourner les capitaux pour les investir dans un autre domaine; huitièmement, même une fois l'objectif établi atteint, il faut éviter de chercher à réaliser des profits excessifs, et il faut toujours procéder à l'investissement des capitaux dans des entreprises solides et dignes de confiance; neuvièmement, il faut sans cesse procéder à l'examen des recettes et des dépenses de façon à se montrer généreux en ce qui concerne les dépenses équitables, tout en prévenant les dépenses et les gaspillages inutiles. Si vous savez gérer votre maison en accord avec une telle méthode, vos biens ne cesseront d'augmenter tout naturellement et, ainsi, vous serez en mesure de vous aider mutuellement aussi dans les domaines de l'étude et de la pratique de l'esprit et du coeur ".

 

42. Le Grand Maître Fondateur dit: " La famille est en quelque sorte une réduction de la nation, et la nation est l'ensemble d'une multitude de familles; en d'autres termes, tout en étant comme un minuscule Etat, la famille est le fondement d'un grand Etat. Par conséquent, l'homme qui sait gouverner convenablement sa famille est capable de bien gouverner la société et l'Etat quand il en assume la responsabilité; de plus, quand chacun saura gouverner sa propre famille convenablement, l'Etat sera naturellement bien gouverné. Il convient donc de prendre conscience de l'importance et de la grandeur des responsabilités du chef de famille qui gouverne sa famille ".

 

43. Le Grand Maître Fondateur dit: " Afin de réaliser une famille exemplaire, il faut tout d'abord que tous les membres de la famille en question possèdent une religion qui vaille et mérite qu'ils aient la foi en cette religion, et qu'ils mènent toujours une vie nouvelle dans un esprit nouveau; deuxièmement, il faut que le chef de cette famille possède une vertu, une sagesse et un niveau de pratique lui permettant de gouverner les membres de sa famille; troisièmement, puisque son rôle lui demande de se concentrer sur la formation des membres de sa famille en mettant en oeuvre tous les moyens possibles, le chef de famille doit avant toute autre personne de la famille étudier beaucoup et acquérir de l'expérience, de façon à devenir un modèle pour les membres de sa maison; quatrièmement, les membres de la famille doivent éviter de vivre dans l'oisiveté, ils doivent établir un budget en accordant les recettes et les dépenses, de façon à réaliser ne serait-ce que de minimes économies; cinquièmement, quand on exerce une profession, il faut éviter de s'adonner à une profession susceptible de conduire à causer la mort de certains êtres vivants ou de paralyser l'esprit d'autrui, de même qu'il faut éviter d'abuser de ses droits pour menacer la vie ou les biens des autres, ou encore pour les faire souffrir moralement. Sixièmement, dans la mesure du possible, même entre mari et femme, tout en faisant en sorte que chacun mène une vie matérielle autonome, on s'efforcera de contribuer à la création d'une famille riche, ainsi que d'une société et d'une nation prospères; septièmement, on s'efforcera de s'acquitter généreusement de ses devoirs et de ses responsabilités envers l'Etat et la société, tout particulièrement en coopérant dans la mesure de ses possibilités avec les organismes destinés à la protection des personnes dépourvues de ressources, ainsi qu'avec les organismes dont la vocation est de travailler pour la formation et pour l'enseignement de tous les membres de la société. Huitièmement, les parents enseigneront les sciences et la religion ( la morale ) à leurs enfants et feront en sorte qu'après avoir reçu leur éducation, ces enfants se mettent pendant une période relativement longue au service de l'Etat, de la société et de la communauté religieuse; neuvièmement, lors de la transmission des biens de la famille à leurs enfants, les parents se contenteront de poser les bases nécessaires à l'existence de leurs enfants, de façon à être en mesure de faire quelques donations à l'Etat, à la société ou encore à la communauté religieuse. Dixièmement, enfin, en vue de cultiver et d'entretenir son corps et son esprit afin de pouvoir vivre au milieu du monde complexe formé par les êtres humains, quelques fois chaque mois ou quelques fois chaque année, on fera des efforts pour se procurer un repos approprié, grâce auquel il sera possible de se ménager des forces nouvelles ".

 

44. Chaque fois qu'il rencontrait une femme enceinte, le Grand Maître Fondateur lui disait: " N'ayez point de pensées cruelles, ne prononcez point de paroles cruelles, ne commettez point d'actes cruels ". Tout particulièrement, il lui recommandait d'éviter de porter atteinte à la vie des êtres vivants et expliquait: " La période pendant laquelle le foetus se trouve dans le sein de la mère, c'est la période du processus de formation de la conscience de l'âme: alors, les pensées, les paroles et les actes des parents risquent d'exercer une certaine influence sur le caractère à venir de l'enfant; par conséquent, la réserve et la discrétion dans la conduite d'une femme enceinte sont d'une extrême importance ".

 

45. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il existe quatre règles fondamentales que doivent respecter les parents quand ils élèvent leurs enfants. Tout d'abord, il s'agit de la formation de l'esprit et du coeur: en possédant la foi au fond du coeur, il faut posséder un esprit et un coeur droits, bons et tranquilles, et faire en sorte que les enfants suivent l'exemple de leurs parents. Deuxièmement, il s'agit de la formation concernant la conduite: les parents doivent d'abord s'adonner à la pratique et agir selon les règles qu'ils enseignent, de façon à ce que leurs enfants prennent modèle sur eux. Troisièmement, il s'agit de la formation concernant la parole: les parents doivent enseigner à leurs enfants beaucoup de paroles remarquables et de bonnes actions des Bouddhas, des Bodhisattvas, des sages, des grands hommes et des savants, de façon à ce que les enfants puissent s'en souvenir et les prennent pour exemples. On leur enseignera aussi tous les faits et les principes susceptibles de leur donner un jugement sain. Quatrièmement, il s'agit de la sévérité de l'enseignement: c'est la question d'une règle préconisant une formation exigeante à l'époque où les enfants n'ont pas encore l'âge de raison, mais dont il est déconseillé de faire un usage trop fréquent. Par conséquent, si, en ce qui concerne la question de l'éducation des enfants dans la famille, depuis l'époque prénatale jusqu'à l'âge adulte, les parents savent mettre en pratique les quatre règles énumérées jusqu'à présent, cela leur apportera une aide considérable pour leur permettre de faire en sorte que leurs enfants deviennent par la suite des hommes honnêtes et vertueux ".

 

46. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour l'éducation de leurs enfants, les parents doivent d'abord éviter eux-mêmes de manquer à l'accomplissement de leurs devoirs envers leurs propres parents, de manquer à l'accomplissement de leurs devoirs d'époux et de leurs devoirs envers leurs enfants: si, devant leurs enfants, ils manquent eux-mêmes au devoir de la piété filiale, ou s'ils manquent de respect et se conduisent de façon répréhensible, ils n'auront plus l'autorité exigée pour diriger leurs enfants. Deuxièmement, ils doivent se montrer rigoureux dans leur manière d'agir et de parler: s'ils n'agissent qu'à leur guise devant leurs propres parents, il leur sera difficile de guider leurs enfants dans le cadre d'une discipline convenable. Troisièmement, ils doivent faire preuve d'amour à l'égard de leurs enfants et, s'ils se montrent uniquement sévères, sans leur montrer de l'affection, ils seront incapables d'exercer sur eux une influence bienfaisante. Quatrièmement, les parents doivent éviter de perdre la confiance de leurs enfants en ce qui concerne toutes les promesses qu'ils leur font: s'ils ne jouissent plus de la confiance de leurs enfants, il leur devient impossible de leur donner de sérieuses directives. Cinquièmement, les parents doivent attribuer des récompenses et des punitions de façon équitable: dans le cas contraire, ils sont dans l'impossibilité de faire en sorte que leurs enfants prennent une conscience exacte des choses. Sixièmement, les parents doivent s'efforcer de donner une foi appropriée à leurs enfants dès leur plus jeune âge: sans une telle foi, au cours de leur croissance ceux-ci risquent de succomber aux tentations du monde. Septièmement, il convient d'encourager chez les enfants le sens de l'intérêt communautaire, sinon, tout naturellement, c'est l'égoïsme qui risque de grandir. Huitièmement, dès le plus jeune âge, les enfants doivent éviter de critiquer méchamment et de calomnier autrui, sinon, tout naturellement, ils risquent de prendre des habitudes de manque de sérieux et de s'attirer des critiques de la part des autres. Neuvièmement, dès le plus jeune âge, il faut interdire aux enfants de s'approprier des objets qui ne leur sont pas destinés, même s'il s'agit de choses sans importance: s'ils accaparent de tels objets, tout naturellement ils contractent de mauvaises habitudes et finissent par ignorer tout sentiment de honte ".

 

47. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pendant l'enfance, à force de voir ses parents agir et de les entendre parler, l'enfant finit par hériter de leur façon de penser et de leur mentalité; par conséquent, ne serait-ce que pour le bien de leurs descendants, les personnes qui se trouvent dans la situation de parents doivent faire preuve d'une grande prudence dans le choix de leur profession, s'efforcer de se consacrer à des travaux équitables et de suivre la voie droite ".

 

48. A l'occasion d'une cérémonie organisée en l'honneur des fidèles du niveau des < donateurs >, le Grand Maître Fondateur déclara: " Afin d'honorer dans notre communauté les mérites des parents qui ont offert leurs précieux enfants pour contribuer à la fondation de notre communauté, nous leur décernons le titre de < donateurs > et nous organisons cette cérémonie en leur honneur. Aujourd'hui, comme par le passé, généralement la mentalité des personnes du monde est remplie d'égoïsme; aussi bien dans le domaine de l'esprit que dans les domaines du corps et de la matière, les personnes qui contribuent au bien d'autrui sont extrêmement rares, et celles qui ont des enfants pensent avant tout à s'appuyer sur eux, si bien que, très souvent, même des enfants doués de qualités remarquables se voient comdamnés à passer leur vie prisonniers de la famille. Par contre, pour ce qui est de nos chers < donateurs >, ils ont su dépasser une telle façon de penser et, sans se préoccuper de leur propre gloire ou de leur propre tranquillité, ils ont offert leurs précieux enfants pour la réalisation de travaux destinés au monde entier. Nous sommes là devant une forme de l'action miséricordieuse des Bodhisattvas. Nous honorerons éternellement l'esprit et les mérites de ces chers < donateurs > et, en accord avec leur volonté, où que nous allions, nous devrons nous efforcer de devenir des hommes et des femmes sincères, toujours prêts à se dévouer pour le bien de l'ensemble de la société ".

 

49. Ayant appris la nouvelle de la maladie de sa mère alors qu'il résidait au centre de formation de Pongnae, le Grand Maître Fondateur se rendit en toute hâte à la maison familiale de Ynggwang où, tout en préparant une décoction de remèdes pour la malade, il dit à son frère cadet, Tong-guk: " Comment, moi qui ne cesse d'enseigner la vertu et la morale aux gens du monde, pourrais-je ignorer la maladie de ma propre mère? Cependant, étant suivi déjà par une foule de personnes qui désirent l'enseignement, comme tu le sais, je ne suis pas en mesure de passer mon temps à m'occuper en toute sérénité de préparer des remèdes: si je ne m'occupe pas de mes disciples, cela sera à l'origine de grands obstacles pour leur avenir. Il apparaîtra aussi d'importants obstacles pour l'avenir des oeuvres que j'ai fondées jusqu'à présent; remplace-moi donc et occupe-toi de tout coeur de la préparation des remèdes pour notre mère. Si tu acceptes et si cela me permet d'éviter de commettre une ingratitude et un manquement à mes devoirs de piété filiale, tu seras, toi aussi, l'un des principaux fondateurs de cette oeuvre que je suis en train d'établir ". De plus, afin de consoler sa mère, le Grand Maître lui dit: " La vie et la mort de l'être humain dépendent uniquement de la volonté du ciel; alors, mère, soyez rassurée et restez dans un état de pureté d'esprit et de coeur ". Ensuite, il quitta la maison pour revenir au centre de formation de Pongnae, où il se consacra corps et âme à l'oeuvre de la délivrance de l'humanité ".

 

50. Un des disciples lui ayant demandé: " Convient-il en général de réaliser des économies lors des cérémonies organisées à l'occasion de l'arrivée à la majorité, à l'occasion du mariage, des funérailles et des offrandes faites en l'honneur des ancêtres et des défunts? ", le Grand Maître Fondateur répondit: " S'il convient d'éviter tout gaspillage excessif lors de toutes sortes de cérémonies, la signification profonde de la réforme des cérémonies n'exige nullement de faire des économies envers et contre tout dans un esprit d'avarice, sans faire la moindre donation au profit des oeuvres destinées au bienfait de la société. De plus, parmi les diverses économies susceptibles d'être réalisées, on insistera sur celles que l'on pourra faire à l'occasion de la cérémonie de mariage, car cette cérémonie marque le début d'une nouvelle vie, et il convient d'en profiter pour poser les bases exigées pour cette nouvelle vie. Quant à la cérémonie des funérailles, par contre, étant donné qu'il s'agit du dernier moment de la vie d'une personne, compte tenu des mérites acquis par cette personne récemment entrée dans le nirvâna, il convient que ses descendants ne commettent aucune négligence ".

 

51. Un jour que le Grand Maître Fondateur regardait des enfants du voisinage en train de jouer, en se querellant à propos de la possession d'un objet sans valeur, deux des enfants en question vinrent le trouver et lui demandèrent de régler leur litige; ils avaient amené un troisième enfant en qualité de témoin; mais, après avoir réfléchi un moment, comprenant qu'il n'avait pas le moindre intérêt à retirer de la dispute de ses camarades, celui-ci déclara qu'il ne savait pas très bien ce qui s'était passé. Après avoir trouvé une solution à ladite querelle, le Grand Maître en profita pour dire à ses disciples: " Même ces enfants se querellent et font tout ce qu'ils peuvent quand leurs intérêts sont directement engagés; par contre, ce n'est guère le cas lorsqu'il s'agit d'une chose sans relation avec leur intérêt personnel. Comment donc pourrait-il y avoir beaucoup de personnes à travailler au profit des autres indépendamment de leurs propres intérêts? Par conséquent, toute personne qui travaille au profit des membres de la société indépendamment de toute question de cupidité ou de pouvoir est une personne qui mérite la vénération des membres de la société; de plus, toute personne dont l'esprit et le coeur sont parfaitement ouverts ne saurait s'abstenir de travailler pour les membres de la société ".

 

52. Le Grand Maître Fondateur déclara un jour: " Yi Ch'ungmu était un homme qui savait se dévouer de façon admirable. Tout en se trouvant dans une position élevée, sans en tirer gloire, il partageait le sort, les joies et les peines des hommes de troupe. Quand il eut perdu tout pouvoir et fut redevenu un simple soldat chargé de s'occuper des chevaux de la troupe, sans éprouver la moindre rancune ni se laisser aller à la déchéance, il se consacra entièrement au soin des chevaux et, de temps à autre, en les nourrissant largement, il lui arrivait de leur dire: < Puisque vous avez vécu jusqu'à présent en recevant un traitement du royaume malgré votre qualité d'animaux, maintenant que la destinée de la nation est en jeu, vous devez faire tous les efforts possibles >. Laissant le confort et la gloire aux autres généraux et amiraux tout en assumant lui-même les tâches pénibles et cachées, il servait ses supérieurs avec le plus grand dévouement et aimait ses subordonnés. En vérité, ce fut un général admirable, qui possédait à la fois la sagesse et la vertu. Ce fut un personnage digne de servir de modèle à tous les hommes dont le rôle consiste à s'occuper des affaires de la nation ou encore des affaires du monde entier ".

 

53. Un jour, après avoir demandé à Yu H-il de lire l'introduction du < Commentaire du Canon des Documents >, quand celui-ci arriva au passage < Les deux empereurs et les trois rois sont ceux qui conservèrent cet esprit; Hagl et Sangsu sont ceux qui perdirent cet esprit >, le Grand Maître Fondateur se mit à commenter le texte comme suit: " Ce passage représente un secret très important pour la réussite à l'époque à venir: les personnes qui, cupides de richesses, de gloire et de pouvoir, oublieront l'esprit finiront non seulement par arriver à la ruine de leur maison et à la ruine de leur propre corps; mais encore, s'il s'agit de dirigeants de la nation ou du monde, ils seront à l'origine de calamités dont souffriront ensuite la nation et le monde. Par conséquent, évitez de vous laisser attirer par les richesses, la gloire et le pouvoir, sans jamais oublier votre propre condition en ce qui concerne la vie, le vivre et le couvert, de façon à rester fidèles à votre intention initiale; ainsi, si troublés que soient l'époque et le monde, vous ne serez jamais en danger et, avant toute autre personne, vous profiterez de la bonne fortune de l'univers ".

 

54. Après avoir secouru des malheureux de son voisinage en leur distribuant quelques céréales au cours d'une année de disette, un riche personnage espérait toujours que ces gens feraient quelque chose pour louer ses mérites. Quand, après en avoir discuté, les habitants du village eurent érigé une stèle commémorative en son honneur, loin de se sentir satisfait, le riche personnage en question dépensa une somme énorme pour ériger une nouvelle stèle, au-dessus de laquelle il fit construire un imposant pavillon, ce qui ne manqua pas de lui attirer les critiques et la dérision de la population du village. Ayant entendu raconter cette histoire, Kim Kwang-sn en fit part à la communauté à l'heure des discussions; alors, en entendant cela, le Grand Maître Fondateur dit: " Cette histoire est un texte sacré vivant qui nous invite à nous méfier de ces personnages qui recherchent la gloire envers et contre tout. Si cet homme a réalisé ce travail, c'était dans le but de faire éclater sa gloire aux yeux du monde; cependant, sans parler de gloire, il a même fini par se voir privé du prestige dont il jouissait auparavant. Par conséquent, dans le cas des personnes déraisonnables, la recherche de la gloire conduit au contraire à la perte de tout prestige; le sage, lui, ne fait rien de particulier en vue d'obtenir la gloire, et il se voit tout naturellement couvert d'honneurs, alors qu'il se contente de faire ce qu'il juge être purement et simplement son devoir ".

 

55. Un jour, Yi Ch'un-p'ung raconta l'histoire suivante: " Il y a quelque temps, alors qu'il se trouvait dans la montagne, mon fils a été très effrayé à cause d'une balle qu'un chasseur avait tirée par erreur; si jamais il s'était produit un malheur, je me demande encore comment il m'aurait fallu régler cette affaire ". Le Grand Maître Fondateur lui oronna: " Dis donc une fois ce que tu en penses toi-même ". Ch'un-p'ung répondit: " Puisque les lois sont établies en vue de régler de telles affaires, je suis persuadé qu'il m'aurait fallu en avertir les autorités judiciaires et leur faire connaître les sentiments d'un père en pareille circonstance ". Ensuite, le Grand Maître posa la question à Song Chg-byk, qui répondit: " Puisque tout arrive en accord avec la loi du karma, je suis persuadé qu'une telle chose aurait aussi été le résultat de la loi du karma; c'est pourquoi je me serais abstenu de toute action en justice ". De nouveau, le Grand Maître posa la question à O Ch'ang-gn, qui répondit: " Moi aussi, si je ne m'adonnais pas à l'étude et à la pratique, en pareil cas je demanderais aux autorités judiciaires d'apporter une solution à une telle affaire; mais, maintenant, je penserais qu'il s'agit d'un question de destin et je m'abstiendrais de tout recours ". Le Grand Maître répondit: " Tous les trois, vous vous êtes écartés du juste milieu. Dans son ensemble, le système juridique de nos jours exige qu'il soit fait une déclaration devant les autorités administratives au moment de la naissance et au moment du décès de quelqu'un; surtout, lorsqu'il s'agit d'un malheur imprévu ou d'une mort subite, même des personnes sans relation directe avec la victime sont tenues d'en prévenir l'administration dès qu'elles découvrent le fait; à fortiori, l'obligation en concerne le cas où il y a relation de père à fils avec la victime. Par conséquent, en qualité de membre du peuple et en qualité de parent, je ferais immédiatement la déclaration à l'autorité administrative. Pour le reste, je m'en remettrais aux décisions de cette autorité qui a la responsabilité de gérer les lois; en effet, il s'agit d'une question qui n'est point de mon ressort ".

 

56. Un jour, alors qu'on lui parlait d'un roman historique, le Grand Maître Fondateur déclara: " Il arrive souvent qu'en écrivant des romans, dans le but de susciter l'intérêt du commun des lecteurs, certains écrivains dépeignent de façon excessive la psychologie et la conduite de héros à l'esprit étroit ou même de malfaiteurs, ce qui risque de conduire à la création des pires malfaiteurs et peut devenir la semence de liens pervers pour l'avenir. Par conséquent, quand il vous arrive de parler de l'histoire des personnages d'autrefois, ou encore de la conduite juste ou erronée de personnes de notre époque, faites attention pour en parler sans exagérer les faits ".

 

57. Un jour, au cours de la lecture du Namhwagyng, en lisant le passage racontant qu'étant allé pour tenter de faire revenir Toch'k à de meilleurs sentiments, Confucius se vit accablé d'injures et rentra totalement déçu, le Grand Maître Fondateur déclara: " Confucius est un grand saint: après avoir affronté le danger et les injures en vue de faire comprendre raison à l'homme en question, il fait preuve d'une volonté destinée à sauver le monde et le genre humain pendant < dix millions d'années >; cependant, les moyens destinés à sauver les hommes sont différents selon les époques: aujourd'hui, pour sauver le monde, plutôt que d'encourager les hommes uniquement par la parole, il nous faut faire en sorte que ceux-ci reviennent d'eux-mêmes vers le droit chemin en s'adonnant d'abord à la pratique nous-mêmes et en leur montrant les résultats obtenus. La raison? C'est que la plupart des gens de notre temps pensent surtout à encourager les autres sans s'adonner eux-mêmes à la pratique, si bien que de nombreuses personnes tombent dans le mensonge, au point que la mentalité est devenue telle que l'on ne fait plus confiance à ceux qui se contentent de donner de bons conseils. Les moyens mis en oeuvre sont donc différents de ceux qu'employa jadis Confucius dans le but de ramener Toch'k dans le droit chemin. Pourtant, que l'on sauve les hommes de ce monde en leur donnant directement des conseils et des encouragements, ou qu'on le fasse en leur donnant l'exemple par la pratique, la volonté profonde reste identique; il y a seulement une différence dans les moyens mis en oeuvre selon les époques ".

58. Un jour, parlant de < Muwang > de l'empire de Chu ( ) qui, après avoir chassé l'empereur < Chu ( ) > du trône et avoir soumis l'empire, se proclama lui-même empereur, le Grand Maître Fondateur dit: " Si je me trouvais dans la situation de Muwang, je me sentirais, moi aussi, obligé de chasser l'empereur Chu, mais je renoncerais au trône en faveur d'un personnage généreux et bon. Cependant, s'il n'existait pas un tel personnage, ou encore si le peuple n'acceptait point que je renonce au trône, alors je n'aurais pas d'autre solution que d'y accéder ".

 

59. Un jour, un homme qui revenait d'un voyage aux Monts de Diamant, dit au Grand Maître Fondateur: " Pendant mon voyage, j'ai rencontré un homme qui pouvait faire venir à lui et chasser comme il le voulait les corbeaux et les serpents; je suis persuadé qu'il s'agissait d'un homme connaissant parfaitement la Voie ". Le Grand Maître lui répondit: " Les corbeaux se rassemblent entre corbeaux et les serpents fraient avec les serpents; comment donc un homme connaissant parfaitement la Voie se trouverait-il mêlé à la foule des corbeaux et des serpents? " L'homme répondit: " Quel est donc le genre des hommes parfaitement au courant de la Voie? " Le Grand Maître lui dit alors: " L'homme qui connaît véritablement la Voie se contente de se conformer à la voie de l'homme parmi les hommes ". Le visiteur lui demanda de nouveau: " S'il en est ainsi, l'homme qui est parfaitement au courant de la Voie ne possède-t-il donc aucun signe distinctif? " Le Grand Maître lui répondit: " A moins de connaître soi-même parfaitement la Voie, personne ne sait très bien reconnaître celui qui la connaît parfaitement: il faut savoir soi-même parler une langue étrangère pour être en mesure de juger si quelqu'un d'autre la parle bien ou la parle mal; il faut bien connaître la musique pour être en mesure de distinguer si la musique de quelqu'un d'autre est juste ou fausse. C'est pour cette raison que je dis qu'en dehors de la personne elle-même personne ne saurait la connaître de façon convenable ".

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