Dharmas > Sûtra fondamental

6. Réponses aux questions douteuses

 

1. Un jour, pendant qu'il assistait au cours d'enseignement des Textes sacrés au centre de formation, en entendant de nombreux disciples procéder à une discussion concernant la question de la clarté de l'univers, le Grand Maître Fondateur dit: " Vous, pensez-vous que dans l'univers ( le ciel et la terre ) il existe une connaissance, ou bien pensez-vous qu'il n'y en existe pas? " Yi Kong-ju répondit: " Je pense qu'il existe une connaissance indubitable dans l'univers ". Le Grand Maître lui demanda alors: " Par quoi donc sais-tu qu'il existe une telle connaissance? " Kong-ju répondit: " Quand quelqu'un accomplit une action méritoire, le hasard fait qu'il obtient du bonheur; quand il commet un acte pervers, le hasard fait qu'il subit une punition, et la réponse a lieu sans qu'il se produise la moindre erreur. Si l'on prétend qu'une telle connaissance n'existe pas, comment se fait-il qu'il existe une telle distinction entre récompense et punition? " Le Grand Maître lui demanda de nouveau: " Alors, donne un exemple de cette distinction et donne une explication de façon à ce que n'importe qui puisse comprendre ". Kong-ju répondit: " J'en ai seulement la profonde conviction parce qu'au cours de ma vie, à maintes reprises, j'ai entendu enseigner la Voie et la Vérité; il me serait cependant difficile de procéder à une analyse et d'argumenter à ce sujet en me basant sur des preuves précises ". Alors, le Grand Maître expliqua aux membres de la communauté: " Il est difficile de connaître la profondeur du mystère et, même si l'on parvient à ce niveau de connaissance, il est difficile d'apporter des preuves suffisantes. Cependant, maintenant je vais vous donner un élément de preuve en un langage simple; tenez donc compte de ce que je vais vous dire pour parvenir à comprendre jusqu'à un niveau au sujet duquel il reste difficile d'apporter des preuves. Parlons tout simplement de la terre: elle reste toujours silencieuse, et elle ne se manifeste ni par la parole, ni par le mouvement, si bien que le commun des gens du monde la considère comme une chose dépourvue de toute sensibilité, alors qu'en réalité il existe des preuves qu'elle possède une profonde sagesse. Lorsque l'on travaille la terre et y jette la semence, la terre apporte son aide à la croissance de la graine; de plus, là où l'on a semé des haricots, infailliblement elle fait pousser des haricots, et là où l'on a semé des pois, elle fait pousser des pois; de même, là où l'on s'est donné beaucoup de peine, elle produit une abondante récolte, alors que là où l'on s'est donné peu de peine, elle ne produit qu'une maigre récolte. Là où l'on s'est donné de la peine par erreur, elle fait même subir des pertes et, sans la moindre confusion, ne fait-elle point la distinction en accord entre la nature de la semence et le travail du laboureur? En entendant de telles explications, certains diront: < C'est tout simplement parce que la semence possède en elle-même les éléments de la vie, et qu'elle germe grâce aux efforts de l'homme; et la terre n'est rien d'autre qu'un support >. Cependant, comment pourrait germer et pousser d'elle-même une graine sans bénéficier de l'influence de la terre? A quoi servirait-il, après l'avoir semée dans un endroit situé hors de l'influence de la terre, de se donner la peine de lui fournir du fumier? Qui plus est, parmi toutes les choses de ce monde, il n'en existe aucune qui apparaisse sans avoir profité de l'influence de la terre. Par conséquent, de toutes les choses qui existent, il n'en est aucune qui ne profite de l'action de la terre, aucune qui n'utilise sa puissance de naissance, de mort, de prospérité et de décadence. D'ailleurs, il ne s'agit pas seulement de la terre: le ciel et la terre ne sont pas deux choses indépendantes; le soleil, la lune, les astres et le vent, les nuages, la pluie, la rosée, le givre et la neige viennent d'une seule et même énergie et d'un seul et même principe, si bien qu'il n'existe rien qui n'en reçoive l'aide et les bienfaits. Par conséquent, l'homme ne saurait tromper la terre au sujet de ses actes bons ou mauvais, si secrets soient-ils; de plus, il ne saurait s'opposer à leur rétribution: tout cela dépend de la connaissance et du pouvoir avisé du ciel et de la terre. Cependant, la connaissance du ciel et de la terre n'est point semblable aux sentiments de joie, de colère, de tristesse et de bonheur éprouvés par l'être humain: il s'agit d'une connaissance qui agit dans l'absence de pensées, d'une connaissance qui apparaît en dehors de tout attachement, d'une connaissance équitable, parfaite et dépourvue de tout caractère personnel et subjectif. Les personnes qui connaissent un tel principe craignent la clarté du ciel et de la terre et, en quelque circonstance qu'elles se trouvent, jamais elles ne commettent de crime contre leur propre conscience. Pour ce qui est des personnes qui, plus avancées encore, prennent modèle sur la connaissance du ciel et de la terre, elles obtiennent la connaissance pure et sans limites et, selon leur propre volonté, elles sont même en mesure de mettre en oeuvre la puissance du ciel et de la terre ".

 

2. Un jour, s'adressant à plusieurs de ses disciples, le Grand Maître Fondateur demanda: " Lorsque quelqu'un conçoit des pensées perverses au fond de son coeur, ou lorsqu'il a commis quelque crime pervers en secret, il n'est pas sans éprouver une certaine honte devant le ciel et la terre ( l'univers ) et la création. Quelle en est donc la raison? " Yi Wn-hwa lui répondit: " La connaissance de l'univers et de la création concernant les actions de l'homme, même si celui-ci les a accomplies seul et en secret, est comparable à celle du corps entier, qui se rend compte dès qu'un petit insecte se déplace sur l'une au l'autre de ses parties. Je suis donc persuadé que la honte de l'être humain vient du fait que, malgré l'immensité de l'univers, tout naturellement, l'univers et la création connaissent les moindres actes de l'homme ". Le Grand Maître dit alors: " Ce que vient d'expliquer Wn-hwa ne manque pas de vraisemblance; cependant, j'aimerais apporter quelques précisions. Pour prendre un exemple, l'homme qui commet des crimes se dit que personne ne pourra connaître ce qu'il a décidé au fond de son coeur; cependant, dès qu'il a pris sa décision dans le secret de son coeur, il va la mettre en pratique, et ainsi l'univers en aura immédiatement connaissance; c'est pourquoi, même dans le cas d'une faute commise en secret, l'auteur en éprouve de la honte. Par conséquent, il ne sert à rien de chercher à connaître à l'avance les secrets de quelqu'un d'autre, puisqu'ils doivent apparaître d'eux mêmes au grand jour ".

 

3. Un jour, quelqu'un demanda au Grand Maître Fondateur: " Selon la théorie de l'Orient, le ciel se meut, alors que la terre reste immobile; par contre, si l'on en croit la théorie de l"Occident, la terre se meut, alors que le ciel reste immobile, ce qui représente deux opinions totalement opposées; je vous en prie, veuillez nous dire en un mot laquelle de ces deux opinions est exacte ". Le Grand Maître lui répondit: " Il y a déjà longtemps que les spécialistes ont émis ces théories, et il existe de nombreuses opinions contraires; cependant, pour exprimer mon opinion personnelle, je dirai que, depuis l'origine, le ciel et la terre ne sont pas deux choses différentes: leur mouvement et leur immobilité ne diffèrent pas entre eux. Si l'on considère qu'il y a mouvement, le ciel et la terre se meuvent l'un et l'autre; si l'on considère qu'il y a immobilité, le ciel et la terre sont immobiles l'un et l'autre. On peut faire une comparaison avec l'énergie et la forme de l'être humain, énergie et forme qui partagent le mouvement et l'immobilité; l'énergie du ciel et le fondement de la terre sont en relation réciproque et, dans leur rotation perpétuelle, les deux sont en harmonie. Cependant, si l'on argumente en parlant d'essentiel et d'accessoire, l'énergie représente l'essentiel, et le fondement représente l'accessoire: quand l'énergie se meut, le fondement est appelé à suivre le mouvement, et il s'agit là d'un principe fondamental et inchangeable pour l'éternité ".

 

4. Un jour, S Tae-wn demanda: " Dans l'enseignement du Bouddha du passé, il est dit qu'au cours du kalpa de la destruction, le monde disparaîtra à la suite de la destruction par le feu du ciel et de la terre; en sera-t-il vraiment ainsi? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Oui, il en sera ainsi ". Alors, Tae-wn demanda de nouveau: " Lorsque le ciel et la terre seront détruits par le feu, le ciel et la terre que nous connaissons aujourd'hui disparaîtront-ils complètement pour laisser place à un ciel et une terre nouveaux? " Le Grand Maître lui expliqua: " Dire que le ciel et la terre seront détruits par le feu ne signifie pas qu'ils seront détruits en un seul instant: pour prendre une comparaison, on peut comparer ce phénomène à la naissance, à la vieillesse, à la maladie et à la mort de l'être humain; comme l'humanité est toujours en train de naître, de vieillir, de souffrir de maladies et de mourir dans l'une ou l'autre de ses parties, il existe aussi dans l'univers une multitude infinie de domaines dans lesquels se déroule la révolution selon le principe de formation, de persistance, de destruction et de vide. Même en ce moment précis, il existe des parties de l'univers en cours de formation, d'autres parties de l'univers en cours d'existence, des parties en cours de destruction, des parties en cours de disparition, si bien qu'il y a toujours destruction du ciel et de la terre par le feu ".

 

5. S Tae-wn demanda encore: " Selon l'enseignement du Bouddha du passé, il existe un univers composé de milliers de mondes; ces mondes existent-ils en réalité? ". Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Oui, ils existent réellement; cependant, cet univers composé de milliers de mondes n'est pas construit à part, en dehors de ce monde: il s'agit d'une multitude de mondes existant séparément dans ce monde et, si l'on pouvait les compter, l'expression d'univers composé de milliers de mondes serait encore bien insuffisante ". Tae-wn reprit alors: " Dans les milieux de l'astronomie de nos jours, on affirme aussi que, dans l'univers, en dehors de ce monde où nous vivons, il existe de nombreux mondes plus grands que le nôtre. Qu'en est-il en réalité ? " Le Grand Maître Fondateur répondit de nouveau: " Pour ce qui est de l'enseignement du Bouddha, il est différent selon le point de vue des spécialistes qui en font le commentaire; cependant, si les théories actuelles sont divergentes, elles aussi, dans un avenir prochain, un grand savant parvenu à la connaissance de la nature des choses prouvera la véracité de mes paroles, et les personnes qui croient en moi n'éprouveront plus le moindre doute ".

 

6. S Tae-wn demanda: " Il existe, dit-on, des cycles de mouvements d'ascension et de mouvements de déchéance dans la hiérarchie des six catégories d'existence; actuellement, dans quel cycle de mouvement le pays de Chosn se trouve-t-il? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit alors: " Il se trouve dans un mouvement d'ascension ". Et Tae-wn demanda: " Combien de temps dure chaque cycle d'ascension ou de déchéance? ". Le Grand Maître répondit: " Selon l'enseignement du Bouddha du passé, il est considéré comme équivalant à la durée d'un grand kalpa ".

 

7. Tae-wn reprit: " Lorsque l'univers ( le ciel et la terre ) passe par les périodes de formation, de persistance, de destruction et de disparition, par quoi cela se produit-il? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Selon l'enseignement du Bouddha du passé, cela se produit par les trois éléments: l'eau, le feu et le vent ".

 

8. Enfin, Tae-wn demanda: "D'après les paroles des sages de jadis, le soleil, la lune et les étoiles sont mentionnés comme étant l'énergie de toutes choses de l'univers; est-ce vrai? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Oui, cela est vrai ".

 

9. " Un jour, un fidèle de Chnju rencontra un fidèle de la religion catholique et, au cours de leur conversation, le catholique lui demanda: " Est-ce que vous connaissez le Créateur? " Voyant qu'il se trouvait dans l'impossibilité de lui donner une réponse, le chrétien en question lui dit: " Notre Dieu est omniscient et tout-puissant, et c'est lui qui est le Créateur ". Quelques jours plus tard, en entendant le rapport que lui faisait le fidèle, le Grand Maître Fondateur se mit à rire et lui dit: " Retourne donc voir cet homme et demande-lui, puisqu'il prétend que Dieu est le Créateur, s'il a vu Dieu. Alors, s'il te répond qu'il ne l'a point vu, après lui avoir demandé si ce n'est point la même chose que de ne pas le connaître, dis-lui que, selon ton opinion, le Créateur n'existe pas ailleurs, que le Créateur de ton interlocuteur est ton interlocuteur en personne, que mon créateur n'est autre que moi-même, et que tout être vivant est lui-même son propre créateur. Il s'agit là de l'explication la plus appropriée; si cet homme en comprend la signification, ce sera pour lui une bonne et très importante nouvelle ".

10. Un des disciples demanda: " En quel endroit le Paradis de l'Ouest et l'enfer se situent-ils? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit alors: " Si ton esprit se situe au-dessus des péchés et du bonheur, au-dessus de la souffrance et du plaisir, l'endroit où tu te trouves est le Paradis de l'Ouest et la Terre Pure; par contre, si ton esprit est prisonnier du péché et du bonheur, de la souffrance et du plaisir, l'endroit où tu te trouves est l'enfer ". Alors, le disciple demanda de nouveau: " Comment doit-on faire pour vivre toujours et uniquement de la vie de la Terre Pure, sans jamais tomber en enfer? " Le Grand Maître lui répondit: " Si quelqu'un comprend le principe fondamental de sa nature originelle sans jamais s'écarter de cette nature originelle, il parvient à vivre éternellement de la vie de la Terre Pure, sans jamais tomber en enfer ".

 

11. Un disciple demanda: " Selon l'enseignement du Bouddha du passé, il existe trente-trois cieux dans le monde céleste; est-ce que ces trente-trois cieux se trouvent entassés les uns au-dessus des autres dans le monde de l'espace? Le Grand Maître Fondateur lui donna la réponse suivante: " Le monde des cieux n'est en réalité rien d'autre qu'une façon de faire la différence entre les niveaux d'étude et de pratique: qu'il s'agisse du ciel ou de la terre, l'endroit où se trouve un fidèle qui a beaucoup étudié, s'est beaucoup adonné à la pratique et possède de grandes capacités est le ciel même ". Le disciple demanda encore une fois: " Dans l'enseignement du Bouddha du passé, il est dit qu'au fur et à mesure que l'homme dont le coeur et l'esprit sont parfaitement purs poursuit son ascension vers le ciel, il devient de plus en plus grand et que ses vêtements deviennent de plus en plus légers. Quelle est donc la signification de cette affirmation? " Le Grand Maître lui répondit: " L'affirmation disant qu'il devient de plus en plus grand exprime le phénomène de la croissance de l'énergie au fur et à mesure que croît son pouvoir spirituel; quant à l'affirmation concernant le fait que ses vêtements deviennent de plus en plus légers, elle exprime le phénomène de la diminution en lui de l'énergie impure et le phénomène de la légèreté croissante de son esprit au fur et à mesure que croît son pouvoir spirituel. Cependant, même s'il s'agissait d'une personne dont le coeur est parfaitement pur et qui est parvenue au niveau suprême des trente-trois cieux, tant qu'elle ne serait point parvenue au stade de l'Illumination incomparable, elle serait appelée à connaître la déchéance le jour où elle aurait épuisé tout le bonheur garanti par son karma ".

12. Un jour, Cho Chn-gwn demanda: " Dans le passé, il m'est arrivé de voir dans des villages voisins des personnes punies pour avoir abattu de vieux arbres ou pour les avoir détériorés; serait-ce le résultat de relations avec la loi du karma, qui existeraient même dans le cas des choses dépourvues de vie affective? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il ne s'agit pas là d'un fait résultant de la loi du karma en relation avec ces arbres. Autrefois, à l'époque de l'obscurantisme, il existait de multiples êtres ( âmes, esprits ) qui ne pouvaient obtenir une nouvelle naissance dans un corps et qui, s'étant réfugiés dans ce genre d'arbres ou dans les petits temples dédiés aux esprits protecteurs des villages, ou encore dans certaines montagnes célèbres, étaient alors objet de la dévotion de certaines foules stupides. Alors, si certaines personnes dont l'énergie était inférieure à la leur venaient leur causer des dommages, il arrivait parfois que lesdites personnes contractent des maladies ou subissent certaines punitions de la part de ces êtres; cependant, de nos jours, nous assistons à l'avènement d'une époque de vulgarisation du savoir et des connaissances, si bien que, désormais, de tels êtres ne sauraient se permettre de causer des dommages au monde de l'humanité ".

 

13. Un des disciples demanda un jour: " Quelle formule magique faut-il réciter et quelle méthode faut-il employer pour que l'esprit s'ouvre, de façon à permettre de comprendre rapidement et totalement la Voie? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " L'étude et la pratique fondamentales ne dépendent pas de l'existence ou de la non existence de formules magiques; elles dépendent uniquement de la générosité de l'être humain. Autrefois, un marchand de sandales de paille tressée absolument ignorant et désireux de s'adonner à la pratique de l'ascèse demanda un jour à un ascète ce qu'était la Voie; celui-ci lui répondit: < chksimsibul ( le coeur, c'est le Bouddha ) >. A cause de son ignorance, le marchand de sandales comprit < chipsinsebl ( trois paires de sandales de paille tressée ) > et, pendant plusieurs années, persuadé qu'il s'agissait bien d'une formule magique, il ne cessa de répéter cette soi-disant formule magique en s'efforçant de réfléchir. Pour finir, un jour, son esprit s'ouvrit et il comprit que le coeur était le Bouddha. De même, un jour, un ascète alla acheter de la viande et demanda au boucher de la découper < à l'endroit qui convient >; le boucher planta alors son couteau dans la viande en demandant à son client: < Quelle est donc la partie pure et la partie impure? > ( Ici, la méprise du boucher vient d'un jeu de mots entre deux expressions, l'une signifiant < à l'endroit qui convient > et une autre pouvant se traduire par < dans la partie pure >, expressions qui se prononcent de la même façon en langue coréenne tout en s'écrivant avec des caractères chinois différents et en possédant une signification absolument différente ), le boucher aurait obtenu la compréhension de la Voie en posant sa propre question. Ces histoires montrent très bien que l'obtention de la compréhension de la Voie n'est point liée purement et simplement à tel ou tel lieu, à tel ou tel moment, ou encore à une formule magique particulière. Cependant, puisque nous possédons déjà une formule sacrée établie au profit des membres de la communauté, elle permettra aux fidèles qui la réciteront avec une grande dévotion d'obtenir des mérites encore plus considérables ".

14. Un jour, une femme de la communauté demanda au Grand Maître Fondateur: " J'aimerais, moi aussi, procéder aux ablutions rituelles et faire toutes les prières comme le font les femmes qui se consacrent entièrement au service de la communauté; cependant, prisonnière de ma famille, je n'en ai pas la liberté et il m'est impossible de réaliser ma volonté. Comment donc dois-je faire? " Le Grand Maître lui répondit: " Pour ce qui est des ablutions de l'esprit, il ne saurait exister de différence entre les fidèles qui sont entrés en religion et ceux qui sont restés dans le monde; il te suffit donc de purifier ton esprit et ton coeur et de faire les prières de tout coeur. Il n'y aura plus aucune différence dans l'obtention d'une puissance proportionnée à ta dévotion ".

 

15. Un jour, quelqu'un demanda à Yi Chae-ch'l: " D'après ce que j'ai entendu dire, votre maître serait un sage; connaît-il donc absolument tout en ce qui concerne les faits et les principes? " Chae-ch'l lui répondit: " Oui, il connaît tout ". L'autre reprit alors: " Est-ce qu'il connaît aussi la technique de construction des avions et des trains? " Chae-ch'l répliqua: " Le sage connaît dans leur généralité toutes les choses qui concernent les faits et les principes; cependant, pour ce qui est de la partie technologique, elle appartient au domaine des connaissances des personnes spécialisées en la matière. L'autre répliqua à son tour: " S'il en est ainsi, n'est-ce pas une contradiction de dire que votre maître connaît absolument tout en ce qui concerne les faits et les principes? " Chae-ch'l expliqua: " Quand nous employons l'expression < dans leur généralité >, cela signifie de façon précise < dans leur fondement >; par conséquent, si l'on connaît les racines, cela comprend aussi les branches et les feuilles. Pour vous donner un exemple, il se peut que le chef de quelque administration régionale ou un chef d'Etat ignorent certaines des choses connues par des secrétaires ou des techniciens du dernier échelon; cependant, s'ils connaissent parfaitement l'administration en question dans sa généralité et sont en mesure de donner des directives ordonnées pour chaque partie, direz-vous qu'ils connaissent leur travail ou direz-vous qu'ils l'ignorent? Il en est de même en ce qui concerne les connaissances du sage: étant donné qu'il connaît parfaitement la signification profonde du tout et des parties, de l'être et du non être, ce qui est juste ou injuste, ce qui est profitable ou dommageable, on dit qu'il connaît tout en ce qui concerne les faits et les principes. Cela ne signifie nullement qu'il connaît jusqu'aux parties les plus infimes de la technologie du dernier échelon. Puisqu'il possède une connaissance parfaite de cette signification profonde, toutes sortes de connaissances sont contenues dedans ". Revenu à la communauté, Chae-ch'l rapporta telle quelle cette conversation au Grand Maître Fondateur, qui lui répondit: " Ce que tu as dit est en accord avec l'essence de l'enseignement ".

 

16. Lorsque le Grand Maître Fondateur séjournait à Séoul, toujours, Min Cha-yn-hwa mangeait les restes du repas du Grand Maître, qui lui demanda un jour la raison d'une telle conduite. Alors, Cha-yn-hwa lui répondit: " C'est parce que, dans les Ecritures bouddhiques, il est dit que, si quelqu'un mange les restes de la nourriture prise par le Bouddha, il est certain d'accéder aux catégories d'existence supérieures et peut même parvenir au stade de l'Illumination suprême ". Le Grand Maître lui répondit à son tour: " Je sais que, si tu fais cela, c'est parce que tu as entièrement confiance en moi et parce que tu éprouves un profond respect à mon égard. Cependant, crois-tu une telle affirmation parce que, pour toi, elle relate un fait réel, ou bien, sans trop savoir, crois-tu cela tout simplement comme une forme de superstition? Cha-yn-hwa répondit: " Je crois tout simplement, sans avoir analysé la signification précise de ce passage des Ecritures ". Le Grand Maître lui expliqua: " Si quelqu'un prend la nourriture qui reste du repas du Bouddha, cela signifie qu'il est devenu à ce point proche du Bouddha et, tout naturellement, ce qu'il voit, c'est la conduite du Bouddha; ce qu'il entend, c'est l'enseignement du Bouddha; ce qu'il comprend, c'est le Dharma du Bouddha; les habitudes qui l'imprègnent, ce sont celles du Bouddha. Alors, ne s'ensuit-il pas tout naturellement qu'il puisse facilement accéder aux catégories d'existence supérieures et ainsi parvenir facilement à l'Illumination suprême? C'est là qu'il convient de chercher la véritable signification de ce passage des Ecritures ".

 

17. Un des disciples demanda un jour: " Si les fidèles tournent beaucoup autour des stûpas des temples bouddhiques, dit-on, après leur mort ils renaissent dans la Terre Pure; et, à cause de cela, de nombreux fidèles récitent des prières en tournant autour des stûpas. Ce que l'on dit ainsi est-il vrai? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Cela ne signifie pas que le corps doive tourner uniquement autour des stûpas de pierre; mais cela signifie que, si l'esprit et le coeur de l'homme tournent sans cesse autour du stûpa qu'est son corps composé des quatre éléments: la terre, l'eau, le feu et le vent, et en prend soin, il lui est possible d'accueillir la Terre Pure en lui-même. Si le corps se contente de tourner autour des stûpas faits de pierre, sans que l'esprit et le coeur sachent tourner autour du stûpa du corps, comment pourrait-on affirmer que l'on a compris la véritable signification de ces paroles? "

18. L'un des disciples demanda un jour: " Dans l'enseignement du Bouddha du passé, il est affirmé que, lorsque l'étude et la pratique progressent et lorsque l'esprit atteint l'objectif de sa culture, l'on obtient les trois sagesses et les six pouvoirs mystérieux; en réalité, jusqu'à quel niveau faut-il parvenir pour obtenir ces trois sagesses et ces six pouvoirs mystérieux? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Deux des trois sagesses: la connaissance et la pénétration parfaites de l'avenir, ainsi que cinq des six pouvoirs mystérieux: le pouvoir de connaître l'avenir, le pouvoir de voir ce que les autres ne voient pas, le pouvoir d'entendre les paroles de tous les êtres, le pouvoir de connaître la pensée des autres et le pouvoir de se déplacer à volonté, peuvent être obtenus partiellement, même par des personnes qui n'ont pas encore officiellement atteint le niveau de ceux qui sont toujours victorieux du Malin; cependant, il se peut que même des ascètes officiellement parvenus au niveau de ceux qui sont toujours victorieux du Malin ne les obtiennent pas. Pour ce qui est de la connaissance de toutes les souffrances et du pouvoir de la délivrance des liens de la naissance et de la mort, ils ne peuvent être obtenus sinon par les Bouddhas et les Bodhisattvas parvenus au niveau de l'Eveil ( L'Illumination ) suprême ".

 

19. Un des disciples demanda un jour: " Pourriez-vous nous dire quelle est la signification des quatre attachements dont il est fait mention dans le Vajra-prajnâpâramitâ-sûtra? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " En ce qui concerne ces quatre attachements, depuis la plus haute antiquité, il existe, semble-t-il, de nombreuses explications avancées par les spécialistes; je vais vous en donner quelques brèves explications en faisant le lien avec le monde de la réalité. Ce que l'on désigne sous l'appellation d'attachement au moi est l'expression de l'amour-propre qui, en ramenant tout à soi-même, ne trouve rien de bon en dehors de soi-même et de ce que l'on possède soi-même. Ce que l'on désigne sous l'appellation d'attachement à l'humanité est l'expression de l'attitude qui ramène toutes choses à l'homme, selon laquelle celui-ci serait le maître suprême de toutes choses, tous les animaux existant pour lui et dépendant entièrement de sa volonté. Ce que l'on désigne sous l'expression d'attachement aux créatures ( êtres ordinaires ) est l'expression d'une attitude selon laquelle on fait la différence entre les êtres ordinaires et les Bouddhas, pour se demander ce que l'on pourrait bien pouvoir faire en qualité d'être ordinaire, ce qui conduit à la déchéance sans concevoir le moindre espoir de progrès. Ce que l'on désigne sous l'appellation d'attachement à la longévité est l'expression d'une attitude selon laquelle on ramène tout aux questions d'âge, d'ancienneté et de rang social, sans se soucier de ce qui est juste ou de ce qui est injuste, et ne cesse de mettre de telles choses en avant. Tant que l'homme n'a point mis fin à ces quatre sortes d'attachements, il ne saurait accéder à l'état de Bouddha ". Le disciple demanda de nouveau: " Par quel moyen est-il possible de mettre fin à ces quatre sortes d'attachements? " Le Grand Maître répondit: " Pour mettre fin à l'attachement au moi, il faut connaître le principe du détachement total en se disant que ce corps, ces biens, cette situation et ce pouvoir que nous aimons par-dessus tout et pour lesquels nous vivons ne nous seront d'aucune utilité le jour où nous mourrons et ne sont pas vraiment notre propriété. Pour mettre fin à l'attachement à l'humanité, il faut connaître le principe du changement de ce corps en accord avec le cycle perpétuel des six catégories d'existence et les quatre formes de naissance. Pour mettre fin à l'attachement aux créatures, il faut savoir qu'à l'origine, les êtres humains ne diffèrent pas du Bouddha; que, si le Bouddha est ignorant, il est un être humain identique aux autres; alors que, s'il parvient à comprendre la Vérité, tout être humain devient Bouddha. Pour mettre fin à l'attachement à la longévité, il faut savoir que, s'il existe vieillesse et jeunesse, ou noblesse et vulgarité dans le cas du corps, il n'existe rien de tel dans le cas de la nature et de la personnalité. Si les personnes qui s'adonnent à la pratique de l'ascèse réussissent à mettre fin à ces quatre sortes d'attachements, elles deviennent immédiatement des Bouddhas ".

 

20. Après avoir renoncé au confucianisme et être entré en religion, un jour qu'il rencontrait le Grand Maître Fondateur, Yi Ch'un-p'ung lui déclara: " Mon coeur est toujours ravi de vous rencontrer et j'ai l'impression de rencontrer le Maître Confucius entouré de ses trois mille disciples; cependant, il existe dans la doctrine bouddhique certains points qui ne furent pas acceptés par les sages du Confucianisme, et cela ne cesse de me tourmenter ". Le Grand Maître lui demanda aussitôt: " Alors, quels sont les points en question? " Ch'un-p'ung répondit: " On a affirmé qu'en préconisant le néant et la disparition totale après la mort, le Bouddhisme ne reconnaissait ni parents ni souverain ". Le Grand Maître Répondit: " A l'origine, la volonté du Bouddha était de procurer la délivrance des multiples parents et enfants ayant existé au cours de nombreuses vies d'une durée sans fin; cependant, par la suite, ses disciples ne furent pas sans agir parfois de façon opposée à cette volonté. Mais, à l'avenir, nous adapterons toutes les lois à l'époque concernée, si bien que, grâce à la foi bouddhique, tout sera parfait dans la famille et que, cette foi bouddhique aidant, les affaires de la société des hommes et de l'Etat se dérouleront de façon satisfaisante. Vous n'avez donc nullement à craindre que notre religion soit encore accusée de ne connaître ni parents ni souverain. De plus, ce qui est désigné sous l'appellation de < mugk ( l'infini ) > et l'appellation de < t'aegk ( le fondement originel de l'univers ) >, dont parle le Livre des Transformations, n'est rien d'autre que l'état réel du néant et de la disparition totale. La vertu d'humanité de Confucius est exactement le néant et la disparition totale de la cupidité; l'expression < mibaljijung > de Chasa ne peut exprimer le juste milieu solitaire et immobile s'il ne s'agit point de l'expression du néant et de la disparition totale. De même, si l'expression < myngmyngdk > ( faire connaître la clarté de la vertu ) de la Grande Etude ne représente pas le néant et la disparition de tout, elle ne saurait faire connaître la clarté de la vertu. Par conséquent, si les explications et les appellations utilisées par les diverses écoles et les diverses sectes sont différentes, le fond de la Vérité reste absolument identique. Cependant, si quelqu'un ne dépasse pas ce néant et cette disparition totale, il ne saurait devenir une personnalité remarquable par la connaissance de la Voie: Il faut considérer le néant comme la substance de la Voie, alors que la bienveillance, la justice, les rites et la sagesse en sont les fonctions; et il faut encore savoir en faire l'application à toutes les choses de la vie humaine pour parvenir à la perfection de la Voie ".

 

21. Un des disciples raconta un jour: " Quelqu'un étant venu me demander quel personnage a été le maître du Grand Maître Fondateur, je lui ai répondu que le Grand Maître était parvenu à l'Eveil ( l'Illumination suprême ) par lui-même et qu'il n'avait jamais eu de maître direct ". En entendant raconter cela, le Grand Maître dit: " Si, à l'avenir, quelqu'un vous interroge de nouveau et vous demande qui a été mon maître, répondez-lui que je suis votre maître et que mon maître, c'est vous ". Un autre disciple demanda alors: " Pour ce qui est de votre enseignement, par quel Bouddha a-t-il été dispensé? " Le Grand Maître répondit: " Si l'époque est différente, mon enseignement n'en est pas moins celui qui fut dispensé par le Bouddha Câkyamuni ".

22. Un des disciples demanda un jour: " Puisque nous avons réformé la vénération des images bouddhiques, jusqu'à quand devrons-nous nous abstenir de fabriquer des statues et des images de notre Grand Maître Fondateur et de ses successeurs? " Le Grand Maître lui répondit: " S'il est permis d'ériger des statues afin de perpétuer la mémoire de certaines personnalités méritantes, il est interdit d'en faire des objets de la foi ".

 

23. Un des disciples demanda: " Pour ce qui est des quatre catégories de bienfaits, est-ce parce que ces quatre catégories sont plus ou moins importantes selon les cas que les bienfaits venant du ciel et de la terre, ainsi que les bienfaits venant des parents sont considérés comme étant accordés d'en haut ( au niveau de la paternité ), alors que les bienfaits venant des êtres en général ou venant encore des lois sont considérés comme accordés horizontalement ( au niveau de la fraternité )? Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il n'y a pas à discuter de moindre ou de plus grande importance; cependant, pour prendre la comparaison des degrés de parenté, on peut dire que le ciel, la terre et les parents appartiennent au rang de la paternité, alors que les êtres en général et les lois appartiennent au rang de la fraternité. C'est pour cette raison que l'on procède à la distinction à laquelle tu viens de faire allusion ".

 

24. Un jour, un des disciples demanda: " Dans les principes généraux relatifs à la reconnaissance des bienfaits du ciel et de la terre du Texte fondamental du Bouddhisme Wn, il est écrit: < Pour répondre aux bienfaits du ciel et de la terre, nous devons d'abord prendre leur Voie pour modèle et la mettre en pratique >. Etant donnée l'importance très grande des bienfaits que le ciel et la terre nous ont accordés, pouvons-nous prétendre reconnaître de tels bienfaits par le seul fait de prendre la Voie du ciel et de la terre pour modèle? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Pour prendre un exemple à ce sujet, dans le passé, lorsqu'un disciple avait reçu le bienfait de l'enseignement de son maître soit dans l'assemblée du Bouddha, soit dans l'assemblée d'un Bodhisattva, soit sous la direction d'un sage, si, même sans offrir un salaire matériel à son maître, le disciple concerné savait tout ce que son maître savait et mettait en pratique tout ce que son maître pratiquait, s'il pouvait poursuivre son oeuvre, pouvait-on affirmer que ce disciple reconnaissait les bienfaits de son maître ou, au contraire, devait-on le considérer comme un ingrat? Quand on pense à cela pour porter un jugement, on peut comprendre si le fait de prendre la Voie du ciel et de la terre pour modèle peut être considéré comme reconnaissance des bienfaits du ciel et de la terre ".

 

25. Un jour, un des disciples demanda: " Dans les réponses aux bienfaits des parents, il est écrit: < Il faut suivre fidèlement et sans exception les chemins essentiels de la pratique - les trois disciplines et les huit attitudes - ainsi que les chemins essentiels de la vie humaine - les quatre bienfaits et les quatre essentiels >; comment donc cela constitue-t-il la reconnaissance au sujet des bienfaits des parents? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Après être passé par les chemins essentiels de la pratique, on obtiendra la sagesse du Bouddha; après être passé par les chemins essentiels de la vie humaine, on obtiendra la pratique du Bouddha. Par conséquent, si, en qualité d'enfant, quelqu'un obtient les connaissances et la conduite du Bouddha et réalise l'oeuvre du Bouddha, son nom sera connu dans le monde entier et, tout naturellement, même les bienfaits de ses parents seront révélés dans le monde entier. S'il en est ainsi, grâce à de tels enfants, la haute réputation de leurs parents sera transmise sans fin et sera l'objet des louanges de l'humanité entière. Comment donc pourrait-on comparer cela au fait de servir ses parents avec ferveur pendant leur brève existence en ce monde? Par conséquent, cela équivaut à récompenser sans limites les bienfaits reçus des parents ". Le disciple demanda de nouveau: " Il est demandé de protéger comme ses propres parents même les parents d'autrui qui sont dépourvus de toutes ressources; comment cela peut-il bien être une façon de récompenser les bienfaits reçus des parents? " Le Grand Maître répondit: " Si l'on réfléchit en se plaçant dans l'optique du principe du nombre infini des renaissances tel qu'il fut exprimé dans l'enseignement du Bouddha du passé, le nombre des parents fixés ou à fixer au cours de la multitude des kalpas du passé, du présent et de l'avenir est en réalité infini et dépasse notre entendement; comment donc pourrait-on prétendre s'acquitter de sa dette de reconnaissance pour tous les bienfaits reçus des parents en reconnaissant seulement les bienfaits reçus uniquement au cours de sa seule vie présente et de ses deux parents. Par conséquent, pendant la vie de ses parents de la vie présente ou après leur entrée dans le nirvâna, si l'on s'efforce de protéger les parents d'autrui dépourvus de ressources, cela dans la mesure de ses moyens, cette conduite équivaut à s'acquitter largement de sa dette de reconnaissance pour les bienfaits reçus des parents du passé, du présent et de l'avenir ".

 

26. Un jour, un disciple demanda: " Dans le Texte fondamental du Bouddhisme Wn, quelle relation existe-t-il entre chaque article des points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne et les trois disciplines? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Les points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne ne sont autres que des points établis après une analyse des trois disciplines: l'article cinq représente la voie destinée à promouvoir la culture de l'esprit; les articles deux, trois et quatre représentent la voie destinée à promouvoir l'étude des faits et des principes; l'article un représente la voie destinée à promouvoir le choix des bonnes conduites; enfin, l'article six représente la voie destinée à promouvoir l'examen permettant de savoir si l'on a ou non mis en pratique les trois disciplines ". Le disciple demanda de nouveau: " Comment peut-on classer chaque article des points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne sous les deux rubriques du mouvement et de l'immobilité? " Le Grand Maître lui répondit: " Les articles trois, quatre et cinq représentent la voie pour la préparation au cours des temps de l'étude et de la pratique dans l'immobilité des matériaux de l'étude et de la pratique des moments où il y a du mouvement; les articles un, deux et six représentent la voie pour la préparation au cours des temps de l'étude et de la pratique dans le mouvement des matériaux de l'étude et de la pratique des moments d'immobilité. Ces deux voies sont donc des voies qui représentent une aide réciproque, des voies destinées à faire que l'on ne cesse jamais, ne serait-ce qu'une minute ou un instant, de s'adonner à l'étude et à la pratique ". Le disciple demanda encore: " Quelle relation existe-t-il entre les points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne et les points à garder à l'esprit lors des visites que l'on fait au temple? " Le Grand Maître lui répondit: " Les points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne représentent une méthode rapide permettant de s'adonner à l'étude et à la pratique à tout moment, tout en s'adonnant aux activités de la vie humaine, sans distinction entre les personnes savantes et les personnes ignorantes, entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les vieillards, entre les bons et les mauvais, les nobles et les roturiers; quant aux points à garder à l'esprit lors des visites au temple, ils représentent une aide et un enseignement pour la voie des points à garder à l'esprit dans la pratique quotidienne ".

27. Un jour le Grand Maître Fondateur entendit une conversation entre des membres de la communauté venus pratiquer la méditation au centre de formation; l'un d'eux disait: " Il y a davantage de mérite à partager un bol de riz en parts égales entre dix personnes plutôt qu'à donner ce même bol de riz à une seule personne ". Un autre répondait: " Plutôt que de le partager entre dix personnes, qui risquent de n'être satisfaites ni les unes ni les autres, il y a davantage de mérite à le donner à une seule personne, de façon à lui procurer une véritable satisfaction ", sans que la discussion n'aboutît d'ailleurs à la solution du problème. Le Grand Maître porta alors son propre jugement et dit: " Si l'on donne une chose à une seule personne, seule celle-ci pourra en jouir et rendra la chose en question; cependant, si l'on donne cette même chose à tout un village ou à tout un pays, toute la population de ce village ou de ce pays en éprouvera de la joie et rendra la chose en question. Si l'on donne pour les oeuvres du monde sans limites, le monde entier en éprouvera de la joie et rendra ce qu'on lui a donné. Par conséquent, si l'on compare les mérites acquis en utilisant une chose de façon limitée et les mérites acquis en utilisant la même chose de façon illimitée, les mérites acquis dans le second cas sont incomparablement supérieurs à ceux que l'on acquiert dans le premier cas ".

 

28. Un des disciples demanda un jour: " Quelle est la différence de mérite entre le don ( l'offrande ) fait sans éprouver aucun attachement et le don fait en éprouvant de l'attachement? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " On peut comparer le don au fait de mettre du fumier au pied des arbres fruitiers: le don fait en éprouvant de l'attachement équivaut au fait d'épandre le fumier sur le sol au pied des arbres, alors que le don fait sans éprouver le moindre attachement équivaut au fait d'enterrer le fumier que l'on vient de mettre au pied des arbres. L'efficacité du fumier tout simplement épandu sur le sol risque de se disperser, alors que l'efficacité de celui qui est enfoui dans la terre est certaine et se prolonge pendant longtemps. Telle est la différence de mérite entre le don qui est fait sans éprouver de l'attachement et le don fait en éprouvant de l'attachement ".

 

29. Cho Sn-wn demanda un jour: " Dans les paroles du chant du Tonghak, il est écrit: " ce qui est avantageux se trouve dans le kungkungll "; quelle est donc la signification d'une telle affirmation? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il existe de cette affirmation de très nombreuses explications divergentes; cependant, si l'on interprête les caractères chinois employés selon leur signification spécifique, < kungkung > exprime l'infini, autrement dit le cercle parfait, et < ll > exprime le fondement originel de l'univers. Cette affirmation révèle donc le fondement de la Vertu et signifie que, si quelqu'un préconise une telle Vertu parfaite et mène une vie exempte de toute hypocrisie et de toute vanité, il peut en retirer de nombreux profits ". Le disciple demanda encore: " On a dit que, si quelqu'un continue sans cesse à chanter le chant du kungl, il aura de la chance; quelle est la signification d'une telle affirmation? " Le Grand Maître lui répondit de nouveau: " Si quelqu'un croit en une telle vertu et ne cesse de réciter des invocations au Bouddha ou des formules magiques, tout naturellement son esprit s'en trouvera purifié et, en lui, disparaîtront tous les sentiments de haine, de rancune ou de perversité; de même, le ciel, la terre et tout l'univers s'en trouveront purifiés et pacifiés. Telle est la signification de cette affirmation. Où donc pourrais-tu découvrir un chant meilleur? Chante-le donc aussi souvent que possible ".

 

30. Après s'être converti et être entré dans la communauté, alors qu'il appartenait à une famille adepte du Tonghak depuis plusieurs générations, un jour, Ch'oe Su-in-hwa déclara au Grand Maître Fondateur: " Pendant que j'étais fidèle du Tonghak, j'ai toujours cru que le Maître Su-un reviendrait en ce monde et j'ai toujours attendu le jour de son retour; lorsque je vous ai vu pour la première fois, Grand Maître, j'ai eu l'impression de revoir ce Maître et j'en ai ressenti une intimité encore plus profonde à votre égard, si bien qu'il m'est impossible de dominer la joie de mon coeur ". Alors, le Grand Maître lui répondit en riant: " Ce genre de saints personnages procèdent en toute indépendance et en toute liberté aux échanges dans les domaines du corps et de l'esprit; s'il leur arrive selon l'ordre des choses de renaître dans le pays où ils sont déjà nés auparavant, ils peuvent aussi, sans rencontrer le moindre obstacle, selon leur volonté, renaître aussi bien en Occident qu'en Orient. Déjà dans le passé, de nombreux hommes parfaitement au courant de la Voie, des hommes incomparables sont nés dans ce pays; et il en viendra encore de tous les horizons à l'avenir, qui organiseront une communauté de la Vertu comme jamais encore il n'en a existé. Par conséquent, lorsque tu crois en moi, il te faut croire en voyant ma vertu, et non pas croire avec l'idée de chercher quelque appui que ce soit ".

 

31. Un des disciples, qui avait la manie de juger sans réfléchir profondément au sujet des qualités et des défauts des autres, déclara un jour que le Maître Chngsan était un fou. En l'entendant, le Grand Maître Fondateur lui dit: " Comment peux-tu te permettre de juger nos devanciers sans le moindre fondement? Il ne convient pas de critiquer jusqu'aux maîtres sous prétexte que certains de leurs disciples ont des défauts; de plus, à moins d'être l'intéressé en personne, nul ne connaît autrui et, à moins de posséder une opinion avisée, on ne saurait se permettre de critiquer qui que ce soit sans fondement ". Le disciple demanda alors: " S'il en est ainsi, veuillez me dire quel genre de personnage est le Maître Chngsan ". Le Grand Maître lui répondit: " Le Maître Chngsan est vraiment un prophète et un personnage spirituel tel qu'il en existe fort rarement. A l'avenir, lorsque notre communauté sera connue du monde entier, nous le vénérerons et le commémorerons éternellement en même temps que le Maître Su-un ".

 

32. Kim Ki-ch'n demanda un jour au Grand Maître Fondateur: " Si l'on compare l'époque de l'apparition d'un nouveau monde annoncé par les prophètes à l'apparition de l'aube, l'oeuvre du Maître Su-un est, alors que le monde reste encore profondément endormi, l'annonce des premières lueurs de l'aube, et l'oeuvre du Maître Chngsan est l'annonce de la nouvelle suivante. Peut-on affirmer que vous, Grand Maître, vous commencez votre oeuvre au moment où le jour commence à paraître? " Le Grand Maître répondit: " Cela semble assez exact ". Ensuite, Yi Ho-ch'un demanda: " Si, pour exprimer la même chose, on prend la comparaison d'une année de labours, peut-on dire que le Maître Su-un a marqué la période du dégel et, donc, qu'il s'est acquitté de la préparation des labours; que le maître Chngsan a annoncé la saison des labours et que vous, Grand Maître, vous avez directement enseigné la méthode pour procéder à ces labours? " Le Grand Maître répondit de nouveau: " Cela aussi semble assez exact ". Ce fut à ce moment qu'intervint Song To-sng, demandant: " Si ces personnages sont des hommes spirituels remarquables, à cause de leurs disciples, à leur égard l'appréciation des gens du monde reste divergente. Quel sera donc leur sort à l'avenir? " Le Grand Maître lui répondit: " Si les oeuvres de quelqu'un sont reconnues par des personnes qui sont en mesure de les reconnaître, tout se passe selon cette reconnaissance; par conséquent, du fait que nous avons ainsi parlé aujourd'hui, le jour où notre loi sera reconnue dans le monde, ces personnages seront aussi reconnus; de plus, puisqu'ils ont apporté une aide considérable aux ascètes de l'avenir, ces ascètes des temps futurs seront nombreux qui vénéreront les ascètes qui les auront précédés ".

 

33. Quelqu'un demanda un jour: " Parmi les prophéties secrètes transmises dans notre pays de Corée, il en est une qui annonce: < A l'avenir, un jeune homme portant le nom de la famille Chng accédera au trône royal dans les Monts Kyeryng et exercera sa domination sur le monde "; est-ce qu'il en sera réellement ainsi? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Les Monts Kyeryng signifient un monde d'ouverture, et le jeune homme portant le nom de la famille des Chng signifie que, bientôt, des dirigeants honnêtes et loyaux assureront le gouvernement du monde. Cela prévoit et annonce donc que, dans le monde de clarté de demain, des hommes droits dirigeront la famille, la société, la nation et le monde entier ".

 

34. Un jour, Kim Ki-ch'n demanda: " Une personne qui n'est pas parvenue à la découverte de sa nature originelle peut-elle accéder officiellement au niveau de pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Elle ne peut accéder à ce niveau de la pratique ".

 

35. Kim Ki-ch'n demanda encore: " En ce qui concerne la force exigée pour accéder du niveau élémentaire de la pratique au niveau de la pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin ainsi que la force exigée pour accéder du niveau de la pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin au niveau de ceux qui ont atteint l'Eveil, quel est le cas le plus difficile? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Cela est différent compte tenu des dispositions de chacun: dans le cas des meilleures dispositions, certaines personnes peuvent passer directement du niveau de ceux qui vainquent toujours le Malin au niveau de ceux qui ont atteint l'Eveil; il existe aussi des dispositions selon lesquelles, après avoir accédé au niveau de pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin, on reste longtemps à ce niveau sans accéder à un niveau de pratique supérieur ".

 

36. Kim Ki-ch'n demanda: " On dit que, si une personne continue à s'adonner à l'étude et à la pratique de l'ascèse, elle parvient à un état au niveau duquel il lui devient possible de séparer son âme de son corps. A quel niveau de pratique faut-il parvenir pour que cela devienne possible? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il existe des personnes dans le cas desquelles cela reste impossible, même quand elles sont parvenues au niveau de ceux qui ont atteint l'Eveil; par contre, il arrive que cela soit possible dans le cas de certaines personnes qui ne sont pas parvenues au niveau de l'Eveil et n'ont même pas encore accédé au niveau de pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin, mais qui se sont consacrées à une culture de l'esprit unilatérale à la façon des spécialistes. Cependant, on ne saurait prétendre que, par cela, elles sont parvenues à réaliser la Voie parfaite. Par conséquent, aux époques à venir, on aura beau posséder une connaissance totale de l'astronomie ou de la géographie, même si l'on brûle son corps et ses os, même si l'on possède une mystérieuse puissance de pénétration spirituelle, à moins de posséder une bonne connaissance des faits et des principes de l'humanité, on restera un ascète dépourvu de vie. Par conséquent, il vous faut mener de front la pratique des trois disciplines et travailler au développement d'une personnalité aussi parfaite que possible ".

 

37. Ki-ch'n demanda encore: " Dans l'article relatif à l'accès au niveau de pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin, il est écrit qu'il faut obtenir la délivrance de la naissance, de la vieillesse, de la maladie et de la mort; cela désigne-t-il l'état des personnes qui entrent en nirvâna soit dans la position assise, soit dans la position debout, comme certains grands moines bouddhistes d'autrefois? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Cela signifie qu'ayant compris en profondeur la Vérité de l'absence de naissance et de mort, l'on n'est pas attiré par la naissance ou la mort ".

 

38. Kim Ki-ch'n demanda enfin: " A l'avenir, lors de l'élection du nouveau Grand Maître de la communauté, à quel niveau de pratique devra-t-on être parvenu pour être susceptible d'être choisi? " Le Grand Maître Fondateur répondit alors: " Si décadente que soit notre époque, pour être qualifié en tant que candidat pour devenir Grand Maître de la communauté, il faudra au minimum avoir accédé au niveau de pratique de ceux qui vainquent toujours le Malin ". Ki-ch'n posa une dernière question: " Quand apparaîtra un ascète dont la puissance de la Loi sera supérieure à celle du Grand Maître de l'époque concernée, comment procédera-t-on pour l'élévation des niveaux de pratique? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " On tiendra compte de l'opinion générale de la communauté ".

 

39. Un jour, l'un des disciples demanda: " A quel niveau de pratique doit-on être parvenu pour obtenir une foi inébranlable? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Il faut être parvenu au moins au niveau de ceux qui se transcendent; cependant, il ne suffit pas d'être parvenu au niveau de la foi inébranlable pour que sa foi reste indéfiniment inébranlable, même quand la personne concernée cesse de s'adonner avec ferveur à l'étude et à la pratique: il n'est en ce monde aucune vérité qui soit inamovible. Même le Bouddha parvenu au niveau de la foi inébranlable doit continuer à s'adonner à l'étude et à la pratique s'il veut empêcher que les diverses situations, les démons et les êtres pervers ne fassent de nouveau trébucher son coeur et son esprit. C'est cela que l'on désigne sous l'appellation de la foi inébranlable ".

 

40. Le disciple demanda enfin: " Il est écrit que, dans le cas des meilleures dispositions, une personne peut parvenir à la compréhension et au niveau de pratique parfaits en une seule fois; en pareil cas, arrive-t-on instantanément à réaliser définitivement la compréhension et la pratique? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Parmi les Bouddhas et les grands fondateurs d'écoles ou de sectes bouddhiques du passé, il y en eut, rapporte-t-on, quelques-uns qui parvinrent ainsi d'un seul coup à la perfection de la compréhension et de la pratique; cependant, il existe en vérité une infinité de niveaux dans la voie de la connaissance de la nature de Bouddha. De même, en ce qui concerne la pratique, il faut passer par de nombreuses étapes et gravir de nombreuses échelons pour parvenir ensuite d'un coup à la perfection de la compréhension et de la pratique. Pour prendre une comparaison, c'est comme dans le cas de l'obscurité qui se retire sans que l'on puisse savoir qu'elle s'en va et dans le cas du jour qui vient sans que l'on puisse s'en rendre compte au moment du lever du jour ".

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