Dharmas > Sûtra fondamental

9. Préparation et rites pour l'entrée en nirvâna

 

1. Le Grand Maître Fondateur dit: " Les hommes ordinaires accordent de l'importance uniquement à la vie en ce monde; cependant, les personnes avisées et sages accordent aussi une grande importance à l'acte de mourir. La raison en est que ces personnes savent qu'il faut savoir bien mourir pour pouvoir bien naître et bien vivre; et il faut bien naître et bien vivre pour pouvoir bien mourir; qu'elles connaissent aussi le principe fondamental selon lequel la naissance est le fondement de la mort, et la mort le fondement de la naissance. Par conséquent, même si toute la vie on peut s'efforcer de résoudre cette question, quand l'homme dépasse l'âge de quarante ans, il lui faut préparer ses bagages pour le jour où il lui faudra affronter la mort, de façon à éviter de se truver pris de court au moment de mourir ".

 

2. Le Grand Maître Fondateur dit: " Si quelqu'un naît en ce monde, quel qu'il soit, un jour viendra nécessairement pour lui le moment de l'entrée en nirvâna. Aujourd'hui, je vais vous enseigner la méthode permettant aux proches de la personne qui va entrer en nirvâna d'envoyer son âme, ainsi que la méthode que doit adopter elle-même la personne dont l'âme quitte le corps; alors, écoutez attentivement cette méthode que je vais vous enseigner. Il est difficile de mettre quelque méthode que ce soit en pratique dans le cas d'une entrée en nirvâna résultant d'une maladie subite ou d'un accident, soit encore dans le cas d'une personne dépourvue de toute foi qui refuse de se laisser diriger; cependant, si l'on applique cette méthode dans le cas des personnes dont l'entrée en nirvâna n'est pas subite et des personnes qui possèdent ne serait-ce qu'un peu de foi, il sera possible d'affermir leur esprit au dernier instant de leur vie et cela contribuera grandement au salut de leur âme. Quand un malade est sur le point d'entrer en nirvâna, ses proches doivent agir de la façon suivante: premièrement, il faut brûler de l'encens de temps à autre dans la chambre du malade et la maintenir propre: si la pièce n'est pas propre, l'esprit du malade ne sera pas propre. Deuxièmement, il faut que la pièce où se trouve le malade soit silencieuse, si ce n'est pas le cas, l'esprit du malade ne pourra pas rester concentré. Troisièmement, devant le malade parlez souvent de l'histoire de personnes charitables et, si la vie du malade lui-même a été marquée par quelques actes de bonté, il faut en louer les circonstances de façon à consoler son esprit. Ainsi, ces bonnes pensées se graveront aisément dans l'esprit du malade pour devenir une habitude originelle pour sa prochaine vie. Quatrièmement, il faut éviter de prononcer devant le malade des paroles perverses et perfides, de s'adonner à des conversations luxurieuses et dépravées. Dans le cas contraire, ces images perverses risqueront de se graver dans l'esprit du malade pour devenir une habitude originelle de sa prochaine vie. Cinquièmement, devant le malade, il faut éviter de manifester des inquiétudes au sujet des biens de la famille, ou encore au sujet des membres de la famille, soit en se lamentant en paroles, soit en adoptant une attitude tragique. Cela risquerait de susciter de l'attachement et de la convoitise, qui empêcheraient pour toujours l'âme du malade de quitter ce lieu, si bien que, s'il n'y trouvait point d'occasion de recevoir l'enseignement et de s'adonner à la pratique dans ce lieu auquel il s'attacherait, il risquerait tout naturellement de tomber dans les mauvaises catégories d'existence. Sixièmement, devant le malade, on profitera des occasions qui se présenteront pour réciter des invocations au Bouddha, pour lire des Textes sacrés et prêcher le Dharma; cependant, si le malade ne peut pas supporter le bruit, on pourra remplacer ces récitations, lectures et prédications par la méditation. Ainsi, l'esprit du malade trouvera là la force dont il aura besoin et obtiendra la paix intérieure. Septièmement, quand le malade est sur le point d'entrer en nirvâna et commence à respirer avec difficulté, il faut absolument éviter de sangloter, de secouer le corps du malade ou de l'appeler et de faire du bruit: cela aurait pour unique résultat de troubler l'esprit de la personne qui s'en va. Puisque ce genre de chose n'est en rien profitable, si, les sentiments humains étant ce qu'ils sont, on ne saurait s'empêcher d'exprimer de la tristesse, qu'on le fasse quelques heures après l'entrée en nirvâna ".

 

3. Le Grand Maître Fondateur poursuivit: " Pour ce qui est du malade sur le point d'entrer en nirvâna, quand il se rend compte de la proximité du moment de l'entrée en nirvâna, il lui faut cesser de penser à toute autre chose pour s'adonner uniquement au travail d'apaisement de son esprit; si, pour des raisons inévitables, il lui faut faire un testament, il est bon qu'il s'en acquitte à l'avance et oublie ensuite cette question, de façon à éviter que cela ne vienne faire obstacle à la concentration de son esprit: le moment de l'entrée en nirvâna arrivé, il n'est rien d'important ni d'urgent hormis la concentration de l'esprit. De plus, si le malade se souvient d'avoir pendant sa vie conçu de la rancune ou quelque sentiment d'hostilité à l'égard de quelqu'un, il lui faut faire venir la personne concernée et, dans la mesure du possible, dissiper les soupçons du passé; si, par hasard, la personne concernée n'est pas accessible, au moins le malade, même seul, devra mettre fin à ses sentiments de rancune ou d'inimitié. S'il ne parvient pas à remédier au fond de son coeur à de tels sentiments, ceux-ci deviendront une semence de karma mauvais pour ses vies à venir. De même, si le malade se souvient d'avoir éprouvé dans le passé quelque attachement à des objets du désir, sans avoir pu se débarrasser de tels sentiments, il devra faire tous les efforts possibles pour les chasser: à moins de pouvoir mettre fin à un tel attachement, tout naturellement, il lui sera impossible d'entrer dans un vrai nirvâna, et il en résultera pour lui la transmigration sans fin dans les mauvaises catégories d'existence. Quand, après s'être conformé à toutes ces recommandations, il arrivera au dernier moment, le malade rejettera toutes les pensées perverses avec une pureté de l'esprit encore plus grande, et il s'efforcera de recourir à la récitation d'invocations au Bouddha ou à la méditation pour préparer le départ de son âme. Ainsi, même s'il s'agit d'une personne qui, au cours de sa vie, n'a pas très bien compris la Vérité concernant la naissance et la mort, il lui sera possible d'éviter de tomber dans les mauvaises catégories d'existence et d'entrer dans les bonnes catégories d'existence. Cependant, pour ce qui est de cette méthode, il ne s'agit pas seulement d'une méthode à respecter et destinée à être mise en oeuvre au moment de l'entrée en nirvâna, mais d'une recommandation plus pressante encore concernant les derniers actes de la vie pour les personnes qui, dans leur vie de tous les jours possèdent une foi profonde et s'adonnent à une solide pratique. Dans le cas des personnes dépourvues de foi ou qui ne se sont pas adonnées à la pratique, si l'on cherche à appliquer cette méthode au moment nécessaire, on risque d'aboutir à un échec; sachez-le donc à l'avance, de façon à n'avoir pas à vous lamenter le moment venu, et souvenez-vous bien de ces recommandations afin de ne pas contracter d'attachement dans les relations avec les autres: les choses qui ont trait à la naissance et à la mort sont très importantes, et l'on ne saurait faire autrement que de faire preuve d'attention à ce sujet ".

4. Le Grand Maître Fondateur demanda un jour à deux de ses disciples, Yi Kong-ju et Sng Sng-wn, de réciter les formules suivantes: < yngch'nyngjiyngbojangsaeng mansemyldosangdogno k- raegagdomugunghwa poboilch'edaesnggyng ( Avec le ciel et la terre éternels, sauvegardez pour toujours l'éternelle vie; obtenez pour toujours le nirvâna. La compréhension de la grande Voie dans la naissance et la mort est l'épanouissement sans fin du nirvâna, ce qui permet de devenir peu à peu le Livre sacré des grands sages. >; et ces formules sont devenues des formules secrètes sacrées destinées à la préparation de l'entrée en nirvâna.

 

5. Comme enseignement de la loi destiné à la préparation de l'entrée en nirvâna, le Grand Maître Fondateur enseigna à ses disciples le < texte servant de guide pour montrer, au moment de l'entrée en nirvâna, le chemin de la prochaine vie >, dont le contenu est le suivant: < Un tel, reprends tes esprits et écoute ce que je dis! Ce que tu as reçu en bien ou en mal au cours de ta vie en ce monde, c'est la rétribution de ce que tu avais fait pendant tes vies antérieures. Ce que tu as fait pendant cette vie te reviendra aussi sous forme de rétribution dans la vie à venir. Cela représente l'oeuvre universelle de la nature. Etant parvenus à la compréhension de l'état originel de leur propre nature et ayant obtenu la liberté totale de l'esprit, les Bouddhas et les grands moines bouddhistes ont dépassé cette oeuvre universelle de la nature; ils ont réussi à se servir selon leur volonté des six catégories d'existence et des quatre formes de naissance; par contre, n'étant pas parvenus à la compréhension de l'état originel de leur propre nature et n'ayant pas obtenu la liberté totale de l'esprit, les hommes ordinaires et les êtres en général sont entraînés par cette oeuvre universelle de la nature et subissent des souffrances sans limites. Par conséquent, qu'il s'agisse de Bouddha, de grand moine, d'homme ordinaire, d'être en général, de noblesse ou d'humilité, de malheur ou de bonheur, de longévité ou de brièveté de la vie, tout est le résultat de tes propres actes. Un tel, désormais, est-ce que tu es parfaitement conscient du fait que toutes choses sont le résultat de tes actes? Un tel, prête encore l'oreille! Pour ce qui est du principe de la naissance et de la mort, il en est de même pour les Bouddhas, toi et les êtres en général; tous les êtres possèdent aussi la même nature parfaitement pure depuis l'origine, une nature dotée de perfection et de plénitude. Ce que l'on désigne sous l'appellation de nature originelle peut se comparer à la lune qui, tout en se trouvant seule dans l'espace, se reflète dans une multitude de cours d'eau; l'univers et toutes les choses qui s'y trouvent ont pour fondement la nature originelle toute pure, nature originelle qui ne possède ni nom, ni forme, qui ne va ni ne vient, qui ne naît ni ne meurt, en laquelle il n'est ni Bouddha ni êtres ordinaires, qui n'est ni non être ni nirvâna, dont on ne peut dire, non plus, qu'elle n'existe pas, qui n'est ni être ni non être. Ce qui existe en elle apparaît automatiquement, sans action extérieure et, comme l'univers subit des transformations à travers la création, l'existence, le dépérissement et la dégradation, comme toutes les choses subissent des transformations à travers les six catégories d'existence et les quatre modes de naissance en accord avec la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, comme les astres vont et viennent provoquant l'alternance du jour et de la nuit, si le fait que ton corps naît et meurt peut être considéré comme un changement, ne s'agit point d'une vraie naissance et d'une vraie mort. Un tel, écoutes-tu? As-tu maintenant compris parfaitement ce qu'est ta nature originelle? Ecoute encore! Quand tu vas quitter ce corps pour en recevoir un nouveau, cela se fera en accord avec les actes que tu te faisais un plaisir de poser dans ta vie quotidienne et au sujet desquels tu éprouvais de l'attachement: si, dans les actes que tu te faisais un plaisir de poser, le monde des Bouddhas et des Bodhisattvas l'emportait, tu recevras ton nouveau corps dans le monde des Bouddhas et des Bodhisattvas, et tu recevras des joies sans limites; dans le cas contraire, si la cupidité, la jalousie et la stupidité l'emportaient, tu recevras là-bas ton nouveau corps et, pendant une multitude infinie de kalpas, tu subiras d'innombrables souffrances. Ecoutes-tu? Un tel, écoute encore! En cet instant, il te faut encore raffermir ton esprit. Si tu ne parviens pas à te débarrasser de tout attachement et de toute cupidité, n'en resterait-il qu'une ombre, tout naturellement, tu tomberas dans les mauvaises catégories d'existence. Et, si tu tombes ainsi une fois dans ces mauvaises catégories d'existence, quand donc pourras-tu renaître dans un corps humain pour découvrir la communauté des sages, réaliser la grande oeuvre ( de la délivrance ) et obtenir la sagesse et le bonheur infinis? Un tel, as-tu bien entendu? >

 

6. Après avoir raconté qu'il avait été impressionné à la vue des installations publicitaires exposées par une compagnie d'assurances contre l'incendie dans le cadre de la foire-exposition de Séoul, le Grand Maître Fondateur dit: " Nous ne cessons de dire qu'il nous faut nous délivrer de la naissance et de la mort, de la souffrance et du plaisir; cependant, si nous ignorons le principe fondamental de la naissance et de la mort, il est difficile de parvenir à la délivrance: si quelqu'un pense qu'après la mort il n'y a pas de principe garantissant de retrouver la vie, combien plus grandes seront sa tristesse et sa peine au moment de la mort? Je dirai que cela est analogue au cas de la personne qui, sans avoir contracté une assurance contre l'incendie, est soudain victime d'un incendie et perd en un instant tous ses biens. Par contre, pour celui qui connaît le principe fondamental de la vie et de la mort, le fait que le corps naît et meurt ne diffère nullement de l'acte consitant à changer de vêtement: même si le corps soumis au changement meurt, par contre, la connaissance claire et non soumise au changement ne disparaît jamais et reçoit un nouveau corps. Par conséquent, comme la police d'assurance possède le pouvoir de permettre la construction d'une nouvelle maison, cette connaissance, elle aussi, est une garantie pour la vie éternelle de l'être humain. C'est pourquoi les personnes qui connaissent ce principe restent sereines devant le problème de la naissance et de la mort, alors que celles qui l'ignorent éprouvent de l'inquiétude et risquent de commettre des imprudences. De même, en ce qui concerne toutes les souffrances et tous les plaisirs, les personnes qui en connaissent le principe fondamental se préparent des joies éternelles en profitant de souffrances et de plaisirs raisonnables, alors que les personnes qui ignorent ce principe sont sans espoir et ne s'adonnent à aucune préparation, si bien qu'elles n'ont pas l'espérance de se voir délivrées un jour de l'océan sans fin de la souffrance. Comment donc, en voyant de telles choses, pourrait-on s'empêcher de s'inquiéter et d'éprouver de la pitié? "

7. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il existe plusieurs voies qui doivent être mises en pratique par l'homme; cependant, si l'on résume ces voies, on ne sort pas de la voie de la naissance et de la mort. Si, au cours de sa vie, une personne ignore la voie de la naissance, elle n'est pas en mesure d'exprimer la valeur de la vie; si, au moment de la mort, une personne ignore la voie de la mort, elle pourra difficilement éviter de tomber dans les mauvaises catégories d'existence ".

 

8. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour prendre une comparaison, la naissance et la mort de l'être humain sont semblables à l'acte qui consiste à ouvrir et fermer les yeux, à l'acte qui consiste à respirer et expirer, au fait de s'endormir et de se réveiller; s'il y a une petite différence dans le temps, il ne s'en agit pas moins d'un même principe, et la naissance et la mort ne sont pas deux choses différentes: à l'origine, il n'existe ni naissance, ni mort. Les personnes qui ont obtenu la compréhension considèrent cela comme un changement, alors que celles qui n'ont pas obtenu la compréhension disent qu'il s'agit vraiment de la naissance et de la mort ".

 

9. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Tout comme le soleil, qui se couche aujourd'hui à l'Ouest, se lèvera demain à l'Est, même si toutes les choses de l'univers se meurent pendant la vie présente, cette connaissance qui s'en va du corps au moment de la mort recevra un corps nouveau et reviendra en ce monde. "

10. Le Grand Maître Fondateur dit: " Les gens du monde désignent le monde dans lequel ils vivent par l'expression < ce monde > et le monde dans lequel on s'en va après la mort par l'expression < l'autre monde >; et, s'ils s'imaginent ces deux mondes comme des mondes différents, en réalité, ils ne font que changer de corps et de position: il n'existe pas d'autre monde ailleurs ".

 

11. Le Grand Maître Fondateur dit: " Quand elle quitte le corps, la connaissance de l'homme suit d'abord le sentiment d'attachement; ensuite, selon son karma, elle subit la rétribution de ses actes et commence à transmigrer dans l'immensité infinie du monde: la méthode susceptible de permettre de transmigrer librement réside uniquement dans la suppression de tout sentiment d'attachement et dans le dépassement du karma ".

 

12. Un jour, Chng Il-sng demanda: " Quelle doit être la dernière pensée de quelqu'un au moment où il termine sa vie? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Qu'il termine par une pensée parfaite ". Il-sng demanda de nouveau: " Quel est le processus permettant la renaissance après la mort? " Le Grand Maître répondit alors: " C'est une chose analogue au réveil après le sommeil. Quand il dort dans une totale inconscience, Il-sng semble avoir totalement disparu ailleurs; cependant, quand il se réveille, c'est toujours le même Il-sng, une chose qui est le même où qu'il aille et qui, en accord avec son karma, ne cesse de naître de nouveau et de mourir de nouveau ".

 

13. Un des disciples dit: " Je voudrais connaître le processus permettant à l'âme qui reçoit un nouveau corps après avoir quitté le précédent de recevoir ce nouveau corps, ainsi que l'état dans lequel elle se trouve ". Le Grand Maître fondateur lui répondit: " Lorsque l'âme quitte le corps, en général, elle s'en va quand l'énergie du souffle s'est totalement éteinte; cependant, il arrive parfois que l'âme s'en aille alors que le corps conserve encore une certaine énergie du souffle. Quand elle a quitté le corps, en général, l'âme reste en un état d'existence intermédiaire pendant quarante-neuf jours avant d'être l'objet d'une nouvelle conception; cependant, il arrive que la nouvelle conception survienne directement au moment où l'âme quitte le corps, ou encore que cette nouvelle conception ne survienne qu'après quelques mois ou même quelques années, pendant lesquels l'âme continue à errer dans un état d'existence intermédiaire. En général, jusqu'au moment où elle obtient un nouveau corps, l'âme continue d'errer dans un état analogue au rêve pendant le sommeil, persuadée qu'elle est toujours en possession de son corps. Aussitôt que survient la nouvelle conception, la connaissance antérieure de l'âme disparaît pour faire place à la connaissance de son nouveau corps comme sien ".

 

14. Un jour, l'un des disciples dit: " Pour moi, les doutes relatifs à la naissance et à la mort ne sont pas encore résolus; j'ai toujours l'impression de mener une vie éphémère et les choses de ce monde me semblent toutes dépourvues de consistance. Comment donc dois-je faire? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Dans les textes anciens, il est dit: < En général, si l'on considère ses changements, l'univers, lui non plus, ne reste pas un seul instant inchangé; si on l'examine comme dépourvu de changement, toutes les choses et soi-même, tout est éternel >. Etudie donc profondément la signification de cette affirmation ".

 

15. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Toutes les choses, qu'il s'agisse des êtres vivants ou des choses inanimées, possèdent des éléments de la vie, et aucune de ces choses ne disparaît jamais totalement; elles ne font que changer de forme. Par exemple, si le cadavre d'une personne humaine se putréfie dans la terre, cette terre devient fertile et l'herbe qui entoure l'endroit pousse plus drue; si l'on coupe cette herbe et en fait du terreau, cela aura pour effet de faire mieux pousser les céréales. Si l'homme mange ces céréales, elles deviendront du sang et des chairs, permettant de maintenir la vie et de procéder à des activités. Dans une telle optique, aucune des choses de l'univers ne meurt ni ne disparaît, même dans l'éternité: même un brin de paille se transforme en une multitude infinie de formes et fait preuve d'une puissance de création illimitée. Etudiez profondément un tel principe, et vous obtiendrez la compréhension permettant de jouir d'une vie sans fin dans la vérité selon laquelle de toutes les choses de l'univers aucune n'est soumise à la naissance et à la mort ".

 

16. Un jour, lors d'une cérémonie organisée à l'occasion du Nouvel An, le Grand Maître Fondateur déclara devant les membres de la communauté: " Hier n'était pas un jour particulier, et aujourd'hui n'est pas, non plus, un jour spécial; pourtant, le temps écoulé jusqu'à hier est désigné par l'expression < année passée >, alors que le temps qui s'écoule à partir d'aujourd'hui est désigné par l'expression < cette année >. De même, que nous soyons morts ou que nous soyons vivants, notre âme reste la même; pourtant, pour désigner le monde d'après la mort, nous parlons de < l'autre monde >, alors que le monde dans lequel nous vivons actuellement est désigné par l'expression < ce monde >. Bien qu'il y ait ce monde et l'autre monde selon que le corps fait des quatre éléments: terre, eau, feu et vent, est vivant ou mort, l'âme, elle, est immortelle pour l'éternité et ne connaît ni la naissance, ni la mort. Par conséquent, pour celui qui possède la connaissance de ce fait, la naissance, la vieillesse, la maladie et la mort, qui marquent la vie humaine, sont des phénomènes analogues aux changements des quatre saisons: printemps, été, automne et hiver; l'autre vie et cette vie sont des choses comparables à l'année passée et à cette année ".

 

17. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Même si quelqu'un a amassé beaucoup d'argent et de céréales pendant sa vie, il n'en peut rien emporter au moment de sa mort; alors, comment pourrions-nous prétendre que des choses que nous ne pouvons même pas emporter sont notre propriété pour l'éternité? Si quelqu'un veut se préparer quelque bien pour l'éternité, pendant sa vie, dans quelque domaine que ce soit, il lui faut faire de grands efforts et de nombreuses offrandes au profit des autres et il lui faut acquérir des mérites non entachés de défauts grâce à des offrandes effectuées sans éprouver le moindre attachement et le moindre désir de récompense. En vérité, mes biens éternels sont le voeu exprimé au sujet du Dharma et la force de l'esprit déployée pour le mettre en pratique. Il faut donc accumuler sans cesse des mérites grâce à ce voeu et grâce à la pratique de l'esprit pour se trouver en possession de la sagesse et du bonheur dans le monde sans fin ni limites ".

 

18. Un jour, s'adressant aux membres de la communauté réunis au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit: " Connaissez-vous le royaume des enfers et le messager de l'autre monde? Le royaume des enfers n'est pas un autre espace, mais l'intérieur du mur de clôture de notre propre maison; et le messager de l'autre monde n'est pas quelqu'un d'autre que les membres de notre propre famille. Comment en est-il ainsi? Pour ce qui est de l'homme ordinaire, à cause des sentiments d'affection noués avec les membres de sa famille pendant cette vie, le jour de la mort de son corps, son âme ne peut s'en aller loin et retombe à l'intérieur du mur de clôture de sa maison et, s'il n'obtient pas la possibilité de renaître dans la catégorie d'existence des êtres humains, il peut arriver qu'il renaisse sous forme de quelque animal du bétail de la famille, ou sous forme d'insecte à l'intérieur de sa propre maison. C'est pour cette raison que, depuis l'antiquité, tous les Bouddhas et tous les grands moines ont sans cesse conseillé de vivre et d'agir sans attachement; en effet, à moins de se conduire ainsi, il devient impossible d'éviter de tomber dans les mauvaises catégories d'existence ".

 

19. Le Grand Maître 1dateur dit: " L'homme doit, dans la vie de tous les jours, s'adonner avec zèle à la pratique dans le détachement: l'homme qui est très attaché aux richesses, aux plaisirs charnels, à la gloire et aux honneurs, à sa femme et à ses enfants, ainsi qu'à ses vêtements, à sa nourriture et à sa maison ressent des souffrances et des angoisses bien plus grandes quand il voit ces choses disparaître de devant ses yeux. Ce n'est pour lui ni plus ni moins qu'une vie d'enfer dans la réalité et, quand un tel homme est sur le point de mourir, entraîné qu'il est par cet attachement, il se retrouve dans l'impossibilité de jouir de la liberté et finit par sombrer dans l'océan du péché. Comment donc pourrait-on s'empêcher de se montrer prudent à ce sujet? "

 

20. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Depuis quelque temps, il arrive que certaines personnes fassent l'acquisition d'un bel emplacement en vue d'ériger leur tombeau et conçoivent la profonde conviction qu'un jour elles seront enterrées en cet endroit. Au moment où se termine la vie de telles personnes, leur connaissance s'en va immédiatement vers l'endroit en question et si, dans le voisinage, elles n'ont pas la possibilité de renaître dans la catégorie d'existence de l'être humain, elles tombent sans le savoir dans les mauvaises catégories d'existence, si bien qu'il leur devient difficile de renaître dans un corps humain. Comment donc pourrait-on s'empêcher de faire preuve de prudence à ce sujet? "

 

21. Un jour, un de ses disciples refusant d'obéir à ses ordres et s'entêtant à agir à sa guise, le Grand Maître Fondateur lui dit: " Si tu ne veux en faire qu'à ta guise pour des choses sans importance, tu finiras par faire de même pour des choses importantes; alors, tu finiras par tout faire selon tes vues personnelles, si bien que tu seras dans l'impossibilité d'accepter mes directives et mes conseils destinés à ta délivrance et à ton entrée en nirvâna. Et si tu n'acceptes pas mes directives et mes conseils pour ta délivrance et ton entrée en nirvâna, je me trouverai dans l'impossibilité de faire quoi que ce soit malgré mon désir de te sauver ".

 

22. Un jour, s'adressant aux membres de la communauté réunis au centre de formation, le Grand Maître Fondateur dit: " Si vous supprimez tous les attachements et tous les sentiments de cupidité qui sont ceux des gens du monde, si vous écoutez tous les jours l'enseignement de la Loi de façon à purifier votre esprit et à obtenir la force spirituelle, non seulement vous pourrez obtenir votre propre délivrance, mais encore la force de la Loi se répandra de vous dans tout l'espace, si bien que même la vermine et les insectes qui vivent dans le voisinage pourront obtenir la délivrance. Pour prendre une comparaison, tout comme la neige et la glace fondent tout naturellement sous les rayons du soleil, alors que ces rayons du soleil brillent avec une totale indifférence, sans chercher à faire fondre cette neige et cette glace, le karma des hommes ordinaires et de tous les êtres en général fond, sans même qu'ils s'en rendent compte, devant la force de la Loi des ascètes qui n'éprouvent aucun sentiment d'égoïsme, ni aucune pensée mondaine ".

 

23. Le Grand Maître Fondateur dit: " Parmi les êtres humains, il y a les hommes du ciel et les hommes de la terre. Les hommes du ciel sont des hommes qui sont toujours détachés de tout désir, dont la pensée est élevée et desquels s'élève vers le haut une énergie limpide; les hommes de la terre sont des hommes dont le désir est brûlant, dont la pensée est vulgaire et desquels émane une force trouble dirigée vers le bas. Cela représente le point où divergent les voies séparant les bonnes et les mauvaises catégories d'existence; par conséquent, si quelqu'un sait procéder à un examen de son esprit et de son coeur, il peut savoir à quel genre d'homme il appartient et ainsi prévoir ce que sera son sort à l'avenir ".

 

24. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Il faut que les nuages noirs disparaissent du ciel pour qu'apparaisse la lune dans toute sa clarté, afin d'éclairer toutes les choses de l'univers. De même, il faut que les nuages du désir disparaissent du ciel de l'esprit de l'ascète pour qu'y monte la lune de la sagesse, qui deviendra le miroir susceptible d'éclairer tous les êtres de tous les âges; ainsi, l'ascète deviendra le grand maître de la Loi, qui apporte la délivrance aux êtres tombés dans les mauvaises catégories d'existence ".

 

25. Le Grand Maître Fondateur dit: " Un matin, quand j'ai regardé de Ynggwang en direction de Puan et de Pynsan, l'espace était enveloppé d'une sorte de clarté; ensuite, je me suis dirigé vers cet endroit, et j'ai découvert les moines bouddhistes réunis à l'ermitage de Wlmyng, qui venaient de commencer leur méditation. En vérité, si l'on concentre son esprit et purifie son coeur, peu à peu les forces troubles disparaissent pour faire place à des forces pures et claires, qui s'élèvent jusqu'au sommet du ciel, si bien que tout l'univers s'en trouve enveloppé dans cette clarté bien nette et que, entourés par la force de la Loi, tous les êtres des six catégories d'existence et des quatre formes de naissance obtiennent en même temps la délivrance et l'entrée dans le nirvâna ".

 

26. Un jour qu'il participait à une cérémonie du soir, le Grand Maître Fondateur regarda l'un après l'autre tous les membres de la communauté réunis sous la lueur des lampes et il leur dit: " L'énergie qui s'élève de chacun de vous est différente de celle qui s'élève des autres; parmi vous, il y a les personnes qui ont beaucoup pratiqué la culture de l'esprit, dont l'énergie trouble a complètement disparu et dont s'élève uniquement une énergie toute de clarté, les personnes chez lesquelles il existe peu d'énergie trouble et beaucoup d'énergie claire, les personnes chez lesquelles il y a une opposition entre l'énergie trouble et l'énergie claire, les personnes chez lesquelles il y a beaucoup d'énergie trouble et peu d'énergie claire, et encore les personnes chez lesquelles il existe seulement de l'énergie trouble ". Et le Grand Maître poursuivit: " Plus une personne est en proie à la cupidité, plus son énergie devient trouble et moins elle s'élève vers le ciel; quand une telle personne termine sa vie, il lui est impossible de renaître dans un corps humain; alors, elle renaît sous forme de quelque animal ou de quelque insecte. De plus, même si la cupidité reste relativement importante, quand une personne néglige la culture de l'esprit pour ce qui est de l'intérieur et l'acquisition des mérites pour ce qui est de l'extérieur pour s'intéresser uniquement aux choses qu'elle connaît, son énergie s'élève avec légèreté, mais, manquant de poids, elle devient un asura ou un oiseau. Par conséquent, les personnes qui s'adonnent à l'ascèse doivent comprendre l'esprit et, ensuite, le cultiver avec limpidité; si elles savent faire la différence entre ce qui est juste et ce qui est injuste et agir avec droiture, elles finiront par obtenir la force mystérieuse de l'esprit, ce qui leur permettra de ne pas être écrasées par la roue des six catégories d'existence et d'obtenir un corps selon leur volonté; quand elles auront quitté leur corps matériel, tout en parcourant le monde de l'espace uniquement grâce à la force mystérieuse de l'esprit, elles seront aussi en possession d'une puissance qui leur permettra de s'adonner uniquement et entièrement à la culture de l'esprit ".

 

27. Le Grand Maître Fondateur dit: " Appliquez-vous avec ferveur et redoublez de ferveur de façon à ce que toujours votre esprit évite tout trouble, toute stupidité et toute perversité; alors, grâce à cette force, vous obtiendrez la puissance de délivrer et de faire entrer en nirvâna même les êtres tombés en enfer. Le seul fait de nouer une fois le lien avec la Loi parfaite du Bouddha suffit pour devenir la bonne semence permettant de réaliser l'état de Bouddha pendant l'éternité ".

 

28. Quand Kim Kwang-sn entra en nirvâna, le Grand Maître Fondateur pleura et, s'adressant aux membres de la communauté, il dit: " Pour parler de P'alsan, pendant plus de vingt années au cours desquelles nous avons partagé les souffrances et les joies, nous avons lié une amitié inexprimable. Nous savons que le Corps de la Loi ( le Dharmakâya ) ne connaît ni naissance ni mort, ni croissance ni déclin; cependant, puisque nous ne reverrons plus son corps matériel avec le même visage, comment pourrions-nous éviter d'éprouver de la tristesse? Désormais, je vais prononcer pour P'alsan la Loi relative à la naissance et à la mort, à la suppression de la rétribution des actes; écoutez donc la prédication de cette Loi avec encore plus de ferveur et d'attention dans l'intention de consoler P'alsan. Si, en écoutant mes paroles, vous obtenez la compréhension, non seulement vous en tirerez profit pour vous-mêmes, mais encore il en résultera un profit pour P'alsan, lui aussi. Dans l'enseignement du Bouddha du passé, il est dit que, si quelqu'un obtient et met en pratique la grande Voie où il n'existe ni naissance ni mort, cela lui permettra de supprimer le karma ( la rétribution des actes ) de plusieurs vies; la méthode permettant de supprimer le karma est la suivante. Si quelqu'un me cause de la souffrance ou des dommages, il me faut éviter de lui garder rancune et de le détester du fond du coeur; je dois penser que je m'acquitte par là d'une dette du passé et je dois rester serein; il me faut aussi éviter de m'opposer à lui. Si, de ce côté, je me laisse vaincre alors que mon tour est venu de prendre ma revanche, le karma de ces actes disparaît. De plus, il faut savoir que la naissance et la mort, la douleur et le plaisir sont vides, et là il faut faire en sorte que s'arrête l'esprit. Là il n'y a ni naissance, ni mort, ni rétribution des actes; par conséquent, on peut dire que, quand l'on parvient à ce stade, la naissance, la mort et la rétribution des actes disparaissent complètement ".

 

29. Pak Che-bong demanda: " Quel avantage y a-t-il pour l'âme dans le fait que l'on organise des cérémonies pour demander l'entrée en nirvâna le quarante-neuvième jour après la mort ou encore des cérémonies pour l'anniversaire de l'entrée en nirvâna? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Il existe dans l'univers un principe régissant de curieuses correspondances: si l'homme sème des céréales en terre et répand du fumier, bien que la terre soit une chose inanimée, que les céréales et le fumier soient aussi des choses inanimées, il se produit des différences dans le rendement des céréales. S'il en est ainsi dans le cas des céréales, qui sont des choses inanimées, à plus forte raison, comment l'être humain, l'être le plus spirituel, resterait-il insensible à la ferveur? Si tout le monde exprime des voeux et des confessions intérieurs pour l'âme des défunts, si tout le monde fait des prières, fait des offrandes et demande à des grands moines de venir prêcher la Loi, il y aura correspondance entre les esprits, réponse entre les énergies, et l'âme des défunts pourra parfois entrer directement en nirvâna, ou bien elle pourra peu à peu réaliser quelque progrès, même si elle est tombée dans les mauvaises catégories d'existence; de plus, même si elle est partie en laissant de nombreuses dettes contractées dans ses vies précédentes, s'il est fait bon usage des offrandes faites en argent pour procéder à des travaux communautaires au nom de l'âme du défunt, celle-ci pourra se voir exemptée de ces dettes, ou encore, dans le cas des personnes qui n'avaient pas contracté de telles dettes, elle pourra accumuler du bonheur incorporel. Pour donner une autre explication concernant le principe selon lequel ont lieu les réponses aux voeux et aux prières, je dirai que ce principe opère de façon analogue au principe des échanges qui interviennent entre deux sources d'électricité ".

 

30. Un des disciples demanda: " Depuis l'antiquité, les enfants, les membres de la famille ou encore les amis des défunts font des offrandes devant le Bouddha pour l'âme des personnes avec lesquelles ils étaient liés, et ils font venir de grands moines pour prêcher la Loi et réciter des Textes sacrés; quel en est le résultat et quelle différence y a-t-il dans l'efficacité de ces pratiques, compte tenu des différences de ferveur ou de puissance spirituelle des personnes qui interviennent? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Prier et faire des offrandes pour l'âme d'un défunt est l'expression de la ferveur; la ferveur pouvant tout obtenir du ciel si elle est extrême, le résultat des prières apparaît en proportion du degré de ferveur; de même, la prédication de la Loi ou la récitation des Textes sacrés donnent des résultats qui dépendent de la puissance spirituelle des moines qui interviennent; dans certains cas, l'âme du défunt devra d'abord subir le karma accumulé dans le passé pour revenir ensuite sans s'en rendre compte elle-même dans les bonnes catégories d'existence; dans certains cas, elle sera libérée de tout karma et entrera directement dans les bonnes catégories d'existence; dans certains cas, après avoir erré dans un monde intermédiaire sans trouver le chemin vers une nouvelle naissance, elle finira par trouver ce chemin; et, dans certains cas, après être restée prisonnière à cause d'un attachement momentané, elle se débarrassera de cet attachement et, jouissant de la liberté du monde céleste et de l'humanité, elle pourra obtenir le bonheur et la joie. Cependant, si la ferveur des enfants n'est pas extraordinaire et si la puissance spirituelle des grands moines est insuffisante, leur action n'aura pas une efficacité remarquable sur les dispositions de l'âme. Pourquoi les choses se passent-elles de cette façon? La raison en est que seule une extrême ferveur peut obtenir une véritable efficacité; pour prendre une comparaison, cela est analogue au cas où, le paysan n'ayant pas mobilisé toute sa ferveur ni toute sa force lorsqu'il cultivait son champ et préparait ses cultures, il n'obtient qu'un maigre rendement lors de la récolte des céréales ".

 

31. S Tae-wn demanda: " En ce qui concerne l'âme pour laquelle on demande l'entrée en nirvâna, peut-elle comprendre telles quelles les prières et les textes récités pour demander son entrée en nirvâna? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Il existe des âmes qui les entendent, mais il en existe aussi qui ne les entendent pas; cependant, plutôt que le fait que l'âme entende ces paroles telles quelles et parvienne ainsi à obtenir l'Eveil, la force des mérites ainsi acquis se reporte sur l'âme et, sans que celle-ci s'en rende compte, cette force devient pour elle un lien pour l'entrée en nirvâna. Tout comme dans le cas d'une mouche qui, par ses propres forces, ne saurait parcourir cent lieues mais peut les parcourir sans même s'en rendre compte en restant accrochée au corps d'un cheval très rapide, grâce à cette force, l'âme parvient peu à peu à nouer le lien de la Loi ".

 

32. Kim Tae-g demanda un jour: " Aujourd'hui, nous avons procédé aux offrandes et aux prières pour l'entrée en nirvâna à l'occasion du quarante-neuvième jour après la mort d'un enfant de deux ans; s'il est difficile déjà pour une grande personne de comprendre de tels rites et d'obtenir ainsi l'entrée en nirvâna, comment l'âme d'un tel enfant peut-elle les comprendre et obtenir ainsi l'entrée en nirvâna? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Pour ce qui est de l'âme, il n'existe pas de différence entre les enfants et les adultes; le principe de l'obtention de l'entrée en nirvâna est analogue au travail qui consiste à donner du fumier aux plantes ou encore au phénomène selon lequel tout métal se rassemble là où se trouve un aimant: tous les êtres animés vivant avec la racine de l'âme enracinée dans l'espace, le fait d'organiser des offrandes et des prières de la Vérité devient une sorte de fertilisant qui, au travers de l'espace, se révèle efficace pour les racines de l'âme ".

 

33. Kim Tae-g demanda de nouveau: " Si l'on organise une telle cérémonie, est-ce que les péchés commis par chacun au cours de sa vie quotidienne, qu'ils soient sans gravité ou graves, sont immédiatement effacés de façon à permettre au défunt d'entrer en nirvâna? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Selon la gravité plus ou moins grande des actes de chacun, selon aussi la ferveur des personnes qui organisent la cérémonie et la puissance spirituelle des moines qui y participent, tous les péchés peuvent être effacés immédiatement, comme la glace fond sous les rayons du soleil, mais cela peut aussi parfois exiger beaucoup de temps; cependant, les mérites de l'organisation d'une telle cérémonie ne sauraient absolument pas rester vains, et nécessairement ils permettent à l'âme du défunt de nouer des liens profitables ".

 

34. Kim Tae-g demanda encore: " Comment se fait-il que l'on ait fixé les cérémonies pour l'entrée en nirvâna au quarante-neuvième jour après la mort? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Etant donné qu'après la mort de quelqu'un, son âme reste généralement pendant environ quarante-neuf jours dans un état intermédiaire avant de recevoir un nouveau corps en accord avec tous ses actes passés, selon l'enseignement du Bouddha du passé, en vue d'inspirer à cette âme une nouvelle pensée pure, on a fixé ce jour pour exprimer des voeux destinés à permettre son entrée en nirvâna. Cependant, il y a de multiples âmes qui obtiennent un nouveau corps aussitôt après la mort, cela en accord avec l'attachement que l'esprit de la personne décédée avait conçu durant sa vie ".

 

35. Kim Tae-g demanda ensuite: " Dans le Nirvâna sûtra, il est dit: < Si vous désirez connaître ce qu'a été votre vie antérieure, regardez ce que vous avez reçu pendant la vie présente; et si vous désirez connaître ce que sera votre prochaine vie, regardez ce que vous avez fait au cours de la vie présente >. Si l'on examine les punitions et le bonheur reçus au cours de la vie présente, il se peut que certaines personnes qui, d'après leur attitude morale, mériteraient d'être punies mènent au contraire une vie de plaisir dans une famille riche et comblée d'honneurs, et que certaines personnes qui, pleines de bonté, devraient obtenir le bonheur subissent au contraire d'horribles souffrances. Peut-on tout de même dire que la vérité de la rétribution des actes est juste et précise? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " C'est pour cette raison que tous les Bouddhas et les grands moines ont mis les hommes en garde et leur ont demandé de faire en sorte que leur dernière pensée soit pure. Les personnes qui jouissent dans la vie présente des richesses et des honneurs malgré la perversité de leur esprit et de leur coeur sont des personnes qui, après avoir acquis des mérites grâce à de bonnes actions au début de leur vie antérieure, se sont persuadées vers la fin de leur vie qu'elles n'avaient pas à accomplir de bonnes actions et qui, dans leur déchéance, ont terminé leur vie avec des pensées perverses; par contre, les personnes qui mènent une vie misérable tout au long de leur vie présente malgré la bonté de leur esprit et de leur coeur sont des personnes qui, au début de leur vie antérieure, ont commis de mauvaises actions sans s'en rendre compte, puis se sont repenties et ont intercédé auprès du Bouddha vers la fin de leur vie pour la délivrance de tous les êtres. Ainsi, la dernière pensée de la vie présente devient la première pensée de la vie à venir ".

 

36. Kim Tae-g demanda: " Après la mort, les êtres ne font plus partie de notre monde; alors, l'âme peut-elle se déplacer selon sa propre volonté exactement comme on se déplace pendant sa vie? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Seule la connaissance de l'âme reste inchangée après la mort; il existe seulement une différence dans ses déplacements selon qu'il s'agit d'une âme entraînée par la cupidité, la jalousie et la stupidité ou d'une âme qui a réussi à surmonter la cupidité, la jalousie et la stupidité: au moment de la mort, la première est liée par l'attachement et ne peut pas se déplacer librement; aveuglée par la force du karma, elle ne voit clairement que l'endroit auquel elle s'est attachée et est entraînée vers cet endroit; de même, au moment de recevoir un nouveau corps, toutes les choses que cette âme voit lui apparaîssent comme le contraire de ce qu'elles sont en réalité, si bien que les animaux et les insectes lui semblent beaux, et qu'elle prend corps en accord avec ses désirs sensuels et selon ses rêves, sans même s'en rendre compte. Il en est de même quand il s'agit de choisir les parents qui lui donneront une vie et un corps humains. Ou encore, quand une âme ne peut renaître dans un corps humain, alors qu'elle a émis un voeu pour une rétribution déterminée, elle reçoit une rétribution analogue à cette rétribution prévue dans le règne animal ou parmi les insectes. Ainsi, privée de la liberté en ce qui concerne la naissance et la mort, entraînée sans répit par la transmigration dans les six catégories d'existence, une telle âme endure d'innombrables souffrances et se voit entraînée dans les douze étapes de la causalité en chaîne. Au contraire, quand une personne est à l'article de la mort, n'étant pas liée par l'attachement, l'âme qui est parvenue à surmonter la cupidité, la jalousie et la stupidité est libre d'aller et venir; voyant et pensant rapidement, faisant la différence entre les endroits convenables et les endroits qui ne conviennent pas, elle n'est pas prisonnière du karma et, même au moment de recevoir un corps nouveau, restant imperturbable, elle reçoit le corps qui lui convient; de même, au moment de la conception, elle considère ses parents avec reconnaissance et choisit le sein maternel qui va lui donner naissance. Selon le voeu qu'elle a émis, cette âme reçoit la rétribution déterminée aussi bien dans les choses sans importance que dans les choses importantes: jouissant de la liberté pour la naissance et la mort, sans être entraînée dans la transmigration des six catégories d'existence, elle va et vient en faisant ce qu'elle veut des douze étapes de la causalité en chaîne ".

 

37. Kim Tae-g demanda encore: " Pour quelle raison se forme-t-il des liens étroits et intimes? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " En général, les êtres ordinaires lient d'ordinaire tantôt de bons liens étroits par affection et tantôt de mauvais liens étroits à cause de la haine; cependant, les Bouddhas et les Bodhisattvas lient toujours et uniquement des liens étroits par miséricorde, en vue de délivrer tous les êtres ".

 

38. Kim Tae-g demanda enfin: " Est-ce seulement après la mort de quelqu'un que l'on peut prier et exécuter des rites pour demander son entrée en nirvâna? " Le Grand Maître Fondateur répondit: " Pour demander l'entrée en nirvâna, il n'y a pas de différence entre la vie et la mort, et les prières faites par la personne concernée elle-même pendant sa vie sont plus efficaces que celles qui sont faites par d'autres personnes après sa mort. Par conséquent, si, tout en gardant son esprit et son coeur limpides, propres et droits, une personne parvient au stade lui permettant de ne point se laisser entacher, même quand les six connaissances appréhendent les six objets des organes sensoriels, non seulement elle jouit d'une grande puissance pour demander l'entrée en nirvâna des autres, mais encore elle peut être considérée comme ayant achevé la préparation de sa propre entrée en nirvâna. Cependant, de telles personnes ne sont pas très nombreuses; c'est pourquoi, en tout temps, tous les ascètes se sont adonnés avec diligence à la pratique de l'ascèse ".

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