Dharmas > Sûtra fondamental

13. La communauté

 

1. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Les sentiments qui lient le maître et le disciple doivent être aussi étroits que ceux qui unissent un père et un fils, afin de permettre de supprimer les obstacles pour l'enseignement et l'étude; les sentiments qui lient les amis doivent être aussi étroits que ceux qui unissent des frères, pour permettre de ne pas hésiter à donner des conseils et des encouragements. C'est seulement après cela que passe le flux moral et qu'il y a transmission de la loi de l'esprit, ce qui devient une force contribuant à l'étude et à la pratique ainsi qu'à la réalisation des travaux ".

 

2. Lors de la cérémonie commémorative organisée à l'occasion du douzième anniversaire de la fondation de la communauté, le Grand Maître Fondateur dit aux membres de la communauté: " Vous venez d'entendre un compte rendu et les résultats des travaux entrepris au cours des douze années écoulées depuis la fondation de notre communauté; dites ce que vous pensez à ce sujet ". Plusieurs disciples vinrent l'un après l'autre exprimer ce qu'ils ressentaient; après les avoir écoutés avec attention, le Grand Maître leur dit: " Dans l'ensemble, vos impressions sont justes; cependant, un point essentiel n'ayant pas été exprimé, je voudrais vous l'exposer. Dans cette assemblée, il y a des personnes que j'ai rencontrées il y a déjà plusieurs années et des personnes rencontrées depuis quelques années seulement et, tout naturellement, il y a des différences entre les anciens et les nouveaux; à l'occasion de cette journée commémorative, je voudrais vous inviter à concevoir une nouvelle reconnaissance et une nouvelle compréhension entre anciens et nouveaux. Pour ce qui est des nouveaux venus, ils n'ont pas encore fait beaucoup d'efforts pour la fondation de cette communauté, mais, depuis leur entrée dans cette communauté, grâce aux institutions déjà établies et aux lois et règles déjà élaborées, ils peuvent s'adonner à l'étude et à la pratique en toute tranquillité: c'est le résultat des grands efforts déployés avec zèle par les plus anciens. Si ces derniers n'avaient pas existé, que pourraient apprendre les nouveaux venus et sur quoi pourraient-ils s'appuyer? Par conséquent, éprouvant sans cesse de la reconnaissance et du respect à l'égard des plus anciens, les nouveaux venus doivent éprouver la plus grande vénération à l'égard de tous les anciens. Pour ce qui est des plus anciens, si, depuis le début de la fondation, ils ont élaboré diverses lois et règles et établi diverses institutions en y mettant tout leur zèle au milieu de toutes sortes de difficultés, comment apparaîtrait la valeur des peines endurées par eux pendant plusieurs années, comment ces institutions, ces lois et ces règles seraient-elles transmises éternellement au monde et comment connaîtrait-on donc éternellement leurs mérites si, à leur suite, les nouveaux venus n'avaient pas utilisé de telles institutions, s'ils n'avaient pas mis ces lois et ces règles en pratique, et s'ils n'assumaient pas la gestion des institutions établies? Par conséquent, éprouvant de la reconnaissance à l'égard des nouveaux adhérents, les plus anciens doivent les accueillir avec la plus grande joie et être prêts à tout faire pour eux. Si les plus anciens comme les nouveaux adhérents gardent toujours une telle façon de penser, je suis profondément convaincu que non seulement la destinée de notre religion sera pleine de promesses, mais encore que vos mérites se transmettront sans fin aux générations à venir ".

 

3. Lors d'un voyage du Grand Maître Fondateur à Séoul, de nombreux disciples vinrent le saluer et, entre eux, ils disaient: " Comment ne pas nous réjouir de l'étroitesse des liens qui nous unissent et selon lesquels, nés dans un même pays, à la même époque, nous avons la chance de nous adonner à l'étude et à la pratique sous la direction d'un même Bouddha? Il s'agit là en vérité de liens remarquables qui, pendant très longtemps, continueront à nous unir ". Après avoir entendu ces paroles, le Grand Maître dit: " Quand je vous entends parler ainsi, d'un côté j'éprouve de la joie, et d'un autre côté j'éprouve de l'inquiétude. Ma joie vient du fait qu'aujourd'hui, devant moi, vous vous sentez en harmonie entre vous et en éprouvez de la joie. Mon inquiétude, elle, vient de la crainte que, malgré la joie et le bonheur que vous éprouvez aujourd'hui au sujet des liens qui vous unissent, vos relations ne deviennent un jour des relations de qualité inférieure ". Un des disciples demanda: " Comment, au milieu d'un tel bonheur, nos relations pourraient-elles se détériorer? " Le Grand Maître lui répondit: " C'est parmi les personnes les plus proches que l'on voit apparaître les relations de la qualité la plus inférieure qui soit; par exemple, entre personnes très proches, comme père et fils, frères, époux ou amis, il arrive parfois que l'on ne respecte pas les règles des convenances et que, par manque d'attention, le désir mutuel de faire quelque chose pour l'autre finisse par provoquer une mutuelle rancune, ou encore que le désir d'enseigner quelque chose à l'autre soit à l'origine de mutuels malentendus, si bien qu'en de multiples cas, cela risque d'aboutir à une situation qui ne vaut même pas les relations que l'on peut avoir avec des étrangers auxquels on n'est lié par aucun lien de proximité ". Alors, un des disciples demanda: " Comment faut-il donc faire pour qu'entre personnes proches les unes des autres les relations ne se détériorent pas et restent toujours bonnes? " Le Grand Maître lui répondit: " Si vous évitez de conseiller de façon excessive des choses que les autres ne désirent pas, si vous ne faites pas semblant d'être des personnes importantes et ne cherchez pas à vaincre les autres, si, bien que la connaissance du bien et du mal dans les actions des autres vous permette de porter un jugement sur vos propres actions, vous évitez de parler des erreurs d'autrui, si vous ne cherchez pas à accaparer pour vous seuls l'affection de votre maître et savez respecter les convenances en toutes choses, vos relations ne se détérioreront pas, et vous serez en mesure de garder intacte la joie que vous connaissez aujourd'hui ".

 

4. Le Grand Maître Fondateur dit un jour " Si l'on fréquente les gens de ce monde, on se rend compte qu'en général chacun possède des caractéristiques différentes. Par caractéristiques, on désigne les règles choisies parmi les innombrables règles qui existent en ce monde et particulièrement mises en pratique par une personne donnée, ou ce qu'elle a appris au cours d'une longue expérience, ou une conception spéciale concernant une règle établie en accord avec sa propre opinion, ou encore des habitudes particulières acquises par chaque personne dans la pratique. Si chaque personne se contente de mettre son propre caractère en avant sans comprendre les caractéristiques des autres, il risque de se produire des frictions et des heurts, même entre personnes intimes entre elles. La raison en est que, les expériences et les connaissances de chacun étant différentes de celles des autres, à cause de l'ignorance d'autrui concernant mes connaissances, des divergences de coutumes régionales, des différences des idées entre les anciens et les modernes, ou encore à cause des divergences des caractères aimant ou n'aimant pas certaines choses en raison des expériences faites pendant les vies antérieures ou la vie présente, je finis par nier ou mépriser les connaissances d'autrui à cause de mes propres connaissances, et, dans les cas extrêmes, je vais jusqu'à détester autrui. La raison en est donc que, dans une optique générale, les hommes ne savent pas comprendre mutuellement leurs caractéristiques réciproques. Par conséquent, ce n'est pas uniquement parce qu'une personne a des défauts qu'elle est l'objet de la critique d'autrui: il est rapporté que les étrangers à la religion bouddhique firent en son temps contre le Bouddha d'innombrables critiques, mais en vérité la raison n'en venait pas d'erreurs qu'aurait commises le Bouddha. C'était le résultat du fait que, leurs connaissances et leurs expériences étant différentes, ceux qui le critiquaient étaient incapables de comprendre sa véritable pensée. Ainsi, puisque vous appartenez à une communauté de personnes venues de diverses régions et possédant des connaissances et des expériences différentes, il vous faut absolument comprendre que chaque personne possède des caractéristiques différentes, de façon à faire fleurir des vertus susceptibles de prévenir les heurts entre les fidèles et de favoriser la compréhension mutuelle ".

 

5. Le Grand Maître Fondateur dit un jour à un groupe de ses disciples: " Quand les personnes ou les choses se trouvent placées loin les unes des autres, il ne se produit aucun bruit; par contre, quand elles se rapprochent, il se produit nécessairement des bruits là où elles se rencontrent: comme il se produit un bruit de fer lorsque deux morceaux de fer se heurtent et un bruit de pierre lorsque deux blocs de pierre se heurtent, il retentit des voix équitables lorsque des personnes équitables se rencontrent, et des voix perverses lorsque des personnes perverses se trouvent rassemblées. Voyez! Plusieurs milliers d'années se sont écoulées depuis que les saints personnages du passé ont fondé leurs communautés et, aujourd'hui encore, limpides et claires, leurs voix retentissent aux oreilles de tous les êtres. Par contre, les voix discordantes des hommes dépourvus de sentiments humains ne continuent-elles pas à éveiller la méfiance dans le coeur de la multitude des êtres? Si l'on peut dire qu'à l'origine il n'existait pas la moindre relation entre vous, maintenant que vous vous êtes rencontrés et travaillez désormais ensemble, nécessairement des voix retentiront; je vous en prie, faites attention, de façon à ce qu'il ne retentisse point de paroles méchantes, mais seulement et pour toujours des paroles de bonté. Si des paroles de bonté retentissent sans interruption, non seulement cela sera très heureux pour vous, mais encore ce sera un événement heureux pour le monde entier ".

 

6. Le Grand Maître Fondateur dit: " Lorsque les hommes entreprennent des activités dans ce monde, même s'il s'agit de personnalités identiques déployant des efforts identiques, selon l'importance des travaux entrepris, il y a différence de valeur et, selon la durée des travaux entrepris, il y a différence en ce qui concerne la durée historique: pour ce qui est de l'importance plus ou moins grande des travaux, il y a les travaux concernant la famille individuelle, les travaux entrepris pour une nation ou un Etat, les travaux entrepris pour le monde entier; pour ce qui est de la durée plus ou moins longue des travaux, il y a les travaux dont l'histoire dure pendant quelques dizaines d'années, les travaux dont l'histoire s'étend sur quelques centaines d'années, les travaux dont l'histoire s'étend sur quelques milliers d'années et des travaux qui se perpétuent pendant un temps illimité, et dont l'importance plus ou moins grande ainsi que la durée plus ou moins longue apparaissent en fonction des circonstances dans lesquelles ils sont réalisés. Quand on se demande quels sont donc en ce monde les travaux dont le domaine est le plus vaste et qui sont caractérisés par la plus longue durée, on peut savoir qu'il s'agit des oeuvres en relation avec la morale ( religion ): ces oeuvres relatives à la morale ( religion ) ne connaissent ni frontières ni limites dans le temps. Autrefois, quand le Bouddha Câkyamuni vivait de mendicité avec ses mille deux cents disciples, quand Confucius poursuivait ses pérégrinations dans divers royaumes sans obtenir un poste administratif, quand Jésus allait de région en région en compagnie de ses douze disciples, ils ne possédaient qu'une puissance dérisoire; cependant, de nos jours, leur enseignement s'étant répandu dans le monde entier, plus le temps passe, plus grande n'est-elle pas la lumière répandue par ces saints personnages? De même, puisque vous êtes déjà entrés dans notre communauté religieuse, il vous faut d'abord bien comprendre la valeur de ces oeuvres morales et poursuivre des efforts constants afin de devenir les artisans de l'oeuvre la plus vaste, l'oeuvre qui s'étend sur la plus longue durée, l'oeuvre la plus grande qui existe en ce monde ".

 

7. Le Grand Maître Fondateur dit: " Les personnes qui ont quitté leur famille et sont entrées en religion sont des personnes qui ont offert leur esprit et leur corps uniquement pour la communauté; leur devoir est de se consacrer entièrement et uniquement aux travaux de la communauté, sans se préoccuper de leur gloire, de leurs droits et de leurs intérêts personnels; cependant, depuis quelque temps, à en juger par ce que je vois, certaines de ces personnes oublient peu à peu l'esprit initial et, pour une raison ou une autre, elles éprouvent une certaine rancoeur sans trop savoir pourquoi et se mettent à penser à autre chose que leur devoir, si bien que, tout en prétendant se dévouer pour les autres, elles finissent par se préoccuper avant tout d'elles-mêmes. Comment pourrait-on dire que cela représente le devoir des personnes entrées en religion afin de se consacrer au service de la communauté? Votre voeu initial a pour objectif d'acquérir pendant toute votre vie des mérites non entachés par le désir ou les passions, de faire des actes de Bodhisattva parmi les êtres. Si l'on commet le péché là où l'on a pris la résolution d'acquérir des mérites, si, au cours de la pratique destinée à faire des actes dignes des Bodhisattvas, on en arrive au contraire à cultiver des sentiments pareils à ceux du commun des êtres, le péché en sera plusieurs fois plus grave que s'il avait été commis dans le monde ordinaire. Comment pourrait-on n'en point éprouver de crainte? Souvenez-vous bien de ces paroles et procédez sans cesse à l'examen de votre coeur et de votre esprit; demandez-vous en conscience si vous êtes une personne entrée en religion qui se consacre au service des autres ou une personne entrée en religion qui espère que les autres se dévouent pour elle. Dans le premier de ces deux cas, persévérez avec cette même attitude; dans l'autre de ces deux cas, il vous faut immédiatement changer d'esprit et, s'il vous est impossible de corriger votre attitude et votre conduite, il vaudra mieux retourner vivre dans votre famille, de façon à éviter de faire que ne s'accumulent des actions mauvaises qu'à l'origine vous n'avez pas désirées ".

 

8. En voyant que Chng Yang-sn et ceux qui s'acquittaient avec lui des pénibles travaux du réfectoire avaient les traits tirés à cause de la fatigue, le Grand Maître Fondateur leur dit: " Votre travail est fort pénible, et vous en avez le visage marqué par la fatigue. Le fait que vous exécutiez des travaux au-dessus de vos forces en acceptant toutes les difficultés pour vous consacrer à cette pratique et à ces travaux, soit dans les ateliers, soit au réfectoire, soit au service des travaux entrepris, est semblable au travail qui consiste à chauffer à plusieurs reprises des morceaux de fer dans le feu de la forge, puis à les battre et les battre encore à coups de marteau, afin d'en éliminer toutes les impuretés et de fabriquer avec un fer bien pur les outils dont le monde a besoin. Dans ces pénibles circonstances, il vous faut donc procéder à la recherche de la Vérité et obtenir les trois puissances pour que soient éliminées les impuretés de l'homme ordinaire, de façon à devenir des Bouddhas et des Bodhisattvas pareils à l'or pur. En d'autres termes, tout comme ,sans ce feu de forge, il est impossible d'obtenir un fer pur, sans l'épreuve de toutes les situations pénibles, il est impossible de parvenir à la formation d'une personnalité remarquable. Il vous faut connaître la signification de cela afin de vivre dans la sérénité et la joie ".

 

9. L'un des disciples demanda un jour: " Il est dit que les pécheurs qui risquent de subir le " karma du filet d'or " ( kmsamangbo ) pendant plusieurs vies futures sont plus nombreux parmi les personnes qui s'adonnent à la vie religieuse que parmi les gens du monde. Comment se fait-il qu'il en soit ainsi? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Si les fautes commises par les gens du monde exercent généralement une influence uniquement sur les individus ou sur les familles, les fautes commises par les personnes qui s'adonnent à la vie religieuse incitent à l'erreur, et pour de nombreuses vies, une multitude de personnes si, ignorant la Loi juste, elles les guident vers de mauvaises voies. De plus, la raison en est que, tout vêtement et tout bol de riz étant le fruit des efforts et de la sueur des laboureurs et des tisserandes, si l'on vit sans rien faire, cela équivaut à vivre en se nourrissant du sang du commun des hommes. La raison en est encore que, tout en connaissant les grandes faveurs des quatre bienfaits, du fait que l'on ne sait pas les rendre, on commet la faute d'ingratitude envers la famille, envers la société, envers l'Etat et envers le monde entier. Peut-être qu'en entendant de telles paroles, certains penseront qu'elles sont exagérées, mais en réalité il n'en est rien. Par conséquent, je vous demande de procéder de temps à autre à un examen de conscience, de façon à ne point vous écarter de votre objectif initial ".

 

10. Le Grand Maître Fondateur dit: " Nous devons éviter de devenir des démons-vampires: les personnes qui profitent de leur position ou de leurs pouvoirs et, par des moyens pervers, accaparent pour en vivre, sans en payer un prix convenable, les biens acquis par des personnes qui leur sont inférieures au prix de leurs efforts et de leur sueur, les personnes qui se procurent le vivre et le couvert sans raison, par esprit de dépendance déplacé, sous prétexte que leurs victimes sont des membres de leur famille ou des amis, et les personnes qui recherchent la vie facile uniquement pour elles-mêmes sont désignées par l'expression < démons-vampires >. Nous devons donc, nous aussi, procéder sans cesse à un examen de notre vie, nous demander chaque jour quels bienfaits nous accordons à la communauté, nous demander si nous vivons avec une telle conscience: si nous avons déployé de tels efforts, nous pouvons être tranquilles; par contre, si, sans faire les efforts exigés, profitant de la communauté, nous recherchons seulement des avantages pour le vivre, le couvert et notre propre bien-être, nous contractons des dettes considérables à l'égard de l'immense monde. Il nous sera impossible d'éviter de devenir des < démons-vampires >. Il convient donc que vous procédiez à ce propos à un minutieux examen de conscience ".

 

11. Un jour, au temple de Séoul, le Grand Maître Fondateur demanda à Yi Wan-ch'l de l'accompagner jusqu'à la gare de chemin de fer en portant un fardeau; Wan-ch'l répondit: " En ce moment, non seulement je dois diriger plus de dix ouvriers qui s'occupent des travaux de réparation du temple, mais encore, compte tenu de ma dignité en tant que personne entrée en religion, je me sentirais gêné de porter un tel fardeau ". De retour après s'être fait accompagner et avoir fait porter le fardeau par O ch'ang-gn, le Grand Maître demanda à Yi Wan-ch'l: " Wan-ch'l, que penses-tu de ta conduite de tout à l'heure? " Il répondit: " Je ne pense pas avoir commis une faute vraiment grave ". Alors, le Grand Maître le réprimanda sévèrement, lui disant: " La raison que tu as avancée n'est pas dépourvue de fondement; cependant, si, même après avoir refusé d'obéir à un ordre de ton maître parce que tu trouvais honteux de porter un fardeau, tu ne trouves pas que cela ait une grande importance, comment peux-tu penser qu'il s'agit là du devoir d'une personne entrée en religion? De plus, comment peux-tu espérer devenir un grand ouvrier capable de libérer tous les êtres? ... Si tu n'es pas capable de te débarrasser d'une telle façon de penser, tu ferais mieux de rentrer dans ta famille! " Wan-ch'l demanda pardon de son erreur et, à partir de ce jour-là, il s'adonna à la pratique afin d'éviter l'ostentation destinée à sauvegarder son prestige.

 

12. Chargé de cultiver le potager de la communauté, un des disciples attrapa de nombreux asticots, qu'il fit sécher et finit ainsi par amasser une somme d'argent non négligeable en les vendant à une pharmacie. Le responsable de l'observation des préceptes fit alors un rapport au Grand Maître Fondateur et lui dit: " Il s'agit d'un revenu supplémentaire obtenu au cours du travail; le disciple en question manque d'ailleurs de vêtements, et je pense qu'il serait souhaitable de lui faire confectionner un habit avec cet argent ". Le Grand Maître répondit: " Bien qu'il s'agisse d'un revenu supplémentaire obtenu au cours du travail, étant donné qu'il s'agit d'un revenu obtenu au cours d'un travail communautaire, il convient de porter ce revenu au compte de la communauté; de plus, bien qu'il y ait des raisons à cela, si l'on faisait confectionner pour cet homme un habit avec de l'argent récolté grâce à la suppression de nombreuses vies, quel en serait pour lui le karma? " Il fit donc lui-même donner un habit au disciple concerné et dit: " Cet argent sera employé pour un travail précis destiné au bien-être de nombreuses personnes, de façon à faire en sorte que le péché commis ne soit pas porté au karma du disciple concerné".

 

13. Chargé de l'entretien du verger de la communauté, un des diciples ne pouvait éviter de supprimer de très nombreuses vies à cause des produits désinfectants, des insecticides et autres produits qu'il utilisait; inquiet au fond de lui-même, il vint un jour demander conseil au Grand Maître Fondateur, qui lui répondit: " Pour ce qui est de la rétribution de ces actes, n'aie aucune crainte et contente-toi de te consacrer au travail de la communauté, sans penser à toi-même. Alors, tu n'auras pas à subir la rétribution de tels actes. Cependant si, au cours de ton travail, tu cherchais ne serait-ce que le moindre profit personnel, il te serait impossible d'échapper à cette rétribution. Il te faut donc faire preuve d'une attention particulière ".

 

14. Un des disciples, qui vivait dans le voisinage du centre de la communauté, emportait parfois chez lui du bois de chauffage et d'autres objets insignifiants qui appartenaient à la communauté. Un jour, le Grand Maître Fondateur lui dit: " Si pauvre que soit la communauté, quelques bûches de bois ou quelques clous ne sauraient exercer une grande influence sur son train de vie; cependant, si tu t'appropries par des moyens inéquitables des choses qui ont été assemblées grâce au dévouement de tous les membres de la communauté, tu risques à l'avenir d'être victime de quelque calamité imprévue et de subir des dommages qui équivaudront à plusieurs fois la valeur de ce que tu auras emporté. C'est pour prévenir un tel malheur que je te mets en garde à l'avance ".

 

15. Un jour, le Grand Maître Fondateur demanda: " Que penseriez-vous d'établir une institution permettant d'apporter une aide aux familles des personnes entrées en religion au service de la communauté, afin d'éviter que ces personnes entrées en religion au service de la communauté ne soient préoccupées par les affaires de leur famille, de façon à leur permettre de se consacrer entièrement et uniquement aux travaux communautaires? " Chn Um-gwang répondit: " Je suis persuadé qu'à l'avenir, il faudra absolument procéder à l'établissement d'une telle institution ". Le Grand Maître demanda de nouveau: " Actuellement, puisqu'il n'existe pas encore une telle institution, s'il se révélait absolument indispensable d'assister certaines familles de personnes qui se consacrent au service de la communauté, parce que ces familles se trouveraient dans une situation extrêmement difficile, comment faudrait-il procéder? " S Tae-wn répondit: " Dans le cas de personnes entrées en religion sans poste spécial, on pourrait leur accorder un congé d'une durée convenable pour leur permettre d'aider leur famille, après quoi elles pourraient revenir travailler pour la communauté; dans le cas de personnes entrées en religion chargées d'un poste important, on pourrait demander une décision du conseil et il serait bon, semble-t-il, d'opter pour une méthode permettant, ne serait-ce que temporairement, d'accorder une aide de la communauté ". Le Grand Maître demanda de nouveau: " Le jour où sera mise en oeuvre une telle institution, comment faudra-t-il procéder si, par hasard, il se trouve de nombreuses personnes désireuses de profiter d'une aide? " Yu H-il répondit alors: " Afin de prévenir de tels abus, il faudra procéder à l'établissement dans le cadre du centre de la communauté d'un organisme chargé de donner des conseils aux familles des personnes entrées au service de la communauté qui n'ont pas de poste spécial, et de les aider ". Le Grand Maître dit alors: " Les propositions faites par vous trois sont toutes remarquables; nous procéderont donc peu à peu à l'établissement et à la mise en oeuvre d'une telle institution. Cependant, aujourd'hui, la situation de la communauté n'étant pas encore suffisante pour cela, même en réduisant l'ampleur d'un tel organisme, faites le nécessaire pour éviter que les personnes entrées en religion au service de la communauté qui se trouvent actuellement en postes ne soient pas accaparées par les affaires de leur famille ".

 

16. Le Grand Maître Fondateur dit: " Dans le cadre de notre institution pour les personnes au service de la communauté, il est possible de s'adonner à la pratique et aux travaux tout en formant une famille, ou bien, par voeu spécial, de s'adonner aux activités en vivant dans le célibat, loin de tous les désirs de ce monde; il y a donc dans la communauté une règle permettant d'accueillir et de traiter chaque personne en accord avec le voeu émis par elle. Cependant, si quelqu'un se contente de garder le célibat uniquement physiquement, que cela soit, sans émission du moindre voeu, le résultat de certaines circonstances, ou que cela soit le résultat du désir de jouir de la tranquillité, tout en enviant au fond du coeur la vie mondaine, non seulement cela représente une perte non négligeable pour les personnes concernées, pour la communauté et pour le monde entier, mais encore, si, dans leur vie future, ces personnes jouissent de la beauté physique, elles seront l'objet de la dérision des foules. Par conséquent, si quelqu'un manque de confiance en lui-même, il fera mieux de changer de résolution avant qu'il ne soit trop tard; si quelqu'un a pris le départ avec assurance, il lui faut travailler à la purification de ce monde et ouvrir la voie de la sagesse et du bonheur pour tous les êtres en conservant un esprit solide et sa fidélité en accord avec le voeu qu'il a exprimé ".

 

17. Le Grand Maître Fondateur se préoccupait souvent et de tout coeur des hommes et des femmes qui, dans l'état de célibat, se consacraient au service de la communauté et leur disait: " Même si, pendant cette vie, renonçant aux richesses, aux plaisirs de la chair et à la gloire, vous vous consacrez uniquement aux nobles activités pour le monde et la communauté, cela est sans comparaison avec plusieurs vies passées dans le monde à travailler pour une famille: grâce aux mérites acquis pendant une vie, vous obtiendrez le bonheur, la joie et la gloire sans limites dans une multitude de vies. En définitive, vous réaliserez la grande oeuvre de l'Illumination sans pareil; cependant, si vous ne gardez le célibat que pour l'apparence et menez une vie dépourvue de satisfactions particulières, cela ne sera que vanité. En vérité, restez donc en éveil pour vous adonner à l'étude et à la pratique ".

 

18. Le Grand Maître Fondateur dit: " Quand les personnes qui se consacrent au service de la communauté présentent leur voeu, il leur faut réfléchir profondément: si, après avoir fait serment devant l'espace et le monde, ainsi que devant la communauté, de se consacrer uniquement à l'étude et à la pratique et aux travaux communautaires, de parvenir à l'Illumination sans pareil et de délivrer tous les êtres, quelqu'un revient sur sa résolution en chemin et retombe dans les affaires personnelles ou dans les plaisirs, cela équivaut à tromper le ciel et la terre, et la Vérité ne le lui pardonnera pas, si bien qu'en définitive la voie sera fermée devant lui. De plus, si quelqu'un se trouve dans une situation de guide de la communauté, il lui faut réfléchir encore plus profondément: si quelqu'un prétend être parvenu à la réalisation de l'Illumination suprême, alors qu'il n'en est rien, et, ainsi, guide tous les hommes sur une voie erronée, cela équivaut ni plus ni moins à tromper la Vérité, et il lui sera difficile d'échapper aux mauvaises catégories d'existence ".

 

19. Le Grand Maître Fondateur dit aux disciples: " Le travail que nous entreprenons est comparable à celui d'un vol d'oies sauvages: le fait que, selon les saisons et les circonstances, des membres de la communauté se voient appelés à aller enseigner soit à l'Est, soit à l'Ouest est comparable au mouvements de ces oies sauvages qui, selon les saisons, s'en vont en groupes soit en direction du Sud, soit en direction du Nord à la recherche d'un endroit pour nidifier. Cependant, si une oie sauvage s'écarte de la troupe placée sous la direction de son guide, ou si, tout en la suivant, elle a un moment d'inattention, elle risque fort de mourir prise dans quelque filet ou abattue par une balle de fusil. Pour les personnes qui s'adonnent à l'ascèse et à l'enseignement de la Vérité, les filets et les balles de fusil, ce sont les richesses et les plaisirs de la chair ".

 

20. Le Grand Maître Fondateur dit: " Tout comme même le lion et le tigre, qui sont d'une intrépidité remarquable, ne peuvent plus vivre le jour où une gale, en soi absolument insignifiante, envahit tout leur corps, dans le cas des personnes qui, après avoir pris une grande résolution, s'adonnent à l'étude et à la pratique, quelques attitudes de l'esprit très peu importantes en soi jouent le rôle de cette gale pour faire obstacle à leur voeu et risquent de gâcher le travail de leur vie entière; par conséquent, les personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique doivent toujours rester en éveil et veiller afin d'éviter que la gale de l'esprit et du coeur ne les envahisse. Je vous cite quelques exemples de cette gale de l'esprit et du coeur. Le premier cas est celui des personnes qui sont déçues en pensant que le rappel à l'ordre exprimé par un maître devant un groupe de disciples s'adresse uniquement à elles; le second cas est celui des personnes qui, oubliant l'objectif qu'elles se sont fixé quand elles sont venues pour s'adonner à l'étude et à la pratique, cherchent à obtenir dans la communauté le même traitement que chez elles ou ailleurs dans le monde. Le troisième cas est celui des personnes qui, lorsqu'on leur donne des conseils pour leur avenir, n'en tiennent aucun compte quelle que soit la réalité, mais procèdent à des comparaisons avec celui-ci ou celui-là et considèrent comme un ennemi celui qui leur a donné ces conseils; le quatrième cas est celui des personnes dont l'amour-propre grandit au fur et à mesure de l'importance de leur situation et du crédit qu'on leur accorde. Le cinquième cas est celui des personnes qui dans la communauté exigent d'être seules à jouir de considération et cherchent uniquement leur confort; le sixième cas est celui des personnes qui, sans faire attention à leurs pensées et leurs paroles, font des reproches à leur maître ou à leurs condisciples, sous prétexte qu'ils ne leur accordent point d'affection. Le septième cas est celui des personnes qui, au fur et à mesure que l'on s'occupe d'elles, deviennent de plus en plus insatisfaites et prennent de mauvaises habitudes qu'elles n'avaient pas auparavant. Si toutes ces choses ne représentent pas de graves défauts en soi, elles finissent par devenir une gale qui peut faire obstacle au progrès des personnes qui s'adonnent à l'étude et à la pratique. Il vous faut donc rester vigilants à ce sujet ".

 

21. Un jour, lors du départ d'un des disciples pour son premier poste en province au service de la communauté, le Grand Maître Fondateur lui dit: " Pendant que tu étais ici, je ne me suis pas souvent occupé de toi comme je le faisais pour les autres, et j'ai un peu l'impression de t'avoir négligé; n'en as-tu pas parfois éprouvé une certaine déception? En général, si un champ est d'une mauvaise terre et s'il y pousse beaucoup de mauvaises herbes, il faut s'en occuper souvent pour obtenir une abondante récolte de céréales; cependant, s'il s'agit d'un champ de bonne terre, sans mauvaises herbes, il est possible d'obtenir aisément la récolte, sans que le laboureur doive se donner beaucoup de peine. Il en est de même dans le cas des hommes: il en est qui exigent qu'on les rencontre souvent et leur donne de fréquents conseils, alors qu'il en est qui n'exigent pas beaucoup de directives. Evite donc d'éprouver un sentiment de déception ".

 

22. Un jour, alors qu'il était revenu de Yngsan au centre de formation de Pongnae, le Grand Maître Fondateur dit: " En revenant, j'ai eu l'occasion de visiter un marché; le matin, un marchand de poterie est arrivé sur la place du marché avec sa hotte chargée de pots, alors qu'un autre homme arrivait avec une hotte vide; quand les deux hommes sont repartis chez eux, le marchand de poterie avait tout vendu, et il est reparti en portant sa hotte vide, alors que l'homme arrivé avec sa hotte vide repartait en portant les pots qu'il avait achetés. L'un comme l'autre, les deux hommes avaient une mine satisfaite. En voyant cela, j'ai pensé qu'à l'origine le marchand de poterie n'était pas venu pour l'homme arrivé avec sa hotte vide, que ce dernier n'était pas venu, non plus, pour le marchand de poterie, et qu'en définitive chacun des deux s'était procuré une joie en obtenant ce qu'il désirait; j'ai pensé que cela représentait le principe selon lequel les hommes se servent mutuellement d'appui et de soutien. J'ai vu aussi quelqu'un se mettre en colère et s'en aller sans rien acheter sous prétexte que le patron de la boutique se montrait hautain, et les gens disaient que cet homme n'était pas venu au marché pour acheter quelque chose, mais pour se faire témoigner de la déférence. D'un autre côté, quelqu'un était en train d'acheter sans se tromper les marchandises qu'il désirait, sans se préoccuper de l'attitude du propriétaire de la boutique, et tout le monde le considérait comme un homme raisonnable et pratique. En voyant cela et en entendant les conversations, je me suis soudain mis à faire une comparaison avec votre vie dans la communauté, tantôt en riant tout seul, tantôt en me lamentant; et je voudrais que cette histoire vous fasse profondément réfléchir ".

 

23. Le Grand Maître Fondateur dit: " Heureusement, vous êtes venus pour devenir membres de cette communauté; cependant, l'expérience et les connaissances possédées à l'origine sont différentes pour chacun de vous, et personne ne connaît quelqu'un si ce n'est l'intéressé, lui-même. Il y a même des personnes qui quittent la communauté parce qu'elles sont incapables de supporter certaines conditions sans importance; on pourrait comparer de telles personnes à un aveugle qui a bien saisi la poignée de la porte d'entrée, mais s'en va et reprend son vagabondage sur la route sous prétexte qu'il a été mal reçu sur le seuil de la maison. Connaissant sa cécité, l'aveugle dont les yeux du corps ne voient pas sait faire attention, alors que, ne connaissant pas sa cécité, l'aveugle dont les yeux de l'esprit ne voient pas tombe dans l'abîme le plus profond sans même s'en rendre compte. Comment donc ne se trouverait-il pas gravement en danger? "

 

24. Le Grand Maître Fondateur dit un jour: " Il y a plusieurs années que j'ai installé ma boutique et commencé à faire du commerce; pourtant, je n'ai pas réalisé le moindre profit. La raison en est que j'ai vendu toutes mes marchandises à crédit à tout le monde: certains acheteurs ont revendu les marchandises consciencieusement et m'en ont apporté le prix tout en réalisant de copieux bénéfices de leur côté, mais les clients de ce genre sont les moins nombreux; en général, après avoir emporté les marchandises, les acheteurs les ont gardées chez eux sans les revendre et, après un certain temps, ils les ont rapportées telles quelles; mais, comme il y avait un très grand nombre de clients qui perdaient les marchandises achetées et ne m'en donnaient même pas le prix, tout naturellement, j'ai fini par subir des dommages considérables. Cependant, à partir de maintenant, j'ai décidé de féliciter les clients qui m'apporteront convenablement le prix des marchandises après les avoir bien vendues et réalisé, eux aussi, des profits, et de leur fournir encore mieux des marchandises, alors que je réprimanderai vertement les clients qui rapporteront les marchandises. Quant aux clients qui perdront les marchandises et ne m'en apporteront pas le prix, nécessairement je les dénoncerai aux représentants de la loi ... Est-ce que vous pouvez deviner la signification de mes paroles? " Un disciple dit: " Quand vous dites avoir ouvert une boutique, cela ne veut-il pas dire que vous avez fondé la communauté de la Vertu? Le fait de bien rapporter le prix des marchandises tout en réalisant des profits considérables signifierait qu'après avoir obtenu l'enseignement de la Loi du Grand Maître les disciples le propagent bien auprès des autres et en retirent de grands profits pour eux-mêmes en le mettant en pratique. Le fait de rapporter telles quelles les marchandises désignerait le fait qu'après avoir reçu l'enseignement, sans l'oublier, certains disciples resteraient incapables d'obtenir de vrais résultats. Le fait de perdre les marchandises achetées et de ne pas en rapporter le prix désignerait le fait qu'après avoir reçu l'enseignement, certains disciples ne le propageraient pas à autrui, négligeraient de le mettre en pratique, et finiraient même par l'oublier totalement. Quant à la dénonciation aux représentants de la loi, elle signifierait que les personnes qui, après avoir reçu le bon enseignement de la Loi, ne le mettent pas en pratique et finissent par l'oublier commettront nécessairement de nombreux actes pervers et, tout naturellement, subiront une lourde rétribution ". Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Ce que tu viens de dire est exact ".

 

25. Un jour, à l'occasion du Nouvel An, le Grand Maître Fondateur dit: " La nuit dernière, dans un rêve, j'ai rencontré un personnage mystérieux; il m'a dit qu'à l'avenir, sans aucun doute possible, cette communauté deviendrait extrêmement prospère, mais qu'il craignait qu'avec la croissance de sa puissance elle ne finisse par se montrer méprisante pour d'autres personnes ou d'autres organisations, et il m'a demandé de mettre en garde les membres de la communauté. On dit que les rêves sont des choses vaines; cependant, les éléments de mon rêve ont été très précis et le fait pour moi d'avoir fait un tel rêve au moment du changement d'année ne peut me laisser indifférent. Quand vous rencontrerez quelqu'un, ne lui manquez donc jamais de respect et prenez conscience du fait que, si humble que soit une personne, elle possède le pouvoir de contribuer au développement de cette communauté, et aussi le pouvoir de susciter des obstacles à son développement; traitez toutes choses dans un profond esprit de respect. Cela est en relation étroite avec l'avenir de notre communauté ".

 

26. Un journal ayant publié toute une série d'articles élogieux à notre sujet, tous les membres de la communauté en éprouvèrent de la joie; alors, le Grand Maître Fondateur dit: " S'il y a des personnes qui font notre éloge, il y aura un jour des personnes pour nous calomnier; à l'avenir, la prospérité croissante et la renommée de plus en plus grande de la communauté provoquera aussi l'apparition de groupes de personnes qui seront jalouses de nous. Il vous faut donc le prévoir et vous contenter de faire ce qu'il convient avec persévérance, prudence et minutie, en évitant d'attacher une importance excessive aux louanges et aux critiques du monde ".

 

27. Le Grand Maître Fondateur dit: " En ce monde, lorsque quelqu'un prend la résolution de réaliser un travail, il connaît toujours des difficultés et des vicissitudes proportionnées à tous les stades de la réalisation de l'oeuvre entreprise: depuis l'antiquité, parmi les Bouddhas, les Bodhisattvas, les sages et les grands hommes, extrêmement rares ont été ceux qui ont réussi sans connaître les épreuves. Autrefois, en qualité de prince héritier d'un royaume, après avoir renoncé à tous les honneurs et avoir quitté le palais royal en franchissant les remparts, le Bouddha Câkyamuni, lui aussi, connut pendant six années toutes sortes d'épreuves et de mortifications; puis, même après avoir fondé la communauté bouddhique, il connut de multiples difficultés, au cours desquelles l'un de ses disciples fut même massacré lors des persécutions venant de ceux qui refusaient son enseignement. Transmise de génération en génération par les disciples, la grande Voie du Bouddha n'en connaît pas moins une vénération sans limite de tous les peuples jusqu'à nos jours. A l'époque où il parcourait le monde entier en vue de redresser la mentalité de la Chine, Confucius fut l'objet d'injures dans lesquelles on allait même jusqu'à le comparer au chien d'une maison en deuil, et il dut endurer les pires difficultés et toutes sortes de persécutions; cependant, grâce aux efforts persévérants de ses disciples, il finit par rétablir l'ordre et la discipline dans l'humanité, et il est de nos jours vénéré comme un saint dans le monde entier. Jésus, lui aussi, finit même par mourir crucifié après avoir propagé l'Evangile en subissant toutes sortes de persécutions et de calomnies; cependant, grâce au dur combat livré par ses apôtres, ne peut-on pas affirmer que son oeuvre est aujourd'hui répandue dans le monde entier? Puisque, nous aussi, nous nous proposons de réaliser un grand objectif et entreprenons des activités dans ce monde plein de vicissitudes, comment pourrions-nous éviter les querelles et les difficultés? Si, jusqu'à présent, nous n'avons pas encore subi de grandes critiques ni de fortes oppressions, au fur et à mesure que la communauté augmentera en nombre et que nos activités deviendront plus importantes, il risque de se trouver des personnes qui commettront des fautes et dont l'influence sera néfaste pour la réputation de la communauté. Cependant, si notre objectif est vraiment de contribuer au bien-être de ce monde et si notre enseignement est vraiment nécessaire pour notre libération personnelle et pour le salut de l'humanité, malgré les fautes de quelques personnes et les erreurs dans certaines activités, cela ne provoquera pas la déviation de l'ensemble de notre communauté; et, même si la communauté est l'objet de calomnies et de persécutions, son essence finira par être reconnue. Il est possible de faire la comparaison avec l'aspect d'une montagne dont les formes deviennent floues au moment où elle est enveloppée dans le brouillard et retrouve ses formes bien nettes quand le brouillard se dissipe; ne vous laissez donc pas intimider par les difficultés et les vicissitudes, quelles qu'elles soient: si chacun de vous reste fidèle à sa conscience et sait faire tous les efforts possibles jusqu'au bout pour atteindre son objectif, je suis persuadé que notre grande oeuvre se réalisera de façon satisfaisante ".

 

28. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour tout travail entrepris, il existe trois causes d'échec: la première est le désir d'obtenir rapidement une grande réussite sans se donner beaucoup de peine; la seconde est une façon d'agir irréfléchie, qui ne tient pas compte de l'essentiel et de l'accesssoire, et ignore l'ordre des choses; la troisième est l'apparition d'obstacles résultant d'échecs ou de profits sans importance avant l'achèvement du travail entrepris, ce qui finit par conduire à un grand échec. Toute personne qui gère un travail, quel qu'il soit, doit toujours rester vigilante au sujet de ces trois points ".

 

29. Le service des travaux manuels avait commencé un élevage de volaille avec une subvention accordée par les autorités de la sous-préfecture; un jour, à cause d'une négligence, la chaudière du poulailler éclata, ce qui provoqua la mort de nombreux poussins. Dans son effroi, le membre de la communauté responsable en avertit immédiatement les autorités; alors, le sous-directeur du service lui dit: " Si, à l'avenir, vous désirez obtenir une grande réussite dans l'élevage de volaille, il vous faudra être prêts à subir des échecs encore plus grands que celui-ci: si vous voulez faire de l'élevage de volaille en grand, en même temps que vous risquez de subir beaucoup de dommages à la suite de calamités et d'accidents imprévus, vous avez aussi plusieurs méthodes permettant de sauver vos poulaillers. Si vous ne faites pas l'expérience de tels échecs pendant que votre élevage est encore peu important, il vous sera impossible d'éviter de grands échecs. Par conséquent, les petits dommages subis maintenant seront une expérience vivante qui vous permettra de prévenir de grands dommages à l'avenir; ne vous laissez donc pas abattre, et faites de votre mieux ". De retour, le responsable fit son rapport au Grand Maître Fondateur, qui lui dit alors: " Les paroles du sous-directeur de service sont l'enseignement de la Loi. Selon les anciens, il est dit que, sans l'expérience du passé, il est impossible d'obtenir la sagesse; le petit échec d'aujourd'hui deviendra un grand exemple pour le succès de demain. Comment s'agirait-il d'une chose concernant uniquement l'élevage des volailles? Il en va de même pour ce qui est de l'étude, de la pratique et des travaux auxquels nous nous consacrons dans notre communauté: que les choses se passent bien ou qu'elles se passent mal, ne restez pas indifférents; il vous faut absolument rechercher les raisons qui sont à l'origine de ce bon ou de ce mauvais déroulement des choses. De plus, il faut examiner avec attention les activités des autres religions, afin de voir ce qu'elles doivent faire pour être chaleureusement accueillies dans le monde, pour quelles attitudes elles sont rejetées par le monde, comment elles doivent faire pour créer une histoire remarquable et transmettre pour toujours une bonne réputation, pour quelles raisons leur nom se ternit de façon que la perversité de leur histoire se transmet pour toujours dans le monde. Si vous savez tenir compte de ces choses, si vous comprenez et comprenez encore, si vous savez corriger et corriger encore vos erreurs et suivez toujours uniquement la voie droite, si, dans vos rapports avec les individus, les familles, la société et la nation, vous êtes à l'origine de bienfaits pour tous, vous serez les ouvriers d'une religion exemplaire, chaleureusement accueillie par tout le monde. Par contre, si les choses se déroulent au hasard, sans que vous procédiez à un tel examen de conscience, en définitive, vous commettrez toutes sortes d'erreurs, si bien que vous ne serez pas acceptés par les gens du monde. Comment donc pourriez-vous vous conduire de façon imprudente? "

 

30. Le Grand Maître Fondateur dit: " Toutes les choses du monde commencent par être petites pour grandir ensuite: il n'existe pas d'autre possibilité; par conséquent, le principe selon lequel les choses commencent par être petites pour se développer peu à peu est le principe de la loi naturelle. Il suffit d'examiner l'histoire de toutes les religions qui sont devenues importantes dans le monde pour se rendre compte qu'au début, au moment de leur fondation, leur force était extrêmement petite, et qu'au cours d'une longue période leur puissance s'est peu à peu développée pour former les grandes religions qu'elles sont devenues aujourd'hui; de même, pour ce qui est de toutes les autres grandes entreprises, leur inportance n'est que le résultat de l'accumulation continuelle de petites forces. De même, pour ce qui est de notre oeuvre pour la fondation et le développement de cette communauté, si nous poursuivons nos efforts sans penser à notre intérêt personnel dans cet esprit de la croissance à partir des petites choses, nous finirons par obtenir des résultats considérables sans proportion avec nos efforts. De même aussi, dans le processus de l'étude et de la pratique, si quelqu'un sait se soumettre aux directives de son maître et procéder en respectant les diverses étapes, sans faire preuve d'impatience, il parviendra au succès; dans le cas contraire, si l'on cherche à réaliser une croissance numérique temporaire grâce à quelque moyen artificiel et si l'on recherche l'obtention d'une puissance spirituelle en peu de temps grâce à une pratique dépourvue d'équilibre, cela n'est qu'une ambition déraisonnable, une entreprise absurde et, si grands que soient les efforts déployés, cela se soldera par un gaspillage de temps. Par conséquent, qu'il s'agisse d'étude et de pratique, de travaux ou de quelque entreprise que ce soit, je souhaite que vous ne vous laissiez pas entraîner par la vanité et l'ambition de parvenir rapidement au but, mais que vous réalisiez sans manque l'objectif que vous vous proposez, en accord avec le principe énoncé ci-dessus et selon lequel il faut partir de petites choses pour parvenir à en réaliser de grandes ".

 

31. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il y a un principe voulant que, lorsqu'il veut confier une tâche importante à une personne, le ciel procède d'abord à un examen à son égard; s'il désire ne serait-ce qu'employer un journalier pour une journée ou un domestique pendant une année, même l'homme ordinaire procède à un examen concernant les qualifications et le crédit de la personne en question; à plus forte raison quand il s'agit de confier à quelqu'un une grande tâche universelle. Par conséquent, toute personne désireuse de réaliser une oeuvre importante doit tout naturellement d'abord faire attention, de façon à passer un tel examen avec succès ".

 

32. Le Grand Maître Fondateur dit: " Pour fonder une grande communauté, évidemment il est aussi nécessaire de rencontrer des personnes qui possèdent à la fois du talent, des connaissances et des richesses; cependant, si l'on se contente de ces choses, on ne fait qu'ériger des barrières. Il est plus important encore de rencontrer des personnes sincères et douées d'un dévouement à toute épreuve, même si ces personnes ne sont pas d'une intelligence extraordinaire et manquent de connaissances: de telles personnes seront des maîtres vraiment travailleurs et économes, qui connaîtront un grand succès dans toutes les entreprises ".

33. Le Grand Maître Fondateur dit un jour aux membres de la communauté réunis pour l'office régulier: " Aujourd'hui, je vais vous parler de ceux qui sont les créateurs de cette communauté et de ceux qui en sont les destructeurs; écoutez donc bien ce que je vais vous dire. Les créateurs de cette communauté sont les personnes qui, tout en déployant des efforts intellectuels, physiques et matériels, et en faisant des dons, assistent régulièrement aux offices réguliers, font preuve de bonne volonté pour l'étude et la pratique et étudient les Textes sacrés chez elles avec ardeur, de façon à bien connaître notre doctrine et nos institutions, afin de mettre cette Loi en pratique dans leur vie et devenir dans tous les domaines des modèles pour les autres et, sans le crier sur les toits, contribuent ainsi au développement de cette communauté. Les destructeurs de cette communauté sont les personnes qui, tout en lui causant directement des dommages dans les domaines de l'esprit, du corps et des biens matériels, manquent de bonne volonté pour assister aux offices réguliers et ne portent aucun intérêt à l'étude et à la pratique, si bien qu'elles ne corrigent aucune de leurs mauvaises habitudes du passé, qu'elles transgressent les préceptes sans raison, qu'elles n'agissent qu'à leur guise en toute circonstance; le résultat en est qu'elles ne s'adonnent à aucune action bénéfique, commettant seulement des actes dommageables pour elles-mêmes et pour les autres; elles nuisent donc à l'honneur de cette communauté, au développement de laquelle elles provoquent des obstacles. Il vous faut donc absolument prendre conscience de cela, afin de ne pas devenir des destructeurs de cette communauté, et déployer constamment des efforts en vue d'acquérir les mérites remarquables et éternels de ses créateurs ".

 

34. Le Grand Maître Fondateur dit: " Il existe de nombreuses voies pour la création de cette communauté; cependant, je vous en ai donné onze exemples comme points essentiels et, à l'avenir, ces onze exemples seront pris en considération pour juger de tous les mérites de la création de la communauté. Premièrement, il y a la consécration totale de l'esprit et du corps au service de la communauté; deuxièmement, la donation de beaucoup de biens matériels; troisièmement, la constance après l'adhésion à la communauté. Quatrièmement, il y a les notes prises par écrit lors des commentaires des Textes sacrés et des prédications; cinquièmement, il y a la stricte observation des règlements et des préceptes; sixièmement, il y a la joie apportée aux compagnons dans quelque domaine que ce soit et l'aide apportée pour leur progrès dans l'étude, la pratique et les travaux. Septièmement, il y a le fait de se consacrer avant tout et dans tous les domaines à la fondation de cette communauté; huitièmement, il y a le fait de préconiser l'esprit du bien commun; neuvièmement, il y a l'absence de pensée et d'attachement dans la mise en pratique. Dixièmement, il y a le fait qu'après son adhésion à la communauté, une personne célèbre pour quelque méfait se repente de ses fautes, devienne un modèle pour les autres et, tout naturellement, les mette en garde et les encourage; onzièmement, il y a le fait qu'après son entrée dans la communauté, une personne renommée dans quelque domaine que ce soit devienne tout naturellement un encouragement pour tout le monde et contribue à faire connaître la situation de cette communauté ".

 

35. Hwang Chng-sin-haeng demanda un jour: " Dans le passé, le Bouddha recommanda à ses disciples de faire l'aumône sans pensées d'attachement et Jésus demanda de faire en sorte que la main gauche ignore ce que donne la main droite; Grand Maître, vous, vous avez établi une règle concernant la classification des oeuvres et fait en sorte que l'on codifie par écrit les notes reçues par chaque fidèle; cela ne risque-t-il pas de provoquer l'esprit de concurrence entre les personnes qui s'adonnent aux diverses tâches? " Le Grand Maître Fondateur lui répondit: " Pour ce qui est des personnes concernées, qui s'adonnent aux travaux, il va de soi qu'elles doivent agir sans pensées d'attachement, de façon à acquérir des mérites exempts d'impureté; cependant, quand il s'agit d'honorer et de récompenser les mérites, ne faut-il pas se baser sur des choses concrètes et précises? "

 

36. Le Grand Maître Fondateur dit: " Devenez tous les maîtres de la voie communautaire. Que les biens ou l'entreprise de la famille soient importants ou non, la coutume traditionnelle veut que les parents les transmettent à leurs enfants; cependant, les biens et les travaux de la communauté ne se transmettent qu'aux personnes dévouées à la communauté, qui s'adonnent à des activités communautaires dans un esprit communautaire. Si, après avoir compris ce principe, vous devenez des personnes profondément dévouées à la communauté, toutes nos installations, tous nos préceptes, nos règles et tout notre honneur sont votre propriété, et c'est à vous qu'il revient d'en assurer l'administration. Cette communauté est la propriété commune du monde entier, et la direction doit être assurée uniquement par des personnes possédant une haute vertu et un sens profond du bien commun. Par conséquent, il vous faut tous ensemble vous efforcer de devenir les maîtres de la voie communautaire ".

 

37. Le Grand Maître fondateur donna un jour les diectives suivantes aux personnes entrées en religion au service de la communauté: " A notre époque troublée, tout en rendant grâces d'un coeur sincère pour la grandeur et l'importance des quatre bienfaits, faites en sorte que les simples fidèles, eux aussi, en prennent une conscience plus profonde et que, toujours, avec une pensée reconnaissante, leur esprit s'oriente vers la modération et la sincérité. De plus, depuis quelque temps, il arrive que les associations religieuses de notre pays perçoivent beaucoup de richesses de leurs fidèles, qu'elles induisent les fidèles à négliger les affaires de leur famille, ce qui est à l'origine d'une influence néfaste sur l'ensemble de la société, si bien que, parfois, on a vu des associations religieuses incapables de survivre à cause des multiples critiques dont elles étaient l'objet. En ce qui nous concerne, il nous faut donc faire en sorte que nos simples fidèles se consacrent avec diligence à leur profession, et il nous faut leur donner directives et encouragements de façon à ce que, quels qu'ils soient, à partir du moment où ils s'adonnent à l'étude et à la pratique dans notre communauté, ils améliorent ou, au moins, sauvegardent leur niveau de vie. Et puis, la mentalité du monde se transformant peu à peu à notre époque, on en a assisté à la suppression du mur exigeant une séparation sévère entre les deux sexes, mur qu'il n'est d'ailleurs pas question d'ériger de nouveau; faites cependant, je vous en prie, en sorte que l'on fasse preuve de prudence dans les fréquentations entre les hommes et les femmes, de façon à éviter que le prestige de notre communauté n'en subisse le moindre dommage. De ce que vous resterez ou non attentifs à ces trois conditions, dépendra le sort de notre communauté; je souhaite donc que vous ne restiez pas indifférents à ce que je viens de vous demander ".

 

38. Le Grand Maître Fondateur donna aux personnes entrées en religion au service de la communauté les directives suivantes: " Le personnes qui se consacrent à l'enseignement et à la direction des fidèles doivent être intègres en ce qui concerne les biens matériels; elles doivent effectuer les comptes relatifs à l'argent de la communauté avec exactitude et rapidité. Elles ne doivent pas se laisser influencer par des rumeurs sans fondement; elles ne doivent pas parler de façon inconsidérée de la situation actuelle, ni se livrer à la médisance au sujet des autres religions ou de l'objet de leur culte. Elles doivent fermer les yeux sur les défauts des fidèles, éviter la vanité et vivre en harmonie avec tous les fidèles; cependant, il leur faut aussi supprimer tout respect exagéré contraire aux convenances, et se montrer particulièrement prudentes dans les relations entre hommes et femmes. Tout en mettant en relief les mérites des autres, elles doivent éviter d'exagérer leurs propres mérites, de concentrer sur leur propre personne la foi des fidèles et de limiter leur esprit d'entreprise à la région où elles se trouvent. De plus, les personnes qui se consacrent au service de la communauté doivent garder à l'esprit le fait qu'elles sont les représentants de l'autorité suprême de la communauté dans la région où elles résident, et je leur demande de s'acquitter totalement de leur mission sans nuire à cette qualité ".

 

39. A la fin d'un exercice budgétaire, le Grand Maître Fondateur fit venir Cho Kab-jong et quelques responsables concernés pour leur demander d'établir de façon précise le règlement de compte de l'exercice de l'année en cours et le budget pour l'année suivante; il procéda personnellement à une vérification minutieuse et dit: " Si les recettes et les dépenses ne sont pas équilibrées, qu'il s'agisse d'une famille, d'une association ou d'un Etat, il leur est impossible de parvenir à la prospérité. Autrefois, dans les religions, on disait que ceux qui débattaient des questions matérielles n'étaient pas des personnes vivant en accord avec les principes religieux; cependant, étant donné que les religions du monde nouveau exigent que l'on procède au développement parallèle de l'âme et du corps, dans notre communauté, en faisant établir des documents concernant la comptabilité, aussi bien dans chaque administration régionale qu'au centre de la communauté, et en exigeant que l'on procède à des vérifications concernant les recettes et les dépenses, nous avons fait en sorte qu'il ne se produise aucune erreur dans le domaine de l'âme tout comme dans le domaine du corps, et nous avons accordé dans l'organisation de la communauté le même degré d'importance d'un côté à l'étude et à la pratique et, de l'autre, aux travaux entrepris ".

 

40. Le Grand Maître Fondateur dit aux personnes consacrées au service de la communauté: " Quand vous parlez ou écrivez pour les êtres vivants, n'allez pas chercher à vous attirer uniquement leur bienveillance en ayant recours à de vaines élucubrations qui ne s'accorderaient pas avec la vie réelle, à des exagérations disproportionnées avec les faits, à des expressions astucieuses, mystérieuses et difficiles à comprendre, ainsi qu'à des expressions entachées de partialité du point de vue de la pratique: de telles paroles et expressions ne sont nullement profitables pour le monde et sont inutiles pour la formation des personnes qui s'adonnent à la pratique religieuse ".

 

41. Le Grand Maître Fondateur dit: " Les personnes qui dirigent la communauté doivent toujours examiner minutieusement la direction vers laquelle penche l'esprit des membres de cette communauté et rechercher les moyens susceptibles de remédier à toute tendance morale défectueuse, si une telle tendance apparaît: il faut faire par la parole ce qui doit être fait par la parole, et par des actes ce qui doit être fait par des actes, et s'efforcer de renverser la tendance par tous les moyens possibles. Par exemple, s'il apparaît que la tendance de la communauté en général est de se détourner du travail manuel, il faut travailler de ses mains pour renverser cette tendance; dans le cas des personnes excessivement éprises de vanité et du désir des honneurs, il faut faire preuve soi-même d'humilité devant les autres, de façon à ce que ces personnes éprises du désir des honneurs en éprouvent d'elles-mêmes de la honte. Mettre ainsi tout en pratique avant les autres, afin de prévenir de tels abus ou d'y remédier s'ils existent déjà, représente ce que l'on désigne comme la règle de conduite des Bodhisattvas pour guider le monde, et leur moyen d'enseigner les êtres vivants ".

 

42. Le Grand Maître Fondateur dit: " Quelle que soit l'époque, si l'on décide de fonder une nouvelle communauté, il va sans dire que la doctrine et les institutions doivent en être fondamentalement supérieures à celles des communautés du passé; cependant, si l'on ne trouve pas les compagnons susceptibles de mettre cette doctrine et ces institutions en oeuvre, une fois de plus, il devient difficile de réussir. C'est pourquoi, parmi les mille deux cents membres de la communauté établie par le Bouddha du passé, il y avait dix grands disciples qui étaient les modèles de la communauté, chacun selon ses propres capacités; en même temps, dès que le Bouddha donnait des directives, ces disciples les accueillaient avec joie, les mettaient eux-mêmes en pratique et encourageaient tous les membres de la communauté à les mettre en pratique. Du fait qu'ils adoptaient ainsi une conduite exemplaire dans tous les domaines, toujours, sous l'influence de l'esprit de ces dix grands disciples, les membres de la communauté obtenaient peu à peu l'enseignement, ce qui finit par permettre la réalisation de la grande assemblée de Grdhrakûta. Prenons quelques exemples des méthodes d'enseignement des dix grands disciples. Supposons que, dans la communauté, quelqu'un ait commis une faute; au cas où le fait de le réprimander directement risquait de conduire à l'effet contraire à ce que l'on espérait, deux ou trois des grands disciples procédaient tranquillement à une discussion, puis, quand l'un des disciples en question commettait volontairement la même faute, l'un des autres, qui l'avait vu faire à côté de lui, l'appellait et le réprimandait sévèrement. Le coupable avouait docilement son erreur et, comme il la corrigeait après avoir fait serment de se repentir avec une attitude reconnaissante, celui qui avait vraiment commis une faute concevait secrètement la volonté de se repentir et en arrivait sans rien dire à réparer son erreur. Ce genre d'incident, qui était le travail des dix grands disciples, nous montre ce qui était leur moyen de procéder à l'enseignement des membres de la communauté. Ce n'est pas le seul exemple: dans certains cas, pour guider la communauté, ils faisaient semblant d'ignorer des choses qu'ils connaissaient, d'avoir mal fait des choses qu'ils avaient bien faites, ou encore, après avoir agi un moment comme s'ils étaient rongés par la cupidité, ce qui n'était nullement le cas, ils se retournaient lentement vers l'absence de cupidité, et après avoir agi un moment comme s'ils étaient pris par le désir charnel, alors que ce n'était pas le cas non plus, ils revenaient à l'attitude de celui qui renonce aux désirs charnels. Ainsi, tout comme les parents utilisent tous les moyens pour élever leurs enfants, tout comme la mère poule caresse ses oeufs, en faisant acte de miséricorde les grands disciples permirent au Bouddha de réduire grandement la peine qu'il se donnait pour l'oeuvre de la délivrance de l'humanité, et à toute la communauté de recevoir facilement l'enseignement de la Loi juste. Comme cette miséricorde était noble! Et comme ces mérites étaient grands! Vous aussi, quand vous partagez la vie de la communauté, je vous le demande, prenez donc modèle sur l'oeuvre de ces dix grands disciples du Bouddha. Ainsi, vous serez les guides pour la fondation de la communauté, dont vous deviendrez les personnages centraux ".

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