Dharmas > Livre principal du Bouddhisme-Won

[Partie Trois : La pratique]
Chapitre Huit : Le discours du repentir

Bien qu’il ne fasse aucun doute que, selon le principe d’alternance du yin et du yang, celui qui a fait de bonnes actions reçoive plus tard une rétribution favorisant la prospérité mutuelle et celui qui a fait de mauvaises actions reçoive un jour une rétribution favorisant les conflits, celui qui se repent pour toujours et qui corrige ses fautes peut sans difficulté échapper aux effets de la loi karmique et se libérer des châtiments et des bénédictions. Voilà pourquoi tous les bouddhas et les sages se sont accordés pour nous ouvrir la porte du repentir.

D’une manière générale, le repentir est la première étape qui permet de commencer une nouvelle vie et de délaisser l’ancienne. C’est la première porte qui s’ouvre sur le chemin du bien en s’écartant de la voie du mal. Si quelqu’un, se repentant de ses fautes passées, agit de plus en plus souvent sur la voie du bien, les effets de son ancien karma disparaitront de plus en plus et, comme il ne générera plus de mauvais karma, la voie du bien se rapprochera de lui de jour en jour et la voie du mal s’en éloignera tout naturellement. Ainsi, il est dit dans un soûtra : "L’esprit d’avant qui fait le mal est comme les nuages qui voilent le soleil et l’esprit d’après qui rétablit le bien est comme la lumière qui chasse les ténèbres." Le pêché qui nait d’un état d’esprit disparaitra donc avec la disparition de cet état d’esprit et le mauvais karma qui est à l’origine sans lumière disparaitra à coup sûr à la clarté de la sagesse de notre nature originelle.

Cela étant, vous qui gémissez sous les pêchés et les souffrances, pourquoi ne franchiriez-vous pas cette porte?

L’origine du karma des pêchés, c’est la convoitise, la colère et la déraison. Donc, même si quelqu’un se repent mais qu’il retombe dans sa faute plus tard, le pêché n’aura pas disparu. Et même si quelqu’un, ayant commis un pêché grave au point de retomber dans la voie du mal, fait un peu de bien en signe de repentir momentané mais qu’il persiste dans sa convoitise, sa colère et sa déraison, il sera rétribué par des bénédictions pour ce qu’il a fait de bien mais les pêchés resteront pêchés. Pour illustrer, prenons l’exemple de quelqu’un qui voudrait faire refroidir l’eau qui bout dans un chaudron: s’il verse un peu d’eau froide dedans mais qu’il laisse le feu brûler dessous, la force du feu étant beaucoup plus grande que celle de l’eau froide, jamais l’eau du chaudron ne se refroidira. Dans ce monde, nombreux sont ceux qui se repentent de leurs fautes passées, mais peu nombreux sont ceux qui ne retombent pas dans celles-ci. D’autres font quelques bonnes actions en guise de repentir momentané mais ne rejette pas la convoitise, la colère et la déraison qu’ils ont enracinées dans l’âme. Comment pourraient-ils espérer alors que ce mauvais karma disparaisse?

Il y a deux types de repentir : le repentir dans les actes et le repentir intérieur. Par le premier, on entend faire toutes sortes de bonnes actions jour après jour en se repentant de ses fautes devant les Trois Joyaux (Bouddha, les lois et l’ordre religieux) et par le deuxième, on entend se débarasser intérieurement des illusions et des angoisses de toutes sortes, ayant trouvé l’endroit où le pêché n’existe pas par nature. Si une personne veut se sauver du pêché à jamais, elle doit faire siens ces deux types de repentir en continuant à faire toutes sortes de bonnes actions extérieurement tout en se libérant intérieurement de sa convoitise, de sa colère et de sa déraison. Ainsi, les effets du mauvais karma accumulé même depuis des temps indéfinis disparaitront. Il en va de même pour celui qui veut refroidir l’eau qui bout dans le chaudron, car il y verse beaucoup d’eau froide et n’oublie pas d’éteindre le feu qui brûle dessous.

Si un pratiquant se repent et marche sur le chemin de l’Eveil et qu’il parvient à trouver le Bouddha de sa nature originelle, qui est parfaitement calme tout en étant actif, et qu’il réussit par là-même à libérer son esprit, il pourra alors exercer sa volonté sur les transformations de la nature et se libérer des naissances et des morts. Pour ce pratiquant, il n’y aura plus rien à accepter ou refuser, rien à aimer ou haïr, si bien que les trois mondes et les six catégories d’existence ne feront plus qu’un et que dans ses actions ou dans son inaction, dans les moments faciles ou difficiles, il n’y aura rien qui puissent l’empêcher de parvenir à la sérénité. Pour cette personne, les innombrables pêchés et souffrances seront comme la glace qui fond dans l’eau chaude : ils ne seront plus et, la lumière de la sagesse de la nature originelle brillant continuellement, le monde deviendra lieu de pratique du bouddhisme et Pays Pur, de sorte qu’on ne trouvera plus la moindre trace de pêché, où que ce soit. C’est cela, le repentir des Bouddhas, le grand repentir bouddhique. C’est seulement lorsque ce stade est atteint que l’on peut affirmer que l’on s’est enfin libéré du karma du pêché.

Ces jours-ci, il nous est arrivé de constater que de soi-disant maîtres bouddhistes agissaient à leur guise en oubliant de prendre en considération la loi de rétribution karmique et de respecter les préceptes à suivre. Ils affirment que leurs actions sont "sans entraves", comme celles des Bouddhas, et ce faisant, ils jettent le discrédit sur le bouddhisme. Ceci est dû au fait qu’ils croient que la nature originelle ne connaît pas du tout la discrimination : ils ignorent qu’elle peut discriminer dans l’action. Comment pourrait-on dire alors, qu’ils ont compris la Vérité qui transcende l’être et le non-être? D’autre part, nombreux sont ceux qui croient en avoir terminé avec leur étude parce qu’ils ont aperçu leur nature originelle. Ils pensent qu’après cela, le repentir et la pratique sont devenus inutiles. Or, même si on a entrevu sa nature, les myriades d’angoisses et d’inclinations ne disparaissent pas en une fois, et même si, ayant obtenu les Trois grands Pouvoirs, on est devenu Bouddha, on peut difficilement échapper à son karma. Ainsi, en gardant toujours cela à l’esprit, on évitera de se laisser enfermer dans des idées érronnées, de mécomprendre les enseignements des Bouddhas et de prendre à la légère le karma du pêché.

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