Dharmas > Livre principal du Bouddhisme-Won

[Partie Deux : La doctrine]
Chapitre Quatre : Les trois disciplines

Section Un : La culture de l’esprit(jeongshin souyang)

A. Définition

Par jeongshin(esprit), on entend un état de sérénité totale de l’âme où ne sont présents ni tendance aux différenciations ni propension aux fixations.Par souyang(culture) on entend la formation de cet état d’esprit clair et serein, d’une part en se libérant intérieurement des tendances aux différenciations et aux fixations, et d’autre part en ne se laissant pas entraîner par des circonstances extérieures qui pourraient nous troubler.

B. Objectif de la culture de l’esprit

Les êtres sensibles, même sans avoir appris, ont des connaissances instinctives et ont le désir de réaliser des choses.Les humains, êtres spirituellement supérieurs, voient, entendent et apprennent, connaissant et désirant ainsi beaucoup plus que les animaux.Trop attachés à la réalisation de ces désirs, ils pourraient en arriver à oublier l’existence de la politesse, de la honte et de la justice, et pour ce faire, se servant de leur puissance, de leur fonction et même de la force armée, ils finiraient par ruiner leur famille, tomber dans le déshonneur, éprouver du tourment, du ressentiment et de l’angoisse au point de perdre goût à la vie ou bien de devenir dépressifs ou psychopathes et dans les cas extrêmes de mettre fin à leurs jours.

Nous proposons donc pour devenir puissants et autonomes de cultiver notre esprit par le rejet des désirs ramifiés en mille branches et dix mille feuilles et par le développement d’un esprit sain.

C. Conséquences de la culture de l’esprit

Si nous cultivons sans cesse notre esprit, celui-ci deviendra aussi fort que le fer et la pierre, et ainsi, dans les milliers de situations rencontrées, notre âme gagnera en puissance et en autonomie jusqu’à ce que nous obtenions la force de la culture de l’esprit.

Section Deux : L’étude des faits et des principes (sari yeongou)

A. Définition

Par sa(faits), on entend les choses de la vie humaine, ce qui est juste ou injuste, ce qui est profitable ou dommageable.Par ri(principes de l’harmonie de la nature), on entend les aspects des choses de l’univers: tae(grand), so(petit), you(être) et mou(non-être).Par tae, on entend l’entité fondamentale de toutes les existences de l’univers, par so, la diversité des choses par la forme et la couleur, par you et mou, le cycle des saisons: printemps, été, autonme et hiver, les phénomènes atmosphériques: vent, nuage, pluie, rosée, givre et neige, les transformations de toute chose par la naissance, le vieillissement, la maladie et la mort, et les modifications d’état: ascension et déclin, prospérité et décadence.

Par yeogou(étude), on entend l’étude continue et la recherche approfondie de ces faits et principes.

B. Objectif de l’étude des faits et des principes

Notre monde est construit sur les principes de l’harmonie de la nature(tae so you mou) et évolue selon la nature des faits, bons ou justes, mauvais ou injustes, profitables ou heureux, dommageables ou malheureux.Etant donné l’étendue du monde, le nombre de principes est incalculable.Et vu le nombre d’êtres humains, la diversité des faits est infinie.Pourtant, les souffrances et les joies qui nous viennent par hasard ou en conséquence de nos actes sont le résultat des faits provoqués par le fonctionnement de nos six sources d’action.Si nous agissons sans savoir qu’il y a dans les faits du bien et du mal, du favorable et du défavorable, tout ce que nous ferons à chaque instant en utilisant nos six sources d’action engendrera le mal et la souffrance, créant ainsi un océan de tourments.Si nous vivons sans connaître les principes de l’harmonie de la nature, nous ne connaîtrons pas les causes des joies et des chagrins fortuits, nous serons étroits d’esprit et limités dans nos idées et nous ne comprendrons pas les raisons de la naissance, du vieillissement, de la maladie et de la mort, ni les lois de cause à effet et la rétribution karmique et, dans l’incapacité de distinguer le vrai du faux, nous serons toujours leurrés et nous nous appuyerons sur de faux espoirs finissant même par ruiner notre famille et perdre ainsi notre honneur.Ainsi, nous proposons de nous préparer par la recherche et l’étude des principes insondables de la nature et des divers faits de la vie afin de pouvoir confronter les connaissances acquises à notre vie quotidienne et avoir ainsi une analyse et un jugement clairs et rapides.

C. Conséquences de l’étude des faits et des principes

Si nous nous entraînons continuellement dans l’étude des faits et des principes, nous acquerrons petit à petit la force de la sagesse qui nous permettra d’analyser et de juger sans difficultés les milliers de faits et de principes rencontrés, et par là même, nous obtiendrons la force de l’étude.

Section Trois : Le choix des bonnes conduites (jakeop tchouisa)

A. Définition

Par jakeop(mise en action), on entend l’utilisation des six sources d’action : les yeux, les oreilles, le nez, la langue, le corps et l’âme.Par tchouisa(choix), on entend choisir ce qui est juste et rejeter ce qui ne l’est pas.

B. Objectif du choix des bonnes conduites

Même si, grâce à la culture de l’esprit, nous avons acquis la force de la culture de l’esprit et même si, grâce à la l’étude des faits et des principes, nous avons acquis la force de l’étude, si nous ne parvenons pas à les utiliser dans toutes nos actions, la culture et l’étude auront été vaines: il n’en résultera aucun effet pratique, comme un arbre fruitier qui possèderait un tronc solide, de belles fleurs et de belles feuilles mais ne porterait aucun fruit.

D’une manière générale, nous, les êtres humains, ne sommes pas toujours en mesure de faire le bien tout en sachant que le bien est préférable et ne pouvons pas toujours nous empêcher de faire le mal tout en sachant que c’est mal et quittant ainsi un paradis paisible et tranquille, nous pénétrons dans un océan de souffrances et de tourments.Quelle en est la raison? C’est soit qu’on ne différencie pas le bien du mal, soit que connaissant cette différence on ne peut réfréner ses désirs ardents, soit encore qu’on est esclave de ses vieilles habitudes.Ainsi nous proposons d’éviter l’océan de souffrances et de tourments que nous n’aimons pas, pour laisser venir à nous le paradis que nous désirons, en nous entraînant à faire nôtres, quel qu’en soit le prix, les choses qui sont justes et à rejeter, coûte que coûte, les choses qui sont injustes.

C. Conséquences du choix des bonnes conduites

Si nous nous entraînons continuellement à faire le choix des bonnes conduites, nous acquerrons la force qui nous permettra de choisir courageusement ce qui est juste et de rejeter aussi courageusement ce qui est injuste à chaque fois que nous devons prendre une décision, et par là même, nous obtiendrons la force du choix des bonnes conduites.

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