Dharmas > Livre principal du Bouddhisme-Won

[Partie Deux : La doctrine]
Chapitre Trois : Les quatre essentiels

Section Un : Le développement de ses propres ressources

A. Principe général relatif au développement de ses propres ressources

A moins que l’on soit jeune et dépendant ou vieux et atteint de sénilité ou encore malade et impotent, nous proposons de prendre pour étude le développement de nos propres ressources de façon à pouvoir assumer les devoirs et les responsabilités que l’on ne peut éviter en tant qu’être humain et aussi à protéger dans la mesure de nos possibilités ceux qui sont sans ressources.

B. Des cas de dépendance dans le passé

1. S’il y avait parmi les parents, les frères et soeurs, le mari ou la femme, les enfants ou les autres membres de la famille, une personne qui menait une vie plus aisée, tantôt on se laissait vivre à ses dépens sans travailler, tantôt on cherchait à vivre chez elle si elle ne donnait pas ce qu’on demandait, et parfois même toute la famille finissait ruinée dans le remboursement d’une dette dont on n’avait pu s’acquitter.

2. Une femme s’appuyait sur ses parents dans son enfance, sur son mari après le mariage, sur ses enfants dans sa vieillesse.Elle n’avait pas les mêmes droits que les hommes, si bien qu’elle ne recevait pas la même instruction qu’eux.Elle n’avait pas droit aux relations sociales et n’avait pas droit à l’héritage non plus.Dans toutes ses actions elle ne pouvait échapper aux contraintes, bien qu’elle eût un corps et un esprit bien à elle.

C. Ce que les personnes ayant des ressources devraient faire vis-à-vis des personnes qui vivent à la charge des autres

1. Une personne ayant des ressources ne devrait pas accepter la demande injustifiée d’une personne qui a des moyens.

2. Lorsque les parents distribuent des biens à leurs enfants, ils devraient répartir de façon équitable, sans discriminer le fils aîné du fils cadet ou des filles, sauf dans le cas d’un enfant incapable de gérer ses propres biens.

3. Après le mariage, le mari et la femme devraient rester économiquement indépendants.Par ailleurs, ils ne devraient pas se contenter de vivre seulement d’amour mais devraient plutôt chercher à assumer leurs devoirs et leurs responsabilités.

4. Pour ce qui est du reste, tout doit être réglé selon les lois et les circonstances mais il ne devrait pas y avoir de discrimination dans le traitement de l’homme et de la femme comme par le passé : ils doivent être traités l’un comme l’autre selon leurs actions.

D. Du développement de ses propres ressources

1. A moins d’être inévitablement tributaire parce que trop jeune, trop vieux ou malade, quel que soit notre sexe, nous devrions éviter de mener une vie dépendante comme on l’a vu dans le passé.

2. Les femmes comme les hommes devraient recevoir une éducation de façon à pouvoir exercer une activité au sein de la société.

3. Les hommes et les femmes devraient s’appliquer dans leur travail professionnel, ce qui les rend plus libres, et ils devraient accomplir sur un même pied leurs devoirs et leurs responsabilités à l’égard de la famille et du pays.

4. Le fils cadet devrait également remplir ses obligations filiales vis-à-vis de ses parents, de leur vivant et après leur mort, comme le faisait autrefois principalement le fils aîné.

Section Deux : Les sages pour modèles

A. Principe général relatif au choix des sages pour modèles

Par principe, il est naturel qu’une personne sage enseigne une personne stupide et qu’une personne stupide apprenne d’une personne sage.Ainsi, quelle que soit la situation dans laquelle on se trouve, lorsque l’on cherche à apprendre, on ne doit pas se laisser influencer par un système discriminatoire irrationnel : il s’agit simplement d’atteindre le but recherché.

B. Des discriminations irrationnelles du passé

1. Discrimination entre noblesse et commun du peuple

2. Discrimination entre enfant légitime et illégitime

3. Discrimination entre jeune et vieux

4. Discrimination entre homme et femme

5. Discrimination entre races

C. Des sages à prendre pour modèles

1. Nous devrions reconnaître pour maîtres tous ceux qui utilisent mieux que nous leur nature originelle et ceux dont la conduite morale et les bonnes actions sont supérieures aux nôtres.

2. Nous devrions reconnaître pour maîtres tous ceux dont la capacité à s’occuper des affaires administratives est supérieure à la nôtre.

3. Nous devrions reconnaître pour maîtres tous ceux dont les connaissances sur les choses de la vie sont supérieures aux nôtres.

4. Nous devrions reconnaître pour maîtres tous ceux dont la science et la technique sont supérieures aux nôtres.

5. Nous devrions reconnaître pour maîtres tous ceux dont le bon sens général est supérieur au nôtre.

Il est à noter que ces discriminations ne sont pas absolues et que ces personnes ne sont reconnues pour maîtres que dans des situations d’apprentissage.

Section Trois : L’éducation des enfants des autres

A. Principe général relatif à l’éducation des enfants des autres

Quand les institutions éducatives sont peu nombreuses et peu développées et quand l’esprit de l’éducation reste basé sur la séparation établie entre soi et autrui, la civilisation du monde en pâtit.Ainsi, nous proposons d’élargir le nombre d’institutions éducatives et de faire abstraction de la différence entre ce qui est à soi et ce qui est aux autres, et nous proposons d’instruire tous nos jeunes et d’accélérer le développement de la civilisation pour que tous les compagnons puissent vivre ensemble dans un monde heureux.

B. Des manquements de l’éducation par le passé

1. Pour ce qui est de l’éducation, le gouvernement et la société ont manqué de bonne volonté et ne l’ont pas encouragée.

2. Le système éducatif était tel que les femmes et les gens du commun n’osaient même pas penser qu’ils pouvaient recevoir une éducation.

3. Peu de gens instruits mettaient leurs connaissances au profit des autres.

4. Il y avait peu d’échange d’idées sur l’éducation étant donné les problèmes de communication.

5. Etant donné que les principes de l’éducation étaient limités par une approche égoïste, les riches sans descendant concentraient tous leurs efforts pour avoir un héritier.S’ils n’y parvenaient pas, ils finissaient par n’éduquer personne, alors que les pauvres qui étaient désireux de donner une éducation à leurs enfants ne le pouvaient, faute de moyens.

C. De l’éducation des enfants des autres

1. Puisque nous sommes arrivés à une époque où les défauts de l’éducation ont tendance à disparaître, que nous ayons nous-mêmes ou non des enfants, nous devrions aider les institutions éducatives dans la mesure de nos possibilités pour qu’elles prennent en charge les enfants des autres comme si c’étaient les nôtres.Si les circonstances le permettent, nous devrions éduquer les enfants des autres comme si nous les avions mis au monde nous-mêmes.

2. L’Etat et la société devraient mettre en place de nombreuses institutions éducatives et appliquer une politique volontaire en matière d’éducation.

3. Nous devrions reconnaître et louer les mérites de ceux qui prennent en charge l’éducation des autres, que ce soit dans le cadre d’un groupement religieux, d’une société, d’un état ou même du monde.

Section Quatre : L’honneur dû à ceux qui se dévouent à la collectivité

A. Principe général relatif à l’honneur dû à ceux qui se dévouent à la collectivité

Si le monde est soucieux d’honorer ceux qui se dévouent à la collectivité, nombreux seront ceux qui s’y dévoueront.Si un pays est soucieux d’honorer ceux qui se dévouent à la collectivité, nombreux seront ceux qui s’y dévoueront.Si une société ou un ordre religieux est soucieux d’honorer ceux qui se dévouent à la collectivité, nombreux seront ceux qui s’y dévoueront.Ainsi, nous proposons d’honorer selon leurs mérites, comme un enfant honore ses parents, ceux qui dans leur domaine ont apporté leur contribution au monde, au pays, à la société ou à un groupement religieux.Nous proposons également à chacun de se dévouer pour la collectivité en prenant modèle sur l’esprit de ces personnes qui se consacrent aux autres.

B. Des manquements du passé dans les affaires d’intérêt collectif

1. Dans le passé, il y avait peu d’enseignement spécialisé dans le domaine des lettres, de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce qui sont la source de la vie et qui constituent la base de la collectivité.

2. Il y avait peu d’établissements et d’institutions dans le domaine des lettres, de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce.

3. Les doctrines et les institutions religieuses ne touchaient pas les masses.

4. Le gouvernement et la société accordaient peu de reconnaissance à ceux qui se consacraient à l’intérêt de la collectivité.

5. Le système éducatif n’était pas autonome, mais tributaire de moyens extérieurs.

6. La recherche de ses propres intérêts même au détriment de ceux des autres était extrême, tout comme l’était la partialité en fonction de la qualité des relations entretenues : proches ou éloignées, intimes ou distantes.

7. Avoir une bonne connaissance générale et du bon sens était chose rare.

8. Peu de gens savaient ce que c’était d’être respecté par la famille après s’être dévoué pour elle ou par la collectivité après s’y être consacré.

C. De l’honneur dû à ceux qui se sont dévoués à la collectivité

1. Puisque nous sommes à une époque où les manquements dans les affaires d’intérêt collectif ont tendance à disparaître, nous devrions établir une différence entre les choses d’intérêt collectif et celles d’intérêt familial et, à situation égale, préférer les premières aux deuxièmes en faisant abstraction de toute motivation égoiste.

2. En rapport avec leurs mérites, ceux qui se sont dévoués pour la collectivité devraient être aidés dans leur vieillesse.A leur décès, nous devrions leur assurer un enterrement digne, comme s’il s’agissait de nos propres parents et nous devrions conserver leur portrait et le souvenir de leur vie afin de les honorer longtemps.

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