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[Partie Deux : La doctrine]
Chapitre Deux : Les quatre origines des bienfaits

Section Un : Les bienfaits du ciel et de la terre

A. Principe général relatif aux bienfaits du ciel et de la terre

Pour comprendre facilement que nous avons reçu des bienfaits du ciel et de la terre, il suffit de se demander si nous pourrions continuer à vivre sans le ciel ni la terre. Aussi peu cultivé que l’on soit, on reconnaîtra qu’on ne peut vivre sans eux. Et s’il est impossible de vivre sans le ciel et la terre, n’est-ce pas là le plus grand des bienfaits?

Dans le ciel et sur la terre, il y a des voies et des vertus. Si les corps qui composent l’univers évoluent d’eux-mêmes, c’est que les voies du ciel et de la terre existent. Ce qui résulte de cette évolution, ce qui est produit par ces voies, ce sont les vertus du ciel et de la terre. Ces voies sont extraordinairement claires, constantes et droites, conformes à la nature, vastes et incommensurables, éternelles et impérissables. Elles ne contiennent ni bonheur ni malheur, ni ne cherchent à tirer un quelconque profit de leurs agissements. Toutes les choses conservent leur vie et gardent leur forme en présence des grandes vertus qui résultent de l’application de ces grands principes.

B. Les bienfaits que nous recevons du ciel et de la terre

1. Nous pouvons respirer puisqu’il y a de l’air dans le ciel.

2. Nous reposons notre corps sur la terre puisque c’est elle qui nous soutient.

3. Nous distinguons toutes les choses de l’univers grâce à la clarté du soleil et de la lune.

4. Nous vivons des produits de toutes choses nées des bienfaits du vent, des nuages, de la pluie et de la gelée.

5. Conformément aux voies du ciel et de la terre qui ne connaissent ni la naissance ni la mort, toutes les choses reçoivent une vie sans limite.

C. Principe général relatif à la reconnaissance des bienfaits du ciel et de la terre

Pour répondre aux bienfaits du ciel et de la terre, nous devons d’abord prendre pour modèle ses voies et les suivre.

D. Les réponses aux bienfaits du ciel et de la terre

1. En prenant pour modèle les voies du ciel et de la terre qui sont extraordinairement claires, nous devons étudier tous les faits et tous les principes et les connaître parfaitement.

2. En prenant pour modèle les voies extraordinairement constantes du ciel et de la terre, il faut que dans toute entreprise le but soit atteint par un travail continu et des efforts constants.

3. En prenant pour modèle les voies extraordinairement justes du ciel et de la terre, nous devons être équitables dans toute entreprise sans nous laisser influencer par la qualité des relations entretenues avec les autres, relations proches ou éloignées, intimes ou distantes, ni par les sentiments éprouvés : joie, colère, amour ou plaisir.

4. En prenant pour modèle les voies du ciel et de la terre conformes à la nature, nous devons dans toute entreprise faire la part du raisonable et du déraisonable puis prendre ce qui est raisonable et laisser ce qui ne l’est pas.

5. En prenant pour modèle les voies vastes et infinies du ciel et de la terre, nous devons rejeter les fixations et les inclinations du coeur.

6. En prenant pour modèle les voies éternelles et incommensurables du ciel et de la terre, nous devons nous libérer des problèmes liés à la métamorphose de toute chose et de la naissance, du vieillissement, de la maladie et de la mort de l’être humain.

7. En prenant pour modèle les voies du ciel et de la terre dans lesquelles rien n’est faste ni néfaste, nous devons dans une situation faste, envisager des situations néfastes et dans une situation néfaste, penser à des situations fastes de sorte que ni le faste ni le néfaste n’aient d’influence sur nous.

8. En prenant pour modèle les voies du ciel et de la terre qui ne cherchent pas leur intérêt, nous devons apprendre à nous libérer de toute pensée dans l’action et l’inaction. Après avoir fait du bien spirituellement, physiquement ou matériellement, nous devons pouvoir abandonner l’idée ou même le souvenir d’avoir donné. Et même s’il arrive que quelqu’un qui a bénéficié de nos bienfaits soit ingrat, le fait de lui avoir accordé des faveurs ne doit pas nous amener à le détester ni à en faire notre ennemi.

E. L’ingratitude envers le ciel et la terre

L’ingratitude envers le ciel et la terre, c’est de ne pas savoir que nous recevons des bienfaits, de ne pas savoir comment y répondre et de ne pas savoir quand nous trahissons le ciel et la terre. De plus, nous sommes ingrats si, sachant ces choses, nos actes ne démontrent pas notre reconnaissance.

F. Conséquences de l’expression de la gratitude envers le ciel et la terre

Si nous répondons en tous points aux bienfaits du ciel et de la terre, nous ne ferons qu’un avec le ciel et la terre : nous serons le ciel et la terre et le ciel et la terre seront nous. Ainsi, même si le ciel est vide et la terre silencieuse de sorte qu’ils ne donnent pas directement de bonheur ni de joie, nous obtiendrons naturellement la force et la vie du ciel et de la terre, la lumière aussi claire que le soleil et la lune si bien que tout ce qui vit dans le ciel et sur la terre nous honorera comme toute chose honore le ciel et la terre.

G. Conséquences de l’ingratitude envers le ciel et la terre

Si nous sommes ingrats envers le ciel et la terre, nous serons à juste titre punis par eux. En d’autres termes, dans toutes les choses que nous faisons, si nous ne suivons pas les voies du ciel et de la terre, nous serons naturellement ignorants des faits et des principes ; nous serons peu diligeants ; nous ferons trop ou trop peu; nous serons très souvent déraisonnables ; nous aurons des fixations et des inclinations; nous ignorerons la métamorphose de toute chose, la naissance, le vieillissement, la maladie et la mort des êtres humains, la bonne et la mauvaise fortune, le bonheur et le malheur.

Par ailleurs, s’il nous arrive de faire du bien à quelqu’un, nous en garderons toujours l’idée à l’esprit, ce qui nous rendra vaniteux et fier. Dans ces conditions, comment pourrions-nous éviter d’être exposés aux punitions et au mal?

Et même quand le ciel et la terre sont vides et silencieux, les souffrances qui surviennent sans raisons apparentes ainsi que celles que nous subissons en raison de nos actes sont les conséquences de l’ingratitude envers le ciel et la terre.

Section Deux : Les bienfaits des parents

A. Principe général relatif aux bienfaits des parents

Pour comprendre facilement que nous avons reçu des bienfaits de nos parents, il suffit de se demander si nous aurions pu venir au monde sans eux, et si une fois mis au monde, nous aurions pu nous élever seuls alors que nous n’en avions pas les moyens. N’importe qui reconnaîtra que ce n’est pas possible. Si nous ne pouvons naître ni grandir sans nos parents, n’est-ce pas là le plus grand des bienfaits?

En général, on dit que la naissance et la mort d’un être humain se font selon les lois de la Nature et le pouvoir créateur du ciel et de la terre; pourtant c’est grâce aux grands bienfaits de nos parents que nous naissons et que nous grandissons alors que nous sommes faibles et impuissants. Et lorsque nos parents nous apprennent les grands principes de la voie humaine, c’est là encore un bienfait de leur part.

B. Les bienfaits que nous recevons des parents

1. C’est l’existence de nos parents qui nous permet d’avoir ce corps, source de tous les faits et de tous les principes.

2. Nos parents nous élèvent et nous protègent jusqu’à ce que nous soyons autonomes en nous donnant tout leur amour et sans ménager leur peine.

3. Ils nous apprennent nos devoirs et nos responsabilités pour ensuite nous inserrer dans la société.

C. Principe général relatif à la reconnaissance des bienfaits des parents

Tout comme nous avons bénéficié de bienfaits lorsque nous étions faibles et impuissants, nous devrions aider et protéger dans la mesure de nos capacités ceux qui sont faibles et impuissants.

D. Les réponses aux bienfaits des parents

1. Il faut suivre fidèlement les chemins essentiels de la pratique, les trois disciplines et les huit attitudes ainsi que les chemins essentiels de la vie humaine, les quatre bienfaits et les quatre essentiels.

2. Lorsque nos parents ne sont plus capables de vivre par leurs propres moyens, il faut, dans la mesure du possible, prendre soin de leur santé mentale aussi bien que physique.

3. Que nos parents soient en vie ou qu’ils soient décédés, il faut, dans la mesure du possible, protéger les parents d’autrui qui sont sans moyens comme si c’étaient les nôtres.

4. Après le décès de nos parents, nous devons perpétuer leur existence en conservant leur portrait et en se remémorant l’histoire de leur vie.

E. L’ingratitude envers les parents

L’ingratitude envers les parents, c’est de ne pas savoir que nous recevons leurs bienfaits, de ne pas savoir comment y répondre et de ne pas savoir quand nous trahissons nos parents. De plus, nous sommes ingrats si, sachant ces choses, nos actes ne démontrent pas notre reconnaissance.

F. Conséquences de l’expression de la gratitude envers les parents

Si nous répondons aux bienfaits de nos parents, bien que cette gratitude soit exprimée envers nos propres parents, nous gagnons tout naturellement la reconnaissance et le respect de la société. Et comme les enfants prennent pour modèle immanquablement la conduite de leurs parents, qu’elle soit bonne ou mauvaise, il va sans dire que nos enfants nous seront dévoués en nous prenant pour modèles, nous qui répondons aux bienfaits. Par ailleurs, ayant pris soin de personnes dans le besoin, nous serons toujours aidés par la société, même s’il nous arrive de nous retrouver dans le besoin, et ceci dans toutes nos vies.

G. Conséquences de l’ingratitude envers les parents

Si nous sommes ingrats envers nos parents, la société nous haïra et nous rejettera même si ce n’est qu’envers nos parents que nous sommes ingrats. Et il va sans dire que les enfants que nous avons mis au monde nous prendront en exemple et nous attireront des malheurs. Par ailleurs, nous serons toujours ignorés par la société, même si par hasard nous nous retrouvons dans le besoin, et ceci dans toutes nos vies.

Section Trois : Les bienfaits des compagnons

A. Principe général relatif aux bienfaits des compagnons

Pour comprendre facilement que nous avons reçu des bienfaits de nos compagnons, il suffit de se demander si nous pourrions vivre seuls, là où il n’y a aucun être humain, aucun animal, aucune végétation. N’importe qui attestera que ce n’est pas possible. Si l’on ne peut vivre indépendamment de nos compagnons, sans leur aide, leur appui, sans les choses qu’ils nous offrent, où peut-on trouver un plus grand bienfait ?

D’une manière générale, notre monde est divisé en quatre catégories professionnelles à savoir les lettrés, les agriculteurs, les artisans et les commerçants. Dans l’exercice de ces professions, chacun obtient des bénéfices suite à des échanges et ces derniers se font dans un intérêt mutuel.

B. Les bienfaits que nous recevons des compagnons

1. Les lettrés nous dirigent et nous instruisent après avoir étudié et fait des recherches dans les domaines des sciences et des affaires politiques et administratives.

2. Les agriculteurs fournissent les matières premières nécessaires à notre alimentation et à notre habillement après avoir planté et cultivé.

3. Les artisans fabriquent des produits pour le confort de notre logement et de notre vie quotidienne.

4. Les commerçants, par leurs échanges, mettent à notre disposition quantités de produits pour le confort de notre vie.

5. Même les bêtes, les plantes et les arbres nous sont utiles.

C. Principe relatif à la reconnaissance des bienfaits des compagnons

Tout comme nous avons reçu des bienfaits de nos compagnons selon le principe de l’intérêt mutuel, pour répondre à ces bienfaits, nous, lettrés, agriculteurs, artisans et commerçants, devons toujours agir dans l’intérêt mutuel en prenant ce principe pour modèle à chaque échange de connaissances ou de biens matériels.

D. Les réponses aux bienfaits des compagnons

1. Les lettrés doivent toujours respecter le principe d’intérêt mutuel et être justes et équitables, qu’ils enseignent les autres grâce à leurs nombreuses connaissances ou qu’ils dirigent les affaires politiques.

2. Les agriculteurs doivent toujours respecter le principe d’intérêt mutuel et être justes et équitables lorsqu’ils fournissent les matières nécessaires à notre habillement et à notre alimentation.

3. Les artisans doivent toujours respecter le principe d’intérêt mutuel et être justes et équitables lorsqu’ils fournissent des produits pour notre logement ou notre vie quotidienne.

4. Les commerçants doivent toujours respecter le principe d’intérêt mutuel et être justes et équitables lorsqu’ils pratiquent des échanges.

5. Nous ne devons pas sans raison ôter la vie même aux bêtes, ni couper plantes ou arbres.

E. L’ingratitude envers les compagnons

L’ingratitude envers nos compagnons, c’est de ne pas savoir que nous recevons des bienfaits de nos compagnons, de ne pas savoir comment y répondre et de ne pas savoir quand nous trahissons nos compagnons. De plus, nous sommes ingrats si, sachant ces choses, nos actes ne démontrent pas notre reconnaissance.

F. Conséquences de l’expression de la gratitude envers les compagnons

Si nous répondons aux bienfaits de nos compagnons, ceux-ci, touchés par les effets du principe de réciprocité, s’aimeront les uns les autres et se réjouiront. Ainsi chacun sera protégé et honoré, chacun aimera son prochain, les familles établiront des relations d’amitié entre elles, les sociétés se comprendront et la paix règnera entre les nations de sorte qu’un monde idéal aujourd’hui inimaginable verra finalement le jour.

Mais si tous les humains du monde ne répondent pas aux bienfaits de leurs compagnons et si, par le fait d’un ingrat, tous nos compagnons sont plongés dans un océan de souffrances et de peines, les saints sauveurs du monde font preuve d’humanité et utilsent les voies dont ils disposent pour délivrer les êtres sensibles ingrats par la morale, la politique ou la force armée.

G. Conséquences de l’ingratitude envers les bienfaits des compagnons

Si nous sommes ingrats envers nos compagnons, ceux-ci se détesteront et se haïront jusqu’à devenir ennemis les uns des autres si bien que naîtront des querelles entre individus, des ruptures entre familles, des conflits entre sociétés, que disparaîtra la paix entre les nations et que le monde ne connaîtra plus que la guerre.

Section Quatre : Les bienfaits des lois

A. Principe général relatif aux bienfaits des lois

Pour comprendre facilement que nous avons reçu des bienfaits des lois, il suffit de se demander si nous pourrions vivre, assurer l’ordre public et maintenir la paix dans le monde sans lois morales pour l’éducation de chacun, sans règles pour le bon fonctionnement de la famille, sans législations pour diriger les sociétés, les nations et le monde. N’importe qui reconnaîtra que ce n’est pas possible. Si on ne peut vivre sans ces lois, où peut-on trouver un plus grand bienfait?

En général, par "lois" on entend les principes justes et équitables qui définissent toutes les lois que l’humanité doit suivre et qui, appliquées à chaque niveau : individu, famille, société, nation, monde, sont respectivement bénéfiques à l’individu, à la famille, à la société, à la nation et au monde.

B. Les bienfaits que nous recevons des lois

1. De par les lois, les Saints viennent au monde en leur temps pour nous montrer, par la religion et par la morale, le chemin que l’on doit suivre.

2. Les lois régissent et organisent les quatre catégories professionnelles : lettrés, agriculteurs, artisans et commerçants, et s’appliquent à nous diriger et à nous encourager, nous protégeant ainsi et nous faisant progresser et développer nos connaissances.

3. En discernant le bien du mal, les profits des pertes, les lois maintiennent la paix sociale en punissant l’injuste et en protégeant le juste pour que chacun puisse vivre dans la tranquilité.

C. Principe relatif à la reconnaissance des bienfaits des lois

Lorsque les lois dont nous bénéficions sont des interdictions, nous devons suivre ces voies, tout comme nous devons le faire lorsque les bienfaits découlent des exhortations des lois.

D. Les réponses aux bienfaits des lois

1. En tant qu’individu, nous devons apprendre et mettre en pratique les lois morales pour nous autodiscipliner.

2. Au sein de la famille, nous devons apprendre et mettre en pratique les lois qui servent à diriger la famille.

3. Au sein de la société, nous devons apprendre et mettre en pratique les lois qui servent à diriger la société.

4. Au sein d’une nation, nous devons apprendre et mettre en pratique les lois qui servent à diriger la nation.

5. Dans le monde, nous devons apprendre et mettre en pratique les lois qui servent à diriger le monde.

E. L’ingratitude envers les lois

L’ingratitude envers les lois, c’est de ne savoir que nous recevons des bienfaits des lois, de ne pas savoir comment y répondre et de ne pas savoir quand nous trahissons les lois. De plus, nous sommes ingrats si, sachant ces choses, nos actes ne démontrent pas notre reconnaissance.

F. Conséquences de l’expression de la gratitude envers les lois

Si nous répondons aux bienfaits des lois, nous serons nous-mêmes protégés par les lois, si bien que nous subirons de moins en moins de contraintes, que notre liberté sera de plus en plus grande, que la personalité de chacun ira en se bonifiant et que le monde vivra dans l’ordre. De même, les lettrés, les agriculteurs, les artisans et les commerçants feront encore de plus grand progrès, construisant ainsi un monde au confort inégalé. Ce sera là la réponse aux bienfaits des lois et de leur application.

G. Conséquences de l’expression de l’ingratitude envers les lois

Si nous sommes ingrats envers les bienfaits des lois, celles-ci ne nous le pardonneront pas, si bien que nous subirons plus de contraintes, que nous perdrons notre liberté, que notre personalité s’avilira, que l’ordre du monde en sera troublé et que nous finirons par vivre dans un monde totalement désordonné.

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